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On A Tout Archivé

22 mars 2012 4 22 /03 /mars /2012 09:29

Black power.

Attica Locke, comme elle le dit elle-même dans une petite post-face bien sympathique, est née juste après les événements sanglants de la prison d'Attica. En 1971, la révolte des détenus d'Attica résonnait comme l'un des derniers échos de l'époque des Black Panthers.
Les parents d'Attica Locke avaient grandi dans cette mouvance d'activisme black.
Polar noir
Et le bouquin de leur fille, Marée Noire, rend hommage à toute cette époque révolue, entre les regrets d'avoir un peu oublié la Cause(1), le témoignage socio-politique du passé et la nostalgie.
Le résultat de ce mélange (réussi) est un polar "noir" dans tous les sens du terme.
L'histoire a lieu de nos jours à Houston, Texas, et Jay, un petit avocaillon, est encore traumatisé par ses années d'activiste. Poursuivi par divers procès (à une époque où il fallait éviter les snipers du FBI qui n'hésitaient pas à rendre justice eux-mêmes), il a fini par abandonner la cause et traîne désormais dans les bas quartiers de Houston aux côtés de sa gentille épouse enceinte jusqu'aux yeux.
Malheureusement, il va se retrouver au mauvais endroit et au mauvais moment : dans les eaux noires du bayou, le voilà avec sur les bras (littéralement) une blonde qui, apparemment, vient d'échapper de justesse à un mauvais sort. 
Et les ennuis vont (re)commencer. Pendant plus de 400 pages, les emmerdes vont pleuvoir sur Jay.
[...] Les éléments de cette histoire, les dernières vingt-quatre heures de sa vie s'étalent devant lui comme les morceaux hétéroclites de son téléphone cassé, des fragments qui ne collent pas ensemble, qui n'ont aucun sens : un homme qui lui remet des liasses de billets pour qu'il se taise au sujet d'un meurtre qu'il n'a pas vu. Il peut prendre le problème par m'importe quel bout, ça reste une sale affaire.
La grève fait la une du journal.
Voilà un livre bien intéressant. Parce que c'est un bon polar. Parce que c'est bien écrit. Parce que Attica Locke y retrace toute une période trouble de l'histoire US(2). Parce que le passé de Jay va se mêler à la revendication sociale des dockers de Houston, le tout sur fond de magouille pétrolière.
Le mélange à première vue surprenant est plutôt réussi et chacun des ingrédients y est justement dosé.
_________________________
(1) : les parents d'Attica Locke, comme bon nombre d'activistes de l'époque, ont finalement fait carrière comme on dit (avocat, agent immobilier, ...), à l'instar de nos soixante-huitards
(2) : de ce côté-ci de l'Atlantique on s'intéressait plus à la guerre du Vietnam qu'à la cause des noirs américains.

Pour celles et ceux qui aiment les histoires en noir et blanc.
C'est Gallimard qui édite ces 440 pages qui sont traduites de l'anglais par Clément Baude. 
D'autres avis sur Babelio.
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19 mars 2012 1 19 /03 /mars /2012 07:38

Fait divers.

Voilà bien longtemps qu'on avait ajouté un opuscule à notre liste des minuscules.
Avec Nagasaki, Eric Faye apporte donc ses quelques pages à notre pile des petits volumes qui se lisent en une heure ou deux.
Les autres opusculesS'inspirant d'un fait divers paru dans la presse nippone, Eric Faye nous relate une étrange histoire.
C'est d'abord l'histoire de la solitude (avec un grand S) de Shimura-san.
La cinquantaine bien tassée, seul chez lui (jamais marié visiblement), il ne fréquente pas ses collègues de travail et sa famille ne le visite guère, pour ne pas dire plus du tout. Aucune passion. Rien. Le vide total.
La routine tram-boulot-dodo.
Depuis quelque temps des événements étranges perturbent ce quotidien trop bien réglé.
Un yaourt manque à l'appel dans le frigo. Un autre plus tard. D'autres bricoles de ci, de là, tant et si bien que, pour en avoir le coeur net, Shimura-san note dans un cahier tout ce qu'il range et qu'il ne retrouve plus à sa place.
Alors qu'on s'apprêtait à embarquer pour une histoire effarante de folie fantastique à la Kafka, voilà que Shimura-san installe une web-cam pour surveiller son terrier depuis son bureau et qu'il découvre bien trop vite le lutin qui commet ces larcins.
[...] Il faut vous dire, monsieur Shimura, mais vous l'avez sans doute compris depuis un moment, que cette cette femme a vécu chez vous près d'un an à votre insu, dans cette pièce où, comme elle l'avait constaté, vous n'alliez pas. Oui, près d'un an. Elle n'avait pas élu domicile uniquement chez vous, notez bien. Elle avait deux autres adresses où dormir incognito, de temps à autre.
Voilà qui éclate comme une bombe atomique dans l'univers impeccable de Shimura-san.
Cela arrive trop vite et même déçu, on est alors prêt à repartir pour une autre histoire, celle de la rencontre de ces deux êtres, celle de la solitude et de la vie trop bien réglée de Shimura-san enfin brisées. Mais non.
C'est évoqué bien sûr, mais ces deux solitudes ne se croisent que quelques instants, l'espace d'un regard. C'est tout. Finalement chacun retombe sur ces pattes.
Parfois la distance, l'absence d'émotion immédiate, la froideur apparente de l'écriture, donnent des romans d'autant plus forts, mais ici ce n'est malheureusement pas le cas et malgré la belle écriture fluide d'Eric Faye, il faut bien avouer que l'on reste sur notre faim. Avec le sentiment d'être passé juste à côté d'une belle histoire.

Pour celles et ceux qui aiment les courts romans ou les longues nouvelles.
C'est Stock qui édite ces 108 pages qui datent de 2010.
D'autres avis sur Critiques Libres.
 
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13 mars 2012 2 13 /03 /mars /2012 05:57

Yakakliker pour écouter


Far voice from far west...

Cette année, on a déjà découvert la voix de l'anglaise Tammy Pain.

En voici une autre : Lindi Ortega, venue du mid-ouest canadien (Toronto, c'est juste au bord, dernière station avant le plongeon dans le grand ouest). Mi-mexicaine, mi-irlandaise, la jeune canadienne a des accents qui rappellent ceux des grandes chanteuses de country comme Dolly Parton(1) qui criaient leur désespoir sur la route au milieu de nulle part (jetez une oreille attentive sur ce Riding into town ...)

http://carnot69.free.fr/images/coeur.gifVous ne connaissiez peut-être pas son nom mais il est temps de découvrir ses Little red boots :

You're gonna know me by my little red boots

You may not know my name

'Cause I have not met fame but

You're gonna know me by my little red boots

Riding into town with my guitar on my back

Mothers all around will be having heart attacks

Too lost to be found, just a train off of its tracks

You're gonna know me by my ruby red lips

You may not know my face butLindi Ortega

I leave a lipstick trace

You're gonna know me by my ruby red lips

Downtown at the bar after rocking with the band

Wondering if fate is gonna deal a gambling man

What a place I've been, you better have a winning hand

You're gonna know me by my ruby red lips

Came to sing this song

Now I'll be on my way

Better move along

But I'll be back again someday

Someday

Someday...Hey!

Croyez le ou pas, MAM vient de s'acheter des red boots pour l'hiver, moins western que celles de Toronto certes, parisian touch oblige, mais c'est pas un signe ça ?

Autre signe (plus sérieux celui-ci), Tammy Paine reprenait il y a quelques jours sur ce blog Jolene, la célèbre chanson de Dolly Parton.

Outre les petites bottes rouges de Lindi Ortega, on avoue aussi un faible pour son autre chanson : All my friends, des amis qui ont pour nom Mary Jane, clopes, pilules et alcools ...  just a train off of its tracks, qu'elle continue sa route !

_____________________________

(1) : Dolly Parton avait un casque d'or et 'du coffre' comme on dit poliment, Lindi Ortega a des bottes et des lèvres rouges.


Pour celles et ceux qui aiment (un peu) la country.

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8 mars 2012 4 08 /03 /mars /2012 06:38

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Un voisin encombrant ...

Polar Après La maison où je suis mort autrefois, voici le premier bouquin du japonais Keigo Higashino : Le dévouement du suspect X.

Encore une bien étrange histoire, un polar nippon plein d'étrangeté.

Séparée de son ex, Yasuko vit seule avec sa fille. Jusqu'ici elle fait à peine attention à son voisin, Ishigami, un prof de maths.

Un soir l'ex débarque, ça se passe pas bien et plus ou moins accidentellement, Yasuko et sa fille tuent le vilain bonhomme. Mais elle peut compter sur son aimable voisin prof de maths qui accourt et propose de façon fort sympa de débarrasser le corps et de bâtir un alibi en béton à la jeune femme.

Une offre qu'on ne refuse pas.

Bien sûr il y aura enquête. Les flics japonais sont aussi soupçonneux que chez nous, surtout dans les bouquins de Keigo Higashino. Tout ça leur semble louche.

Et puis l'un des inspecteurs fréquente un prof de physique, ancienne connaissance du prof de maths (ça va, vous suivez ?). Et c'est bientôt une espèce de duel intellectuel, de partie d'échecs, prof de maths contre prof de physique : alibi or not alibi, that is the question.Polar

On raconte ça à la légère parce qu'il est difficile de retraduire l'étrange oppression qui émane de ce bouquin très japonais.

[...] Elle n'avait aucun mal à imaginer qu'Ishigami soit rongé de jalousie [...]. Les sentiments qu'il avait pour elle étaient indiscutablement la raison pour laquelle il l'avait aidé à dissimuler le crime et continuait à les protéger, elle et sa fille, de la police. [...] Grâce à Ishigami, Yasuko semblait en passe d'échapper à la police pour le meurtre de Togashi. Elle lui en était reconnaissante. Avait-il dissimulé le crime pour la contraindre à passer le reste de ses jours sous sa surveillance ?

Tout cela semble cousu de fil blanc. Une certaine naïveté imprègne le récit (tout comme l'histoire de La maison, l'autre ouvrage de Keigo Higashino). Mais bien sûr l'auteur se joue de nous et la fin nous réserve quelques surprises !

Ne voyant que ce qu'il ne fallait pas regarder, on était passé à côté de l'essentiel, comme les flics : c'était justement tout l'art du prof de maths (et de Keigo Higashino) et de son alibi qui n'avait pas l'air d'un alibi !

Des deux bouquins de Keigo Higashino, BMR a préféré La maison, MAM Le suspect : alors prenez l'un ou l'autre et passez un bon moment en l'étrange compagnie de Keigo Higashino et de ses polars à la Edgar Allan Poe(1).

___________________________________

(1) : dans cette histoire, un cadavre est retrouvé au bord de la rivière Edo à Tokyo, Edogawa en VO ... rappelons que Edogawa Ranpo est une phonétique japonaise pour Edgar Allan Poe et le pseudonyme de Hirai Tarô, l'Agatha Christie du polar japonais.


Et c'est donc toujours Actes Sud qui édite ces 316 pages parues en 2005 en VO et traduites du japonais par Sophie Refle.

D'autres avis sur Babelio.

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5 mars 2012 1 05 /03 /mars /2012 14:09

Yakakliker pour écouter


D'une île à l'autre ...

BMR & MAM, deux baobab-coolMadagascar a donné de grands musiciens : on avait déjà parlé d'Eric Manana devenu guitariste de Graeme Allwright. Voici le tour de Régis Gizavo, un accordéonniste que l'on connaissait déjà(1) mais que l'on redécouvre ici.

Gizavo sera repéré par RFI au début des années 90, depuis il est installé à Paris.

On vous livre ici(2) la chanson qu'on préfère : Kemba, interprétée en duo bilingue avec Jean-François Bernardini le chanteur corse d'I Muvrini.

D'une île à l'autre en quelque sorte ...

Une chanson belle et triste :

après m'avoir cajolée de promesses, tambitamby(3),

Lasa izy eh Lasa tsy nimpoly io, il est parti, il ne reviendra plus, ...

_______________________________

(1) : parmi la pléïade des musicos 'africains'

(2) : mais vous pouvez aussi l'acheter sur Amazon ou à la Fnac !

(3) : une jolie expression que l'on entend juste avant que Bernardini prenne le micro


Pour celles et ceux qui aiment les voix et les îles.
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28 février 2012 2 28 /02 /février /2012 12:21

Un J.E. Hoover suédois ?

La nuit du 28 février de Leif GW Persson, voilà bien un polar scandinave qui sort de l'ordinaire.
Un pavé de 735 pages, une curiosité réservée aux fans d'Histoire, de Suède et d'Histoire de la Suède.
On y croise toutes sortes de personnages aux noms indémêlables.
Polar noir
Et notamment un clone nordique de John Edgard Hoover qui rêve de bâtir un FBI suédois sur le modèle de la Stasi.
[...] Grâce à ses connaissances historiques et à ce qu'il savait sur les services étrangers de renseignements, Berg avait élaboré une stratégie quant à la façon de développer cette nouvelle activité. Son but ultime était un service secret, voire une organisation toute entière échappant à tout contrôle démocratique, qui surveillerait non seulement la DST elle-même mais aussi les activités dites officielles au sein de la police, de l'armée ainsi que de tout autre organisme ou groupe, public ou privé, dont les activités risquaient de mettre en danger le pouvoir politique.
Ben voyons. Alors bien sûr quand les socialistes et Olaf Palme (une sorte de Mitterrand local) et ses partenaires arrivent aux commandes, ça brasse un peu. Quoique.
Même s'il y a une victime qu'on semble bien avoir suicidée par défenestration, ce n'est pas tout à fait un polar, pas tout à fait un roman historique, il n'y a même pas véritablement de héros, juste toute une série de portraits, pas toujours flatteurs pour la gente masculine du royaume.
Avec quelques piques d'humour typiquement suédois :
[...] C'était un vrai policier, à la différence de ces amateurs d'opéra qui semblaient peupler les commissariats imaginaires de Suède, d'Ystad à Haparanda. (et toc, Mankell si jamais tu me lis ...)
Un drôle de bouquin, peut-être le plus américain des polars nordiques, où le hareng aurait remplacé la saucisse sur le BBQ.
Et puis une traversée éclair des années récentes de la Suède, pays trop méconnu, on ne le répètera jamais assez :
[...] En ce qui concernait la Suède, les années ayant suivi la fin de la Seconde Guerre Mondiale pouvaient, du point de vue de la politique de sécurité, être comparées à la traversée d'un lac sur une glace datant de la veille.
Qu'allait inventer le grand voisin oriental ? Derrière cette question se dissimulaient près de quatre siècles de guerres continuelles et de conflits politiques avec l'ennemi héréditaire russe. [...] Pas question, non plus, de se jeter dans les bras de l'Occident. D'abord parce que celui-ci n'avait rien à faire de la Suède , il avait d'autres chats à fouetter et personne n'avait encore oublier la façon dont les Suédois avaient collaboré avec les nazis.
Un peu longuet mais instructif.
Avec en prime la solution (!) du mystère de la mort d'Olaf Palme, assassinat qui est à la Suède ce que celui de Kennedy est aux US.

Pour celles et ceux qui aiment les histoires avec de l'Histoire dedans.
Le Livre de Poche édite ces 735 pages qui datent de 2002 en VO et qui sont traduites du suédois par Philippe Bouquet. 
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23 février 2012 4 23 /02 /février /2012 14:17

Yakakliker pour écouter


Strange song ...

BMR & MAM, deux baobab-coolGuitariste malgache réputé, Eric Manana, de son vrai nom Eric Rafilipomanana, a été l'un des musiciens de Graeme Allwright.

En mars 93 dans une salle parisienne, ils chantent Stranger Song à deux voix, en français pour Graeme Allwright et en malgache pour Eric Manana.

La chanson est triste, on sait, mais c'est tellement beau (ah, les choeurs en malagasy !) que pour une fois, on se tait et vous laisse écouter, c'est ici(1)

http://carnot69.free.fr/images/etoile%20orange.gifFranchement, on dirait que la chanson de Cohen a été écrite originellement dans cette langue.


(1) : version intégrale 4:31 extraite de son album ici

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20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 08:26

Apartheid.

BMR & MAM, deux baobab-coolEncore un polar sud-africain. Original et plutôt bien écrit. La nuit divisée de Wessel Ebersohn.
Original parce que, entre autres choses, le personnage principal, le 'héros' est un psychologue juif qui travaille occasionnellement avec la police.
Un jour on lui refile un patient encombrant : un afrikaner qui tient une boutique minable dans un quartier minable de Jo'burg. Le vieux bonhomme a la fâcheuse habitude de laisser tout exprès la porte de sa boutique ouverte la nuit. De quoi tenter sinon le diable, du moins les pauvres bougres bantu du quartier qui tentent de venir chiper quelque chose pour améliorer leur triste ordinaire. Et le vieux fait un carton à chaque fois. 
Polar noir
En état de légitime défense, Votre Honneur.
L'Afrique du Sud à cette époque (on est à la toute fin des années 70, dans les dernières années de l'apartheid) est encore un pays où l'on ne condamne pas un blanc qui défend son bien (et même sa vie, Votre Honneur) contre d'affreux bantous(1). Alors le vieil épicier continue son manège, et c'est tout juste s'il doit se soumettre à quelques visites à notre psychologue de service.
Les choses se compliquent quand on apprend qu'il y a eu un témoin du dernier carton du vieux bonhomme. Et que ce témoin est un 'communiste' (un rouge, donc noir aussi hein) activement recherché par la Sécurité.
Et en Afrique du Sud tout le monde, blancs comme noirs, a peur de cette Sécurité toute puissante qui marche dans les traces de sa soeur aînée, la Gestapo.
[...] Il se demanda un instant s'il préférait tomber dans les mains des habitants de Soweto ou dans celles de le police de la sécurité. La réponse était évidente. Il préférait de loin les habitants de Soweto.
Si vous vous souvenez, on avait déjà parlé de cette Security Branch avec un autre polar, de Malla Nunn.
Yudel Gordon(2) se rend bientôt compte que sa pratique médicale sera insuffisante pour arrêter les pulsions meurtrières de l'épicier.
Et le voilà en train de mener son enquête tout en essayant de naviguer maladroitement entre les différents écueils (l'enfer est pavé de bonnes intentions, même pour les juifs d'Afrique du Sud visiblement) et l'on découvre au passage quelques aspects intéressants (sombres mais intéressants) de ce pays gangrené(3) qui n'était pas encore devenu ... une nation arc-en-ciel.
_________________________
(1) : le bouquin a été écrit 'à chaud' en 1981 et Wessel Ebersohn dû même s'éloigner de son épouse pour lui éviter trop de tracasseries policières et pouvoir finir son roman
(2) : c'est le nom du juif psychologue, héros récurrent de plusieurs romans de Wessel Ebersohn
(3) : le vieil épicier qui joue facilement du fusil est justement bouffé peu à peu par la gangrène, bientôt il ne pourra plus appuyer sur la gâchette ...

Pour celles et ceux qui aiment les histoires en noir et blanc.
C'est Rivages/Noir qui édite ces 267 pages qui datent de 1981 en VO et qui sont traduites de l'anglais par Hélène Prouteau. 
D'autres avis (mais pas beaucoup) chez Babelio.
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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 09:17

Yakakliker pour écouter


Trois fois bravo...

Théodore, Paul et Gabriel

Voici 3 garçons dans le vent.

Euh, non, 3 toutes jeunes filles du quartier latin qui se donnent de vrais airs de faux garçons(1). Et ça leur va bien(2).

http://carnot69.free.fr/images/coeur.gifEt bon sang de bonsoir, quel triple coup de coeur !!!

Tribut aux débuts des seventies(3), intello et sophistiqué, dandy et vintage, mais fort bien troussé : leur album de 5 titres est un pur régal. Pur régal ! Rien à jeter ! Ne passez pas à côté !

Les critiques sont dithyrambiques et vont jusqu'à évoquer Joan Baez ou CSN&Y.

J'avoue que je pencherais sans doute du côté plus sombre et plus trouble du Velvet.

Entre folk qui berce et pop qui swingue, elles chantent et grattent toutes les 3 et le trio est à savourer tant il est rare d'entendre des ensembles féminins.

Clémence GabrielL'équilibre est savamment dosé, tant dans le registre vocal comme avec la voix un peu éraillée de Théodora, sauce pimentée, que dans celui des orchestrations ou des changements de rythme, comme avec Taxi Driver.

http://carnot69.free.fr/images/etoile%20orange.gifThéodore, Paul et Gabriel, tout est soigneusement étudié chez ces trois p'tits gars : prénoms, look et miousik.

Le clip en cuir de leur chanson-titre Silent Veil vaut le détour (on peut zyeuter ici). Mais les 4 autres chansons de ce premier album sont tout à fait à la hauteur, ça promet.

On vous donne ici de trop courts extraits de Chasing the sea [écoutez un peu l'alchimie des trois voix] et de Taxi driver, nos préférées.

Courez acheter leur album, c'est trop bien et donc y'en n'aura pas pour tout le monde, c'est sûr !

Assurément le coup de coeur de ce début d'année !

Ah, j'allais oublier : les yeux de Gabriel(4) ... 


(1) : Théodora de Lilez, Pauline Thomson et Clémence Gabriel, venues d'une aventure précédente : le groupe Monsieur S.

(2) : et bien sûr, Têtu les a interviewé(e)s

(3) : formidable, cette époque aujourd'hui où les gosses rendent hommage à la miousik de leurs parents !

(4) : c'est Clémence, la 'blonde' à gauche sur la photo et ci-dessus, Pauline porte des lunettes, Théodora est au milieu

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2 février 2012 4 02 /02 /février /2012 05:16

Tijuana blues.

William Memlouk est un spécialiste français du jazz.
Mingus mood est son premier roman.
Une sorte de biographie romancée du contrebassiste Charlie Mingus.
Plus exactement un hommage à ce musicien, réputé autant pour sa musique que pour son sale caractère.
Personnellement on n'était pas fan de jazz et on a eu beau jeter de nouveau une oreille sur quelques disques de Charlie à l'occasion de ce bouquin, cette lecture n'a pas changé notre écoute.
Mais cela ne nous a pas du tout empêché d'apprécier une superbe écriture.
Car ce premier roman est un sacré coup de maître.
Racontés par la voix d'un vieil ami de Charlie Mingus qui serait interviewé dans les années 80 juste après la mort de Charlie, les souvenirs, les errances, les douleurs, les concerts, les beuveries, les colères, les musiques, les compagnons ... et l'ombre des compagnes, de Charlie Mingus défilent sous nos yeux depuis les années 50.
http://carnot69.free.fr/images/coeur.gifL'épine dorsale du récit est une rupture amoureuse de Charlie à New-York. Pour fuir ses douleurs et ses démons, il entame un road-blues avec quelques compagnons de scène jusqu'à Tijuana à la frontière mexicaine. Cela donnera l'album Tijuana Moods.
[...] Figés dans un état de veille engourdi, je me souviens que nous laissions ainsi courir au rythme de ce décor - sans vie, sans eau, sans âme - nos pensées déliquescentes. En réalité, nous étions tous les cinq tributaires de la chaleur ... une chaleur hallucinatoire, lourde et lascive qui tombait du ciel comme la neige en hiver.
Pour redonner un peu de consistance à nos corps, à nos consciences assoupies, je me souviens que l'un des musiciens décida d'ouvrir une bouteille de gin. Nous la fîmes circuler de mains moites et mais moites, y puisant à chaque rasade toute la fraîcheur qu'elle était en mesure de nous apporter.
Charlie Mingus boxe sa contrebasse comme il boxe la vie et cette histoire est celle d'un révolté, celle d'un écorché, celle d'un musicien atteint de folie artistique, celle d'un homme et de ses amours impossibles, ...
Car Charlie Mingus est noir ... et l'amour qu'il fuit est celui d'une blanche.
[...] Je lui demandais soudain si nous nous rendions à Tijuana pour elle, et d'un timbre sans éclat il me répondit :
- Ouais, pour elle ... pour l'oublier.
[...] J'ai d'autres combats à mener ... des combats aux enjeux plus profonds, plus larges que l'amour ... et vous savez que pour concevoir ces combats, pour les accomplir, il me faut de la violence et du dépit ... de la haine, de la haine et du désordre.
On est à la fin des années 50 (Martin Luther King n'a pas encore eu son rêve) et Charlie est révolté par la place laissée aux noirs et à leur musique. Cette musique qui est à la fois son refuge, sa revanche et la seule façon qu'il a trouvée d'extérioriser ses démons intérieurs.
[...] Charlie l'arrogant, Charlie l'impoli, Charlie l'indomptable qui avait eu le malheur de naître noir et de n'être rien.
[...] Et si je vous disais que ce désordre m'inspire, qu'il coule en moi comme un putain de poison qui me nourrit, qui m'alimente ...
Un roman très 'américain'.
De très belles pages sur cet homme tourmenté et la musique qu'il laissa derrière lui.

Pour celles et ceux qui aiment les artistes.
C'est Julliard qui édite ces 244 pages qui datent de 2011. 
D'autres avis sur Babelio.
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