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On A Tout Archivé

19 février 2011 6 19 /02 /février /2011 06:47

Yakakliker pour écouter


Week-end barbecue.

Encore un nom improbable : Lambchop, quoique, quand on est étiqueté country, ça peut se défendre ...

Derrière cette réclame pour barbecue se cachent une musique super cool et Kurt Wagner, un chanteur à la voix de crooner tendre et chaleureuse.

Une voix, comme dirait BMR toujours délicat, une voix à mouiller la culotte des filles.

Bref, chaussez votre casque de sept lieues et partez faire un petit tour du côté de Nashville, Tennessee : c'est par ici.


Pour celles et ceux qui aiment la côte de mouton grillée avec du ketchup.
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15 février 2011 2 15 /02 /février /2011 07:00

Le Monde en parle


La mouette et le pêcheur. 

Décidément, les crabes nous valent cette année de beaux, très beaux moments de cinéma : après ceux que Jacques Gamblin et Sara Forestier étaient allés remettre à l'eau dans Le nom des gens voici Alix Delaporte qui, avec Angèle et Tony, nous livre l'une des plus belles toiles de ce début 2011.

Angèle (éclatante Clotilde Hesme) est une fille de mauvaise vie. C'est aussi une mauvaise mère. Elle sort tout juste de prison, encore en conditionnelle, son fils est à la garde des grands-parents.

Tony (parfait Grégory Gadebois) est marin-pêcheur et traîne son physique de gros nounours entre sa mère, son frère, son bateau et le fantôme du père disparu en mer.

Angèle et Tony n'ont rien de commun.

Elle est prête à baiser pour très peu, même une simple poupée Action Man pour son fils, mais ne sait pas ce que veut dire je t'aime. Lui est bien décidé à tomber amoureux pour de vrai, et peu lui importe le trouble passé d'Angèle.

Tony n'est surtout pas fait pour une fille sauvage comme Angèle, trop belle pour lui. Angèle n'est surtout pas faite pour vendre du poisson au petit matin sur le port aux côtés de ce gros nounours taiseux.

Alors évidemment, on tient là une très belle histoire !

http://carnot69.free.fr/images/angele et tony 2.jpgUne histoire filmée magistralement par Alix Delaporte : des ébauches d'histoires, quelques images ou quelques mots qui laissent le spectateur deviner ou interpréter le reste, hmmm ... un régal continu.

Et puis des moments de cinéma, vraiment, absolument, magiques !

Ah, la scène où Angèle tresse les guirlandes de fleurs en papier avec les vieilles du village dans l'église pour la fête de la mer (on est à Port-en-Bessin)  ...

Ah, la scène où Tony lui fait répéter le rôle de la sorcière de Blanche-Neige, elle connait les répliques par coeur, elle a vu le film plein de fois !

Et bien sûr la scène des crabes que l'on va ramasser en costumes de mariage (l'affiche).

Tout au long du film, Tony le pêcheur va tenter d'apprivoiser Angèle, la mouette sauvage.

D'ailleurs tout le monde essaie de s'apprivoiser dans cette histoire : Tony et Angèle, Angèle et son fils, le frère, la mère de Tony, ... Si peu de choses sont dites et tant de messages passent.

100% de douceur plus 100% d'humanité voilà les proportions du gâteau préparé par Alix Delaporte.

Et puis Clotilde Hesme est radieuse. Elle illumine cette histoire et l'écran. Quels yeux ! Et quel regard que cette caméra porte sur elle : rarement belle femme aura été ainsi filmée.

Alors oui, pourquoi pas, ce “petit” film qui passe presque inaperçu pourrait bien prendre place dans notre best-of 2011.

En tout cas, c'est vraiment un gros coup de coeur et une bande annonce qui tient ses promesses.

Ne le manquez pas ! 


Pour celles et ceux qui aiment les crabes et les poissons.

Le Monde, Kilucru et Pascale en parlent.

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13 février 2011 7 13 /02 /février /2011 09:18

Yakakliker pour écouter


French song.

La chanson française recèle décidément tout plein de pépites de belle qualité : après les émotions à fleur de peau de Guillaume Grand découvert il y a quelques semaines, voici le cadeau d'anniversaire de MAM : Volo ou les frères Volovitch.

Frédéric et Olivier ont déjà plusieurs albums à leur actif et chacun pourra y piocher une bonne douzaine de titres excellentissimes.

Notre sélection est en écoute intégrale ici.

http://carnot69.free.fr/images/coeur.gifDès la première écoute on est accroché. D'abord par les surperbes guitares des deux frangins. Voilà qui fait du bien d'entendre de belles mélodies hors du cadre habituel formaté pour la radio.

Et puis les textes, qui sont au moins à la hauteur de la musique. Une musique qui leur laisse toute leur place.

Pour tout dire on n'aime moins leurs textes “engagés"(1) mais leurs chansons d'amour ou simplement sur la vie de tous les jours sont à ne surtout pas manquer !

[...] Ma p'tite chanson qui ne changera pas le monde

Ma p'tite chanson que t'entendras p'têtre sur les ondes

Ma p'tite folie, mon histoire, mon p'tit poême à l'envers

Ma p'tite chanson pour te revoir sans en avoir l'air [...]

ou encore :

Une ballade pour quand je me sens pas capable
Une chanson pour dormir pour quand j'ai peur de mourir
Une mélodie pour pleurer si j'en ai envie
Un petit air qu'on fredonne et qu'on chante jamais à personne
Une ballade pour quand je serai vieux et malade
Une chanson pour dormir pour partir sans rien sentir
Une mélodie pour aimer, pour aimer, pour aimer
Un petit air qu'on fredonne et qu'on n'aura chanté à personne ...

et enfin, puisqu'on est dimanche :

Si j'nous résume, quand on se compte
Parents, frangins, nous, les enfants
Des gens qui s'aiment qui se racontent
De temps en temps
Et le dimanche, on se promène
Mains dans les poches, si loin si proche
De la semaine prochaine [...]

__________________

(1) : chansons anti-libéralisme ou sur le conflit du Moyen-Orient par exemple.


Pour celles et ceux qui aiment la chanson française.
Télérama en parle.
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11 février 2011 5 11 /02 /février /2011 06:20

On en parle sur Babelio


Paysage en nuances de gris. 

Ce livre nous avait été proposé dans le cadre de l'opération Masse Critique par l'équipe de Babelio et les éditions des Deux Terres.http://carnot69.free.fr/images/babelio.jpg

On a bien entendu saisi au vol (d'avion) l'occasion de retourner en Afrique du Sud après y avoir déjà été invités par Henning Mankell ou Deon Meyer.

Cette fois le voyage se fera en compagnie de Malla Nunn : elle est originaire du Swaziland et vit désormais en Australie.

Très agréable découverte que cette première (mais pas dernière) enquête de l'inspecteur Cooper.

Même si on peut regretter le titre français(1) passe partout, un peu racoleur, un peu hall de gare, sachant tout de même que le titre en VO ne valait guère mieux : A beautiful place to die.

Nous voici donc au début des années 50 dans un trou perdu du veldt, tout près de la frontière avec le Mozambique.  À cette époque la doctrine de l'apartheid est en plein essor et fleurit sur les cendres du nazisme. Le Nasionale Party (tiens, y'a encore de l'écho ?) et les Afrikaaners sont au mieux de leur forme. Sur fond de guerre froide, la Security Branch fait régner la terreur blanche, pourchassant tout ce qui est rouge ou noir.

Et puis ce jour-là ... dans ce trou perdu de la brousse, on découvre un cadavre au bord du fleuve.

Un cadavre de blanc. Un cadavre de flic. Un flic blanc qui descendait d'une noble lignée de Boers purs et durs.

Alors la Security Branch dépêche sa meilleure escouade de gros bras, avides d'épingler, que dis-je, de pendre un pauvre black à tendance rouge.On trouvera sûrement tout ce qu'il faut sur place : le bonhomme, les aveux et la corde.

Tandis que la police de Johannesburg envoie l'un de ses meilleurs inspecteurs, du genre qui veut attraper le vrai coupable. Pfff !

Le volet polar est sans reproche : une enquête difficile, des luttes de pouvoir, de lourds secrets qui devront remonter à la surface, de sombres histoires de famille et de village, ... tout y est.

Mais l'intérêt de ce bouquin est ailleurs : dans la description de cette Afrique qui n'arrive pas à dépasser (et on sait qu'il lui faudra encore de nombreuses années ...) les clivages entre l'arrogance des blancs d'un côté, la fierté des noirs de l'autre, et la peur des métis perdus au milieu.

On a déjà évoqué plus haut les cendres du nazisme : l'inspecteur Cooper a été traumatisé par on ne sait trop quels événements de la guerre et on retrouve même au centre de cette intrigue policière, un ancien toubib juif qui a subi on ne sait trop quelles horreurs. Le décor est planté et ne laisse planer aucun doute sur la filiation de la doctrine du Nasionale Party qui tente d'éradiquer toute relation “inter-raciale”.

[...] D'après les nouvelles lois raciales, tout était blanc ou noir. Le gris avait cessé d'exister.

Mais voilà ... on est en Afrique. Paysages grandioses, chaleur moite, vigueur animale, tout cela exacerbe les désirs de pouvoir, de violence et de sexe.

Manifestement, selon Malla Nunn, la suprématie blanche n'avait aucune chance de résister bien longtemps à la pression contenue. La marmite bouillonne, quelque soit la couleur des légumes qui y mijotent.

http://carnot69.free.fr/images/malla nunn.jpg [...] Les forces de la nature sont plus puissantes que les lois faites par les hommes.

Et l'on découvrira au fil de l'enquête que tout n'est pas noir ou blanc. Qu'il y a beaucoup, beaucoup de gris, de quelque côté que l'on se tourne : la place faite aux métis dans cette histoire est très instructive et dévoile tout un pan méconnu de cette Afrique du Sud dont avait une photo uniquement en noir et blanc.

Vivement la prochaine enquête de l'inspecteur Cooper.

_________
(1) : mais un titre qui, finalement, est plutôt fidèle au contenu du bouquin.


Pour celles et ceux qui aiment l'Afrique. Noire, blanche ou chocolat.

Les éditions des Deux Terres éditent ces 390 pages qui datent de 2008 en VO et qui sont traduites de l'anglais par Anne Rabinovitch.

Pour Kathel aussi, ce fut une agréable surprise.

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7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 06:28

Nicolas en parle


Gulliver à Tokyo. 

Chaque film des studios Ghibli est un événement pour un public acquis et conquis d'avance dont on fait partie.

Et même si le grand-paternel Miyasaki commence à lâcher les manettes, la relève semble bien assurée.

Témoin, Arrietty, cette originale adaptation tokyoïte (signée Hiromasa Yonebayashi) d'une histoire anglaise : The borrowers, les chapardeurs.

Des “petites personnes”, des êtres minuscules qui se glissent le long des murs pour emprunter de quoi survivre au monde des humains : un morceau de sucre ou une feuille de thé.

Mais ces petits êtres sont en voie de disparition (parce que la plupart des humains ne croient pas à leur existence ?) et dans la maison du jeune Shô il ne subsiste qu'une petite famille, Arrietty, maman et papa qui part la nuit bien équipé pour aller “faire les courses”.

Le jeune Shô est gravement malade et sa rencontre avec la minuscule Arrietty lui redonnera peut-être le goût de la vie.

On est loin du souffle épique qui animait les classiques de Miyasaki et nous voici plutôt cette fois dans un registre beaucoup plus intimiste, même si les standards du studio Ghibli (l'écologie, la  forêt, les créatures, le chat, le jeune Spiller,  ...) restent bien présents. Mais cette fois la forêt luxuriante est réduite à la taille d'un jardin !

Et du coup, l'histoire gagne en complexité “humaine” : la trouble relation que tisse la minuscule Arrietty avec le jeune Shô est pleine d'ambiguïté et les plus jeunes spectateurs(1) passeront à côté de pas mal de choses. Mais aussi, comment ne pas tomber amoureux de la jeune Arrietty quand elle part fièrement à la conquête d'un monde géant, sa pince accrochée dans les cheveux, sa petite robe rouge flottant dans le vent, emportée par la musique de Cécile Corbel que ne renierait pas Joe Hisaishi.

Et oui, car la musique est signée d'une bretonne bretonnante : Cécile Corbel a travaillé avec les studios Ghibli pour signer une jolie partition.

Un dessin animé pour les fans des studios Ghibli. 

_________
(1) : allez le voir en VO, c'est pas la même tranche d'âge !


Pour celles et ceux qui aimeraient avoir un plus petit que soi.

Critikat, Nicolas et Nicolinux en parlent. Télérama parle de Cécile Corbel.

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1 février 2011 2 01 /02 /février /2011 06:18

Le Magazine Littéraire en parle


Histoire de fous.   

C'est une histoire de fous que nous chante le polonais Hubert Klimko avec sa Berceuse pour un pendu.

http://carnot69.free.fr/images/bestof.pngSauf qu'il ne faut surtout pas manquer la préface qui nous explique que le fou s'est bien pendu et que ce livre est bien une berceuse.

Le “fou”, c'était le violoniste Szymon Kuran, polonais émigré en Islande, certainement atteint de troubles bipolaires.

L'auteur Hubert Klimko, autre polonais perdu en Islande, avait fait cette promesse à son ami :

[...] “Hubert, promets-moi  d'écrire quelque chose après ma mort. Sur nous, notre amitié, l'amour ... Tu le mettras à ta sauce, tu donneras des couleurs à tout ça. Dis, tu le feras ? Promets-le-moi !” J'ai promis.

Voilà qui donne un sacré relief à ce qu'on va lire, soudain plombé par des tonnes d'humanité bien réelle.

Pour autant la berceuse n'a rien d'un requiem. Bien au contraire, c'est une histoire pleine de douceur, pleine d'humanité, pleine de rires aussi même si c'est bien souvent aux dépends des islandais(1).

[...] ces islandais qui n'ont pas la moindre notion de l'art car, toujours selon Boro, en cinquante ans, on ne peut pas passer, d'un coup, de la cabane aux salons, du viol des brebis au sexe raffiné avec la princesse.

L'histoire de trois amis, trois émigrés (un croate et deux polonais), perdus sur cette lointaine terre islandaise, au bout du bout du monde. Deux d'entre eux, Boro le peintre croate et Szymon le violoniste polonais sont donc un peu dérangés. Des “lapins de chapeau” en langage carabin :

[...] un patient qui apparaît puis disparaît pour réapparaître de nouveau, et ainsi de suite. Il n'est jamais complètement guéri, il n'est jamais complètement débarassé de sa maladie. Un coup de déprime, et hop ! à l'hôpital. L'hôpital et la vie, la vie et l'hôpital.

Lorsqu'ils sont dehors, ces deux-là, nous offrent des scènes d'un absurde sommital. C'est jubilatoire, comme on dit.

D'autant que le regard qui raconte est celui de leur ami qui, lui, ne les trouve donc pas plus fous que vous et moi et sûrement plus civilisés que les islandais : ce sont ses amis, un point c'est tout. Ses meilleurs amis. En fait ses seuls amis sur cette île perdue. Une île qui ressemble à un asile peuplé d'islandais étranges et où les seuls vrais humains sont nos trois compères. Alors on est bien avec eux, contents de partager leurs histoires abracadabrantes, leurs nanas impossibles, leurs galères sempiternelles, leurs pitreries foutraques, ...

Ils sont sans cesse à la recherche de chez eux : d'une maison, d'une bande de copains(2), d'un chez-soi, peut-être aussi d'un chez-soi dans leur tête malmenée.

À mi-parcours, Boro s'en va, pour de vrai : il va régulièrement sur la plage donner à manger des seaux de poissons à son orque favorite, sans doute imaginaire, pour qui il joue aussi de l'harmonica. Une fois de trop, on ne le reverra plus.

Plus tard ce sera au tour de Szymon de choisir une autre route, accompagné d'une berceuse jouée au violoncelle par le narrateur, son ami, qui rêvait de devenir musicien, n'étant, excusez du peu, que peintre et poète.

[...] Nous nous sommes retrouvés sur un plateau jonché de lupins, des kilomètres de toutes les nuances de bleu possibles et imaginables. [...] Nous sommes sortis. Je me suis appuyé au capot, me délectant de l'extraordinaire spectacle, et Szymon a pris dans la voiture son maillot de bain et sa serviette qu'il a étendue par terre comme le font les baigneurs à la plage de Miedzyzdroje. Il s'est complètement déshabillé et a enfilé son maillot de bain bleu, a sorti son archet, son violon, l'a accordé et a demandé : “Tu ne te baignes pas, n'est-ce pas ?” et avec son violon il est entré dans le champ de lupins. Il est allé de l'avant , lentement, tenant son instrument au-dessus de sa tête, comme s'il ne voulait pas le mouiller, comme s'il barbotait dans les vagues. [...] Il s'est immobilisé, j'ai entendu une douce musique en provenance du champ. C'était un air serein et mélodieux, en parfaite harmonie avec le lieu. [...] Le vent s'est levé. La mélodie s'est mêlée à son souffle. Un orchestre philharmonique au coeur de la mer, oui, au coeur de la mer, car à cet instant seulement j'ai compris que nous étions vraiment au bord de la mer, que c'étaient des vagues marines, que c'était un vent marin, que tout n'était que musique, et qu'au loin l'homme se baignait, se baignait dans les vagues et dans la musique.

De ce roman largement autobiographique on ne sait dire si Hubert Klimko Dobrzaniecki est devenu un grand musicien, mais à coup sûr, c'est un grand écrivain.

Ce petit bouquin d'une grosse centaine de pages est un grand livre, une petite parenthèse de poésie, d'amitié et d'humanité dans notre monde hostile.

Et pas si triste que son sujet pourrait le laisser penser : on sort de cette berceuse apaisé, sans doute comme Szymon.

Arnaldur Indridason nous avait habitués aux disparitions sur sa mystérieuse terre d'Islande : en voici une ou deux de plus.

_________
(1) : je ne crois pas avoir lu ailleurs (sauf peut-être chez Beaudelaire) autant de férocité moqueuse sur nos voisins belges par exemple, les polonais émigrés en Islande semblent avoir une dent vraiment dure contre les indigènes et peut-être même l'île toute entière. Ceci dit, on les comprend un peu, quelle idée d'aller chercher du boulot là-bas, mirage économique ou pas, ils ont dû déchanter. Et bien avant la crise, dès leur arrivée même.

(2) : la famille est restée au pays, ce sont des exilés


Pour celles et ceux qui aiment les histoires de fous et pas les islandais.

Les éditions Belfond publient ces 142 pages parues en 2007 en VO, joliment préfacées par Margot Carlier et traduites du polonais par Véronique Patte.

Blue Gray, Stéphanie, en parlent.


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29 janvier 2011 6 29 /01 /janvier /2011 06:02

Yakakliker pour écouter


Écorché vif.

Jolie découverte que ce Guillaume Grand, petit français inconnu il y a quelques mois dont le tube Toi et moi tourne en boucle un peu partout.

Il vient de sortir son premier album L'amour est laid avec plusieurs chansons qui méritent (vraiment) qu'on enfile le casque.

http://carnot69.free.fr/images/coeur.gifUn petit frenchy qui chante en français mais tout comme pareil les vrais américains.

Une guitare, une voix éraillée comme on les aime(1) et de fort beaux textes.

Des chansons d'amour. D'amour meurtri, puisque c'est souvent ça l'amour.

Comment ne pas frissonner à l'écoute de Couvre ta peau :

Hurle à tes yeux de ne pas regarder, fais promettre à tes mains de ne pas toucher

Dis à tes mots de se ravaler, oublie ce que tu penses même si c'est vrai

Range tes mains, range tes caresses, couvre tes seins, ici y'a rien de bien

Range ton amour ou ce que tu crois, garde tes bas bien sur toi

Couvre ta peau, garde ta douceur, serre tes jambes, sèche ta sueur

Ne parle plus, ne chuchote pas, rince tes cheveux, ferme tes yeux

Ne me souris pas, ne me donne pas de quoi, sois laide, déteste moi

Arrête, j'ai dit, arrête

Ne me tente pas, ne me touche pas, ne m'excuse pas et surtout ne m'aime pas [...]

Ou bien Vivante, où il est encore question de peau :

La couleur de sa peau, c'est sombre et envoutant

Et l'odeur de ses mots, soufflés de sa bouche d'ange

Y’ a rien d'plus beau, y’a rien d'plus beau qu'un drame

Dans une histoire d'amour, du respect, d'la haine, des larmes

Elle se sent vivante, vivante quand elle est triste

Elle a encore donné sa chair, là elle sent qu'elle existe [...]

On vous a mis nos préférées dans la playliste (qu'on peut écouter en version intégrale).

_____________________

(1) : un peu à la James Blunt, le James Blunt des débuts, avant qu'on le perde dans l'océan de la variété.


Pour celles et ceux qui aiment les chansons d'amour.
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27 janvier 2011 4 27 /01 /janvier /2011 06:15

On en parle sur Babelio


Agent double bonheur. 

Ce livre nous avait été proposé dans le cadre de l'opération Masse Critique par l'équipe de Babelio et les éditions Métailié.http://carnot69.free.fr/images/babelio.jpg

On a bien entendu saisi l'occasion de retrouver Stéphane Fière qu'on avait déjà croisé dans La promesse de Shanghaï.

Double bonheur raconte les aventures, toujours à Shanghaï, d'un jeune interprète français, à peine sorti de l'école et désormais au service du consulat.

C'est donc un lao wai, un singe blanc, un pébéa (petit blanc arrogant), un cochon rose, velu, grand et gras, bref un occidental.

On retrouve donc ici l'humour féroce de Stéphane Fière et son peu de compassion pour les pébéas.

Mais aussi tout son amour pour la Chine comme ici pour la cuisine de trottoir de la mère Zhao  :

[...] La patronne officie dans l'arrière-cour au milieu des flammes et des éclaboussures d'huile bouillante [...] les deux serveuses, Zifa et Shuiling, sont maintenant très gentilles avec moi, : des petites soeurs de la campagne, un mètre soixante au maximum, rondes, souriantes, alertes, avec de bonnes joues bien rouges, des nattes et des gros seins de laitières ; à mon arrivée elles hurlent voilà Xiao Li qui vient manger, je suis reconnu, j'ai l'impression de revenir à la maison [...] les clients autour, vieillards torses nus ou en pyjamas, chauffeurs de taxi, petits artisans, mingong se joignent à la conversation et les moments de la nuit passent, chaleureux, uniques ; on boit, on parle fort, on rote, on est rouges et transpirants, pressés les uns contre les autres sur les tables pliantes et les tabourets en bois, papier, pierre, ciseaux, je perds à chaque fois et ils remplissent mon verre à peine vidé, je suis là, au milieu, au milieu, au milieu d'eux, je ne suis plus tout seul et je n'ai pas envie de partir, pas envie de partir, je ne suis plus français, mais pas encore vraiment chinois [...]

La première partie du bouquin nous décrit par le menu la vie du consulat, de ses interprètes, des hommes d'affaires ou des universitaires venus chercher gloire et fortune à Shanghaï (et aussi quelques étudiantes peu farouches qui elles, sont à la recherche d'un passeport étranger).

Tout ce petit monde d'expat's est bien dérisoire : on couchaille ici ou là, on traficote autant qu'on peut et on arnaque un peu tout le monde. Pitoyable. Le portrait brossé par Stéphane Fière n'est vraiment pas reluisant et son “héros” n'en sort pas grandi.

À dire vrai, on a même trouvé cette partie un peu longuette(1) et on aurait aimé plus de belles pages comme celle de la cuisine de la mère Zhao.

À mi-parcours, François Lizeaux (c'est le nom de cet interprète peu héroïque) tombe amoureux, pour de vrai cette fois, d'une belle shanghaïenne An Lili. Une étoile montante dans la toute nouvelle vie affairiste chinoise : elle est rédactrice dans une revue de mode. Ils vont filer tous deux le parfait amour et s'enrichir peu à peu. La description de cette ascension sociale est beaucoup plus intéressante que les vilenies et bassesses du milieu consulaire et l'on suit l'évolution de ce jeune couple.

Jusqu'au jour où finalement, de petites enveloppes en gros pots de vin, la camarade Wen Zhunhen propose à François d'enregistrer les réunions du consulat ...

[...] Elle s'était mal fait comprendre. Travailler ensemble signifiait simplement collaborer avec elle pour lui fournir  des informations, des renseignements, un peu de documentation, rien d'extraordinaire crois-moi,  trois fois rien en fait, des broute-îles, des broute-îles, elle a précisé dans son français de fantaisie, juste un peu de veille, sur les comptes rendus de réunion que tu assistes camarade Li, mais pas dans tous les domaines rassure-toi, uniquement le nucléaire, le militaire et les nouvelles technologies.

Même si Stéphane Fière n'avait nullement l'intention de donner dans le thriller d'espionnage, on ne vous en dit pas plus mais assurément voilà qui est de la toute dernière actualité pour ceux qui ont suivi l'affaire Renault !

En somme, un bouquin réservé aux curieux de la Chine en général et de Shanghaï en particulier.

_________
(1) : c'est sans doute nécessaire pour donner plus de poids au retournement final mais les longueurs de ce nombrilisme franco-français finissent par agacer, on était venu là pour les chinois ! pas pour les états d'âme d'un étudiant expatrié.


Pour celles et ceux qui aiment la Chine.

Les éditions Métailié éditent ces 351 pages qui datent de 2011.

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23 janvier 2011 7 23 /01 /janvier /2011 09:28

Yakakliker pour écouter


Le plus américain des frenchy.

Alain Bashung a au moins deux torts à son passif : celui de nous avoir tourné le dos un peu trop tôt et celui d'avoir laissé les radios nous saouler, il y a quelques années, des Vertiges de Gaby et de Joséphine.

De quoi nous rendre allergiques à son phrasé répétitif et à ses rimes pleines de vocabulaire.

Alors du coup, on est passés à côté de son dernier album, Bleu pétrole sorti en 2008.

Impardonnable, on essaie de se rattraper ?

Voici donc un bel album, 100% pur jus du plus américain de nos chanteurs frenchy.

On y sent souffler le vent des grands espaces et la poésie de Bashung y résonne tout à son aise.

On y adore Je t'ai manqué et  Tant de nuits ...

Du coup on est allé picorer dans sa discographie quelques pépites, comme ces “remakes” des chansons qui ont bercé son enfance et la nôtre : Le sud de Nino Ferrer, Les mots bleus de Christophe, la Céline d'Hugues Aufray, la Suzanne de Cohen et même le Hey Joe d'Hendrix revisité en français. Oui, on aime bien les reprises.

Pour ceux qui, comme nous, auraient loupé Bashung avant son départ, tout cela est à (ré-)écouter en intégral sur notre playliste.


Pour celles et ceux qui aiment la nostalgie.
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21 janvier 2011 5 21 /01 /janvier /2011 08:39

D'autres avis sur Babelio


GR  

C'est le Père Noël (déguisé en Véro) qui nous aura amené le dernier né de la collection nature writing des éditions Gallmeister, “LA” maison d'édition qui fait parler d'elle depuis quelques temps.

Une boutique dont est devenu inconditionnels depuis sa série "Noire" qui nous aura fait découvrir des auteurs comme Craig Johnson ou William G. Tapply.

Avec Le signal, le Père Noël, tout comme Olivier Gallmeister ont fait, à nouveau, un bon choix !

Prévoyez deux ou trois bonnes et longues soirées avant d'ouvrir ce bouquin : il suffit d'une vingtaine de pages à Ron Carlson pour nous accrocher définitivement avec cette histoire qu'on ne veut plus lâcher.

Et pourtant ce n'est pas un polar(1), il n'y a pas vraiment d'intrigue, peut-être un suspense diffus, on en reparlera.

Et pourtant il ne se passe pas grand chose : c'est juste l'histoire d'une randonnée dans les montagnes du Wyoming.

Et pourtant il n'y a pas foule de personnages (forcément dans ces montagnes ...), deux randonneurs, à peine quelques personnages très secondaires, quelques autres plus importants sont évoqués mais on ne les verra jamais.

Alors ? Qu'est-ce qui fait qu'on ne veut plus lâcher ce bouquin ?

Mack et Vonnie se sont connus dans le Wyoming. Ils ont vécu une dizaine d'années ensemble, partagé l'amour des chevaux et des montagnes, crapahuté sac au dos avec leur matériel pour la pêche à la mouche(2).

Mais comme dans toute belle bonne histoire qui se respecte, Mack, peu à peu, a tout fait foiré. Son ranch était un gouffre financier (déjà du temps de papa), il s'est mis à picoler et à faire connerie sur connerie, de plus en plus grosses les conneries, il traficotait même avec de mystérieux agents façon CIA.

Alors Vonnie s'en est allée. Avec un avocat de la ville.

Mais tout ça c'est du passé, le bouquin commence en fait dix ans plus tard : Mack sort de prison après une connerie de plus(3) et se met en tête de partir en montagne une dernière fois sur les traces du bon vieux temps. Il a invité Vonnie à se joindre à lui.

Elle est finalement venue.
En tout bien tout honneur, pour aider une dernière fois Mack à remonter la pente(4), en souvenir du bon vieux temps.

Et les voici crapahutant avec leurs sacs à dos, évoquant les souvenirs, sachant bien tous deux que rien ne sera plus pareil, sachant bien que leur histoire est écrite au passé et que leur amour est derrière eux.

Et nous on est bien accrochés dans les sacs à dos, partageant l'intimité de ce couple qui n'est plus, la difficulté de ces retrouvailles ambigües, la richesse des souvenirs qui affluent. Grâce à la puissance d'évocation de l'écriture de Ron Carlson, après quelques pages on est devenus les meilleurs amis du monde.

[...] On lui avait dit qu'il ne restait plus que quelques endroits dans le pays où une personne pouvait encore s'éloigner à huit kilomètres de la route, et, pour lui, cela restait la pire nouvelle qu'il ait jamais entendue.

Et cette simple balade dans les grandioses paysages du Wyoming s'épaissie au fil des pages, faisant revivre les histoires que l'on se raconte à la chaleur d'un feu de bois et les souvenirs qui ressurgissent au détour d'un chemin ...

Concocté par Ron Carlson, ce subtil mélange d'un passé, tantôt amoureux, tantôt galère, et d'un présent, souvent désabusé, est un élixir dont ne se lasse pas.

Mais voilà ... on sent que ça ne va pas durer. Forcément cette balade va mal tourner. Forcément Mack va encore tout faire foirer. D'ailleurs il a pas trouvé mieux que de profiter de cette rando pour aller chercher une espèce de balise ou de boîte noire mystérieuse(5) qu'un des coquins mystérieux qu'il fréquente lui a demandé de retrouver, moyennant quelques milliers de dollars qui l'aideraient bien à renflouer les caisses du ranch.

Et c'est peut-être ça qui nous rend accros : l'histoire de cet ex-couple est superbement écrite, on ne voudrait jamais les quitter, on voudrait continuer à les suivre au bout du Wyoming, mais les paysages défilent, les pages tournent, et le petit gps de Mack fait bip-bip, et on sait qu'on approche de la fin, inexorablement, zut, zut, allez je relis encore une fois ce chapitre.

Oui, voilà, on voudrait lire ce bouquin à reculons, on voudrait que nos deux randonneurs soient en moins bonne forme, qu'ils fassent deux pas en avant et surtout un en arrière ... histoire de faire durer le plaisir.

Tout le monde sait que d'habitude la fin d'une rando, le retour, est toujours un moment délicieux.

[...] Le retour est toujours un moment délicieux. Sales et fatigués, ils parlaient, discutaient des poissons qu'ils avaient attrapés, de la randonnée. Ces jours-là, son père disait toujours : “Être sale, comme avoir faim, ce sont des choses magnifiques qui se méritent. Nous l'avons bien mérité, alors allons nous laver et manger.” Il avait appris à Mack à ne jamais mépriser la faim mais à s'en servir comme d'un instrument, et ils avaient mangé d'excellents steacks dans les gros relais routiers à la lisière des villes de l'Ouest quand ils descendaient des montagnes. “Servons de nous de ça comme il faut.” - Mack avait dit ça à Vonnie chaque année; ils savaient tous les deux qu'ils mangeraient des steacks et boiraient des boissons fraîches sorties de la glacière qu'ils avaient gardée de côté : une célébration et une dernière nuit à camper près des voitures au-dessus du monde.

Mais cette fois-ci, on sait que le retour ne sera pas un moment délicieux.

http://carnot69.free.fr/images/Ron Carlson.jpgUn peu dommage que la suite du bouquin ne soit pas tout à fait à la hauteur des attentes éveillées par la magistrale première partie : une fin un peu convenue où le viril Mack zigouille les méchants qui ont osé toucher à son ex-chérie qu'il aime encore au fond de son coeur. D'autant que Ron Carlson disposait de tous les ingrédients dans son sac à dos pour laisser son histoire se poursuivre en demi-teinte et se terminer en queue de poisson ... pêché dans un lac de montagne.

Que cela ne vous empêche pas de partir sans hésiter pour une très belle balade, sur les traces de Mack et Vonnie, un très beau couple.

_________
(1) : le bouquin est d'ailleurs publié dans la collection Nature Writing et pas dans la collection Noire, ce qui compense un peu une 4° de couv' qui évoque, tout à fait hors de propos, "un suspense capable de nous mener au paroxysme de l'angoisse".

(2) : d'Autriche aux US, on est cernés par les pêcheurs à la mouche ... commencent à nous gonfler ces américains avec leurs mouches, vous nous voyez pêcher dans la Seine avec ça ? vous nous voyez pêcher tout court d'ailleurs ?

(3) : bon, là, rien à lui reprocher pour une fois : il a juste fracassé le Hummer de l'avocat de Vonnie.

(4) : oui, je sais, celui-là est excellent

(5) : un MacGuffin dirait Sir Alfred


Pour celles et ceux qui aiment la randonnée en montagne et les histoires d'amour même quand elles sont finies.

Les éditions Gallmeister éditent ces 223 pages parues en 2009 en VO et traduites de l'américain par Sophie Aslanides.

Hécate, Nathalia, Hannibal et Laurent en parlent. D'autres avis sur Babelio.


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Published by BMR & MAM - dans Bouquin
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