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Dimanche 14 octobre 2007
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Rayon fruits et légumes.

Les vielles barbes du Sénat exhument Arcimboldo, peintre du XVI° siècle, célèbre pour ses portraits à base de fruits et de légumes.
Un peintre surréaliste avant l'heure, bien avant l'heure.
L'expo a le mérite (outre celui d'exposer une douzaine de ces fameuses toiles), de replacer le peintre dans son époque : celle de la découverte du Monde, du Nouveau Monde.
Une époque où l'on découvre les autruches et leurs oeufs monstrueux, les mers chaudes et leur corail, les îles tropicales et leurs fruits.
Arcimboldo semble surfer sur cette soif d'exotisme et de connaissance.
De ce bouillonnement culturel, jailliront les portraits d'Arcimboldo, d'on ne sait pas trop si les figures naissent de la nature en bourgeonnement ou si, en décomposition, elles y retournent ...

Antoine en parle._fck
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Vendredi 12 octobre 2007
Le site d'Actes Sud
Voyage vers le bonheur, au bout du monde.

Un roman qui nous vient du bout du monde, du Bouthan, «les confins du Tibet» en VF : Le Cercle du Karma de Kunzang Choden (une femme, comme son nom ne l'indique pas).
Le «pays du dragon» (Druk Yul en VO) est un petit royaume bouddhiste coincé entre l'Himalaya, l'Inde et la Chine, idole des médias occidentaux depuis que son roi a défini un indicateur de développement destiné à remplacer le PNB : le Bonheur National Brut.
Dans ce roman, Kunzang Choden décrit minutieusement, consciencieusement, la trajectoire d'une bouthanaise qui sera amenée à rompre avec ses attaches (village, famille, ...) et à partir sur les routes du Bouthan, du Népal, de l'Inde, ...
À travers son histoire on découvre la vie quotidienne de ces peuples et en filigrane le récit de l'émancipation d'une femme, d'une écriture simple, «nature», peut-être empreinte de zénitude bouddhique ? !
La différence avec ce qui aurait pû être le récit de voyage d'un ethnologue, c'est la tendresse et la bienveillance dont l'auteure entoure ses personnages, tous autant qu'ils sont.
[...] Quand Tsomo parle de sa vie, c'est un peu comme une rivière qui suit son cours. Le débit est lent, la plupart du temps, certains souvenirs donnant lieu à de petites rides semblables aux murmures d'un ruisseau. Puis soudain, c'est comme un torrent qui rugit, l'emporte.
Au-delà de ce voyage initiatique, le thème principal du bouquin est la religion (mais est-ce le bon terme : doit-on plutôt parler de foi, de tradition ?), le bouddhisme, dont le quotidien de ces gens est littéralement nourri.
Face à notre mode de vie occidental où l'on court sans cesse à la poursuite de la maison la plus tendance, la famille la plus chaleureuse, le boulot le plus valorisant, la voiture la plus chic ou même les souvenirs de voyage les plus dépaysants, etc ... ces peuples montrent un détachement inné (et difficilement imaginable) des choses de ce monde.
Là-bas on refile au voisin sa cabane et ses trois casseroles et on part du jour au lendemain sur les routes parce que l'on a entendu dire que tel ou tel lama s'apprêtait à discourir un peu plus loin.
Une foule de pélerins erre ainsi de chorten en stûpa, chacun poursuivant son «chemin personnel».
Même s'ils sont intimement persuadés d'être déjà venus et de revenir bientôt, ces gens-là ont profondément ancrée en eux la certitude de n'être ici que de passage ...
[...] Tsomo est ses nouveaux compagnons arrivèrent fatigués par un long voyage en bus et en train. Même si venir ici n'avait pas été à proprement parler une décision de sa part, Tsomo était heureuse que les circonstances l'y eussent conduite. Mais elle se demandait pourquoi elle était ainsi poussée d'un site sacré à un autre. Était-ce la réalisation d'une dernière volonté dans une vie antérieure ... ?
Forcément, on y apprend beaucoup de choses sur le bouddhisme, religion aimable et sympathique, mais sans prosélytisme aucun de la part de l'auteure qui prend beaucoup de distance avec tout cela en distillant suffisamment d'humour (et alors que nous sommes habituellement allergiques à toute forme de religiosité, nous n'avons constaté aucune éruption cutanée sur nos mains qui tenaient le livre ! vérifié !).
À plusieurs reprises dans ce bouquin on croise un prêtre ou un lama qui éclate de rire au beau milieu d'une conversation : cela nous a rappelé un article de Courrier International sur le français Matthieu Ricard, ancien biologiste devenu moine tibétain et réputé comme l'homme le plus heureux du monde. Les mesures scientifiques de son activité cérébrale auxquelles il a bien voulu se prêter, montreraient une prédisposition exceptionnelle à la «béatitude».
Pour reboucler sur le bonheur érigé en valeur nationale au Bouthan, on se laisse aller à fantasmer sur une aptitude naturelle et biologique au bonheur de ces peuples d'Asie centrale ...

Sans doute la plus agréable «surprise» de notre Challenge ABC 2008.
On reparle de cette région avec L'Artiste tibétain de Thöndrüpgyäl.
Pour prolonger le voyage, le court récit de deux indiens partis au Bouthan à moto (paru dans Courrier International n° 881 du 20/9/2007).
À noter aussi qu'on a parlé d'Instant Karma tout récemment avec la chanson de Lennon et la campagne d'Amnesty International : make somme noise - save Darfur.Le Challenge ABC
À part Naina, la toile en parle peu : ici ou , et un blog de libraire.
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Vendredi 12 octobre 2007
Le site de Shemekia Copland
Quelques belles voix du blues.

Dans le billet récent sur Cabrel, on avait promis de reparler blues.

Voilà donc une petite sélection de voix féminines en bleu et en blues.

- tendance jazzy avec Lana Martino Smith et Crippled Heart Blues

- tendance planante avec Patti Sterling (et Jasper Mills) et Love is like an angel

- tendance gospel avec Georgia Smith et Lady don't cry

- tendance black & rock avec Koko Taylor et Don't let me catch you >

- tendance texas bluesy avec le groupe de Dany Cowan et Backwards shuffle

- tendance Tina Turner ou Janis Joplin avec Shemekia Copland et Breakin' out

Toutes ces dames sont en écoute et téléchargement mp3 légal et gratuit (si, si) sur C|Net ... pourquoi s'en priver ?

On devrait reparler blues bientôt, au masculin cette fois ...
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Dimanche 7 octobre 2007
D'autres en parlent ici
Éducation textuelle.

Le Théâtre de l'Oeuvre a eu la bonne idée de reprendre la mise en scène de la nouvelle de Jean-Claude Carrière que l'on avait manquée au printemps : Les mots et la chose.
L'argument : une jeune femme qui fait du doublage de films pornos échange quelques lettres avec un vieil érudit malicieux, histoire d'étendre son vocabulaire ...
Tout un programme, superbe prétexte à la mise en mots de «la chose».
Tout y passe ! Comment on «le» fait et de quelles anatomies on parle, tout y est.
Tous les plaisirs sont nommés et dénommés, des plus solitaires aux plus interdits.
Ah, quel délice ! quelle jouissance ! à recevoir assis dans la petite salle tendue de rouge, la logorrhée qui jaillit des bouches gourmandes de Jean-Pierre Marielle et Agathe Natanson (sa compagne à la ville), perpétuant ainsi la tradition orale.
Nous voici les yeux écarquillés, souriant, la bouche entrouverte à déguster notre plaisir, pendus aux lèvres de ces deux-là.
On s'étonne du génie humain qui aura su inventer tant de mots pour nommer «la chose».
On rit de bon coeur, tour à tour, chacun selon ses inclinations littéraires et ses penchants textuels.
Servis par un texte astucieux, les deux complices ont l'art de transformer en poésie tout ce qu'ils touchent, pardon, tout ce qu'ils disent.
Ils sont accompagnés d'un violoncelliste discret et de talent qui sait habilement clôturer la séance où chacun reprend en choeur le refrain de la javanaise, car, définitivement, c'est bien d'amour dont il était ici question.
Une heure de pur bonheur, coquin et malicieux.

D'autres en parlent sur Théâtre On Line.

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Dimanche 7 octobre 2007
Le site officiel
Sombre histoire de famille.

Sidney Lumet frappe fort, un peu fort, à 7h58 tapantes ce samedi-là.
À 7h58 ce samedi-là, deux frangins en mal de pognon se sont mis en tête de cambrioler en douceur la bijouterie de papa et maman.
Bien sûr on se doute que ça va mal tourner. Mais on ne sait pas à quel point !
Bien sûr on se doute que c'est bien loin d'être un simple polar. Mais on ne sait pas à quel point !
C'est en fait à une véritable tragédie familiale que nous sommes invités en compagnie des deux frères : Andy l'aîné campé magistralement par Philip Seymour Hoffman (déjà remarqué dans Truman Capote), et Hank le cadet avec Ethan Hawke dans un rôle difficile.
De ces deux-là, le plus paumé n'est pas celui qu'on pense.
Derrière eux plane l'ombre inquiétante du père, du patriarche, qu'incarne un écrasant, un étouffant Albert Finney.
Car si ça dérape le samedi à 7h58, c'est qu'il faut aller chercher les causes bien en amont, dans les troubles relations de ces trois hommes.
Et l'une des dernières scènes du film où l'on voit le père, tel une ombre, suivre en voiture ses deux fils en cavale, vaut tous les résumés : il y avait quelque chose de pourri dans cette famille-là ... bien avant ce samedi à 7h58.
«May you be in heaven a half hour before the Devil knows you're dead» : puissiez-vous être déjà au paradis depuis une demi-heure avant que le diable apprenne que vous êtes mort, c'est l'expression irlandaise (un «toast») qui sert de titre au film en VO.
Andy, le frère aîné (Ph.S. Hoffman), est justement à la recherche d'un petit goût de paradis sur terre : qu'il s'agisse de vacances à Rio (magnifique scène d'ouverture du film ... qu'on ne peut vraiment apprécier qu'après avoir vu la suite) ou qu'il préfère les substances artificielles. Mais le diable aura tôt fait de le rattraper sur terre.
Une formidable tension dans ce film qui met brillament en scène la violence des passions, parfois à la limite du supportable ... à la limite, car le jeu des acteurs est excellent.
On est plutôt secoué par ce film dérangeant qui ne laisse guère indifférent.
Un film à aller voir l'après-midi pour pouvoir sortir au grand soleil, après ..., tellement est noire la vie de ces trois-là.

D'autres blogs en parlent  sur Critico-blog.

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Vendredi 5 octobre 2007
D'autres avis sur Amazon
L'émigration féminine et irlandaise aux US.

L'histoire de Chicago May c'est une histoire vraie, celle des émigrants irlandais en Amérique, poussés à l'exil par la famine et leurs voisins anglais.
C'est aussi l'histoire, à la charnière du siècle, d'un Far-West finissant et d'une Amérique des villes émergente : Chicago, New-York, Detroit, ... avec leur cortège de misère, chômage, prostitution, drogues, banditisme, ...
L'auteure, Nuala O'Faolain, est femme et irlandaise : c'est à ce double titre qu'elle entreprend de revisiter la biographie de May Duignan, dite Chicago May.
Avec une écriture simple et rigoureuse qui prend toujours soin de distinguer les faits avérés et vérifiés des actes prêtés ou imaginés, soit par elle-même soit par les journalistes et écrivains de l'époque.
Ce qui fait tout l'intérêt de ce bouquin, c'est précisément le mélange, l'intrication entre le récit biographique des aventures de Chicago May (de Chicago à Rio en passant par Londres, Le Caire ou Paris) et les interrogations, digressions, hésitations, de sa biographe qui explore les rares matériaux encore à disposition de l'enquête.
Car l'histoire de Chicago May en cache une autre : celle de la quête de Nuala O'Faolain.
Une quête à la recherche de la personnalité de May Duignan, la femme qui se cache derrière ce « personnage » qu'est Chicago May.
La recherche également de la compréhension des conditions qui sont à cette époque celles de ces émigrants irlandais qui sont en quête d'un monde sinon meilleur, peut-être moins pire que l'île qu'ils ont été forcés de quitter.
L'étude de la condition des femmes, surtout, qu'un double ostracisme exclut deux fois de la société : parce que ce ne sont que des irlandaises dans un monde dominé par les protestants anglais et parce que ce ne sont que des femmes dans un monde gouverné par les hommes (c'est aussi l'époque des suffragettes).
[...] Aucun livre, aucune illustration, aucun film n'a pleinement reproduit l'horreur de cette ville [NY] dans laquelle les gens affluaient - au cours de la décennie qui suivit 1890, sa population augmenta de 127% - juste pour découvrir qu'ils n'y trouveraient pas de travail. Les femmes tout particulièrement, étaient dans une phase où le travail en usine des débuts de la révolution industrielle avait disparu ou était passé aux mains des hommes, mais où les emplois de bureau n'avaient pas encore fait leur apparition.
On en apprendra finalement assez peu sur cette figure de la pègre que fut Chicago May, qui gardera une grande part de son mystère mais on s'instruira beaucoup sur l'histoire sociale de la naissance du siècle (enfn, du siècle précédent, doit-on dire désormais).
Un livre écrit au féminin.
[...] «Il ne me vint jamais à l'idée de rechercher un travail honnête. Ne savais-je pas que les salaires réguliers étaient misérables, comparés aux bénéfices exceptionnels retirés du crime, même s'ils étaient incertains ? J'étais devenue dépensière et j'avais envie de tenter ma chance.»
Un bémol quand même, MAM n'a pas accroché, ce bouquin doit être rangé sur l'étagère des «tout ou rien» ...Le Challenge ABC
D'autres avis sur Critiques Libres.
Lilly parlent des autres livres de Nuala O'Faolain, autobiographiques ceux-ci. Anne-Sophie n'a pas aimé.
Petit
à une voisine de blog : la BD l'Irlandaise sur un scénario de Jacques Pavot.
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Vendredi 5 octobre 2007
Amazon
À Kyoto, tout n'est pas que zénitude ...

Mizukami Tsutomu situe son roman (primé au Japon) dans un temple de Kyoto, Le temple des oies sauvages, nommé ainsi en raison d'une peinture qui orne les panneaux de l'une des salles.
Polar noir Dans ce temple se retrouvent, bon gré mal gré, trois personnages : un prêtre, sa maîtresse et un jeune apprenti moine.
Ces trois-là vivent dans la promiscuité une trouble relation (le petit moinillon est témoin des ébats des deux autres et le prêtre passe son temps à l'asticoter) dans un huis-clos de plus en plus oppressant.
[...] ... elle ne parvenait pas à se faire au petit moine : Jinen. Pour parler franc, elle ne l'aimait pas, mais sans qu'elle eût pu dire pourquoi. D'abord, il avait une grosse tête sur un petit corps : ses proportions faisaient croire à quelque anomalie. Son caractère contredisait cette impression : il avait une certaine candeur, un côté «enfant bien sage». Mais Satoko ne pouvait pas supporter son air sinistre.
Même si l'on devine rapidement que tout cela finira mal, ce n'est pas vraiment un roman policier, à peine un roman à suspense.
  On y découvre peu à peu le sombre passé du jeune moine que sa famille a «vendu» aux temples et c'est aussi la propre enfance de Mizukami Tsutomu qui est ici en question.
 La révolte des «petites gens» contre les puissants et les arrogants.
Le temple zen avec ses peintures (on est à Kyoto) est à lui seul un quatrième personnage, jusque dans le dénouement final.
On y apprend aussi beaucoup de choses sur la vie religieuse de ces «curés bouddhistes», leur organisation, leurs rituels, leurs relations à la cité, ...

Katell en parle très bien._fck
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Jeudi 4 octobre 2007
Le site de l'expo
Quand l'homme se fait moins bête.

La grande expo de la rentrée c'est Bêtes et Hommes, l'occasion également de retrouver la Grande Halle de la Villette réaménagée.
Une expo qui explore nos rapports aux animaux, et nous invite à analyser notre propre regard sur nos colocataires de la planète bleue.
On est accueilli dès l'entrée par une vache paisible qui rumine en regardant passer les visiteurs et, ... magie de la vidéo en boucle, la même nous verra sortir 3 heures plus tard. C'est peut-être aussi pour rappeler que cette Grande Halle fut à une autre époque ... le marché aux viandes de Paris !
À l'intérieur, de nombreux petits ilôts abritent ensuite différents messages.
Un très beau texte de Kafka lu dans le noir d'un «terrier» (ça nous a mis l'eau à la bouche, si on peut dire, et il est tombé dans la PAL).
Un théâtre de marionnettes où est (joliment) mise en scène l'opposition entre l'anglais Darwin, partisan de la libre concurrence, et Kropotkine l'anarchiste russe qui soutenait la thèse de l'entraide entre les animaux : une remarquable leçon de philo où l'on croise Marx et Malthus, étonnante de sens et de pédagogie pour celui qui aura la patience de s'asseoir et d'écouter attentivement, parmi les marmots qui s'impatientent.
Plus loin, un pot-pourri des bruits et cris des animaux en voie de disparation ...
Et partout, de nombreux extraits vidéo sur petits ou grands écrans, avec notre «bêtes-of» :
  • l'otarie qui sait lire à l'envers : elle reconnait les formes, hallucinant !
  • les dauphins qui pêchent en groupe sur la plage : le beach-fooding, stupéfiant !
  • l'oiseau qui appâte les poissons après avoir vu des canards manger du pain, bluffant !
  • le singe Wattana, un orang-outan qui sait faire des noeuds, touchant !
  • les manchots qui raniment l'un des leurs, épuisé, émouvant !
  • etc ...
Une autre séquence vidéo nous apprend également comment notre regard d'observateur fausse l'observation. On y apprend à décoder la umwelt de certaines bestioles : leur espace, leur mesure du temps, leur appréhension des signes extérieurs, c'est captivant et l'homme ressort moins bête de ce parcours savant.
On l'aura compris, l'expo est plutôt intello, excellente comme prépa au bac de philo. Mais c'est vraiment passionnant et vraiment très pédagogique, idéal pour les ados ou les grands qui n'ont pas encore étanché leur soif d'apprendre.
Mais, comme pour Walt Disney au Grand Palais l'an passé, on se demande bien ce que viennent y faire les familles avec leurs bruyants et impatients rejetons ...
À l'entrée de l'expo, nous accueille un texte de José Luis Borge citant une encyclopédie chinoise et l'une des premières classifications des espèces des bêtes selon les hommes : animaux appartenant à l'Empereur, animaux embaumés, animaux apprivoisés, cochons de lait, sirènes, animaux fabuleux, chiens en liberté, animaux qui s'agitent comme des fous, animaux innombrables, animaux dessinés avec un très fin pinceau de poils de chameau, animaux qui de loin semblent des mouches, et caetera ...
Pour nous rappeler que notre regard prime sur le réel et que la compréhension de la nature est avant tout une histoire de culture. _fck
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Samedi 29 septembre 2007
Tout sur le CD avec la Wiki anglaise
Lennon revient faire du bruit pour le Darfour.

Amnesty International anime une campagne Make some noise for Darfour avec la complicité de Yoko Ono qui a cédé les droits de plusieurs chansons de John Lennon reprises sur le CD par tous les artistes qui comptent aujourd'hui : REM, Aguilera, Kravitz, Avril Lavigne, Cure, Corinne Bailey, Green Day, Tokyo Hotel, Ben Harper, Black Eyed Peas, Regina Spektor et bien d'autres.
Le site d'Amnesty : make some noise for Darfour



On y a pêché deux très belles perles :

  • Instant Karma , peut-être notre chanson préférée de Lennon, ici dans une version dépoussiérée (mais très fidèle) de U2 [eux qui avaient déjà repris Bloody Sunday] : join the human race and we all shine on ! À passer à donf pour faire du bruit ... c'est Amnesty qui l'a dit (les paroles sont ici)
  • Jealous Guy , dans une version de Youssou N'Dour aux douces épices africaines, un peu étrange à la première écoute mais qui s'avère ensuite tout aussi bienvenue que la reprise de U2.
De quoi replonger avec délices dans les années 70, et c'est pour la bonne cause.
Le « make love, not war » de l'époque est juste devenu « make some noise, not war », voilà un bien sombre sujet de dissertation. Qu'il ne vous empêche pas d'apprécier la zik et j'imagine avec l'ami John que we all shine on !

On reparlera de karma très bientôt, en littérature cette fois.
publié dans : Miousik commentaires (1)    ajouter un commentaire

Vendredi 28 septembre 2007
Le site de l'été 67
Des belges qui rockent en français.

Une mesure de Noir Désir, une dose de Merzhin, un zeste d'Indochine et un parfum de Dutronc (ils chantent même une de ses chansons : on nous cache tout ...), c'est la recette réussie de l'Été 67 : mais ils sont belges et chantent en 2007 un rock qui roule en français.
On aime beaucoup beaucoup cette sympathique découverte de la rentrée musicale : Été 67, c'est comme ça qu'ils s'appellent.
On aime les orchestrations, riches, rondes, qui rockent et qui roulent.
On aime cette musique, présente mais qui laisse une place à la voix.
On aime la pêche des deux Nicolas et de leurs comparses.
  On aime les textes (en français) qui ont oublié d'être bêtes.

[...] Car pauve con
ah tu crois qu'on
aime les gens, même s'ils sont vraiment différents ...
[...] Dis le moi encore
que je suis beau, je suis fort ...

Toutes les paroles sont !
Ces petits liégeois carburent au café et au chocolat, forcément !

  Écoutez avec nous plein d'extraits, y'a que du bon dans leur album, presque rien à ajouter ou à retirer, et comme c'est leur premier album, ça promet (yakakliker pour écouter) :
C'est sympa, c'est frais, ça bouge, c'est pas prétentieux et c'est français (enfin, belge !).
D'autres en parlent ici ou .
publié dans : Miousik commentaires (1)    ajouter un commentaire

Vendredi 28 septembre 2007
On en parle sur Critiques Libres ...
Serait-ce là «LE» livre des (amoureux des) livres ?

Un petit bouquin d'une centaine de petites pages, lu en un clin d'oeil et qui mérite de figurer sur le podium dans notre compile des opuscules.
Un petit bouquin original tant dans sa forme que dans son contenu.
Il s'agit en effet d'une correspondance, d'un roman épistolaire si l'on veut.Candidat au best-of 2007 !
Mais c'est aussi un livre sur les livres ...
Une américaine qui vivote à New-York de l'écriture de scripts ou de scénarios correspond avec un libraire londonien (domicilié au 84, Charing Cross Road) spécialisé dans la littérature anglaise, rayon livres rares et anciens.
[...] ... les touristes viennent en Angleterre avec des idées préconçues, si bien qu'ils trouvent exactement ce qu'ils sont venus chercher. Je lui ai dit que j'aimerais aller à la recherche de l'Angleterre de la littérature anglaise et il m'a répondu : « Elle y est bien ».
Sur près de vingt ans (de 1949 à 1969), quelques courtes lettres traversent l'Atlantique et l'on découvre peu à peu l'américaine, son humour et ses correspondants anglais : le libraire londonien, ses collègues, sa femme, une voisine, ...
Le thème principal de ces échanges, c'est l'amour de la littérature et des beaux livres.
[...] J'adore les livres d'occasion qui s'ouvrent d'eux-mêmes à la page que leur précédent propriétaire lisait le plus souvent.
On y devine en filigrane une description savoureuse de l'Angleterre de l'après-guerre (l'américaine [un brin condescendante !] leur envoie des «colis» pour les aider à survivre malgré le rationnement !).
Enfin, après votre lecture, ne manquez pas la postface qui éclaire tout cela, les lettres comme le livre, sous un jour insolite pour lui donner une toute autre saveur ... mais on ne vous en dévoile pas plus.
Un petit plaisir à déguster comme des bonbons anglais.
Un peu de fraîcheur et de fine intelligence dans ce monde de brutes !
Pour celles et ceux qui aiment les livres, les lettres et les oeufs.
Allie, Papillon, Yue Yin et d'autres en parlent et d'autres encore sur Critico-blog, l'Agora et bien sûr sur Critiques Libres, bref, on tient là un incontournable de la «blogoboule» !
Forcément : c'est un livre qui parle des amoureux des livres.
MAM a tellement aimé qu'elle s'attaque à la lecture en VO.
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Mercredi 26 septembre 2007

Best-of nippon.

De retour de notre escale estivale au pays du soleil levant, on ne pouvait évidemment pas laisser passer l'occasion d'un petit «best-of» nippon.

Voici donc quelques stars aux yeux bridés et nos meilleurs coups de coeur ...

Cliquez sur les liens pour lire les billets en entier ...
Pour une première incursion sur le territoire nippon :
  • Matsumoto Seicho : Tôkyô Express, un excellent et charmant policier très facile d'accès.
Du côté des occidentaux «tatamisés» qui se sont laissés inspirer ou aspirer par l'archipel extrême-oriental : Et enfin, du côté des mangas, deux incontournables à ne pas manquer même (et surtout !) si l'on n'est pas fans de mangas : Le reste est accessible depuis le répertoire Asie.
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Lundi 24 septembre 2007
D'autres avis sur Critico-blog
Chronique sociale et familiale

Chronique des années 60/70 en Italie.
L'histoire d'un jeune italien rebelle qui grandit dans l'ombre de son frère.
Surnommé Accio (la teigne), y compris par sa propre famille, il veut en découdre avec le monde entier : avec Dieu et ses prêtres quand il est au séminaire, avec les communistes quand il est avec les néo-fascistes du MSI, avec les fascistes quand il est au PC, ...
Dans cette Italie on se fout sur la gueule pour un oui ou pour un non : avec des mots le plus souvent, avec les mains de temps en temps, lorsque les mots ne suffisent plus à dire la passion. 
Et l'on devine même que la politique n'est là que comme décor et surtout servir de prétexte et d'exutoire aux sentiments.
On pense bien sûr à Romanzo Ciminale (d'autant plus que les deux acteurs jouaient déjà dans Romanzo Criminale) et le frère de «la teigne» finira (mal) lui aussi dans les Brigades Rouges mais le propos de Daniele Luchetti relève plus de la chronique familiale que politique.
Les nostalgiques des années 60, des Fiat 500 et des drapeaux rouges se régaleront.
Avec au passage un joli rôle d'affreux jojo pour «la teigne», incarnée par Elio Germano.

D'autres avis sur Critico-blog ainsi que celui d'Herwann.
publié dans : Cinoche commentaires (0)    ajouter un commentaire

Dimanche 23 septembre 2007
Le site officiel
Sexe, mensonges et un peu de vidéo

La vérité n'est pas toujours bonne à dire (d'autant qu'on la connait rarement).
C'est un peu la morale du film de de Sam Karmann : La vérité ou presque.
Des deux ou trois couples de l'histoire qui se croisent et décroisent, ce sont bien sûr Karin Viard et André Dussolier qui nous ont attirés dans la salle (elle franchement dépressive, lui de nature plutôt gay).
On y a découvert également un François Cluzet odieux à souhait !
Les lyonnais apprécieront aussi les différents lieux de tournage.
Sexe : pour les petits jeux entre adultes consentants sur le thème de «qui n'a pas couché avec qui ?».
Mensonges : pour la face cachée de chacun des personnages que l'on découvre peu à peu lorsque les masques tombent après une première partie cynique et grinçante et que derrière les mensonges apparait la vérité, ... ou presque.
Vidéo : pour le décor de TLM (la télé de Lyon) et surtout pour une étrange histoire de reportage et de biographie sur Pauline Anderton, une fausse (mais plus vraie que nature) chanteuse de jazz qui sert de fil rouge au film.
Les avis et critiques boudent un peu ce petit film qui s'est avéré pourtant une bonne surprise : on y rit beaucoup aux dialogues bien venus comme on y apprécie tous ces acteurs bien choisis.
On y admire aussi l'habileté de l'adaptation du roman de Stephen McCaulay (y'a pas plus américain) pour en faire un film, y'a pas plus français : ça nous a donné envie de lire le bouquin, «pour voir» !
Et pour la rentrée du cinéma, la seconde place est encore à 1 euro jusqu'à ce soir !

Peu d'enthousiasme sur Critico-blog, mais Cathe a bien aimé.
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Vendredi 21 septembre 2007
Amazon
Encore un occidental «tatamisé» et victime de nipponite aigüe

On a déjà évoqué le «triste sort» des occidentaux «tatamisés» par le pays du soleil levant.
Des âmes perdues dans les limbes, ni tout à fait ici, ni complètement là-bas, mais qui nous auront donné de très beaux textes.
Comme le français Maxence Fermine avec Neige, l'allemand Richard Weihe avec Mer d'encre ou l'italien Alessandro Barico avec Soie.
Ou encore, côté BD, le français Frédéric Boilet.
Voici une nouvelle victime de la nipponite aigüe, un hollandais cette fois : Cees Noteboom avec (décidément ce doit être la règle !) un tout petit roman, presqu'une nouvelle : Mokusei !.
Et précisément, dans cette oeuvre, c'est l'occidental tatamisé qui est lui-même mis en scène en la personne d'un photographe hollandais qui tombe amoureux du Japon.
Du Japon ou d'une japonaise, on ne sait pas trop et lui-même n'en sait sans doute pas plus.
[...] Il avait refusé d'éprouver la moindre déception et attribuait le doute qu'il refoulait avec tant d'efforts à la fatigue de vingt insupportables heures de vol. Quand on a pris la décision de se plaire quelque part, on y réussit généralement. Il avait trop investi dans ce voyage. [...] Il était au Japon. Il ne se laisserait pas voler son plaisir.
Avec un regard d'une dérangeante lucidité que porte l'auteur sur son héros et à travers lui sur notre propre regard d'occidental lorsque nous nous tournons vers le soleil levant.
[...] La plupart des Européens ou des Américains qui viennent ici [...] n'ont aucune véritable connaissance du Japon. Il savent que c'est « différent », mais le Viêt-Nam et la Côte d'Ivoire aussi sont différents. La différence du Japon est, je m'excuse ... différente. Mais comment le leur expliquer ? Ils ne parlent pas la langue et, dans la majorité des cas, ne la parleront jamais. Ils ont bien quelques vagues notions, mais ignorent tout de la civilisation japonaise. Peu leur en chaut d'ailleurs, car ils ont mieux : ils ont une certaine idée du Japon.
On touche là au mystère non pas de l'extrême-orient, mais de notre fascination occidentale pour cet extrême-orient.
Cees Noteboom nous tend un miroir mais au-delà de cette « réflexion »,  ce roman est aussi une toute petite histoire d'amour qui durera 80 pages et le temps de quelques voyages.
Une histoire forte cependant, où Cees Noteboom a su retraduire à la fois tout le désir mais aussi tout le désarroi de son photographe hollandais amoureux « d'une certaine idée du Japon ».
Un Japon (ou une japonaise, donc) idéalisé(e) depuis nos imaginaires occidentaux, où l'on croit trouver, où l'on veut chercher, la pureté qui nous manque, un supplément d'âme en quelque sorte.
[...] Quand il eut fini, il dit : « Vous êtes très belle.» Cette phrase le charma par ses limites. Seuls comprenaient tout de vous ceux qui ne comprenaient que peu de mots. C'était très rassurant : entre gens de même langue, le langage gâchait beaucoup de choses, parce qu'avec la parole, pensait-il, commençait toujours le mensonge.
Si l'on veut bien nous permettre ce parallèle, pour nous c'est un peu la « version écrite » des images dessinées de Frédéric Boilet (comme Tokyo est mon jardin ou encore L'épinard de Yukiko).

Gachucha en parle, Katell aussi._fck
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