Ce petit bouquin d'Eileen Chang (ou Zhang Ailing en VO) aurait pu passer inaperçu dans la bibliothèque si l'on n'avait pas vu que le récent film
d'Ang Lee, Lust, Caution, était tiré d'un autre roman de cette auteure.
Une auteure née à Shanghaï et exilée aux US, connue pour ses écrits pendant les années de l'occupation japonaise (les années 1930-1940) et dont plusieurs bouquins ont été adaptés au ciné. Un amour dévastateur est
donc une excellente occasion de prolonger les charmes du superbe film d'Ang Lee.
De reprendre le jeu du chat et de la souris entre deux amants qui se cherchent longtemps avant de se trouver, de goûter de nouveau au jeu de la séduction. [...] - Vous savez ? Votre talent particulier, c'est de baisser la tête.
Elle releva la tête, et dit :
- Pardon ? Je ne comprends pas.
- Certains ont un talent particulier pour parler, d'autres pour rire, d'autres pour tenir une maison; le vôtre, c'est de baisser la tête. - Je ne sais
rien faire, dit Lio-su, je suis quelqu'un de parfaitement inutile.
Il répondit en souriant :
- Les femmes inutiles sont de loin les plus redoutables.
On retrouve donc ici aussi le charme surrané des riches oisifs qui partagent leur vie entre Shanghaï et Hong Kong, au gré des événements de l'époque. Une romance sur fond de fin du monde (Love in a fallen city est le
titre anglais) puisque c'est dans un Hong Kong bombardé que les deux amants se trouveront.
À lire aussi pour comprendre la savante hiérarchie de la famille shanghaïenne, où les filles sont numérotées dans l'ordre d'arrivée ... ce qui leur garantit du même coup l'ordre de départ avec un
bon parti pour leur mariage.
Un ordre immuable que notre héroïne, Lio-su, viendra dévaster puisque, déjà divorcée, elle partira rejoindre l'homme promis à l'une de ses soeurs !
Tout cela nous est décrit avec un humour discret par la romantique Eileen Chang.
Pour celles et ceux qui aiment les histoires d'amour romantiques.
Si ce n'est pas déjà fait, courez vite voir le
dernier film d'Ang Lee (Tigre et dragon, Le secret de Brokeback moutain, ...) avant qu'il ne quitte l'affiche : Lust, Caution.
Une traduction difficile des deux idéogrammes chinois 戒 jiè 色 sè : être prudent, sur ses gardes ou même donner l'alarme pour le premier, plaisir, amour de la beauté ou encore
expression du visage pour le second. Deux clés de lecture essentielles de ce très beau film.
C'est aussi le titre en VO du bouquin d'Eileen Chang dont est tiré le scénario.
Eileen Chang (ou Zhang Ailing en VO) dont, heureux hasard, on vient de lire Un amour dévastateur (on en parlera demain).
Une auteure réputée pour ses romans écrits pendant les années de l'occupation japonaise (le tout début des années 1940). Ici, un groupe d'étudiants
oisifs, amateurs de théâtre, chinois aisés de Shanghaï réfugiés à Hong-Kong, se mettent en tête d'assassiner Mr. Yee (Tony Leung), un chinois collabo à la solde des japonais et du régime de
Nankin (c'est un peu le Vichy chinois).
L'une des leurs (Wang, jouée par Tang Wei, un ancien mannequin dont c'est le premier rôle) est chargée de se jeter dans les bras de Mr. Yee. Cette première affaire (théâtre amateur, complot
amateur) tourne mal et les jeunes gens y perdront tous leurs illusions et surtout leur innocence (et à plus d'un titre pour la jeune femme).
Trois ans plus tard, on retrouve tout le monde à Shanghaï, toujours sous le joug de l'occupant japonais.
Cette fois Wang est contactée par la résistance, c'est du sérieux, et elle se retrouve à nouveau chargée de séduire Mr. Yee ... Ang Lee a débuté sa carrière comme acteur et son
héroïne débute ici, elle aussi, comme actrice dans une petite troupe d'étudiants amateurs.
C'est donc de théâtre qu'il s'agit et plus précisément du « rôle » à jouer et à tenir.
Puisque Wang acceptera pour la bonne cause d'endosser les robes et la personnalité de Mme. Mak pour devenir la maîtresse de Mr. Yee.
Et puisque Mr. Yee avait accepté pour la survie des siens de n'être qu'un pantin dans les mains des japonais.
Dans ce jeu du chat et de la souris, le collabo tortionnaire dira d'ailleurs à son amante traîtresse : Je sais, bien mieux que toi, ce que faire la putain veut dire
... Ces deux-là forment le plus beau couple de cinéma qu'il nous a été donné de voir depuis
longtemps.
Un formidable duo d'acteurs (on connaissait bien sûr Tony Leung (In the mood for love) - Tang Wei est une révélation, capable d'incarner la jeune fille étudiante et enthousiaste tout
comme la femme séductrice et fatale).
Tout passe dans leur jeu, dans leurs regards. Sur leurs visages filmés au plus près par une caméra entièrement à leur service.
Chaque scène est d'une rare intensité où chaque mot, chaque geste, chaque regard compte et compte juste : la pièce de théâtre au début, le tête à tête au restaurant, les parties de mah-jong,
l'escapade dans une chambre d'hôtel, l'essayage chez le tailleur, l'achat d'une bague chez un libanais, scènes de séduction, scènes d'amour, ... un véritable festival pendant 2h30 qu'on ne voit
pas passer et où l'on se surprend le sourire aux lèvres, non pas parce que l'histoire s'y prête, loin s'en faut, mais tout simplement parce que l'on est ravi de se trouver dans la salle pour
partager ces moments.
Les deux personnages, prisonniers de leurs « rôles », sont terriblement seuls et ce n'est qu'au lit (très belles scènes encore) qu'ils se dévoilent presque l'un à l'autre, et à eux-mêmes,
essayant vainement de se perdre chacun dans le regard de l'autre.
On dirait parfois du Racine et c'est d'ailleurs filmé comme du théâtre. Ou plutôt comme les grands films en noir
et blanc de l'époque (il est fait souvent référence au cinéma américain d'avant-guerre, celui du temps de Greta Garbo, et les décors du Shanghaï d'époque reconstitués y sont pour beaucoup).
Une époque où les femmes savaient encore dissimuler un oeil derrière l'inclinaison du chapeau ...
Deux grands acteurs et un grand moment de cinéma.
MAM a loupé ça (en vacances au Bénin, bien fait pour elle) mais BMR a hâte de retourner au cinoche une seconde fois avec elle, vibrer auprès de la belle Tang Wei et du beau Tony Leung.
En prime, la belle musique d'Alexandre Desplat : Pour celles et ceux qui aiment les couples tragiques.
D'autres avis sur Critico-Blog. Telerama en parle aussi.
On l'a déjà dit et redit, 2007/2008 sera la saison des films sur les guerres d'Afghanistan et d'Irak, avec déjà vus : La guerre selon
Charlie, La Vallée d'Elah et Lions et agneaux.
Dans quelques jours sort le Brian de Palma : Redacted, et en avril : Grace is gone de James Strouse.
Aujourd'hui ce sont les anglais qui s'y collent (on les sait, eux aussi, très impliqués dans la guerre d'Irak), avec Nick Broomfield, un habitué des documentaires, qui se livre ici à une
quasi-reconstitution d'un drame de la guerre : Battle for Haditha.
Cible d'un attentat comme il y en a tant, une troupe de Marines comme il y en a tant s'en prend à des civils comme il y en a tant.
Une histoire vraie ... comme il y en a tant : les 24 civils de Haditha, hommes, femmes et enfants, victimes de cette bavure, avaient le tort de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment, en
plein coeur d'une mauvaise guerre, une guerre d'occupation.
Ces habitants « vivent » coincés entre la crainte de l'occupant et celle des représailles de la résistance et leur seule « solution » semble être l'exil.
Un peu comme dans le Vol 93 (pour rester dans le même registre géo-politique), on sait
d'entrée ce qui va se passer et si l'on n'était pas au courant, le générique se charge de nous mettre au parfum.
Il n'y a donc aucun suspens. C'est la terrible recette de ce film : jetez dans un chaudron une population de civils, une poignée de soldats et une pincée de résistants plus ou moins terroristes,
laissez revenir à veu vif.
Et sortez sans tarder de la cuisine car le mélange ne peut être qu'explosif, si on veut bien me passer ce triste jeu de mots.
Les Marines sont dans un état de stress permanent et les apprentis terroristes jouent avec le feu (encore un autre mauvais jeu de mots) : alors les civils vont trinquer. Forcément.
Si l'on s'était trouvé coincé avec les civils, sans doute serions nous restés sur place, nous aussi, avec la famille et les grands-parents, effrayés à l'idée de voir la résistance débarquer à la
maison.
Si l'on s'était trouvé parachuté avec les Marines, sans doute aurions nous couru, nous aussi, derrière le caporal, après des mois d'entrainement, de bourrage de crâne et de stress.
Si l'on s'était trouvé embarqué avec les résistants sans doute aurions nous joué, nous aussi, aux apprentis sorciers pour débarasser le pays de l'ennemi et de l'occupation.
L'intérêt du film est de nous emmener sur place, comme en reportage, alternativement aux côtés des Marines, des résistants ou des habitants. En faisant justement la part belle à ces irakiens qui
ne verront pas la fin du film, et encore moins celle de la guerre.
Après un départ tonitruant, lorsque les Marines dévalent les pistes caillouteuses dans leurs Hummers en écoutant du hard-rock à donf, la tension dramatique et le stress vont monter, dans chacun
des camps, jusqu'à l'hécatombe.
Avec beaucoup d'émotion, le film se termine dans une profonde tristesse.
Car c'est bien là le message : dans une sale guerre comme celle-ci, il n'y a d'issue pour personne.
Pour aucun des camps.
Pour celles et ceux qui aiment changer des reportages-télé.
D'autres avis sur Critico-Blog.
On n'a guère l'habitude d'écumer les expos photos, sans doute faute d'avoir vraiment appris à les lire.
Belle émotion cependant que celle transmise par le japonais (oui, encore un !) Shoji Ueda dont la Maison
Européenne de la Photographie (quartier Saint-Paul) expose les oeuvres jusque fin mars. Shoji Ueda s'est rendu célèbre pour ses portraits dans les dunes de son pays : les dunes sont mon studio, disait-il, il
n'est pas de paysage plus photographique.
De quoi donner libre cours à quelques compositions savamment construites, à la limite de l'abstraction.
Fascinés par les dunes de sable tout autant que par les portraits et le Japon, on ne pouvait de tout évidence manquer le savant mélange proposé ici ! Ces paysages
zen, parsemés d'enfants, sont comme soulignés par ces personnages qui y fleurissent comme autant de points d'exclamation ou d'interrogation (ou peut-être des idéogrammes sur un rouleau ?).
Au détour d'une oeuvre empreinte d'humour, d'humilité et d'humanité, l'expo recèle trois ou quatre trésors de perfection absolue comme ces 4 jeunes
filles. Duomo arigato Shoji San.
Pour celles et ceux qui aiment revoir leurs photos de vacances. Télérama, Le Monde, L'Huma en parlent.
Nouvelle production de la fine équipe que forment Johnny Depp le décadent et Tim Burton le baroque : Sweeney Todd. Edward aux mains d'argent reprend ses rasoirs pour se venger d'une infamie et camper le diabolique barbier de Fleet Street : celui qui égorge ses clients au premier tandis que la
cuisinière du rez-de-chaussée prépare ses célèbres tourtes à la ... viande (meat pie en VO).
Comprenez bien : la viande est si rare et si chère à Londres en ce temps-là !
Tout cela est fidèlement adapté d'une comédie musicale de 1979 de Stephen Sondheim
(l'auteur des chansons de West Side Story).
L'histoire est celle d'une nouvelle de 1846 de Thomas Peckett
Prest reprenant des faits divers plus ou moins véridiques.
Tim Burton filme cette diabolique légende (elle inspira également Dickens) dans un Londres de bande dessinée, de carton-pâte, bref dans un décor de théâtre sombre et sépia, comme pour mieux faire
« jaillir » ... le rouge.
Il nous offre également quelques beaux jeux de miroirs, de vitres et de reflets.
Car tout n'est que trouble apparence dans cette soi-disant comédie qui est bien autre chose qu'un spectacle gothique dont sont friands les grands ados d'aujourd'hui.
Au-delà des effets de cinéma, on notera par exemple la présence surprenante de Jayne
Wisener, véritable clone de Vanessa Paradis : Vanessa Paradis n'est autre que la femme de Johnny Depp à la ville alors que dans le film, Jayne Wysener joue la fille du barbier. Reluquée par
un vieux grigou amateur d'une chair trop fraiche et trop jeune, elle finira même déguisée en garçon, ...
Permettez également qu'on insiste un peu ici sur la thèse cannibalistique de cette « joyeuse » comédie macabre.
Car le propos est pour le moins explicite : Robin des Bois égorge les riches et puissants qui ont les moyens de se faire tailler la barbe et Marianne prépare ses meat pies pour nourrir
les humbles gens.
Il y a quelques jours, on s'étonnait sur le blog de Noir et Bleu de lire le cannibalisme hanter l'imaginaire nippon (littérature, faits divers, dont d'ailleurs nos médias se font en général largement l'écho), alors qu'il se trouve bien souvent relégué chez
nous au rang des sujets tabous.
Tout juste bon à diaboliser la bestialité des indigènes de nos anciennes colonies.
Voilà donc Stephen Sondheim (et Tim Burton) qui me font mentir avec cette révision moderne et gothique de Soleil Vert.
À voir le samedi pour pouvoir éviter le rasage le dimanche matin (et le fast-food aussi par la même occasion).
Pour celles et ceux qui aiment se faire raser gratis.
D'autres avis sur Critico-Blog.
Voilà longtemps qu'on n'avait pas retrouvé l'inspecteur Wallander ...
Certes on avait pu explorer d'autres facettes du talent de Henning Mankell avec son roman
social : Tea-Bag (dont on parlait ici début 2007).
Ainsi qu'un excellent polar, Le retour du professeur de danse, qui inaugurait bien du
renouveau du polar Mankellien sans Wallander.
Avec La lionne blanche, nous revoici
donc aux côtés de Kurt Wallander toujours en proie à une famille chaotique (son père, sa fille, ...), reflet de la déconfiture de la société suédoise, à moins que ce ne soit l'inverse. [...] Quelque chose dans cette enquête autour de la mort de Louise Akerbloml'effrayait. Comme si l'histoire venait à peine de
commencer. [...] Il regarda le lac en pensant qu'il y avait une ressemblance fondamentale entre cette enquête et le sentiment intérieur qui était le sien. Le contrôle lui échappait. Il poussa un
soupir qui lui parut sur le champ pathétique. Il était aussi perdu dans sa vie qu'il l'était dans la chasse au meutrier de Louise.
Mais l'on sait aussi qu'Henning Mankell partage sa vie avec l'Afrique et La lionne blanche mêle habilement les histoires des deux pays.
Le meurtre de la suédoise Louise Akerblom n'est donc ici qu'une ramification nordique d'un complot politique qui prend sa source dans l'histoire tourmentée de l'Afrique du Sud et de ses haines
raciales. Et ce volet de l'intrigue permet à Henning Mankell de nous rappeler ou de nous expliquer beaucoup de choses sur la situation du pays de l'apartheid. Un écho au livre de Deon Meyer, L'âme du chasseur, lu récemment. Même si on ne peut prétendre comparer Deon Meyer au maître es polar
qu'est Henning Mankell.
Au fil des pages toutefois, ce roman de Mankell déçoit et le maître nordique nous avait habitué à mieux, beaucoup mieux. Le complot africain est assez peu vraisemblable et l'inspecteur Wallander
est ici pas franchement crédible.
La traduction en français en 2004 de ce roman de 1993 sent le réchauffé, une fois le filon Mankell bien assuré en France ...
Cet épisode sera donc réservé aux inconditionnels de Mankell ou à ceux qui veulent explorer la frontière un peu floue entre la Suède et l'Afrique.
Pour celles et ceux qui aiment voyager en classe polar.
D'autres avis «partagés» sur Critiques Libres.
Hanif Kureishi est plus connu comme l'auteur de My beautiful
Laundrette qui a servi de scénario à Stephen Frears. Avec Le bouddha de banlieue, voici un
roman fortement autobiographique qui raconte la jeunesse à Londres d'un fils d'émigré Paki ... [...] Comme beaucoup d'indiens, mon père, quoique petit, était beau et bien fait avec des mains délicates et des manières gracieuses. À côté de lui, la plupart des
anglais donnaient l'impression d'être des girafes maladroites. [...] Il était en particulier aussi fier de sa poitrine que nos voisins l'étaient de leur cuisinière électrique. Au moindre rayon de
soleil, il enlevait sa chemise, se précipitait dans le jardin avec un transat et son journal.
et d'une mère British ... [...] Ma mère était une femme potelée qui n'attachait guère d'importance à son corps. Elle avait un visage rond et pâle et de gentils yeux mordorés. Elle considérait son
corps comme un objet gênant qui l'entourait, uen sorte d'île déserte, inexplorée, sur laquelle elle aurait échoué.
Hanif Kureishi est fin et plein d'humour, tendre envers ses personnages, et il n'est jamais aussi bon que quand il décrit sa famille paki émigrée dans la banlieue Sud de Londres : les parents,
les frères, la cousine émancipée, les tantes ou les oncles épiciers, ...
On parcourt ainsi les rues de Londres mais aussi les années 70 (puis 80) et c'est, pour ces immigrés comme pour beaucoup d'autres, les années de la découverte de la liberté : Soft Machine, Pink
Floyd (ahh Ummagumma !), King Crimson, Emerson Lake & Palmer, tout y est ! ... avant plus tard les punks.
Une époque où les drogues n'étaient pas encore dures et où le désir n'était pas synonyme de maladie sexuellement transmissible (Karim, le héros de Kureishi s'essaie à tous les plaisirs et avance
à voile et à vapeur). On a lu en diagonale un passage un peu plus lourdingue quand Karim se lance dans le
théâtre (l'agit-prop des années 70 !) et se regarde un peu trop le nombril (pour ne pas dire un peu plus bas) préfigurant ainsi la gay generation dont la seule préoccupation
existentielle semble être de savoir avec qui coucher ce soir.
Mais cela ne suffit pas à gâcher cette intéressante et amusante plongée dans les années passées et les milieux indiens de Londres.
Pour celles et ceux qui aiment replonger avec nostalgie dans leurs années 70.
D'autres avis sur Critiques Libres.
Les frères Ethan et John Coen «frappent fort» avec ce film d'humour absurde, noir et macabre. No country for old men,
c'est un pays où il ne fait pas bon vieillir.
Ce pays c'est le Texas, à la frontière mexicaine. Un pays désertique, où le vent de la bande son siffle continuellement.
La violence, le fric, la drogue ont pris possession de ces lieux désolés et le shérif vieillissant (Tommy Lee Jones, toujours impec) semble dépassé par les événements.
Les événements justement : un échange de drogue en plein désert a mal tourné et laisse sur le sable une douzaine de cadavres et une mallette pleine de millions de dollars. Une mallette que va
ramasser Josh Brolin, le cow-boy du coin, looser un peu paumé.
Les narcos ne l'entendent pas de cette oreille et lancent à ses trousses un tueur chargé de récupérer le fric : c'est là qu'entre en scène l'espagnol Javier Bardem, le méchant du film, qui a la
désagréable manie de défoncer les serrures et les crânes avec une bouteille de gaz sous pression, comme celles dont on se sert pour tuer les boeufs.
Il a pris également l'habitude (très stressante) de discuter, quelques instants, philosophie avec ses futures victimes, voire de jouer leur vie à pile ou face, ce qui nous vaut quelques dialogues
dignes du meilleur théâtre de l'absurde.
Un gars qu'on n'a pas trop envie de voir débarquer chez soi parce qu'il est plutôt du genre à essuyer ses bottes non pas avant d'entrer à la maison, mais en sortant de chez vous ...
Bref, les frères Cohen ont brossé là le portrait d'un véritable «personnage», qui traverse le film presque comme un fantôme mais dont chaque apparition déclenche dans la salle un rire très
nerveux ...
Et nous voici donc embarqués dans une sorte de road-movie, de course poursuite, entre le shérif, le paumé et le méchant.
Même si ces trois-là ne se verront jamais de tout le film !
Enfin, pas de leur vivant en tout cas !
Les frères Coen jouent avec nos nerfs, étirent parfois le temps quand le film se fait nonchalant, l'accélèrent quand les poursuites se font stressantes (la course de nuit devant les projos du 4x4
puis le chien dans la rivière !) et que les cadavres s'accumulent.
Et ils sortent même à plusieurs reprises le grand jeu du Grand Guignol sanguinolent, par exemple quand Javier Bardem s'extrait lui même une balle de la cuisse. C'est parait-il très gore (on peut
pas dire : c'est une scène qu'on n'a pas vraiment regardée, ou alors juste quelques moments entre les doigts !).
Le film est tiré d'un bouquin de Cormac MacCarthy. Pour celles et ceux qui aiment les westerns et les bottes de cow-boy.
D'autres avis sur Critico-Blog.
Il est rare qu'on ait l'occasion d'écouter du rock allemand.
Ces accents nous ramènent aux temps où l'on écoutait Nina Hagen, ou même encore plus loin aux temps d'Amon Düül ... (là oui je sais, ça fait loin ...).
Un petit parfum de nostalgie flotte donc entre les écouteurs avec Tokio
Hotel, et avec un nom pareil, on ne pouvait pas les louper ...
Tokio Hotel et son chanteur androgyne, Bill Kaulitz, tout aussi troublant que beaucoup de jeunes japonais, comme ceux qu'on a croisés lors de notre dernier voyage.
On n'est pas trop fan du rock de Tokio Hotel et y'a longtemps qu'on n'écoute plus Nina Hagen mais on a pêché un aimable titre dans une version «unplugged» (paradoxalement ça fait
«branché», mais là surtout l'orchestration est plus cool).
Un morceau au titre enchanteur : Durch den Monsun, un mot qui, en anglais ou ici en allemand,
nous a toujours fait rêver (allez savoir pourquoi).
Un mot qu'on avait déjà croisé avec Brent Berry début 2007.
Les paroles de Tokio Hotel en allemand et en français sont là.
Scoop inédit : ce qu'il y a de bien avec les polars, c’est qu’ils permettent de voyager facilement et de découvrir de nouveaux pays. Comment ça,«on se répète»?! On avait déjà parlé de John Burdett avec l'excellent Bangkok 8, qui comme l'indiquait le titre du billet, nous emmenait en Thaïlande.
Cette fois, l'avion atterri à Hong Kong, en 1997 à la veille de la restitution à la Chine de l'ancienne colonie britannique, vestige de la guerre de l'opium lorsque les blancs exploitaient
l'immense marché chinois. On retrouve quelques clés de lecture propres à Burdett et notamment le choc des cultures qui oppose
finement des chinois de Chine ou de Hong Kong, des Britanniques et même des Américains ou des Australiens. [...] Chan aimait l'odeur des livres chinois, subtilement différente des livres occidentaux. Pas de photos sur les couvertures, pas de racolage commercial - tout était
dans le texte imprimé. C'est cela que les livres devraient toujours sentir : le papier, la reliure et les mots, pas les fanfreluches.
Ce récit (écrit en 1997 pendant les événements de Hong Kong) nous a semblé un petit peu moins maîtrisé que l'humour ravageur de Bangkok (qui date de 2003) mais les quelques passages un peu
faciles (genre yacht, sexe and sun) sont vite lus au bénéfice d'un bouquin très intéressant : le rayon polars de l'année 2008 commence avec une belle surprise.
Le typhon qui menace l'île de Hong Kong au début du bouquin est rapidement oublié : ce n'est qu'une allégorie de la menace plus sérieuse, celle de la Chine à qui vont être restitués ces
territoires abandonnés par les anciens colons britanniques. [...] Chan avait lu un poème contemporain dans lequel le vent était comparé à la ruée d'un milliard d'hommes invisibles écrasant tout sur leur passage. Le poète n'avait
pas besoin d'être plus précis : dans la mythologie ancienne, le vent est une manifestation du Dragon, et le trône du Dragon appartenait à l'empereur de Chine.
À deux mois de l'échéance de juin 1997, il reste six millions de secondes : une pour chacun de ces habitants de l'île qui campent devant l'antre du Dragon chinois. [...] À cinquante kilomètres au nord vivaient 1,4 milliard d'êtres humains dont l'attention collective était rivée sur Hong Kong, deux mois avant sa restitution à la
République Populaire de Chine. C'était comme vivre dans une soufflerie mentale : vous sentiez le vent d'une envie et d'une haine incontrôlables accumulées de l'autre côté de la frontière.
Quelqu'un a dit que Hong Kong est un lieu emprunté vivant en sursis. Ce sursis se mesurait maintenant en heures : quinze cents pour le moment, et filant vite. Les communistes arrivaient, ils
étaient presque là.
Tout cela prend des allures de fin de siècle et tout le monde s'apprête à basculer du colonialisme anglais (une « dictature éclairée » !) à la dictature tout
court. [...] En Chine, Hong Kong n'est qu'une décoration de Noël, et Noël sera bientôt fini.
Le livre a été écrit, on l'a dit, en 1997 et depuis, il s'est avéré que le dragon chinois avait finalement bien appris des leçons du capitalisme et que les erreurs du passé (notamment
l'effondrement de Shanghaï après sa reconquête en 1949) n'ont pas été reproduites : dix ans après, Hong Kong continue son expansion florissante, même sous le drapeau rouge.
Mais ça l'auteur ne le savait pas encore.
Dans ce décor géo-politique soigneusement dessiné, John Burdett trame une intrigue policière riche et complexe qui entremêle argent sale (on est à Hong Kong !), triades et mafias occidentales
(russes, italiens, ... il y en a pour tous les goûts), politique, drogue et même nucléaire.
La prose sans pitié de John Burdett fait souvent mouche et l'on renifle même parfois des parfums de Michael Connelly, belle référence.
Chacun en prend pour son grade : les colons britanniques finissants, les expatriés de tout poil venus s'enrichir ou s'exotiser, et bien entendu les redoutés chinois, qu'il s'agisse des cadres
corrompus de l'armée populaire ou des anciens fanatiques des Gardes Rouges dont les échos des atrocités commises pendant la Révolution Culturelle résonnent encore.
Il n'y avait pas grand monde à sauver en 1997 à Hong Kong ... [...]- Franchement je donnerais dix ans de ma vie pour rester à Hong
Kong. - Sur ce rocher pollué, infesté de chinetoques, superficiel, grossier, matérialiste, étouffant ? - Vous savez pourquoi ? Parce
qu'il grouille de vie, nuit et jour. Il en déborde. Les gens courent dans tous les sens pour gagner leur croûte, personne n'a le temps de rester assis à gémir. L'Angleterre est au Vallium,
l'Amérique au Prozac. Ici, les gens se comportent encore en êtres humains. Il y a de la jeunesse, de l'ambition, de l'énergie. Quatre-vingts pour cent de la population ont moins de trente
ans.
Même si on a plutôt mis en avant dans ce billet le côté historique, voilà bien un polar «tous publics» et de quoi renforcer l'idée d'une petite escale à l'occasion d'un futur voyage
...
Pour celles et ceux qui aiment découvrir les «charmes» de l'Orient.
L'avis (que l'on partage) de Jean-Marc.
Il y a quelques jours on parlait du Fabuleux destin d'Edgar Mint de l'américain Brady
Udall et voici un autre roman qui lui ressemble : Le
demi-frère du norvégien Lars Saabye Christensen.
Deux gros pavés qui se font écho, on l'a dit la semaine dernière : des histoires d'enfance ou d'adolescence, de belles plumes amples et généreuses, des personnages et des
décors hauts en couleurs. Et, donc une ... machine à écrire qui accompagne les héros des deux bouquins. Avec cette fois le norvégien, voici l'histoire de l'adolescence de Barnum et de Fred son demi-frère, pas
tout à fait désiré, c'est un euphémisme : [...] « Je n'aurais pas dû naître. » J'attendais qu'il continue, tout en espérant intérieurement qu'il se taise.«J'ai été introduit de force à l'intérieur de maman, avait-il poursuivi à voix basse. J'aurais dû être retiré. Arraché puis balancé. Mais maman n'a rien dit
avant qu'il ne soit trop tard et le docteur Schultz était trop fin soûl pour se rendre compte de mon existence.» « Comment tu le sais
? » Fred avait souri. « J'ai écouté. J'ai écouté la cour. Le grenier. Les histoires
traînent partrout, Barnum.»
Des histoires qui commencent à la fin de la seconde guerre sur fond de dénonciation et de spoliation de juifs alors que les enfants de père allemand sont enlevés à leur mère norvégienne pour être confiés à d'autres familles. Avec l'époque moderne, Barnum et Fred grandissent peu à peu.
Enfin non, Barnum ne grandit pas, justement, et il va rester obsédé et tourmenté par sa petite taille. [...] Si seulement tout pouvait ne pas avoir eu lieu, si seulement le temps pouvait être remonté, d'un seul coup, pour que tout ce qui allait de travers aille de nouveau
dans le bon sens.
[...]«C'est peut-être une punition», murmurai-je. Elle donna un coup de canne sur le plancher.«Une punition ! Et qui voudrait nous punir, Barnum ? »«Je ... Je ne sais pas », balbutiai-je.Boletta poussa un soupir.«Peut-être qu'en fin de compte la punition, c'est notre condition d'être humain. » Entre quelques allées et venues du père fantasque de Barnum, on suit peu à peu son
adolescence avec son demi-frère, gâtés ni par la vie ni par la nature, entourés de trois femmes : leur mère, Véra, la grand-mère, Boletta, un peu portée sur la bière et pendant un temps,
l'arrière-grand-mère, La Vieille, ancienne actrice du muet. Trois beaux portaits de femmes, trois fortes et originales personnalités.
Le roman, touffu, foisonnant, oscille entre les différentes époques, mélangeant astucieusement passé et présent, au gré des humeurs et des échos du temps, comme pour nous
aider à mieux cerner ses personnages dans leur entièreté.
Pour celles et ceux qui aiment les grandes sagas norvégiennes.
D'autres avis sur Critiques libres ainsi que celui de Gachucha ou d'Agapanthe. Chimère parle de ces deux bouquins, elle aussi.
Non, ce n'est pas encore un nième polar polaire, mais en ce début d'année, alors que les
prix du pétrole flambent, alors que la politique épouse le spectacle, alors que le chômage avance et que la retraite recule, alors qu'il fait froid, ..., tout un chacun se pose légitimement des
questions, des questions, des questions ...
Détendez-vous !
Ce livre, lui, apporte des réponses ! Enfin !
Et aussi plein de questions que vous ne vous étiez peut-être pas posées, de peur de ne savoir y répondre. Un peu dans la lignée des
livres tout à fait inutiles et donc absolument indispensables comme Les listes du bon docteur Schott, dont
on s'était déjà fait l'écho ici. Pourquoi les manchots n'ont pas froid aux pieds ?, pourquoi les
moutons courent-ils droit devant les voitures ?, pourquoi les poissons-volants volent ? ... ça c'est pour le côté "nos amies les bêtes",
Pourquoi pleure-t-on quand on épluche des oignons ?, pourquoi le fromage fondu fait des fils ?, pourquoi le ciel est bleu quand il fait beau ?, pourquoi certains sacs en plastiques sont-ils
bruyants ? ... ça c'est pour le côté vie pratique,
Il y en a comme cela des kilos, 111 pour être précis.
Mais l'intérêt de cet amusant recueil n'est pas dans les questions mais bien sûr dans les réponses.
Toutes ont été collectées auprès de différentes sommités et éminences savantes (ce sont des extraits d'une rubrique du New
Scientist) qui ont répondu avec précision, science et surtout, surtout, humour. Et il y a parfois de véritables polémiques et controverses qui naissent ainsi sous
nos yeux à partir d'une question tout à fait inutile.
Comme quoi on peut être sérieux et ne pas se prendre au sérieux.
Comme quoi on peut avoir l'esprit plein et être plein d'esprit.
Quant à nous on s'amuse en s'instruisant, mais on peut faire l'inverse, ça marche aussi.
Pour celles et ceux qui aiment réflechir à de vraies questions. Moleskine en parle aussi.
Voilà bien un drôle de film que La guerre selon Charlie
Wilson qui entend traiter d'un sujet grave (la guerre en Afghanistan) sur le ton de la comédie hollywoodienne.
Le mélange est étrange mais pas dénué de saveur, d'autant qu'il relate l'Histoire vraie et met en scène des personnages réels.
Charlie Wilson (Tom Hanks) est un petit sénateur texan porté sur le whisky et les jolies femmes (il «dispose» d'une nuée de secrétaires et d'assistantes toutes plus sexy les unes que les autres,
ce qui nous vaut quelques scènes amusantes dans le style Charlie et ses drôles de dames ... !).
Charlie entraîne avec lui quelques déçus de la guerre froide dans une croisade pour raviver les braises de la lutte anti-communiste et fournir des armes aux rebelles afghans.
Pour que leur intitiative reste discrète, les américains essaient tout d'abord d'acheter des armes soviétiques aux égyptiens, aux israëliens, aux pakistanais, ... ce qui nous vaut quelques
moments mémorables de négociation géo-politique où l'humour de Tom Hanks et du réalisateur Mike Nichols fait jeu égal avec la leçon d'Histoire. C'est savoureux.
Mais ces armes ne suffisent pas aux moudjahidin pour dégommer les hélicos russes dans leurs montagnes et il faut donc augmenter les crédits pour leur acheminer les fameux Stinger.
On connait la suite : les russes feront retraite, les américains se désintéresseront de l'Afghanistan, les talibans occuperont le terrain libéré, Ben Laden (qui était sur place) finira par créer
Al Qaïda et préparera l'attentat du 11 septembre.
Comme le suggère le générique du début du film (l'ombre d'un moudjahidin se lève, armée d'un lance-roquette et ... se retourne vers la salle pour nous tirer dessus en pleine face),
l'apprenti-sorcier américain a voulu jouer avec le feu et l'arroseur a été arrosé (la fable du maître zen est d'ailleurs citée dans le film).
La leçon est connue mais il n'est jamais inutile de la rappeler, ne serait-ce qu'à ceux qui étaient trop jeunes pour suivre ces événements ou à ceux qui les ont suivis de trop loin : ces
événements qui nous ont fait basculer de la guerre froide finissante à la guerre terroriste moderne.
Mais Mike Nichols n'est pas aussi sérieux que Ken Loach et au chapitre de la comédie on notera la présence de Julia Roberts en riche héritière texane partie en croisade armée d'un crucifix (mais
n'hésitant pas à user de ses charmes pour rallier les indécis à la noble cause divine) et surtout Philip Seymour Hoffman (déjà apprécié dans 7h58 et Truman Capote) méconnaisable en ringard de la CIA qui rêve de vengeance (on va tuer du russe !).
Relevons également cette capacité des américains à exorciser au cinéma leurs pires démons avec la vague actuelle des films sur les guerres du Proche-Orient : Lions et agneaux (l'Afghanistan, déjà) et surtout La vallée d'Elah (l'Irak).
Et pour bientôt (encore sur l'Irak) : Redacted de Brian de Palma en février et Grace is gone de James Strouse en
avril. Pour celles et ceux qui aiment les leçons d'histoire contemporaine.
L'avis plus «critique» de Cluny.
Voilà le petit film de la rentrée qui fait salle comble depuis plusieurs semaines dans les petits cinés qui ont parié (et gagné) sur lui (mais il y en a d'autres, des petits films, en cette nouvelle année 2008 !).
Adellatif Kechiche nous y dévoile sa recette du couscous au poisson : de la graine et du mulet.
Mais parmi tous les ingrédients, il ne faut surtout pas oublier une bonne et généreuse pincée de Hasfia Herzi, l'actrice qui donne la
réplique (et c'est pas peu dire) au héros du film Habib Boufares (alias Slimane), viré du chantier naval de Sète et qui se met en quête de transformer une épave de cargo pour ouvrir son propre
resto de couscous-poisson. C'est un film sur la famille, celle qui gravite autour de Slimane. Une famille du sud, filmée au plus près des visages. Des
visages parfois quelconques, pas spécialement beaux mais qui sous la caméra de Kechiche illuminent le grand écran.
On traîne avec plaisir au repas dominical avec cette grande tablée, et le sourire largement ouvert, on les écoute rire, parler de tout et de rien, parler la bouche pleine de couscous-poisson et
on se prend à rêver de revenir dimanche prochain ...
Alors que Slimane est plutôt un taiseux, tout au long du film ça parle, ça cause, ça gueule, ça babille, ...
C'est aussi et surtout un film sur les femmes : les ex, les nouvelles, les filles, les belles-filles et les brus, tout un essaim d'éclatantes personnalités féminines qui bruissent et brillent
dans tout le film, pendant que les hommes jouent l'orchestre ou font tapisserie (ils font d'ailleurs le décor du futur bateau-restaurant) : pour ceux qui en doutaient, après en avoir été
l'avenir, la femme est bien désomais le présent de l'homme, surtout de l'homme mis au rencart de l'économie libérale délocalisée.
Mais pour tout dire on a trouvé la fin un peu longuette et décevante (que vient donc faire cette histoire de mobylette volée ? à part souligner trop lourdement que Slimane poursuit un rêve
inaccessible et que la vie lui est passé sous le nez ?), et de tous les petits-grands films
de ce début 2008, ce n'est peut-être pas celui qu'on aura préféré (peut-être déjà victime de son succès ?) mais il vaut largement le détour. Pour celles et ceux qui aiment les portraits de famille en gros plan.
D'autres avis sur Critico-Blog, dont celui toujours éclairé et
pertinent de Cluny.
Intrigué par une pub dans les couloirs du métro, voici BMR de retour d'une bonne pêche sur FnacMusic avec Morley, une song-writer (comme on dit) de New-York.
La dame est en concert à La Maroquinerie ce mercredi 23 et vient de sortir un album début janvier, c'est
dire si ce blog est à la pointe de l'actu miousikale .
Cette chanteuse en est déjà à son deuxième album.
Le premier, Days like these, reste très folk. Le second, Seen, tout récent, nous a beaucoup plu : métissé d'influences variées, plus soul,
presque Rn'B, le son est plutôt original et les chansons pleines de douceur.
Presque tout est bon dans ce disque très homogène et c'est suffisamment rare pour être signalé.
on peut causer