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On A Tout Archivé

16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 09:00

Critikat en parle


Tintin.

On l'a déjà dit, 2011 est une année faste en matière de dessins animés : après le Chat du rabbin et Chico et Rita, et surtout les excellents Contes de la nuit de Michel Ocelot, voici le Tintin de Spielberg, deux grands noms réunis ici.

La 3D animée, c'est un peu comme un nouveau train électrique : tout le monde veut y jouer.

Et les grands cinéastes sont un peu comme de grands enfants : voici donc le tour de Spielberg avant bientôt Scorcese.

On reste toujours aussi sceptique quant à l'apport réel de la 3D qui certes donne de la profondeur au dessin animé (c'est la moindre des choses !) mais bon ... passons, si ça peut motiver encore quelques mois quelques grandes réalisations avant de passer de mode, tant mieux !

Spielberg nous livre donc une adaptation plutôt réussie de l'univers de Hergé(1) : à la fois fidèle à deux ou trois albums de la série et en même temps avec suffisamment de liberté pour donner libre cours à son imagination de cinéaste.

Et il s'en donne à coeur joie : la deuxième moitié du film recèle plusieurs séquences mémorables. Comme cette course poursuite digne des meilleurs James Bond (ou plutôt Indiana Jones), cette bataille navale fantastique qui relègue les pirates des Caraïbes au rang de marins d'eau douce et même ce duel de grues portuaires !

La première partie du film est un peu plus convenue et un peu lente à se mettre en place : comme si Spielberg se sentait un peu obligé d'exposer fidèlement les standards tintinesques sur lesquels il était attendu(2) avant de démarrer enfin “son” film, heureuse surprise.

____________________________

(1) : le racisme d'Hergé est toujours bien présent ! espérons qu'une partie des spectateurs prendra cela comme un hommage au second degré !

(2) : et il s'en tire très bien mais, par construction, c'est plutôt 'convenu'


Pour celles et ceux qui aiment les grands reporters.
Critikat et Nicolinux en parlent.
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7 novembre 2011 1 07 /11 /novembre /2011 05:46

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Polar noir des années noires.

Revoici l'écossais Philip Kerr et son étonnant détective privé Bernie Gunther, façon Nestor Burma chez les nazis.

On avait beaucoup apprécié le gros volume précédent qui réunissait trois épisodes : c'était la Trilogie Berlinoise.

Cette quatrième aventure, La mort entre autres, se laisse lire avec toujours autant de plaisir (Philip Kerr est un bon auteur de polars) mais n'atteint pas le niveau de la trilogie précédente.

Le goût de la nouveauté et le plaisir de la découverte ne sont évidemment plus là. Et l'intrigue de cette enquête, de cette manipulation dont est victime l'ami Bernie est un brin rocambolesque.

Reste, outre le plaisir de lire un bon polar, un polar bien noir, l'intérêt de relire quelques pages de notre Histoire, des pages bien noires.

Puisque tout l'intérêt des histoires de Philip Kerr c'est que, sans jamais pontifier, il nous fait voyager de Berlin à Vienne ou Garmish et même Tel-Aviv, il nous fait rencontrer toutes sortes d'aimables personnages comme Eichmann ou encore Hadj Amin le Grand Mufti de Jérusalem. Il nous balade entre les prémices du nazisme avant guerre jusqu'aux compromissions de l'Église, de la Croix-Rouge et de la CIA, toutes très occupées à faire échapper un grand nombre de nazis et de SS vers l'accueillante Argentine de Peròn.

Et toutes les ‘anecdotes’ dont Philip Kerr émaille son récit sont tristement avérées : depuis la visite d'Eichman à Tel-Aviv pour trouver une terre d'accueil où envoyer les juifs d'Allemagne, jusqu'au plan B qui consistait à récupérer une colonie française pour ce faire. C'était Madagascar. La suite on la connait et une autre solution, plus finale, sera mise en oeuvre.

Y'a de quoi déprimer pour le pauvre Bernie qui navigue en eaux troubles :

[...] Je me sentais aussi solitaire qu'un poisson dans une cuvette de toilette. Je n'avais pas de parents, et pas d'amis à qui parler, hormis le type dans le miroir de la salle de bains, celui qui d'ordinaire me souhaitait le bonjour, le matin. Dernièrement, il avait cessé de m'adresser la parole, même lui, et j'avais l'impression qu'il me saluait trop souvent d'un sourire sarcastique, comme si ma présence lui était devenue odieuse. Nous étions peut-être tous devenus odieux. Nous tous, les Allemands. Les Américains nous regardaient tous avec un mépris silencieux. Philip Kerr

Alors bien sûr il faut en revenir aux fondamentaux de tout bon détective :

[...] Voyez un peu les pays qui boivent beaucoup de bière. Ils sont presque tous protestants. Et ceux où l'on boit beaucoup de vin ? Tous catholiques.

- Et les Russes ? Ils boivent de la vodka.

- C'est une boisson qui aide à trouver l'oubli, répondit le père Bandolini. Absolument rien à voir avec Dieu.

L'époque était des plus sombres. Ce polar noir l'éclaire un tout petit peu.

Chacun connait bien désormais les sinistres compromissions dont firent preuve français, anglais ou américains à la fin de la guerre, par exemple avec les ‘médecins’ nazis qu'évoque largement ce bouquin.

Ce qui reste généralement passé sous silence, et pour cause, ce sont les compromissions des mêmes, avant guerre dans les années 30, pour trouver un consensus sur une solution au ‘problème juif’, aucun n'en voulant chez lui. On connait la suite.


Pour celles et ceux qui aiment les histoires avec de l'Histoire dedans.

D'autres avis sur Critiques Libres.

Le Livre de poche édite ces 565 pages qui datent de 2006 en VO et qui sont traduites de l'anglais par Johan-Frédréik Hel Guedj.

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29 octobre 2011 6 29 /10 /octobre /2011 17:02

Le site de la dame


Créole.

Helena Esparon est une 'métro' qui est allé retrouver les racines de ses ancêtres à La Réunion. 

La dame (chant et guitare sèche) est accompagnée d'un percussionniste aux doigts magiques (Vincent Philéas).

Plusieurs morceaux, pleins de douceur, sont superbes, quelques uns moins heureux lorsque la dame s'emballe vers le blues-rock.

Ce blog vous a généreusement mis en ligne un long extrait de la plus belle chanson : Un vide en équateur.

[...] Je marche sur la corde d'un vide en équateur

J'accroche selon l'humeur ton regard à mon âme

J'attache sur ce fil mes contours figés de femme

Je surprend sans pudeur tes mélodrames, tes peurs [...]

Il n'y a malheureusement qu'un seul CD 4 titres pour le moment ...


Pour celles et ceux qui aiment les îles.
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15 octobre 2011 6 15 /10 /octobre /2011 20:57

Yakakliker pour écouter


Mademoiselle is back.

La Belgique produit parfois de jolies choses, si, si, notamment en musique.

Voici donc le petit bruxellois Vincent Liben (du groupe Mud Flow) qui nous a préparé un fort joli duo avec une petite française, Elise Pottier, plus connue sous le nom de Berry et pour son tube Mademoiselle (ça date déjà de 2008).

Leur nouveau duo Mademoiselle Liberté est un joli clin d'oeil.

Un joli piano, la douce voix de Berry et un refrain qui souffle le chaud, et souffle le froid ...

Une sympathique ritournelle que l'on oubliera sans doute trop vite mais qui peut tourner en boucle quelques semaines entre vos oreilles.

Mademoiselle liberté

avec ta vieille Volvo déglinguée

tu roules à travers champs

avec l'idée de rattraper le temps perdu

Mademoiselle liberté

dans mes grands yeux tu as cru

pouvoir te noyer à condition

de laisser expirer l'air pur

Qui comme toi tout contre moi

souffle le chaud et souffle le froid

qui comme toi tout contre moi

souffle sur terre et agite la mer ...


Pour celles et ceux qui aiment les duos.
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4 octobre 2011 2 04 /10 /octobre /2011 20:46

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L'inspecteur Chen devient écolo ?

Polar Nous sommes depuis longtemps fans des polars shanghaïens de Qiu Xiaolong.

Après quelques dernières déceptions (voir De soie et de sang) on a voulu laisser une nouvelle chance à l'Inspecteur Chen avec Ces courants fourbes du lac Tai.

Malheureusement la veine prometteuse des savoureux premiers épisodes semble bien tarie.

L'inspecteur Chen promène son ennui sur les bords du lac, ne sachant trop ce qu'il est venu y faire, envoyé par un ponte du Parti, sans trop savoir s'il est ici en vacances forcées ou plutôt pour être l'oeil de Pékin sur place ...

Polar On a donc quitté Shanghaï à regrets et on n'est pas vraiment convaincu par cet épisode où Qiu et Chen jouent aux écolos ...

[...] Mon grand-père a cru aux nationalistes, mais Chiang Kai-shek a expédié tout l'or à Taïwan en 1949. Mon père a cru aux communistes, mais les Gardes rouges de Mao l'ont battu jusqu'à le rendre infirme en 1969. J'au cru à la réforme de Deng pendant les premières années, mais l'entreprise où j'avais travaillé toute ma vie a fait faillite du jour au lendemain. [...]

Tout tourne autour du profit. À quoi d'autre les gens pourraient-ils se raccrocher ? Rien qu'à l'argent.

Tout cela est pétri de bons sentiments et c'est dans l'air du temps. L'air du temps occidental (Qiu Xiaolong vit depuis longtemps aux US) mais ce n'est pas forcément ce qui faisait tout le charme des histoires shangaïennes du Qiu Xiaolong de la première heure.
Encore déçus par cet épisode donc, ce billet est donc à nouveau l'occasion de vivement vous conseiller de découvrir (si ce n'est déjà fait) Qiu Xiaolong par ses précédents polars, tous excellents et la plupart en format poche (voir des extraits au format PDF).


D'autres avis sur Babelio.

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9 septembre 2011 5 09 /09 /septembre /2011 21:11

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Noël à Venise

Rien de tel que d'être coincé pour dans un hôtel de la banlieue de Madrid pour cause de surbooking sur la route de retour de vacances, pour vous faire découvrir quelques nouveaux bouquins, en fait les seuls en langue française dans une boutique de Bajajas ...

Ce sera donc le Cantique des innocents chanté par notre habituelle Donna Leon, Le répertoire des polarsmi-américaine, mi-vénitienne.

Revoici donc la Fred Vargas italienne (oui, on l'a déjà dit et redit) et son commissaire fétiche, Guido Brunetti.
Cet épisode-là tient la route même si ce n'est pas le meilleur de la dame et même si le sujet est un peu casse-gueule puisqu'il s'agit d'évoquer les adoptions peu orthodoxes et mieux encore les enfants que l'on peut acheter [de préférence à une fille de l'est] faute de pouvoir en faire. 

Un polar sans meurtre, presque sans crime.

[...] - Quels torts a-t-elle, en fin de compte ? D'être née dans le mauvais pays? D'être venue dans un pays plus riche. De s'être retrouvée enceinte, de ne pas vouloir le bébé et de trouver quelqu'un qui le voulait ? D'une certaine manière, elle a au moins le mérite d'avoir pris l'argent et de ne pas être revenue plus tard pour m'en demander d'avantage.

Juste une balade dans Venise, comme seule Donna Leon sait nous les organiser, avec le commissaire Brunetti comme guide.

Ça commence pourtant plutôt fort avec une descente musclée des carabiniers au domicile d'un pédiatre, sans doute coupable d'avoir eu un enfant qui n'était pas le sien mais dont la mère ne voulait pas.

Le gosse part à l'orphelinat auquel il était destiné, le pédiatre part à l'hôpital après s'être violemment jeté sur la crosse des fusils des carabiniers.

L'intrigue est mince mais suffira largement à Donna Leon pour démêler tout un écheveau de fils et contre-fils dans les arcanes du milieu médical italien.

Un bon épisode où l'on a même droit à une escapade de signor Brunetti et de la fameuse signorina Elettra(1) partis tous deux à Vérone jouer les faux parents en mal de vrais enfants.

[...] - Je suis allé à Vérone avec la signorina Elettra, dit-il, surpris lui-même de faire cette révélation. Nous étions un couple désespérant d'avoir un enfant. Je voulais vérifier si la clinique n'était pas impliquée  dans ces affaires d'adoption.

- Et est-ce qu'ils t'ont cru ? À la clinique ? " demanda-t-elle, même si Brunetti considérait que la question importante était de savoir si la clinique était partie prenante ou non dans les adoptions illégales.

" Je crois que oui ", dit-il, estimant plus prudent de ne pas essayer d'expliquer pourquoi.

Paola reposant les pieds par terre et s'assit. Elle posa son verre sur la table, se tourna vers Brunetti et retira un long cheveu noir du devant de sa chemise. Elle le laissa tomber sur le tapis et se leva. Sans rien dire, elle alla dans la cuisine préparer le reste du repas.

Hmmm, savoureux !

Rien que pour cette demi-page, le bouquin vaut le détour : les amateurs de Donna Leon et les fans de Brunetti (ou de Paola, ou de la signorina Elettra) apprécieront !

À force de lire Donna Leon on se demande comment on peut ne pas vivre à Venise ?

Ah oui, c'est vrai j'oubliais : on vit à Paris qui est encore plus belle !

Ceux qui découvriraient seulement Donna Leon pourront commencer par l'un des meilleurs épisodes comme Requiem pour une cité de verre.

__________________________

(1) : oui, oui, BMR avoue un penchant coupable pour la signorina Elettra à la vie mystérieuse mais que l'on suppose ô combien tumultueuse !


Pour celles et ceux qui aiment les pâtes italiennes.
Points poche édite ces 341 pages qui datent de 2007 en VO et qui sont traduites de l'anglais (Donna Leon est une américaine qui vit à Venise) par William Olivier Desmond.

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9 septembre 2011 5 09 /09 /septembre /2011 11:46
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Alice au pays des merveilles nippones.

http://carnot69.free.fr/images/chinois.gif

C'était un coup de coeur des libraires Virgin mais cet étrange bouquin ne nous aura pas tout à fait emballés. http://carnot69.free.fr/images/Pigeons.jpg

Il faut dire que le japonais Kôtarô Isaka souffre de la comparaison avec sa compatriote Yôko Ogawa et qu'il est bien difficile de se faire une place sur l'étagère de l'étrange et du bizarre aux côtés de la grande dame. 

Et cette Prière d'Audubon ne possède pas le charme des nouvelles de Madame Ogawa.

Reste une bien étrange histoire : à la suite d'un concours de circonstances, un jeune homme se retrouve sur l'île d'Ogishima, un microcosme coupé du reste du monde depuis des lustres (une situation bien connue des japonais !). Notre esprit cartésien est encore un peu plus secoué lorsqu'on découvre qu'une rizière est occupée par un épouvantail ... qui parle.

Et pas pour rien dire, puisque l'épouvantail est capable de prédire l'avenir !

Bientôt quelques personnes disparaissent sur cette île fermée, quelques meurtres aussi. Et même l'épouvantail est assassiné !

Pour quelqu'un qui était supposé deviner son futur, ça la fiche mal. À moins que ...

Au fil des chapitres de cette intrigue mi fantaisiste mi policière, le voyageur-lecteur fera la connaissance de quelques personnages bizarres : un chat qui donne la météo sur son arbre, un peintre qui parle à l'envers, un poète qui n'hésite pas à tuer ceux qui s'écartent du droit chemin, et les fameux pigeons migrateurs du sieur Audubon.

Et c'est finalement tout un empilement de circonstances hasardeuses, d'événements et d'incidents fortuits, que l'on découvre au fil des pages jusqu'à la vision finale du puzzle. Sacré épouvantail !

[...] Il y avait en ce monde une île dont l'existence était ignorée de tous. Comme par hasard, cette île se trouvait au Japon et il y vivait entre autres un épouvantail doté du langage humain et des pigeons migrateurs qui avaient disparu du reste du globe depuis plusieurs décennies. Et j'allais croire tout ça ?

Un mélange curieux d'étrangeté fantaisiste et d'écriture nippone, comme désabusée et distanciée.

L'occasion aussi de découvrir cet étrange français qu'est Jean-Jacques Audubon, plus connu en Amérique sous le nom de John James Audubon !


Pour celles et ceux qui aiment les oiseaux et les épouvantails.
Philippe Picquier édite ces 441 pages qui datent de 2000 en VO et qui sont traduites du japonais par Corinne Atlan.
D'autres en parlent ici ou .
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2 septembre 2011 5 02 /09 /septembre /2011 21:53

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Le pelleteux de nuages dans le bocage normand.

Cet été, il fallait vraiment passer ses vacances sans lunettes au fin fond de la Creuse pour manquer le dernier Fred Vargas, promis au statut de polar de l'été, objet d'un battage médiatique soutenu.

Mais le succès étant ce qu'il est, cette Armée furieuse allait-elle tenir ses promesses ?

Reconnaissons que l'amie Vargas démarre très fort.

Grâce à Tavernier, James Lee Burke et Dave Robicheaux, on avait découvert il y a peu les brumes électriques des marais de Louisiane, propres à faire surgir du néant toute une armée de confédérés.

Avec Fred Vargas, ce sont maintenant les sous-bois du bocage normand qui laissent entrevoir, à la nuit tombée, la Mesnie Hellequin, l'Armée Furieuse.

[...] - Comment ça se présente ? De  quoi s'agit-il ?

- Il y a eu un meurtre - un homme - et une tentative de meurtre sur une vieille femme. On ne pense pas qu'elle survivra. Trois autres morts sont encore annoncées.

- Annoncées ?

- Oui. Parce que les crimes sont directement liés à une sorte de cohorte puante, une très vieille histoire.

- Une cohorte de quoi ?

- De morts en armes. Elle traîne dans le coin depuis les siècles des siècles, et elle emporte avec elle les vivants coupables.

- Parfait, dit Noël, elle fait notre boulot en quelque sorte.

- Un peu plus car elle les tue. Danglard, expliquez leur rapidement ce qu'est l'Armée Furieuse.

Une ‘vraie’ légende qui veut que depuis l'an mille, de Suède en Touraine, en passant par l'Allemagne et la Lorraine, et jusqu'en Normandie donc, les nuits de pleine lune voient défiler l'Armée furieuse du sieur Hellequin, une chevauchée d'esprits guerriers dont les âmes ne trouvent jamais le repos. Ces fantômes bruyants et caracolants viennent “se saisir” ici-bas de nouveaux compagnons malfaisants qui ne méritent pas, eux non plus, le repos éternel.

Malheur à vous, si l'on vous voit chevaucher et hurler en compagnie de la meute du sieur Hellequin : vous voici, à votre tour, condamné pour d'inavouables fautes commises ici-bas. Et condamné à très court terme : tout au plus vous reste-t-il quelques jours pour plier vos bagages avant le grand voyage. 

Alors bien sûr quand Lina, une jeune fille du village normand, affirme avoir vu trois ou quatre de ses concitoyens chevaucher à bride abattue un soir de pleine lune ... c'est la panique. D'autant qu'un premier cadavre est vite découvert.

[...] - Le Seigneur Hellequin a désigné des victimes, et un homme se croit légitimé pour les tuer. C'est ce que vous pensez ? Que la vision de Lina a fait surgir un assassin ?

[...] - Tout est venu de la Mesnie Hellequin. Elle est passée et je l'ai vue. Il y avait quatre saisis, il y aura quatre morts.

Est-ce l'Armée furieuse qui les emporte ? Est-ce un voisin “bien intentionné” qui a jugé bon de répondre à l'invitation de la Mesnie Hellequin et a voulu rendre lui-même “vraye justice” ?

De toute évidence ce mystère est de ceux auxquels Jean-Baptiste Adamsberg ne peut résister bien longtemps ! Et nous non plus !

Allez, vous prendrez bien un sucre dans votre café ou votre calva en regardant fixement ces vaches paisibles qui ne semblent pas bouger de la journée, un mystère encore plus impénétrable pour Adamsberg que celui de l'Armée du Sieur Hellequin.

Alors au final, le succès annoncé ?Fred Vargas

Et bien c'est sans doute l'un des Vargas les plus solides, les mieux construits. L'intrigue policière (ou plutôt les intrigues car il y en a deux, presque trois, qui s'entrecroisent) est bien maîtrisée. On sent que Vargas a choisit de plaire à un plus large public.

Les dialogues savoureux, délicieux, onctueux, dont elle est coutumière, sont au rendez-vous. Les petites histoires débarquent sans prévenir, on n'y comprend goutte, et puis voilà, cinquante pages plus loin, ça resurgit et ça fait plop.

Mais on est devenu exigeant (trop ?) et tout cela semble trop raisonnable, trop sage. De belles explosions de ci, de là, mais le feu d'artifice n'est pas aussi délirant que, par exemple, dans un récent Lieu incertain.


Pour celles et ceux qui aiment les fantômes, datent-ils du Moyen Âge.
Viviane Hamy édite ces 427 pages qui datent de 2011
.

On peut lire aussi cette intéressante interview de Fred Vargas herself.

D'autres avis sur Critiques Libres et Babelio.

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30 août 2011 2 30 /08 /août /2011 19:30

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  La solitude des chambres d'hôtel.

À l'heure où l'arrogance des puissants vaut tous les passe-droits, ce blog entend réhabiliter une profession promise à tous les abus : femme de chambre, femme de ménage,...

Après la lettre À l'attention de la femme de ménage, voici donc la Femme de chambre de Markus Orths.

Comme pour faire écho à la pitoyable actualité du FMI(1), l'héroïne de ce roman, Lynn ou plus exactement Linda Maria Zapatek, est femme de chambre dans un grand hôtel allemand (Bonn ?).

Lynn est une femme de chambre hors pair, légèrement franchement accro au ménage, tendance maniaco-obsessionnelle.

[...] Personne ne lui ordonne de s'arrêter. On la laisse faire. Et bientôt Lynn disparaît dans le décor de l'hôtel, on ne la remarque plus, c'est comme si elle en faisait invisiblement partie, une pièce de mobilier qui se meut de temps en temps de façon à peine perceptible, un esprit qui va et vient comme il veut, un lutin qui fait tout le travail en passant.

Un objet tombe par terre : Lynn est là pour le ramasser. Une revue oubliée dans le bar : elle n'y reste pas longtemps. Les traces de pas boueuses d'un client qui a marché sous la pluie : avant que le chef de la réception ait pu s'en soucier, c'est déjà effacé.

Mais Lynn passe la plupart du temps dans les chambres. Et là, c'est l'existence des choses, l'importunité des choses, l'omniprésence des choses qui enveloppe Lynn tout entière comme un drap.

Parce qu'en plus de son obsession de la propreté, Lynn a aussi un autre petit travers.

Une toute petite déviance. Un très très léger défaut. Une gentille petite manie.

En fait, elle aime beaucoup se glisser sous les lits des clients. Et se faire oublier. 

Comme pour s'accaparer une part de leur vie, elle qui n'en a pas beaucoup.

Elle préfère même ne pas prendre de congés(2) (ah, le vide insondable de la solitude des 'vacances') pour mieux profiter des dessous de lit de ses clients.

Jusqu'à ce que l'on comprenne, en même temps que Lynn elle-même, quel était le lit qui lui manquait.

Sans même évoquer la triste actualité, il est un peu étrange d'avoir lu ces deux livres coup sur coup, puisque pas mal d'échos résonnent de l'un à l'autre. Bien sûr on y retrouve ces fameuses ‘femmes de chambre’ qui se fondent dans le décor jusqu'à faire corps avec lui (et dans le bouquin de Markus Orths, c'est le cas de le dire), mais on y entend tout également des roucoulements saphiques : est-ce là un simple hasard littéraire ou est-ce que tout cela relève de notre imaginaire collectif lié à ce ‘personnel de maison’ ?

Dans les lettres écrites À l'attention de la femme de ménage, cette dernière était absente et servait en contre-point de miroir à l'héroïne. Mais ici c'est bien la femme de chambre qui tient le premier rôle.

Les deux bouquins, tous deux gentiment givrés, tous deux plus proches de la nouvelle que du roman, se lisent rapidement, avec peut-être un peu plus de facilité pour l'allemand.

________________________________________

(1) : pour dire vrai, le hasard fait bien les choses (si on peut dire) puisque les deux bouquins furent acquis bien avant les dskonneries de dski vous savez

(2) : ce pourrait être le livre de chevet des patrons du Medef, à défaut d'être celui des patrons du FMI


Pour celles et ceux qui aiment les chambres d'hôtel.
Liana Levi édite ces 132 pages qui datent de 2008 en VO et qui sont traduites de l'allemand par Nicole Casanova.

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26 août 2011 5 26 /08 /août /2011 21:47

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  Le chant glacé des sirènes.

Drôle de bouquin (enfin non, pas drôle du tout) que cet ouvrage d'Emilie Desvaux, à mi-chemin entre une longue nouvelle et un court roman.

L'histoire d'une folie ordinaire. Une folie glacée.

Une jeune et riche veuve, oisive et neurasthénique, raconte ...

Elle écrit À l'attention de la femme de ménage. La femme de ménage qui fait partie des meubles, de la maison : qui voit tout, entend tout, comprend tout mais ne dit rien.

Et qui surtout, passe derrière vous pour faire ... le ménage.

La riche veuve vient de perdre son mari. Une histoire un peu trouble d'accident d'auto.

La jeune et fraîche cousine du mari était venue loger chez eux.

Le mari décédé ne pouvait plus approcher son épouse, glacée. S'est-il montré un peu trop proche de la jeune cousine ?

La riche veuve, elle, s'est franchement éprise de la fraîche cousine, qui est restée.

La jeune cousine s'incruste et s'enferme des heures dans la salle de bain.

[...] Je la trouvais partout, Marie-Jeanne, la cousine de mon mari, ma nouvelle colocataire. Elle était ma première vision, ma paralysie pour un minuscule instant,  une seconde sans fin ni frémissement - elle était dans le salon, dans la cuisine, dans la véranda inachevée, sur la terrasse. Elle était vautrée sur le canapé ou à même la moquette, un genou replié, occupée à se vernir avec application les ongles de pieds.

Deux femmes goûtant les plaisirs de Sapho. Un absent.

Et un quatrième personnage : la maison qui semble peser de tous ses murs, de toutes ses pièces sur cette étrange histoire.

D'autres absents aussi, encore trop présents eux aussi : la mère qui fut beaucoup trop lointaine et le père qui aura été un peu trop proche et qui lui racontait des histoires à l'oreille le soir en lui caressant les cheveux ...

[...] J'ai eu des grands-parents, je crois, lorsque j'étais bébé, ils sont morts très vite. Tout le monde est mort si vite. Ce serait une maison idéale pour les fantômes mais en fait de fantôme, il n'y a que moi.

Il faut un peu de temps pour entrer dans cette histoire glaçante, un peu de temps pour se laisser prendre par ces personnages ces fantômes de famille qui hantent la maison. Et puis on se laisse glisser dans l'eau froide ...

Et puis la femme de ménage découvrira la lettre.

Brrr.... idéal pour se rafraîchir un soir d'orage.

On reparle très bientôt des femmes de ménage ... n'en déplaise à dski vous savez.


Pour celles et ceux qui aiment les douches froides.
Stock édite ces 183 pages qui datent de 2011.

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On A Tout Rangé