Quand le train sifflera ...
À l'époque où, peu après la Guerre de Sécession, les diligences de l'agence Pinkerton convoyaient les fonds destinés à la construction du chemin de fer par les chinois (les coolies venant remplacer les noirs après l'abolition de l'esclavage).
À l'époque où la vie d'un homme valait dans les 200 dollars.
Oui, toute l'imagerie des westerns qui ont illuminé notre enfance
est bien rassemblée ici.On y retrouve même un jeune adolescent, les yeux émerveillés devant ses hommes qui tirent plus vite que leur ombre ... cet ado c'est nous au temps où ces westerns envahissaient les grilles de l 'ORTF.
Mais les images sont devenues âpres et réalistes, filmées comme en 2008 : gros plans sur les cow-boys, leurs vaches, leurs chevaux, leurs pétoires et les roues des diligences.
Et ce film enthousiasme aussi les yeux neufs, en témoigne notre teenageuse maison qui n'a jamais connu que TF1.
Russel Crowe campe (et fort bien) le méchant
qui convoite le contenu des diligences, Christian Bale incarne un éclopé, rescapé de la Guerre de Sécession, qui pour sauver son ranch et sa famille de la sécheresse et des spéculateurs (la voie
ferré arrive !) accepte, pour 200 dollars, d'escorter le méchant jusqu'au train de 3h10 qui l'emmènera jusqu'à la cour fédérale de Yuma pour y être jugé et pendu.Mais les complices du méchant rodent et n'ont pas dit leur dernier mot, prêts à acheter tous les habitants du coin pour retrouver leur chef.
Comme tout bon western, celui-ci se termine dans les rues d'une bourgade de l'Ouest, les méchants embusqués sur les toits. Le gentil et son prisonnier devront traverser le village pour gagner la gare où arrivera en sifflant le train de 3h10 pour Yuma. Trop fort !
Au-delà de cette excellente reprise d'anthologie, le film a le mérite de brosser le portraits de plusieurs personnages ambigüs :
- Henri Fonda méconnaissable en détective Pinkerton vieillissant qui a sans doute tué au moins autant que le méchant
- Ben Foster, l'acolyte du méchant, chargé des basses oeuvres qu'il magnifie par sa cruauté perverse et qui semble entretenir une trouble relation avec son chef
- Christian Bale, faible, éclopé, incapable aux yeux de sa femme et de ses fils de sauver le ranch familial
- et bien sûr Russel Crowe, séducteur sans foi ni loi, capable du meilleur comme du pire.
Tout au long du film se tissent les liens qui uniront l'intègre Christian Bale et le noble bandit Russel Crowe, et toute cette complexité permet une fin éblouissante, riche d'interprétrations.
Pour celles et ceux qui aiment les cow-boys ou les trains.










Revoici la reine de l'étrange avec deux recueils de nouvelles parus simultanément l'an passé :
Comme si Yoko Ogawa avait l'art et la manière de déceler dans notre quotidien les
fissures, les failles entre notre monde et un autre qui se déploie juste à côté, sous les yeux de ceux qui savent regarder, un monde parallèle.
Pendant un moment, le temps d'une petite nouvelle, on oscille ainsi entre deux
univers, sans jamais basculer de l'autre côté, mais sans jamais revenir tout à fait intact de notre côté.


Et sur le chemin de la maison, l'enfant récalcitrante recrache littéralement ses leçons, tous les mots appris de l'instit, pour être sûre qu'ils quittent sa tête.
[...] « Cette année-là, à Aix, nous avons vu Cézanne
plusieurs fois. Il paraissait si vieux. Je suis sûre qu'il ne se doutait pas qu'il allait mourir si peu de temps après. Il m'a montré des choses tellement merveilleuses sur les couleurs, et sur les
formes aussi. Je peignais, en ce temps-là, voyez-vous. »


Trafic d'enfants et tension indo-chinoise à la frontière (et quelle
frontière ! à plus de 6.000 mètres !) servent de toile de fond à cette petite enquête. Un voyage intéressant au pays des 

brisés sur les rochers, mais le flot tumultueux poursuit inexorablement son chemin,
emportant avec lui ceux qui auront survécu (ouah ! il est inspiré le BMR ce soir !).













on peut causer