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Paris


Samedi 25 juin 2011 6 25 /06 /Juin /2011 08:10
Le site du musée

Zeppelin d'idées pour dimanche. 

On ne raterait pas une occasion de rentrer dans la Grande Nef du Grand Palais, certainement l'un des lieux les plus magiques de Paris.

Certainement aussi l'un des plus difficiles à “occuper”.

D'où cette idée de Monumenta qui offre chaque année à un artiste contemporain l'occasion de relever le défi.

En 2011, c'est Anish Kapoor(1) qui s'y colle et qui passe brillament l'épreuve.

C'est à ce sculpteur indien que l'on doit le 'haricot' de Chicago.

À Paris, nous voici donc invités à pénétrer dans la gueule du Leviathan.

Le visiteur est comme absorbé par les portes chuintantes(2) et se retrouve dans une gigantesque bulle de caoutchouc rose ou rouge selon le soleil. Désorienté. Où est le bas et le haut ? La droite et la gauche ? Il y fait chaud. On en ressort comme pour renaître(3) et rentrer à nouveau mais dans la nef cette fois, histoire de cotoyer le monstre du dehors.

Le site du muséeAnish Kapoor est coutumier de ces sculptures monumentales, destinées à un large public.

Où la couleur est omniprésente jusqu'à se faire matière même.

Où dehors et dedans se mélangent comme ici où l'on sort des entrailles de la bête pour aller au dehors qui est en fait le dedans de la nef pour tâter le dehors de la bête.

L'intérieur est déroutant, oppressant, on n'est pas chez nous.

Mais à l'extérieur, dans le vaste espace rassurant de la nef, une fois retrouvés le béton et la ferraille familiers, les passants déambulent sous les immenses arceaux de caoutchouc de ce grand zeppelin rouge sombre, créature extraterrestre posée et capturée en plein Paris, bienveillante et protectrice.

À voir sous le soleil pour bénéficier de la lumière.

Et avec un billet coupe-fil car le monstre a du succès.

_________________________________

(1) : non MAM, il ne s'agit pas d'une grande fête juive ...

(2) : la bête est gonflée à bloc

(3) : oui la symbolique est évidente


Pour celles et ceux qui aimeraient retourner d'où ils viennent.

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Vendredi 27 mai 2011 5 27 /05 /Mai /2011 06:06
Le site du musée

Magie Dogon. 

BMR & MAM, deux baobab-coolAprès pas moins de deux voyages magiques au pays Dogon, au Mali, un à la saison sèche, un autre à la saison des pluies [nos photos sont ici ne les manquez pas !], on ne pouvait pas rater l'expo Dogon au musée Branly.

D'autant que ce fut l'occasion de réunir à Paris, la mémorable drim-tim du dernier voyage.

D'autant que la visite fut guidée par Audrey, excellente accompagnatrice.

http://carnot69.free.fr/images/coeur.gifLa fascination de tant de monde (nous en faisons partie) pour le pays Dogon et ses magies supposées ou avérées semble être une lubie très française. Depuis les études néo-coloniales des années 30, Desplagnes, Griaule et ses disciples, marchands d'art à demi ethnologues ... tous ont été subjugués, à tort ou à raison, par ce peuple qui garde jalousement et sagement ses secrets, ne livrant finalement que ce que l'hominis occidentalis est venu chercher.

Branly, c'est moins loin. Si vous connaissez déjà les greniers à toit de paille, ne manquez pas cette occasion de replonger dans l'ambiance du pays. Si vous ne connaissez pas encore la falaise de Bandiagara, c'est peut-être l'occasion de vous en approcher.

L'expo rassemble un grand nombre de pièces, bien sûr en partie prélevées dans les collections Branly mais aussi prétées par les musées des quatre coins de la planète.

Trois temps forts marquent la visite : la salle des sculptures, très très intéressante, d'autant qu'on ne voit plus guère de telles pièces sur place au Mali. Tous les styles et époques sont représentés avec des explications plutôt éclairantes.

La salle des masques nous a presque déçus : mais nous ne sommes pas bon public ici, après avoir vu les masques danser pour nous au pied de la falaise(1).

Enfin, c'est une succession de petites salles où les vitrines présentent différentes pièces de métal (on aime bien les bronzes africains) comme par exemple des "crochets à nuages".

L'imposante pièce de l'affiche est le clou du pestacle.

Une expo pour les curieux.

Ne manquez pas non plus le hors-série publié par Telerama à cette occasion (en vente à la boutique du musée ou ailleurs) avec des textes très intéressants, dont certains plutôt dérangeants sur nos anthropologues tombés amoureux du pays Dogon et de ses légendes.

_________________________________

(1) : il s'agit bien sûr de danses "folkloriques" reconstituées pour les touristes de passage, mais c'est un grand moment du voyage, même s'il n'a plus rien de "sacré"


Pour celles et ceux qui aiment l'Afrique.

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Jeudi 12 mai 2011 4 12 /05 /Mai /2011 09:01
Le site du musée

Afrique noire ... 

BMR & MAM, deux baobab-coolAprès le voyage de MAM au Pays Somba en 2008, on ne pouvait manquer l'expo Vaudou à la Fondation Cartier, tout près de chez nous.

On y apprend notamment que le culte vaudou est originaire du Bénin et de la côte ouest de l'Afrique et qu'il n'a été exporté aux Caraïbes que lors de la traite des esclaves.

Les collections présentées sont celles de Jacques Kerchache : autant dire que tout comme à Branly(1), le parti pris est esthétique plus que culturel ou ethnique.

Deux salles principales accueillent les statuettes.

Le rez-de-jardin original de la Fondation Cartier(2) présente quelques grandes statues devant un décor de fausses portes en planches, blanc, épuré.

Des silhouettes élancées, à la Giacometti, qui semblent émerger du bois dont elles sont faites.

On ne sait trop si ces bocio (littéralement : cadavres dotés de pouvoirs) sont là pour empêcher le voyageur non initié d'entrer par les portes ou si au contraire ils protègent les habitants des maléfices extérieurs. Peut-être est-ce la même chose d'ailleurs.

Plus surprenant encore, la collection de petites statuettes présentées dans les pénombres de la grande salle du sous-sol.

Répétition et accumulation posent question : à la fois par le nombre de ces objets semblables (une cinquantaine) mais aussi par les statuettes elles-mêmes sur lesquelles sont arrimés toutes sortes de ferrailles, cadenas, ossements, ficelles, liens, chiffons, fioles et flacons, ...

On est bien loin ici de l'imaginaire occidental sur le folklore vaudou, poupées et aiguilles.

Dans tout cela on devine une obstination résolue à emprisonner les maléfices dans ces objets, une volonté décidée d'échapper aux tourments, au mal, à la mort peut-être.

Le catalogue complet de l'expo (textes [intéressants], photos, ...) est disponible ici au format PDF.

_________________________________

(1) : musée dont Jacques Kerchache, décédé en 2001,  était d'ailleurs le principal concepteur

(2) : pour ceux qui ne connaissent pas : un bâtiment de Jean Nouvel, entièrement vitré en plein jardin


Pour celles et ceux qui aiment les esprits.
Jusque fin septembre à la Fondation Cartier.
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Jeudi 21 avril 2011 4 21 /04 /Avr /2011 07:52
Le site du musée

Parlons un peu chiffons ... 

C'est l'histoire d'une parisienne (Véro) qui cause chiffons à une autre parisienne (MAM) qui traîne son BMR voir l'expo de Christian Lacroix, le couturier, qui a dit au musée Branly qu'il fallait exposer les robes chamarrées des femmes couturières du Moyen-Orient.

Une fois passée la désagréable surprise qui nous attendait à l'entrée : exposition placée sous le haut patronnage de Madame Carla Bruni-Sarkozy (ah, ça Véro tu nous avais pas dit ! heureusement, on n'y serait peut-être pas allés et c'eut été dommage), une fois donc surmontée cette mauvaise plaisanterie de la dame patronnesse, les femmes d'Orient nous envoutèrent sous leurs charmes, tout comme Christian Lacroix et bien d'autres voyageurs cités tout au long des pannonceaux (Lamartine et bien d'autres, ...).

[...] Ce qui dissimule ces femmes les raconte bien mieux que n'importe quelle autre mode occidentalisée. Hmmm, voilà qui est fort bien dit, Mr. Lacroix.

http://carnot69.free.fr/images/coeur.gifComme souvent au Quai Branly, le parti pris est esthétique plus que culturel. Les robes brodées de soies rouges ou de fils d'or, teintes de sombres indigos ou de vifs écarlates, sont suspendues dans les obscurités des galeries vitraillées. Ces dames souvent ordinaires portaient des tissus extraordinaires et sur leurs épaules tenaient toute leur fortune : vêtements et parures leur servaient de dot, de trésor, de caisse d'épargne, hérités et enrichis de mères en filles.

C'est vraiment superbe, comme un voyage, vraiment.

Toutes ces robes viennent du Moyen-Orient (Liban, Syrie et surtout Jordanie) : Ramallah, Hébron, Gaza, ... des noms que l'on n'a pas l'habitude de voir ou d'entendre entourés de poésie et de féminité.

En fin de parcours, quelques parures de visage également, évoquent à mots ... couverts, des 'débats' d'un autre âge.

Et une petite salle permet aux plus accros de toucher quelques robes moins précieuses.


Pour celles qui aiment les chiffons et ceux qui aiment les femmes derrière les chiffons.
Dépêchez-vous, c'est jusqu'au 15 mai au Quai Branly.
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Dimanche 27 mars 2011 7 27 /03 /Mars /2011 21:35
Le site du Louvre

Tête folle ... 

Les affiches nous avaient accroché l'oeil, façon : ouah, pour une fois voilà un artiste contemporain qui m'a l'air très intéressant ...

Sauf que, après quelques recherches ici ou là, il savère que l'artiste contemporain fêterait aujourd'hui ses 275 ans ...

Le Viennois Franz Xaver Messerschmidt a sculpté ses têtes folles avant la Révolution française, à la fin de sa vie, vers 1770 ...

Après quelques années de sculptures de portraits plus ou moins officiels et académiques, Messerschmidt qui fréquentait Mesmer, a été rattrapé par ses démons intérieurs et s'est mis à sculpter une cinquantaine de têtes expressives qui seront dites "de caractère".

Ces têtes auront une histoire mouvementée. Elles seront vendues, séparées, oubliées, ...

Ni datées, ni titrées, à peine numérotées, elles furent affublées d'étiquettes à moitié humoristiques qui les poursuivent encore (l'homme en colère, le soldat grognon, ...).

Elles retrouveront un peu de célébrité avec la Sécession viennoise au début du XX°.

Le Louvre qui n'en possède qu'une, en a rassemblé ici une vingtaine (avec d'autres sculptures plus classiques du même bonhomme).

Et l'expo tient largement les promesses de l'affiche. Tout en proposant de larges commentaires, clairs et instructifs. Une réussite.

Ces têtes (surtout celles en bronze/étain nos préférées et heureusement les plus nombreuses, on aime moins les quelques unes en albâtre), ces têtes donc, sont absolument stupéfiantes.

Épurées, expressives, étonnantes de modernisme ...

Beaucoup de crânes sont rasés, le col tombe sur un buste qu'on devine sans vêtements : cette nudité suggérée des corps à vif exacerbe les émotions.

Les visages torturés, les rictus crispés, les bouches muettes, crient les douleurs et les tourments intérieurs.

Une collection suprenante, un artiste tourmenté, une histoire rocambolesque, une expo à ne pas manquer !


Pour celles et ceux qui aiment l'humain.
C'est jusque fin avril au Louvre.
Libé propose un diaporama.
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Lundi 27 septembre 2010 1 27 /09 /Sep /2010 07:14
Le musée Branly

Tintin au Congo.

Le musée Branly

BMR & MAM, deux baobab-coolEncore sous le charme de notre randonnée cet été au Pays Dogon (au Mali), on ne pouvait laisser passer plus longtemps l'expo du musée Branly sur les masques et statuettes des bantous qui peuplent les rives du fleuve Congo.

 

Une très très belle expo et de magnifiques objets issus des caisses du musée mais également de nombreuses collections privées (belges notamment).

Les célèbres masques-coeur des Kwele, Ngbaka ou Fang : aux limites de l'abstraction, ces visages où fusionnent front et joues inspireront nos artistes du début du XX°, à commencer par Matisse.

Les masques blancs des figures féminines Punu au charme oriental qui ressemblent à des geishas.

Les statuettes Lega d'ivoire pigmentée, véritables petits personnages pain-d'épice.

L'expo n'est pas très riche en explications compréhensibles (défaut chronique du musée Branly) mais de belles cartes permettent au moins de se situer géographiquement dans ces contrées mystérieuses.


Pour celles et ceux qui aiment les histoires magiques.
Dépêchez-vous, c'est jusqu'au 3 octobre.
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Vendredi 25 juin 2010 5 25 /06 /Juin /2010 06:36
L'expo en ligne

La voie du Tao est impénétrable.

Le Grand Palais expose de superbes objets rassemblés ici pour donner un aperçu de la philosophie religieuse du Tao (le Dào, doit-on dire désormais).

Certains objets sont magnifiques : planches à encrer les estampes (quel travail ...), brûloirs à encens, jades et porcelaines, ...

On reste longtemps accoudé aux présentoirs des rouleaux de peinture où se déroulent presque sans fin, paysages brumeux et scènes de cette exotique (et méconnue) mythologie chinoise ...

Malgré toutes ces très belles choses, on reste sur notre faim : les quelques explications ne suffisent pas à nous faire pénétrer les arcanes de cette étrange philosophie religieuse qui depuis trois mille ans prône l'inutilité et l'inaction dans la quête de la plénitude ici-bas et de l'immortalité au-delà.

Mais sans doute nos esprits occidentaux sont-ils tout à fait impropres à appréhender ces manières d'être : Sur la Voie du Dào, il n'y a aucune question à poser, aucune réponse à donner. Celui qui pose malgré cela des questions, pose des questions spécieuses, et celui qui répond quand même se place hors de la Voie du Dào.

Finalement, la voie du Tao restera impénétrable ...


Pour celles et ceux qui aiment l'esprit zen.
Celles et ceux qui n'ont pas la chance d'habiter Paris peuvent jeter un oeil sur l'expo en ligne (site plutôt bien fait).
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Vendredi 23 avril 2010 5 23 /04 /Avr /2010 06:20

Le mini-site du Louvre sur l'expo, très instructif


Icône à la mode des Rous'.

Après les icônes de la mode et YSL au Petit Palais, voici la mode des icônes avec l'expo Sainte Russie au Louvre.

Une expo superbe, très fournie (trop, comme bien souvent), qui nous permet d'approcher une région, une époque et un peuple méconnus : les Rous' du Moyen-Âge.

On peut y découvrir les saints martyrs Gleb et Boris de Kiev, les rivalités entre Kiev, Novgorod et plus tard Moscou(1), les portes d'or de Souzdal et bien sûr de nombreuses icônes de Vierge à l'enfant (« Vierge de tendresse », en russe Oumiliénié ou laskaiouchaya) comme la célèbre Vierge de Vladimir.

Ces icônes épurées jusqu'à l'abstraction n'ont rien à envier aux madones de Modigliani.

La première partie de l'expo (le Moyen-Âge) est, à nos yeux profanes, la plus passionnante et mérite qu'on s'y attarde, contemplatif.

______________

http://carnot69.free.fr/images/sainte russie.jpg(1) : Métropolite et icônes déménageaient au gré des rapports de puissance, un peu comme nos papes entre Rome et Avignon ...



Pour celles et ceux qui aiment les images.

Le Monde en parle. Dépêchez-vous, c''est jusque fin mai au Louvre.

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Mardi 13 avril 2010 2 13 /04 /Avr /2010 06:22

Le site de l'expo


Dress code : smoking de rigueur.

Le Petit Palais accueille l'exposition rétrospective de plus de 300 créations d'Yves Saint-Laurent. http://carnot69.free.fr/images/etoile.gifhttp://carnot69.free.fr/images/etoile.gifhttp://carnot69.free.fr/images/etoile.gif

Mieux qu'un samedi après-midi de boutiques et de lèche-vitrines, mieux qu'une première journée de soldes, c'est cinquante ans de notre histoire culturelle qu'on parcourt ainsi dans un grand espace particulièrement bien agencé où les oeuvres de l'artiste(1) sont superbement bien mises en valeur. 

Dans les salles hautes de plafond, on déambule comme dans une église, vouée aux dieux de la mode, les icônes sont là, les vitraux aussi.

Le Petit Prince de la mode(2) maniait les ciseaux comme d'autres le pinceau et on est convaincu d'admirer ici des tableaux et des peintures et pas uniquement devant les robes Matisse, Braque ou Mondrian.

Les modèles des années 60 ont des lignes si simples, si pures, qu'on les enfilerait sans sourciller aujourd'hui.

Au fil des allées on ne croise pourtant que de simples mannequins de plastique blanc mais l'habit suffit à faire le moine et la robe, la femme car, en sortant du Palais, on est persuadé d'y avoir rencontré les plus belles femmes de Paris.

Dans la dernière salle, magnifique salle de bal, définitivement gagné par le charme des créations de l'artiste, on se surprend à faire tapisserie sur la banquette en souhaitant y flâner des heures, regrettant seulement que ne passe un serveur et son plateau de coupes ...

Ne manquez pas cette expo, originale, bien conçue, qui nous fait re-découvrir un monde que l'on croyait connaître.

MAM et ses copines(3) étaient évidemment aux anges et même BMR fut conquis, c'est dire !http://carnot69.free.fr/images/ysl.jpg

______________

(1) : fausse modestie ou vraie sincérité, YSL se défendait d'être un artiste, plutôt un artisan, mais son inspiration se nourrissait précisément de celles des cinéastes ou des artistes de son temps comme en témoignent la robe Mondrian, les robes Braque ou Matisse, ...

(2) : s'il te plaît, dessine-moi une femme ...

(3) : commentaire de Claire (j'avais dit que le mettrai, je le mets) : "et y'en a plein des qui sont pas moches" - fin de citation.


Pour celles qui aiment les chiffons et ceux qui aiment celles qui aiment les chiffons.

C'est jusque fin août au Petit Palais. Le smoking n'est pas obligatoire mais le billet coupe-file, lui, si !

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Mardi 15 décembre 2009 2 15 /12 /Déc /2009 06:55
Le site du Musée

Tintin et le temple du soleil.

Depuis les hauts plateaux à quelques kilomètres au nord de Mexico, Teotihuacan nous livre quelques secrets.
Quelques uns seulement car cette civilisation florissante à l'époque de Rome (la cité comptait plus de 100.000 habitants et était l'une des plus peuplées de la planète) disparut sans explications vers l'an 600 de notre ère.
Subsistent une allée monumentale et quelques pyramides (celle du Soleil, celle de la Lune, celle du Serpent à plumes) où des fouilles récentes remontent quelques secrets de cette cité des dieux qui ne connaissait ni l'écriture, ni le fer, ni le cheval.
Une cité mythique que les Aztèques, près de mille ans plus tard, vénèreront, tout comme nous autres occidentaux idéaliseront la Grèce ou la Rome antique.
L'expo du Musée Branly est superbe : mise en scène aérée et sobre, explications suffisantes mais pas trop érudites, mises en perspectives géographique, historique, ... avec même une grande maquette des lieux. Impeccable.
Les trésors présentés sont magnifiques et étonnants.
De belles fresques et peintures murales, vivement colorées, où les dieux et les animaux mythiques "parlent" (ils avaient inventé la BD et ses "bulles").
Des braseros et des brûle-encens richement ornés.
De superbes petites statuettes et figurines, de très beaux masques mortuaires.
De surprenantes poupées gigognes dont les entrailles grouillent de minuscules personnages (façon docteur maboul).
Et même si les mayas ont prédit sa fin en 2012, c'est à Teotihuacan qu'est né le cinquième soleil, le notre :

Quatre ères ou soleils avaient déjà existé auparavant. Néanmoins, de grandes catastrophes avaient tout détruit et tout était plongé dans le noir. Les dieux se sont rassemblés dans un lieu sacré afin de créer le monde à nouveau et de donner une autre chance à l'humanité.

Ainsi, les voilà réunis à Teotihuacan. Ils allument un grand feu et commencent à délibérer sur qui devra être sacrifié et devenir le cinquième Soleil qui donnera vie à une nouvelle création.

« Qui sera celui qui prendra la charge d’éclairer et réchauffer le monde ? » demandent les dieux.

« Je le ferai » avance le noble Tecuciztécatl.

« Qui d'autre ? » répliquent les dieux.

Face au silence, tous décident de nommer l'humble Nanahuatzin, qui accepte cette lourde responsabilité.

Deux grandes pyramides sont édifiées (celles actuelles de la Lune et du Soleil à Teotihuacan) pour qu’ils jeûnent et fassent pénitence pendant quatre jours.

Tecuciztécatl apporte de riches offrandes merveilleuses avec des plumes à quetzal et des épines de pierres précieuses.

De son côté, Nanahuatzin ne propose que de modestes offrandes : des cannes attachées, des boules de foin et des épines d’agave, avec lesquelles il offre un peu de son propre sang.

À minuit tous les dieux sont autour du feu et demandent à Tecuciztécatl de s’y jeter, mais celui-ci, s’apercevant de l’intensité du feu et sentant la chaleur, prend peur et fait un pas en arrière. Par quatre fois il essaye de se jeter au feu, mais à chaque fois la peur le retient. Les dieux convoquent alors Nanahuatzin, qui, sans hésiter, se jette avec assurance dans les flammes.

Voyant cela, Tecuciztécatl s’y précipite après lui. 

Très vite, le soleil apparait faisant fuir les ombres des ténèbres. Mais derrière le soleil apparait une Lune, éclairant et réchauffant le ciel d'un grand éclat de lumière.

L'un des prêtres prend alors un lapin et le jette sur la Lune, frappant Tecuciztécatl au visage et éteignant sa lueur et sa chaleur de façon qu’on ne le puisse voir que la nuit.

Les cratères de la Lune sont les cicatrices de la blessure de Tecuciztécatl touché par le lapin.


Pour celles et ceux qui aiment les civilisations perdues.
C'est jusque fin janvier 2010 au Musée du Quai Branly (attention, c'est un succès, y'a du monde !).
C'est Audrey qui a pris les photos. Teotihuacan sur
Wikipédia.
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Dimanche 25 octobre 2009 7 25 /10 /Oct /2009 15:29
Le site du photographe
Un fleuve pour six pays.

Les grilles du Luxembourg nous offrent encore une belle expo photos : celles du photographe laotien Lâm Duc Hiên (sorte de Yann Arthus-Bertrand asiatique) parti à la recherche des sources du Mékong, fleuve mythique d'Asie qui, parti des plus hauts sommets, arrose six ou sept pays et fait vivre près de cent millions d'humains.

Superbes photos de ces tibétains, chinois, laotiens, cambodgiens, vietnamiens, thaïs et birmans qui vivent au bord de l'eau, qui vivent de cette eau : pêche, sel, bateaux, habitat, rizières et pieds dans l'eau.

Le site du photographe

 

À l'heure où l'eau de notre planète est devenue aussi rare et précieuse que le pétrole au point de justifier même certaines guerres plus ou moins larvées, le Mékong, l'un des plus grands fleuves du Monde, est devenu un enjeu politique entre les pays riverains tout autant qu'une ressource naturelle menacée par le développement des industries et des barrages.


IDEOZ, le magazine des voyages pour voir le monde autrementCe billet a également été posté sur Ideoz, le magazine du voyage.


Pour celles et ceux qui aiment la vie au bord de l'eau.

 


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Lundi 19 octobre 2009 1 19 /10 /Oct /2009 11:14
Le site du musée
Et la lumière fut.

Il y a deux ans, Lalique s'exposait au Luxembourg.
Même lieu, même époque (belle époque), c'est au tour de Louis Comfort Tiffany de nous rendre visite, celui qui est un peu le jeune cousin américain de notre lorrain Émile Gallé.
À travers ses verres et ses vitraux, Tiffany est une sorte d'alchimiste capable de transformer le plomb et le bronze en lumière.
Vases, lampes, vitraux, tout est prétexte à cette transmutation magique particulièrement bien mise en valeur dans les salons du Luxembourg (pour une fois !).Le site du musée
La lampe pond-lily (nénuphar) ci-contre est l'un de nos coups de coeur.
C'est l'époque Art nouveau qui voulait cela et l'on retrouve ici les sensations déjà découvertes avec les bijoux Lalique : une alliance mystérieuse entre les matériaux lourds comme le plomb ou le bronze et la légèreté du verre translucide qui produit des objets d'une autre époque, presque d'un autre monde, comme un décor de science-fiction.
L'expo est agréablement et utilement commentée de planches explicatives et, on l'a dit, cette fois le musée a fait de réels efforts dans la mise en scène. C'est superbe et lumineux !

Pour celles et ceux qui aiment les transparences, ils ont jusque mi-janvier pour en profiter.
Paris Match en parle.
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Mercredi 7 octobre 2009 3 07 /10 /Oct /2009 07:48
Le site du musée
Souriez, vous êtes au nirvana.

Ils ont parcouru plus d'un millier d'années et plusieurs milliers de kilomètres pour venir se laisser approcher au Musée Cernuschi : les Buddhas du Shandong sont au Musée de la ville de Paris jusqu'au 3 janvier. À ne pas manquer.Le site du musée
Ces quelques statues de grès aux reflets polychromes sont superbement exposées et mises en valeur et de nombreuses explications érudites les replacent dans l'histoire du bouddhisme.
Une expo comme on les aime et qui rappelle bien sûr les guerriers de Xian venus l'an passé à la Pinacothèque.
La découverte de ces bouddah et autres bodhisattva (mi-princes, mi-saints) est toute récente et date de 1996 lorsque la ville de Qingzhou dans le Shandong au sud-est de Beijing dans la péninsule du Fleuve Jaune décide d'effectuer quelques terrassements pour un nouveau terrain de foot ... (on va finir par aimer le foot).
Les statues exposées datent du V° ou VI° siècle de notre ère. Certaines atteignent une rare perfection, épurées jusqu'aux limites de nos arts modernes comme celle du bouddha ci-contre (près de 2m) qu'on considère un peu comme le clou du pestacle.
Cet émouvant dieu androgyne garde tout son mystère et le drapé de son vêtement évoque forcément celui de la belle Arsinoë venue d'Alexandrie fin 2006 dans la nef du Grand-Palais.
Une étape incontournable pour alléger son karma et s'éveiller sur le chemin du nirvana ...

IDEOZ, le magazine des voyages pour voir le monde autrementCe billet est également paru sur Ideoz, le magazine du voyage.
Pour celles et ceux qui aiment les sourires enigmatiques.
Le Monde en parle.
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Jeudi 23 juillet 2009 4 23 /07 /Juil /2009 07:27
Le site du jeu de paume
Ah les jolies colonies de vacances |

C'est les vacances ou presque.
L'occasion idéale pour les rares indigènes et les nombreux touristes de Paris d'aller jeter un oeil (jusque fin septembre) sur une vingtaine de photos de Martin Parr exposées librement en plein air devant l'entrée du Jeu de Paume aux Tuileries (façon Grilles du Luxembourg).
Le thème de l'expo (et celui récurrent des photos du reporter sociologue de Magnum) c'est justement le tourisme, ou plus exactement le tourisme de masse : celui des cars qui débarquent leur cargaison devant les pyramides, celui des vendeurs de souvenirs, celui de Las Vegas, ...
Martin Parr en vacances et prend des photos.
Des photos d'une ironie mordante, acerbe et pas toujours très tendre, c'est le moins que l'on puisse dire, à l'égard des "modèles" pris sur le vif ...
Ce qui est sûr, c'est qu'on quitte les Tuileries (en slalomant parmi les touristes) en se jurant de ne jamais, au grand jamais, revêtir un T-shirt fluo ou une chemise hawaïenne en vacances ... des fois que Martin Parr et son grand méchant zoom traînent dans les parages !

Pour celles et ceux qui aiment les vacances.
Le Jeu de Paume présente également une expo sur Martin Parr : Herwann en parle.
Le site de Martin Parr.
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Mardi 30 juin 2009 2 30 /06 /Juin /2009 07:06
Le site de la fondation
L'oeil du siècle

L'oeil du siècle, enfin du siècle dernier désormais, est à l'honneur depuis l'an passé.

Henri Cartier-Bresson, HCB, est né en 1908.

La Maison de la photographie expose plusieurs centaines des photos du maître.

Mais c'est le Musée d'Art Moderne que nous avons choisi.

Une petite centaine de photos mais tirées en grand format (environ 60x40), collées sur cartons sans cadre ni vitre, et présentées de manière aérée pour permettre le recul et le zoom.

[...] L'appareil photographique est pour moi un carnet de croquis, l'instrument de l'intuition et de la spontanéité [...] Pour "signifier" le monde, il faut se sentir impliqué dans ce que l'on découpe à travers le viseur. [...] Photographier,  c'est retenir son souffle [...] Photographier, c'est dans un même instant et en une fraction de seconde, reconnaître un fait et l'organisation rigoureuse des formes perçues visuellement qui expriment et signifient ce fait. C'est mettre sur la même ligne de mire la tête, l'oeil et le coeur.

Les photos présentées au MAM évoque HCB comme témoin du siècle : la fin de la guerre, le basculement de la Chine, les funérailles des victimes de Charonne, les voyages, ...

Et puis et surtout les gens, puisque c'est à eux que s'intéresse HCB en-deça des événements que seules les légendes permettent de situer.

HCB est doué d'un sens aiguisé de la géométrie visuelle (plusieurs cadrages sont époustouflants).

HCB est un oeil humain et compassionnel, capable de capturer dans une seule image plusieurs portraits et autant d'émotions, comme ici lors des funérailles d'un artiste japonais.

Parfois, lorsque les images ne sont pas trop sérieuses (la visite de De Gaulle dans le Rouergue, par exemple), le photographe dévoile un humour très fin.

Toujours, Henri Cartier-Bresson montre beaucoup d'affection pour ses personnages.

Une belle leçon d'humanité et d'humilité.


Pour celles et ceux qui aiment les gens.
C'est au Musée d'Art Moderne (Palais de Tokyo) jusqu'au 13 septembre.
Herwann, lui, a opté pour la Maison Européenne de la Photo.

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