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On A Tout Archivé

15 mars 2011 2 15 /03 /mars /2011 06:50

Yakakliker pour écouter


Histoire de cordes.

Comme son nom ne l'indique pas, Yann Tambour est un pro de la guitare.

Au point qu'il peut même se permettre de la laisser de côté pour s'essayer à la kora.

Et quelle surprise que l'appropriation de cet instrument si typiquement africain par ce petit frenchy si typiquement européen qui n'a jamais mis les pieds au pays mandingue... La musique réserve parfois de jolis étonnements.

Le son hypnotique (parfois trop pour nos oreilles occidentales) de la kora est ici adouci par les paroles de Yann Tambour, tantôt en anglais, tantôt en français (celles qu'on préfère).

Un pont étrange entre deux continents ...


Pour celles et ceux qui aiment les surprises musicales.
Libé en parle.
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11 mars 2011 5 11 /03 /mars /2011 06:26
D'autres avis sur Babelio

Vacances au Congo ...

Avant de parler du dernier Jo Nesbo Le léopard (ouais, forcément on l'a ! c'était même le cadeau de Valentin de BMR, merci MAM !), avant donc : une parenthèse sur les “hackers” ou plutôt hackeuses qui, modernité oblige, commencent à peupler nos polars.
Passons rapidement sur la punkette suédoise Lisbeth chez feu Stieg Larsson, elle aura eu au moins le mérite de nous avoir fait connaître la silhouette de Noomi Rapace à l'écran.
On avait déjà la délicieuse Signorina Elettra en talons aiguilles chez Dona Leon dont ne sait jamais trop d'où lui viennent ses entrées dans les arcanes informatiques italiennes : surdouée de l'informatique ou bien carnet rose d'anciens amants bien rempli ? Le mystère est bien gardé !
Dans un tout autre genre, Josiane la acqueuse (sic) valait également le déplacement chez Fred Vargas, une mamie capable d'égaliser les finances des riches et de donner aux pauvres. Mais visiblement, j'ai regardé le JT ce soir : elle a dû cesser ses activités ... dommage.
Et puis voici donc Jo Nesbo qui y va de sa contribution au panthéon des pirates para-policières : originalité garantie pur jus d'airelles de Norvège, avec cette fois une Katherine mal remise de son aventure avec le Bonhomme de Neige et devenue hackeuse dans un asile psychiatrique : elle utilise le PC de la salle de récréation quand l'infirmière en chef a le dos tourné ...
On se contrefout des aspects technico-électroniques (y'a suffisamment de séries télé pour ça et puis on n'est pas au boulot) mais alors, nom d'un cookie, quels personnages ! quelles fortes et originales personnalités !
Nul doute qu'on reparlera de cette bientôt fameuse collection de acqueuses .... (tiens, que des femmes ?)

Allez revenons à ce nouveau Nesbo.
On reste exactement dans la veine du précédent Bonhomme de Neige : polar fleuve, serial-killer, fausses pistes en tout genre. En peut-être un peu mieux.
Disons le tout de go, depuis le Bonhomme de Neige, le filon des premiers épisodes s'est un peu tari : Jo Nesbo semble se cantonner à du bon vieux polar classique. Et à nos yeux, ça ne vaut quand même pas les premières enquêtes de Harry Hole. Bon c'est dit.
Reste du très bon polar, façon Connelly, revisité Scandinavie, tendance Hannibal Lecter.
Exit le vilain ripoux Waaler, on découvre désormais Bellman un nouveau méchant d'une brigade rivale, beau et ambitieux, grrr...
Comme précédemment, Jo Nesbo confirme qu'il est devenu le maître incontesté de la fausse piste : on aura pas moins de trois arrestations dans cet épisode ! dont une à mi-parcours (mais vu la taille du bouquin, le lecteur futé se doute bien que c'est pas la bonne, ha ha !).
Qui plus est Jo Nesbo a renoué avec son envie de faire voyager son inspecteur Harry : on ira avec lui jusqu'au Congo, on fera une petite virée en NZ (cf. L'homme chauve-souris) et au début du bouquin, la jolie Kaja Solness est obligée d'aller chercher Harry dans les bas-fonds de Hong-Kong (l'alcool ne suffit plus, il est devenu accro à l'opium après la débâcle du Bonhomme de Neige !).
Bref, tous les ingrédients sont là.

Avec même une petite référence au sinistre roi Leopold II de Belgique connu pour les exactions commises dans sa colonie privée du Congo, un triste sire qu'on avait déjà croisé dans le film Blood Diamond.

Léopold, léopard ... Ce Léopard (l'animal qui adapte sa propre respiration à celle de sa proie pour mieux la surprendre ... brrr), ce léopard donc, pourrait bien être le pavé idéal pour les plages cet été (dès que les températures seront remontées).

[...] Il se rendit compte au même instant que la fenêtre de la chambre était ouverte, qu'il aurait dû ... Il retint soudain son souffle. Quelqu'un parut cesser de respirer en même temps que lui. Pas quelqu'un, quelque chose. Un animal.

Il se retourna. Ouvrit la bouche. Son coeur avait cessé de battre. Comment est-ce que cela pouvait s'être déplacé aussi vite et sans un bruit, comment est-ce que ça avait pu arriver  ... aussi près ?


Pour celles et ceux qui aiment se faire peur.
C'est Gallimard qui édite ces ... 760 pages parues en 2009 en VO et qui sont traduites du norvégien par Alex Fouillet.
Yann en parle. D'autres avis sur Babelio.
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9 mars 2011 3 09 /03 /mars /2011 07:15

D'autres avis sur Critiques Libres


Entre Ferrat et Échenoz ...

Dans certains pays africains, on a parfois coutume de se saluer avec ce : Comment va la douleur ? (1)

La douleur, les personnages de ce petit roman de Pascal Garnier, la portent en eux.

Une douleur physique (elle finira par emporter l'un, la main de l'autre est estropiée et bandée).

Une douleur moins palpable aussi : ce petit bouquin fait se rencontrer trois ou quatre éclopés de la vie.

Simon est le tueur à gages au bout du rouleau.

Bernard est le simplet affligé d'une mère ivrogne.

Sur leur route, ils croiseront Fiona la fille-mère et Rosa la belge.

Au fil des pages, la fraîcheur naïve de Bernard éclairera d'une douce lumière les derniers jours d'un Simon désabusé.

Pascal Garnier nous promène pendant ces quelques chapitres dans le sillage de ces petites gens ordinaires ou presque, entre Lyon, l'Ardèche et le Grau-du-Roi, des lieux que traverse parfois le fantôme de Jean Ferrat.

Cette histoire en forme de road-movie est un brin convenue mais se lit sans aucun déplaisir et la rencontre improbable du tueur retraité et du doux chômeur ne manque pas de sel.

[c'est le doux chômeur qui commence : ]

[...] - Moi, j'aimerais bien y être déjà à la retraite.

- Qu'est-ce que vous feriez ?

- Rien.

- Vous n'avez pas de passions, d'envies de voyages ?

- Non, je voudrais juste avoir assez d'argent pour rien faire.

- Vous finiriez par vous ennuyer.

- Je crois pas. Quand on n'a pas de boulot ni d'argent, on s'ennuie parce qu'on pense tout le temps à comment en avoir, mais quand on a de quoi, rien faire c'est tranquille.

- Vous ne lisez pas, vous n'allez pas au cinéma ?

- J'ai du mal avec les livres. Arrivé au bas d'une page, je me rappelle plus le début alors forcément j'avance pas vite. Au cinéma je m'endors à cause du noir. Et vous, qu'est-ce que vous ferez à la retraite ?

- Je ne sais pas. J'aime la mer, les bateaux.

On pense parfois à Échenoz. De loin certes, mais à Échenoz quand même et il y a des références moins flatteuses.

__________________________

(1) : il y eut également un film de Depardon : comment ça va avec la douleur ?


Pour celles et ceux qui aiment Jean Ferrat.
Après Zulma, Le livre de poche édite ces 187 pages qui datent de 2006
.

D'autres avis sur Critiques Libres et Babelio.

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9 mars 2011 3 09 /03 /mars /2011 06:59

Critikat en parle


Série B, comme Berlin. 

Critikat parle de Série B de luxe (vu leur sévérité habituelle, c'est un compliment !).

Télérama compare Liam Neeson à un cousin un peu simplet de Jason Bourne !

Autant dire que ce sera pas le film de l'année, surtout après le début 2011 qu'on a connu.

Mais ça se laisse regarder sans déplaisir : le charme de Berlin et celui de Liam Neeson y sont pour beaucoup.

L'idée du scénario est d'ailleurs plutôt originale : l'américain Liam Neeson débarque à Berlin pour un séminaire scientifique. Il est victime d'un accident.

Habituellement, dans ces cas-là, on perd la mémoire ... mais là ce sont les autres qui ont perdu la leur ! Sa femme, ses amis, ne le reconnaissent plus. Il a perdu son identitié.

En plus ça va se gâter et voilà-t-y pas que des méchants sont bientôt à ses trousses ? Késkispasse ?

On ne vous en dit pas plus mais ce scénario original réserve encore quelques surprises.

Même si la réalisation un peu insipide n'est pas tout à fait à la hauteur du sujet, on apprécie quand même les balades dans un Berlin, encore hanté par les fantômes de la guerre froide.

Bruno Ganz en ancien flic de la Stasi est savoureux.

BMR s'est un peu ennuyé, MAM a bien aimé (le charme de Liam Neeson ?).


Pour celles et ceux qui aiment Berlin.

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3 mars 2011 4 03 /03 /mars /2011 07:52

Nicolinus en parle


Bonne série. 

Ceux qui avaient lu notre billet sur le premier épisode comprendront aisément que MAM ne pouvait pas laisser passer le second volet des aventures de Tomer Sisley Largo Winch. Quand on est fan d'un gars d'une série comme ça on ne peut pas se retenir.

En plus cette fois, en plus de Tomer Sisley pour les fiiiiiilles, et ben y'a Sharon Stone(1) pour les garçons ! Ssssiiiiiiii !

Deux grands acteurs à la plastique au jeu irréprochable.

Bon allez, un peu de sérieux, si on peut.

Cette nouvelle “série” de Jérôme Salle (le réalisateur) semble tout doucement trouver sa place entre 007 et Jason Bourne.

Ça démarre sur les chapeaux de roues, c'est le cas de le dire, avec une course poursuite en bagnole dans un dépôt russe de charbon et ça décoiffe(2) ! Le rythme ne faiblira guère tout au long du film qui ménage heureusement quelques pauses humoristiques comme avec l'impayable et compassé majordome qui souffre du mal des transports et qui parcourt l'Asie du sud-est en long et en large, façon Tintin !

On retrouve les ingrédients du premier épisode : paysages de rêve (la jungle birmane) qui tournent parfois au cauchemard (la jungle birmane, bis), beaux avions et jolis bateaux, beaux gosses et jolies filles, des bons gentils et des affreux méchants mais qu'on sait pas toujours s'ils sont méchants ou gentils, humour désinvolte, un peu moins sérieux que James Bond, un peu moins stressant que Jason Bourne, voici Largo Winch.

On vous passe l'intrigue (si, si, y'en a une) mais on note que le réalisateur semble s'éloigner un peu de la BD originelle et que c'est tant mieux pour le film, finalement de meilleure tenue et d'un meilleur équilibre que le n° 1, avec notamment un peu moins de détails sur les péripéties financières du Groupe W.

Un numéro 2 sans surprise mais plutôt réussi, et c'est donc plutôt une bonne surprise !

Sachez aussi qu'on y retrouve avec grand plaisir Laurent Terzieff décédé juste après le tournage.

http://carnot69.free.fr/images/coeur.gifAllez, on met un petit coeur pour compenser les nombreux esprits chagrins qu'on lit partout.

______________________

(1): savoureuse d'auto-dérision : elle n'en finit plus de croiser les jambes et, plus cougar tu meurs, on la découvre chaque matin avec un nouveau gigolo !

(2) : selon le dossier de presse, 3 semaines de tournage pour 3 minutes de film !


Pour celles (et éventuellement ceux) qui aiment les gosses de riche.

Comme pour le premier épisode, beaucoup de critiques négatives (ici ou ), visiblement ça ne se fait pas d'adapter Largo au cinoche ... Courage Jérôme et Tomer ... nous on attend le n° 3 !

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28 février 2011 1 28 /02 /février /2011 07:16

Nicolinus en parle


Une sacrée fille. 

Très attendu, le renouveau du western par Coen & Coen : True Grit.

En plein Arkansas (prononcer Arkansa sans "s"), à la fin du XIX°, la jeune Mattie Ross, 14 ans, vient de perdre son papa revolvérisé par le vilain Tom Chenay.

La jeune fille se met en quête de trouver un marshall (l'affreux Tom Chenay est en fuite sur les terres indiennes) pour aller rattraper l'assassin, le ramener en ville et le faire pendre. Il lui faut un homme de caractère, avec du cran, une vraie trempe, “True Grit”.

On lui indique Cogburn (Jeff Bridges) un marshall vieillissant, empâté et imbibé, avec une réputation de gachette facile, prompt à exécuter lui-même les sentences et éviter ainsi au juge d'avoir à les prononcer. C'est justement ce qu'il faut à la jeune Mattie, déterminée à venger son père.

Ils seront accompagnés d'un Texas Ranger (Matt Damon), ridicule et arrogant, caricature du cow-boy de rodeo avec blousons à franges et bottes à éperons qui font bling bling. Il est rapidement blessé à l'épaule : voici donc Mattie Ross galopant dans les montagnes derrière un borgne alcoolo et un manchot prétentieux, à la poursuite des vilains ...

Car le véritable True Grit de l'histoire c'est bien sûr la jeune Mattie. Étonnante Hailee Steinfeld (14 ans aussi dans la vraie vie !) qui incarne cette jeune fille déterminée à faire sa place et à ne pas s'en laisser conter (ni compter, d'ailleurs !) dans ce monde de brutes impitoyables, un monde d'adultes, un monde masculin et hostile.

La première partie du film est la plus savoureuse où l'on découvre cette jeune fille âpre et décidée, négocier l'enterrement de son père avec le croque-mort, le rachat du bétail avec le maquignon, et bien sûr la prime au bandit avec Jeff Bridges.

Son true grit lui permettra, on s'en doute, d'arriver à ses fins et d'obtenir réparation pour la mort de son père.

Elle gagnera ses galons de “cow-boy”, mais payés au prix fort et devra y laisser un peu d'elle-même.

Hailee Steinfeld sera sans doute nominée un jour pour l'oscar du second rôle mais, dans ce film, c'est elle qui, incontestablement, tient le haut de l'affiche !

Le reste est fidèle aux Coen Brothers qui s'amusent avec les clichés du genre et l'on voit qu'ils ont grandi avec : pendaisons brutales, train à vapeur, croque-mort luckylukeste, duels homériques, embuscades sournoises, mine d'argent abandonnée, chevauchées fantastiques, tout y est ...

Seuls les indiens sont quasi-absents(1) et moi, j'aimais bien quand y'avait des indiens.

On n'échappe pas non plus aux clichés Coeniques : amputations brutales en tout genre, doigts, langue, bras, tout y passe ! La salle rit en se cachant les yeux !

Le divertissement est bien mené même s'il sagit d'un monde impitoyable et violent, sans morale ni encore vraiment de loi, où les cadavres s'empilent(2).

Mais voilà. Il ne s'agit que d'un divertissement et en sortant du ciné on a déjà presque tout oublié, hormis l'étonnante Mattie Ross. Les frères Coen lui doivent une fière chandelle.

En 2008, There will be blood nous avait asséné une claque bien plus magistrale.

On se rappelle encore aussi le sifflet du train de 3h10 to Yuma, autre remake comme celui des frères Coen, qui mettait lui aussi en scène un regard d'ado sur les clichés du western.

Bref, les frères Coen font le minimum et se la coulent douce au fond de la classe : auraient quand même pu mieux faire.

______________________

(1): on est pourtant en territoire Choctaw ...

(2) : s'ils voulaient une sépulture décente, ils n'avaient qu'à se faire descendre au printemps quand le sol n'est plus gelé


Pour celles et ceux qui aiment les cow-boys.

Nicolinux en parle, Critikat est sévère as usual.

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26 février 2011 6 26 /02 /février /2011 06:36
Stock

D'est en ouest, l'enfer ... 

Voilà plusieurs semaines que ce livre nous attendait sur le haut de la PAL, la Pile à Lire.

Prix Femina étranger, ce bouquin avait fait, à l'automne dernier, la Une de la rentrée littéraire et de nombreux blogs.

Il faut dire qu'avec Purge(1), la jeune finno-estonienne de 34 ans Sofi Oksanen a frappé fort.

Très fort, façon coup de poing.

Lors d'un voyage il y a quelques années à Riga et Talinn BMR & MAM avaient été scotchés par l'étonnant musée, je cite, des occupations nazie et soviétique ... les habitants de ces pays baltes ont en effet un point de vue décapant sur ces deux grands bouleversements du XX° siècle. Pour eux les invasions allemandes et russes sont à mettre sur le même plan, bonnet blanc et blanc bonnet. Ils accueillirent à bras ouverts les nazis venus les délivrer des soviétiques, puis accueillirent de nouveau dans les mêmes bras, l'armée rouge en route pour Berlin. Ils s'en repentirent en attendant la chute du Mur.

Les baltes manquaient peut-être de discernement géopolitique mais surtout ils se trouvaient vraiment mal placés, juste là où il ne fallait pas et ils furent victimes du pacte germano-soviétique comme des accords de Yalta.

[...] - Roosevelt va venir !

- Roosevelt est mort. http://carnot69.free.fr/images/bestof.png

- L'Ouest ne nous oubliera pas !

- Ils nous ont déjà oubliés. Ils ont gagné et oublié.

C'est sur ce fond historique que Sofi Oksanen peint sa toile.

En 1992, une vieille mamie estonienne fait ses conserves dans sa ferme des environs de Tallinn.

Un beau matin, elle découvre une jeune fille perdue dans sa cour.

Mais visiblement cette jeune fille paumée n'est pas arrivée là par hasard ...

Quel est est le lien qui unit ces trois générations ?

On le découvrira au fil de toute une série de flash-backs qui vont éclairer la vie de ces deux femmes.

Comme on l'évoquait plus haut, elles ont traversé (et subi) les grands bouleversements du siècle, non sans dommages.

Et Sofi Oksanen se charge de nous faire partager les souffrances de ces deux femmes détruites.

C'est un bouquin choc, dur, à ne pas mettre en toutes les mains. Ou plutôt si : à mettre entre toutes les mains, il faut lire cette histoire, il faut comprendre notre siècle.

Une histoire qui serait un peu la version estonienne des hommes qui n'aimaient pas les femmes ...

La jeune Zara revient d'un exil forcé à Vladivostok. Attirée par les lumières de l'ouest, elle est passée par la case bordel à Berlin avant d'atterrir dans la cour de la vieille Aliide.

Mais la vieille Aliide n'a pas eu la vie beaucoup plus facile. Peut-être pire.

Et quel est donc le lien qui unit ces deux femmes, peut-être contre leur gré ?

On n'en dévoile pas plus, vous décrouvrirez toute l'histoire, toute l'Histoire, au fil des pages.

Au fil des chapitres sont égrénées les pages d'un vieux cahier mystérieux, découvert dans un placard de la ferme d'Allide.

Qui est ce Hans qui y était enfermé ? Combien de temps y est-il resté et pourquoi ?

[...] Elle ramena l'armoire devant la porte et alla nettoyer le sang sur le sol de la cuisine.

Un prénom par ici, une soeur par là, un mari à telle ou telle époque ... peu à peu Sofi Oksanen nous livre les pièces d'un terrible puzzle dont on se doute que l'image finale ne sera pas bien belle à regarder ...

On pourrait se croire parfois dans un polar mais on est vite rattrapé par l'Histoire et son cortège de malheurs. Des choses terribles capables de vous détruire une femme, une vie, une famille, ...

La vieille Aliide n'a plus qu'une idée dans sa pauvre tête : faire ses conserves et remplir sa cave ...

Ce bouquin, fort bien écrit, est l'occasion éprouvante mais idéale de découvrir ces petits pays méconnus malmenés par l'Histoire, notre Histoire commune.

Que ce sombre roman ne vous empêche pas d'aller visiter Tallinn (Estonie donc) et surtout Riga (Lettonie) : deux très belles capitales. Les allemands sont partis, les russes ... presque(2).

__________________

(1) : son troisième roman, le premier traduit en français.

(2) : l'URSS avait mis en place un plan d'immigration massive, notamment en Estonie : aujourd'hui encore, près d'1/3 de la population est russophone. On se souvient peut-être des événements qui avaient agité ce pays il y a peu. C'était en 2007, l'Express en parlait.


Pour celles et ceux qui aiment les histoires avec de l'Histoire dedans.
C'est Stock qui édite ces 395 pages parues en 2008 en VO et qui sont traduites du finnois par Sébastien Cagnoli.
Sylvie, Gambadou, Aifelle, Leiloona, Clara en parlent. D'autres avis sur Babelio.
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24 février 2011 4 24 /02 /février /2011 21:07

Yakakliker pour écouter


Mexico via Montréal.

On n'avait pas craqué pour Coeur de Pirate, pas du tout.

Même pas parlé ici. Na.

Mais, mais ... on pourrait bien se laisser attirer par le chant de la sirène Béatrice Martin.

Coeur de Pirate, c'était elle, la québécoise.

Sauf que la voici de retour avec son “chum” Jay Malinowski dans le duo Armistice.

C'est tout neuf, tout frais et ça vient de sortir.

On aime bien l'ambiance sud-western à la Calexico ou à la Campbell/Lanegan ... avec toujours un léger et subtil second degré qui nous fait regretter qu'Ennio Morricone ne compose plus, tiens pourquoi pas la musique du True Grit des frères Coen ? !

Pas sûr que le duo soit celui du siècle, mais ça s'écoute gentiment. Et puis leurs deux voix(1) gagnent à chanter en choeur.

Des morceaux comme Mission Bells et surtout Jeb Rand valent un petit voyage pour le Mexique via Montréal ...

________________________

(1) : qui a dit insupportables ? oui, ouïes isolément sans doute, mais écoutez-les donc ensemble ici ...


Pour celles et ceux qui aiment les tortillas au sirop d'érable.
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22 février 2011 2 22 /02 /février /2011 06:33

Une interview de David Seidler, 73 ans, bègue et scénariste du film


Le roi bègue. 

Quel beau début d'année cinéma que 2011 : Même la pluie, Incendies, Angèle et Tony, ...

et voici maintenant, Le discours d'un roi.

Sans doute le plus attendu des quatre, mais heureusement, tout à fait à la hauteur des espoirs.

Quel talent que celui du réalisateur Tom Hooper (et du scénariste David Seidler) que d'arriver à réussir ce film et pour un large public, à partir d'un sujet aussi improbable que les difficultés d'élocution du roi George VI ...

Chapeau !

L'histoire est connue, puisque c'est l'Histoire : à la veille de la seconde guerre mondiale, le roi Geroge V se meurt et le Prince Albert, duc d'York doit assumer la charge royale dont son dandy de frère aîné n'a pas voulu.

Sauf que le Prince Albert bégaie. Effroyable pour une personne publique, pour la voix de la Grande Nation Anglaise de l'époque.

Il trouvera une aide (outre son épouse aimante et dévouée : joli rôle pour Helena Bonham-Carter), il trouvera une aide donc, en la personne d'un australien, l'orthophoniste Lionel Logue. Grâce à ses soins il arrivera à prononcer sans trop de difficultés le fameux discours de déclaration de guerre, le discours d'un roi, la voix de la Grande Nation Britannique qui rassemblera tout le monde face à l'ennemi nazi.

Les deux hommes resteront amis.

Voilà pour l'Histoire et l'histoire, résumées en quelques mots.

Mais quel film ! Quelle tension ! On sort de la salle soulagé de pouvoir reprendre sa respiration.

Sans artifices ni excès, Colin Firth réussit à nous rendre palpable toute sa souffrance.

À nous faire ressentir l'énorme poids de la charge qui pèse sur la famille royale(1), une charge que le frère aîné choisira de fuir en Amérique. Comment ne pas finir par bégayer avec une telle pression ?

L'autre volet du film, tout aussi magistral, tient dans la relation entre le futur roi et le “docteur” Logue (Geoffrey Rush, admirable également) qui a bâti sa pratique en traitant les rescapés de la Grande Guerre, rendus muets d'horreur et d'effroi.

Les relations entre les deux hommes (l'un de rang royal, réticent, l'autre, accusé d'être à moitié charlatan, sans diplômes mais convaincu de sa pratique), leurs dialogues, tout cela est plein d'intelligence.

Nul doute que ce succès (la salle est comble) gagnera une place méritée sur le podium 2011.

Au passage, on notera, mi-amusé, mi-étonné, les relations arrogantes que l'Empire Britannique entretenait encore alors avec ses colonies(2) qu'il s'agissait de mobiliser derrière la bannière de l'Union Jack : 

[...] j’invite mon peuple d’Angleterre (at home en VO, sic) et mes peuples d’outremer (overseas en VO, re-sic) à épouser notre cause ...

[...] I now call my people at home and my peoples across the seas, who will make our cause their own ...

Le roi parle à la radio (le JT de 20h n'existait pas encore) et le miracle technologique de la TSF parvient à diffuser la parole royale dans les colonies les plus reculées de l'Empire.

Tout cela est passionnant.

Le vrai discours original, hésitations comprises : émouvant, à (ré-)écouter après le film.

C'était le 3 septembre 1939.

______________________

(1) : dans le film, son épouse lui dit en substance : j'ai accepté de t'épouser parce que je pensais que, bègue, “ils” te ficheraient la paix et te laisseraient tranquille ...

(2) : rappelons que le docteur Logue était ... australien !


Pour celles et ceux qui aiment les crabes et les poissons.

Libé, Nico en parlent. 

Une interview de David Seidler, 73 ans, bègue, et scénariste du film.

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20 février 2011 7 20 /02 /février /2011 06:20
Télérama en parle

Polar agricole.

On est habitué des flics au lourd passé qui traînent leur mal de vivre tout au long de leurs enquêtes dans les bas-fonds de l'âme humaine.
Mais Jack, le héros de Frederick Busch, détient certainement une palme : son passé pèse des tonnes !
Avec Nord on le découvre un peu tard(1) mais cela rend son histoire encore plus mystérieuse et plus épaisse. Il devenu "le-flic-qui-ne-retrouve-pas-les-enfants" ...
À commencer par sa propre fille qu'il n'a pas su ou pu sauver. Du coup son couple a explosé en vol.
Une autre enquête vient hanter ces nuits, une histoire où il s'est avéré incapable de retrouver une jeune fille (seulement son meurtrier, c'est déjà pas mal).
De flic en shérif puis en gardien de campus, le voici maintenant vigile dans un bar quelconque d'un état du sud. La dégringolade. Et même son chien fidèle, un trop vieux labrador, est en train de le lâcher. La déroute.
[...] Dans un couple, on doit dire son secret. C'est ce que je crois maintenant. Mais j'ai aussi cru que ma femme mourrait du nôtre. Alors je l'ai gardé pour moi. Il n'y a plus eu de couple.
Lorsqu'une belle avocate vient lui proposer de chercher un neveu (encore un grand gosse à retrouver ...) il saisit l'occasion de tout larguer dans le sud et de retourner sur les traces de son passé, dans le Nord, un nord qu'il a perdu depuis de nombreuses années.
Le voici donc revenu près de la frontière canadienne, à la recherche du neveu disparu, rôdant autour de quelques fermes louches dont les champs de maïs pourraient bien cacher des cultures moins fourragères ...
Évidemment il n'est pas vraiment le bienvenu parmi les bouseux du coin, visiblement plus soucieux de protéger le secret de leurs petits trafics.
Heureusement il retrouve son seul et vrai ami, un grand black désormais atteint d'un cancer. Et sa femme Sarah.
Une Sarah dont notre ami Jack fut un peu trop proche à une lointaine époque désormais révolue : quand on vous disait que son passé pesait des tonnes.
Et puis il y a Georgia, la fille d'un notable du coin, une jeune femme qui n'a pas froid aux yeux (et qui n'a pas froid du tout d'ailleurs). Elle se prend pour une journaliste et aimerait bien écrire l'histoire de Jack, ce qui a le don de le mettre en rogne.
Ça c'est du polar, du beau, du vrai, du noir. 
Malheureusement, on a vécu un peu le même syndrome qu'avec le récent Signal : une première partie forte, une histoire qui dépote, une écriture qui accroche ... et puis une seconde partie qui s'enlise dans les clichés et les péripéties convenues.
Comme les scènes de cul(2) avec la bombe Georgia qui n'étaient ni faites ni à faire. C'est pas qu'on n'aime pas les histoires de fesses (bien au contraire !) mais là, franchement, qu'est-ce que ça pouvait bien apporter à notre héros(3) ?
Du coup, l'ami Jack tombe dans l'archétype du vrai dur qui ne danse pas, le sombre héros à la John Wayne (d'ailleurs cité), celui qui éructe un “Yes, M'ame !” au comptoir. Bof ...
Les histoires à peine effleurées avec la lointaine avocate ou même avec la mamie qui tient le “diner” en bas de la colline sont quand même d'une toute autre tenue et on aurait aimé que l'ensemble du récit sorte de la même fabrique. Plus grandes sont les attentes, plus grandes sont les déceptions !
Bien dommage que Frederick Busch se soit parfois égaré sur les chemins de campagne, le livre aurait mérité plus de rigueur.

Mais que ces quelques critiques de fine bouche ne vous empêche pas de découvrir un bon polar, un beau, un vrai, très noir. Et le héros qui va avec, un beau, un vrai, viril, sombre et dur.

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(1) : Nord n'est pas son premier roman traduit en français, mais qu'à cela ne tienne, il se lit facilement sans avoir eu connaissance des précédents épisodes, bien au contraire, cela ajoute au mystère et au plaisir de la lecture et de la découverte
(2) : désolé, c'est bien le mot, on dirait du Millenium
(3) : oui évidemment, un peu de satisfaction, on avait compris, et encore, il est tout plein de remords après ...

Pour celles et ceux qui aiment la culture bio.
C'est Gallimard qui édite ces 364 pages parues en 2005 en VO et qui sont traduites de l'anglais par Stéphanie Levet.
Télérama et L'ombre du polar en parlent.
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Published by BMR & MAM - dans Bouquin
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