
Soie, la délicieuse histoire au XIX° siècle d'un négociant
sériculteur racontée par un inclassable italien
Alessandro Baricco.

Un tout petit bijou de quelques pages, quasiment une nouvelle.
Presqu'un poème en réalité.

Ou même une chanson puisque le voyage du négociant d'Ardèche au Japon est tracé en
quelques lignes seulement (une demi-page) qui se répètent, telles un refrain, au long des années, au fil des allers et retours de France au Japon et du Japon en France.
Ce n'est donc pas le voyage qui importe mais les deux extrémités de ce périple, les deux faces cachées du personnage ... les deux femmes cachées du personnage, jusqu'à l'étonnant dénouement,
véritable cerise sur ce délicieux gateau qui se déguste en trop peu de temps.
Baricco écrit avec de petites phrases courtes qui s'enchaînent avec bonheur et poésie. Mais l'essentiel est sans doute ce qui n'est pas dit.
Entre les phrases et entre les mots.
L'histoire est superbe et l'écriture est de toute beauté sachant, malgré tout, rester très épurée, sans effets de style superflus. On aime d'autant plus.
Le libraire
Livre Sterling surtitrait :
ce
livre contient une des plus belles lettres d'amour jamais écrite.
[...] Il noircissait des feuilles et des feuilles de dessins bizarres, on aurait dit des machines. Un soir, Hélène lui demanda
:
- Qu'est-ce que c'est ?
- C'est une volière.
- Une volière
?
- Oui.
- Et pour servir à quoi ?
Hervé Joncour gardait les yeux fixés sur ces dessins.
- Tu la remplis d'oiseaux, le plus que tu peux, et le jour où il t'arrive quelque chose d'heureux, tu ouvres la porte en grand et tu les
regardes s'envoler.
[...] La jeune fille souleva légèrement la tête. Pour la première fois elle détacha son regard d'Hervé Joncour, et le posa sur la tasse. Lentement elle la tourna jusqu'à avoir sous ses lèvres
l'endroit exact où il avait bu. En fermant à demi les yeux, elle but une gorgée de thé. Elle écarta la tasse de ses lèvres. La replaça doucement où elle l'avait prise. Fit disparaître sa main sous
son vêtement.
Jusqu'à soie. Je partage votre avis, c'est un roman magnifique.
Et peut être celui qui n'est pas écrit est-il encore plus beau que celui qui l'est.
J'ai oublié :
Le dernier Baricco est très bien aussi. si vous voulez un avis (http://lectaritude.over-blog.com/article-7162884.html)
Curieusement on ne peut pas ajouter de commentaire sur votre chronique de l'élégance du Herisson. alors, je le fait là. J'ai adoré ce livre, un de ceux que j'ai préféré en 2006, avec le Zafon. Ils sont d'ailleurs tous les deux toujours en tête de gondole chez les libraires. Un avis proche du votre, c'est drôle on a noté les mêmes extraits!! (http://lectaritude.over-blog.com/article-4876385.html)