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On A Tout Archivé

30 octobre 2010 6 30 /10 /octobre /2010 17:26

Pascale en parle


Welcome to Barcelone ?

BMR ne manquerait pas un film d'Alejandro Gonzales Inarritu (même sans son scénariste attitré qu'était jusqu'à Babel, Guillermo Arriaga) et - mais faut-il le préciser ? - MAM ne manquerait pas une apparition de Javier Bardem à l'écran.

Nous voici donc partis pour une épouvantable Barcelone, à mille lieues de celle de Woody Allen, très loin des Biutiful Pyrénées  : n'allez pas voir ce film si vous projetez une prochaine virée en Catalogne, vous changeriez illico de destination.

On a rarement vu un film aussi pessimiste et une ville aussi ... bien filmée !

Car oui, les cheminées crachent une vilaine fumée, les ruelles sont jonchées de SDF, les sous-sols emplis de sans-papiers, les rues envahies de vendeurs clandestins guettant l'arrivée de la flicaille, ... mais, paradoxe, ces terribles images des bas-fonds de Barcelone sont superbement filmées.

Et puis de certains coins de fenêtres, il paraît qu'on peut voir la pureté du bleu de la mer ...

Ou sinon rêver à la blancheur immaculée des neiges des Biutiful Pyrénées ...

Inarritu, Bardem, Barcelone, autant de bonnes raisons d'aller voir ce film.

Alors bien sûr on y retrouve les mauvais rêves d'Inarritu avec une histoire finalement assez proche de celle de Babel, même si le style en est très différent.

L'approche de la mort et le passage vers l'autre côté : Bardem arrondit ses fins de mois en venant toucher les morts lors des cérémonies funèbres et recueillir leurs après-derniers soucis, une fois qu'ils ont perdu leurs "21 grammes", apaiser leur âme, leur faciliter le chemin vers l'au-delà. Il faut régler ses affaires ici-bas si l'on veut voyager tranquille au-delà.

Au passage Bardem encaisse quelques billets des proches du mort : il ne se contente pas d'apaiser les morts mais également (et surtout) les survivants laissés en peine ici-bas.

Est-ce un don médiumnique ? Ou plutôt une gentille arnaque ? Un peu des deux vraisemblablement : Inarritu laisse planer le doute et Javier Bardem joue tout en ambiguïté.

Mais Uxbal, le personnage joué par Bardem, ferait bien de régler ses propres affaires ici-bas plutôt que s'occuper des morts des autres : on lui annonce un cancer bien avancé et une fin très prochaine.

Autre obsession d'Inarritu, le rapport au père et l'abandon par celui-ci des enfants(1).

Ici, Bardem a été “abandonné” par son propre père qui a du fuir l'Espagne franquiste. Il ne l'a pratiquement jamais connu et le retrouvera sous diverses formes dans le film.

Mais l'essentiel c'est qu'ici, Uxbal, rongé par son cancer, se prépare à abandonner ses propres enfants : une fillette de dix ans et un jeune garçon qu'il tente de protéger de leur mère instable(2)

Saluons au passage la prestation des deux gamins : dans ce monde impitoyable et hostile même aux adultes, ils jouent sans une fausse note.

Autre obsession d'Inarritu, encore, les immigrants sans-papiers(3).

Barcelone est envahie de clandestins chinois ou sénégalais : Bardem sert d'intermédiaire et on le suit quand il traficote entre maquereaux de tous bords (exploiteurs chinois, flics ripoux, entrepreneurs locaux peu scrupuleux sur la main-d'oeuvre, ...). Il tente maladroitement(4), de concilier son besoin d'enveloppes pleines de billets et sa conscience.

Après tout ça, que vous faut-il de plus ? Bardem porte tout simplement toute la misère du monde sur ses épaules.

Mais il le fait bien et ça lui a même valu un prix mérité à Cannes.

Le personnage Uxbal, rongé par son cancer, ses visions et sa culpabilité (vis à vis de son ex, de ses enfants, des sans papiers, ...) tente tant bien que mal, et plutôt mal que bien, de naviguer entre tous les écueils. Sans vraiment y arriver : Inarritu ne lui laisse guère d'échappatoire et l'on a rarement vu film aussi pessimiste.

D'autant que, si avec Babel, le côté hollywoodien (acteurs, paysages, ...) nous protégeait confortablement, ici à Barcelone, plus de faux-semblant. On peut à peine se dire que ouf, heureusement qu'Inarritu est hispanique : il aurait été capable de filmer tout ça à Paris (et l'on se doute bien que telles images sont possibles dans chacune de nos plus belles capitales occidentales).

Malgré cette noirceur, quelques très belles scènes nous laissent entrevoir un peu de magie (au moins celle du cinéaste) : le repas de famille entre Uxbal, ses enfants et la mère, un soir qu'elle était à peu près recalée (ah, manger la glace avec les doigts ...) ou encore la scène où Ige, la sénégalaise, ramène les enfants d'Uxbal de l'école (pas un mot et tant de choses sont dites ...).

Vous l'avez compris : si vous êtes en forme et avez vos 21 grammes d'âme bien accrochés, ne manquez surtout pas ce très très beau film. Mais si vous n'êtes pas dans votre assiette en ce moment ou si vous aviez idée d'aller prochainement à Barcelone, évitez peut-être cette très très sombre histoire !

Un beau film, mais une histoire pas biutiful du tout.

_______________________________

(1) : dans Babel, Brad Pitt essayait déjà de récupérer ses gosses ...

(2) : elle est bipolaire, pour faire (trop) court : la nouvelle étiquette des maniaco-dépressifs

(3) : comme la nounou mexicaine de Babel

(4) : le mot est faible mais je n'en dis pas plus


Pour celles et ceux qui aiment les villes et les histoires désespérantes.
Critikat et Pascale en parlent.

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Published by BMR & MAM - dans Cinoche
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