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On A Tout Archivé

25 juin 2010 5 25 /06 /juin /2010 06:36
L'expo en ligne

La voie du Tao est impénétrable.

Le Grand Palais expose de superbes objets rassemblés ici pour donner un aperçu de la philosophie religieuse du Tao (le Dào, doit-on dire désormais).

Certains objets sont magnifiques : planches à encrer les estampes (quel travail ...), brûloirs à encens, jades et porcelaines, ...

On reste longtemps accoudé aux présentoirs des rouleaux de peinture où se déroulent presque sans fin, paysages brumeux et scènes de cette exotique (et méconnue) mythologie chinoise ...

Malgré toutes ces très belles choses, on reste sur notre faim : les quelques explications ne suffisent pas à nous faire pénétrer les arcanes de cette étrange philosophie religieuse qui depuis trois mille ans prône l'inutilité et l'inaction dans la quête de la plénitude ici-bas et de l'immortalité au-delà.

Mais sans doute nos esprits occidentaux sont-ils tout à fait impropres à appréhender ces manières d'être : Sur la Voie du Dào, il n'y a aucune question à poser, aucune réponse à donner. Celui qui pose malgré cela des questions, pose des questions spécieuses, et celui qui répond quand même se place hors de la Voie du Dào.

Finalement, la voie du Tao restera impénétrable ...


Pour celles et ceux qui aiment l'esprit zen.
Celles et ceux qui n'ont pas la chance d'habiter Paris peuvent jeter un oeil sur l'expo en ligne (site plutôt bien fait).
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22 juin 2010 2 22 /06 /juin /2010 06:01

Allociné


  Le choc des photos ... 

Excellent ! Certainement "LE" film de cette coupe du monde.

À voir absolument alors que ce film pourrait presque passer inaperçu un peu comme la Révélation dont on avait fait la promotion ici il y a 3 mois.

On était partis sans grande conviction (mais sans a priori non plus) pour ces Eyes of war(1) et on s'est pris une bonne secousse. Un film qui vous remue les tripes.

Bien sûr, quelques critiques ont beau jeu de pointer une certaine complaisance pour le côté sordide de quelques images de guerre : mais (outre le fait que c'est quand même le sujet du film) il faut bien cela pour nous sortir de notre torpeur habituée aux images d'horreur formatée qui défilent en boucle au JT tous les soirs.

En salle, le film du bosniaque Danis Tanovic s'avère étonnant de maîtrise : tout y est justement construit et mesuré. Les images de guerre, les errements hagards de Colin Farrell (juste parfait), les dialogues intelligents avec le psy (surprenant Christopher Lee !) , rien de trop ...

Avec en prime une très belle galerie de "seconds rôles" comme on dit, qui profitent du désarroi de Colin Farrell qui a le bon goût de ne pas prendre toute la place.

Deux reporters photographes irlandais (Colin Farrell et son pote David) s'en vont à la recherche du shot du siècle au Kurdistan (pays en guerre, comme depuis toujours, cette fois contre les irakiens).

Ils y rencontrent un toubib kurde dans un hôpital de fortune(2), un médecin qui passe autant de temps à stériliser son scalpel qu'à graisser son pistolet.

Lorsqu'un nouveau convoi de trop nombreux blessés arrive, le doc (Branko Djuric : un film à lui tout seul) distribue après un rapide examen, des étiquettes bleues et jaunes. Les blessés aux étiquettes jaunes seront sauvés par son scalpel. Ceux aux étiquettes bleues seront sauvés par son pistolet. Le poids des mots ...

De ce reportage photo, Colin Farrell reviendra au pays seul, sans son pote David, ... traumatisé physiquement et surtout psychiquement par un drame que l'on devine à demi-mots.

Le grand-père de sa brune(3) entreprend, à la demande de sa petite-fille, d'extirper de la cervelle de Colin Farrell ses maux et ses mots ... Le vieux monsieur s'y connait : il a déjà exercé sa médecine de l'âme sur les généraux et colonels de l'armée franquiste et dieu sait qu'ils en avaient gros sur la patate.

Elena, la brune de Colin Farrell : Do you think you can help him ?

Le grand-père, Christopher Lee : Yes. Of course I can help him. I can help anyone.

Un film très fort sur ces photographes de guerre écartelés entre un monde d'horreur et un monde "normal", notre monde, un monde auquel ils sont devenus étrangers.

Un film sur la photo et ce qu'elle implique, ou ceux qu'elle implique comme il serait plus juste de le dire.

Un film intelligent sur la nécessité de dire ce qui a été et où l'on reboucle donc sur les échos qu'avaient laissés la Révélation.

Un film sur les dommages collatéraux et les absurdités de la guerre qui se termine sur cette belle phrase de Platon(4) : seuls les morts ont vu la fin de la guerre.

__________________

(1) : le titre original est Triage

(2) : là-bas, en kurde, "de fortune" veut dire sans eau courante et sans médicaments

(3) : Paz Vega, une belle brune espagnole, façon Penelope Cruz

(4) : en réalité faussement attribuée à Platon par le général Mac Arthur (mais on s'en fout)


Pour celles et ceux qui aiment les journalistes et les reporters.

Excessif en parle.

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21 juin 2010 1 21 /06 /juin /2010 06:09
Le site officiel

La magie du cinéma.

Après les fameuses Triplettes de Belleville, Sylvain Chomet reprend crayons et pinceaux pour un nouveau tour de passe-passe : L'illusionniste.

Hommage mélancolique et appuyé à Jacques Tatischeff himself, auteur du scénario original jamais sorti en film, le dessin animé de Sylvain Chomet est délicieux de nostalgie.

Hommage aux magiciens et artistes en fin de carrière d'un music-hall passé de mode, à une époque (le début des années 60) où le monde découvrait le rock anglais, les juke-box et les premières télés.

Notre illusionniste, croisement réussi entre Mr. Hulot (pas Nicolas, l'autre) et Jacques Tati (célèbre jusque dans les milieux de la mode pour avoir inventé le pantacourt) , s'en va jusqu'au fin fond de l'Écosse pour pouvoir jouer quelques derniers tours et arrive encore à émerveiller une jeune fille perdue en ce trou paumé.

Tous deux rejoignent Édimbourg. L'illusionniste y retrouve quelques collègues (acrobates, ventriloques, ...) dont la carrière sombre tout comme la sienne, la jeune fille y trouvera ...ah, ça vous le saurez seulement en allant voir ce beau dessin animé.

Tout cela est bourré de références aux années 60 en général et à Jacques Tati en particulier.

On a beaucoup aimé le zeste de non-sense qui pimente l'arrivée en Grande-Bretagne jusque dans les Highlands et le début de la relation un peu trouble entre la jeune fille écossaise et son espèce d'oncle magicien.

On a moins aimé le sérieux qui entoure l'épisode Édimbourg : Sylvain Chomet s'y montre trop appliqué.

Mais tous les dessins, on dirait des aquarelles, sont superbes.


Pour celles et ceux qui aiment les lapins qui sortent des chapeaux.
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19 juin 2010 6 19 /06 /juin /2010 06:40

D'autres avis sur Critiques Libres


  De profundis...

Après les très très remarquables Chaussures italiennes (candidat à notre best-of 2010, rappelons-le) et Tea-Bag, voici Profondeurs, un autre roman du suédois Henning Mankell que l'on connaissait surtout par ses polars.

Profondeurs nous raconte une très étrange histoire à l'aube de la guerre de 1914 : celle du capitaine Lars Tobiasson-Svartman de la marine de guerre suédoise. Je cite le patronyme en intégralité puisque Lars tient beaucoup à ces deux noms accolés : celui de sa mère (Tobias...) étant supposé le protéger de celui de son père ...

Le capitaine Lars se montre un personnage assez peu sympathique : il ment continuellement, s'emporte facilement et peut se mettre à frapper, voire pire encore.

Il ment à tout le monde : à sa femme, à sa maîtresse, à lui-même, à ses collègues et à l'Amirauté. Difficile de s'attacher à ce drôle de bonhomme. Enfin, drôle, c'est une façon de parler.

Un bonhomme un brin obsessionnel, obnubilé par les distances qu'il estime ou mesure avec précision : il est hydrographe, chargé de tracer des routes secrètes dans l'archipel suédois de la Baltique pour les bateaux à l'aube de la grande guerre. Obsédé par les distances donc, à commencer par celles qu'il prend soin de maintenir entre lui et les autres.

[...] Ses tout premiers souvenirs étaient les distances : entre lui et sa mère, entre sa mère et son père, entre le sol et le plafond, entre l'inquiétude et la joie. Sa vie entière se résumait à des distances à mesurer, à raccourcir ou à rallonger.

Notre hydrographe est obnubilé par les profondeurs qu'il devine ou mesure en mer pour tracer ses routes, obsédé au point de dormir avec sa sonde en guise de nounours.

[...] Le lendemain, il marcha dix kilomètres sur la glace. Ce qui le conduisit par-delà la fosse de Bockskär jusqu'aux rochers d'Hökbada, où il installa son campement pour la nuit.

À l'origine son intention était de marcher droit sur Halsskär; mais une fissure dans la glace l'avait forcé à faire un détour par le nord. Hökbada n'était qu'un groupe de rochers escarpés et inhabités. Avant la tombée de la nuit, il eu le temps de s'y construire un abri, un toit de branches et de mousse jeté sur une anfractuosité rocheuse. Il fit du feu  et ouvrit une conserve de viande. Quand il se glissa dans son sac de couchage, le vent était encore faible. Le froid s'était adouci pendant la journée. Il estima la température à moins trois degrés. Une fois la nuit tombé et le feu éteint, il tendit l'oreille pour écouter la mer. L'entendait-il se briser contre le bord de la banquise ? La glace tenait-elle jusqu'à Halsskär ? Était-ce la mer ou le silence de ses pensées qu'il percevait ?

À plusieurs reprises il crut entendre des coups de canon, d'abord un grondement lointain, puis une onde de choc qui s'évanouissait dans les ténèbres.

Personne ne sait où je suis, pensa-t-il. Au coeur de l'hiver, dans ce monde glacé, j'ai trouvé une cachette que personne ne pourrait même imaginer.

Au cours de ces missions en mer ou sur la glace, le capitaine Lars fera la rencontre d'une femme à demi perdue sur une île de pêcheur. Il en tombera aussi obsessionnellement amoureux qu'il l'était de sa sonde marine et finira par errer de mensonge en mensonge entre son épouse de Stockholm et cette femme sur son île glacée.

Une histoire presque kafkaïenne avec, en arrière-plan, la description sans concession d'une Marine suédoise où, malgré la neutralité affichée, les officiers ont bien du mal à cacher leurs sympathies pour la flotte du Kaïser qui ne va pas manquer de mettre la pâtée à ces arrogants britanniques. 

De tout cela on se doute qu'il ne sortira rien de bon : certains sombreront dans la folie, d'autres sombreront tout court dans les profondeurs des eaux glacées et le Monde lui-même sombrera peu à peu dans l'horreur des années de guerre.

De toute évidence on peut tracer quelques parallèles entre l'officier de marine Lars et le chirurgien Fredrik Welin des Chaussures italiennes : deux hommes perdus sur leur île, tenant soigneusement "les autres" à l'écart et que seuls la glace et le froid relient au monde ...

On avait quand même trouvé le roman des Chaussures beaucoup plus abouti et surtout plus agréable, plus facile à lire, ne serait-ce que parce qu'il était un peu moins pessimiste que ces sombres Profondeurs.

Malgré la toujours très belle écriture de Mankell, on tient là sans doute son livre le plus difficile, même si MAM tout comme BMR ont beaucoup aimé.

Un livre où l'on découvre l'hiver dans les îles de l'archipel suédois.


Pour celles et ceux qui aiment les histoires de marin, même givrés.
Seuils Points édite en poche ces 345 pages qui datent de 2004 en VO et qui sont traduites du suédois par Rémi Cassaigne.
L'avis enthousiaste de Black. D'autres sur Critiques Libres.

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18 juin 2010 5 18 /06 /juin /2010 19:30

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  Pour quelques sacs de riz ... 

On avait lu ce court roman d'Akira Yoshimura au tout début de la naissance de ce blog, il y a un peu plus de quatre ans.

Ces Naufrages nous avaient laissé un fort souvenir, une trace indélébile. L'histoire était rude et puissante, l'envie d'y goûter à nouveau restait là.

Candidat au best-of 2010

À la relecture, ce petit conte philosophique a conservé toute sa force et l'écriture de Yoshimura gardé toute sa noblesse.

Le japonais nous fait partager la dure, très dure, vie des pêcheurs d'un petit village perdu le long de la côte.

Quelques habitants survivent là, isolés entre mer et montagne.

Lorsque la saison de pêche n'est guère fructueuse, les familles sont obligées de vendre un des leurs (fille aînée, femme, mari, ...) à quelque maquignon en échange de quelques sacs de pauvres céréales. Tous ne reviennent pas au village.

[...] Quand quelqu'un mourait au cours de sa période de travail, l'intermédiaire était obligé de dédommager l'employeur. C'est pourquoi il choisissait des gens en bonne santé et, considérant la perte que cela pouvait représenter, il prenait à l'employeur une somme plus importante que celle qui revenait à la famille. le village d'Isaku semblait constituer pour lui une bonne source de revenus quant à la qualité de ceux qui se vendaient pour travailler.

Alors au fil des siècles, les habitants du village ont pris coutume de se faire naufrageurs.

La récolte du sel (ils font bouillir de grandes bassines d'eau de mer) se fait désormais sur la plage : en cas de mauvais temps, ils escomptent bien que quelques bateaux apercevront les feux ainsi allumés sur la grève ...

[...] - Tu sais pourquoi on cuit le sel sur la plage ?

L'œil de Kichizo était tourné vers lui.

Isaku savait que la quantité de sel récoltée, nécessaire à la consommation du village pendant un an, était répartie équitablement entre les familles. Il pensa que si Kichizo lui posait cette question, c'était pour savoir s'il connaissait l'autre raison.

- C'est pour faire venir les bateaux, n'est-ce pas ? répondit-il en le regardant.

Après la saison de la pêche, vient la saison des tempêtes et si les vents ne leur sont pas "favorables", ils devront bientôt vendre la fille aînée(1), enfin la plus âgée qu'il leur reste, en échange de quelques sacs de riz ...

Ainsi dans le village du jeune Isaku dont le père est parti il y a près de trois ans se vendre sur quelque chantier, il faut savoir traverser plusieurs années sans naufrage "providentiel".

Mais lors d'un hiver enfin plus propice que les autres, c'est la fête !

[...] Des petits bateaux avaient quitté la plage et se dirigeaient vers le navire échoué sur les rochers. [...] Les petites embarcations progressaient, et bientôt elles vinrent entourer le navire naufragé. On aurait dit des fourmis à l'assaut d'un scarabée.

Malheur ensuite aux rares marins survivants ...

[...] Les maquereaux ne s'étaient pas vendus, la pêche au poulpe n'avait pas beaucoup donné, et ils n'avaient pas ramassé de grandes quantités de coquillages, aussi l'arrivée providentielle du bateau mettrait-elle les villageois à l'abri du besoin pour deux ou trois ans peut-être. Ils allaient pouvoir vivre quelques temps tranquilles, et personne ne serait obligé de se vendre.

La vie des habitants du village du jeune Isaku est assurément l'une des plus dures qui soient. Mais ce qui les attend à la fin du conte sera plus sévère encore.

L'écriture d'Akira Yoshimura est sobre et sèche comme il convient à cette cruelle histoire. Au fil des saisons, il fouille sans relâche, jusqu'au coeur de ces hommes.

Cet auteur maîtrise une rare puissance d'évocation : tout au long de ces quelques pages on reste collé au rivage, les pieds dans le sable aux côtés d'Isaku et de ses compatriotes.

Une très très belle occasion de découvrir la littérature japonaise.

____________

(1) : c'est d'ailleurs une scène de ce genre qui ouvre le film Mémoires d'une Geisha.

 


Pour celles et ceux qui aiment les pêcheurs.
Babel Actes Sud édite ces 189 pages qui datent de 1982 en VO et qui sont traduites du japonais par Rose-Marie Makino-Fayolle.

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17 juin 2010 4 17 /06 /juin /2010 06:52

D'autres avis sur Critiques Libres


C'est pas l'homme qui prend la mer ...   


C'est avec Au bout du rouleau qu'O. le marin nous avait fait découvrir Joseph Conrad ce polonais né en Ukraine qui vécu à Marseille et qui écrivait en anglais.

Un homme de voyage, citoyen du monde comme tous les marins, il en était un lui-même pour s'être engagé dans la marine marchande britannique.

http://carnot69.free.fr/images/opuscules.gifRevoici cet auteur qui vécut à la charnière entre les deux siècles et qui influencera les plus grands comme Faulkner, Gide ou Malraux.

L'édition originale chez Gallimard(1) fait suivre la première nouvelle, Jeunesse, d'un second récit : Au coeur des ténèbres. Deux récits de voyage autour d'un même personnage récurrent : Marlow.

Jeunesse raconte un court périple : le premier voyage du jeune Marlow, le dernier du vieux rafiau sur lequel il a embarqué.

[...] - Oui, j'ai bourlingué pas mal dans les mers d'Extrême-Orient : mais le souvenir le plus clair que j'en ai conservé, c'est celui de mon premier voyage. Il y a de ces voyages, vous le savez vous autres, qu'on dirait faits pour illustrer la vie même, et qui peuvent servir de symbole à l'existence. On se démène, on trime, on sue sang et eau, on se tue presque, on se tue même vraiment parfois à essayer d'accomplir quelque chose, - et on n'y parvient pas. Ce n'est pas de votre faute. On ne peut tout simplement rien faire, rien de grand ni de petit, - rien au monde, - pas même épouser une vieille fille, ni conduire à son port de destination une malheureuse cargaison de six cent tonnes de charbon.

http://carnot69.free.fr/images/coeur.gifLe navire fait eau de toutes parts (on assiste à plusieurs faux départs avant qu'il soit à peu près étanche), il doit affronter tempêtes et cyclones, les équipages successifs refusent d'aller plus loin, la cargaison de charbon finit par s'enflammer, et même les rats avaient préféré débarquer avant que cette presqu'épave soit prête à larguer ses amarres !

L'arrogante et invincible jeunesse de Marlow aura-t-elle raison de l'adversité ?

[...] Je n'avais pas su jusque-là à quel point j'étais pour de bon un homme. Je me rappelle les visages tirés, les silhouettes accablées de nos deux matelots, et je me rappelle ma jeunesse, ce sentiment qui ne reviendra plus.

Si vous ne connaissez pas encore cet auteur incontournable à ranger parmi les grands classiques, n'hésitez pas un instant : cette petite nouvelle (Jeunesse) est parfaitement construite. Un point d'entrée idéal dans la langue noble et riche de ces histoires au parfum surrané d'une époque (littéraire et aventureuse) révolue.

_____________

Au coeur des ténèbres est une histoire plus complexe, plus longue et plus difficile aussi : une aventure coloniale le long du fleuve Congo. Une aventure dantesque, quelque part entre l'Aguirre d'Herzog et l'Apocalypse Now de Coppola. À la poursuite des ténèbres de l'Afrique Noire (on est en 1900 !), les ténèbres qui sont au plus profond de chacun de nous.

___________

(1) : ce n'est pas le cas en poche chez Folio où seul le premier récit (le plus "facile") est publié.


Pour celles et ceux qui aiment les portraits de marins.
Folio édite en poche les 88 pages de Jeunesse, qui datent de 1902 en VO et qui sont traduites de l'anglais par G. Jean-Aubry et André Ruyters.
Anne-Françoise parle du Coeur des ténèbres. Critiques Libres parle de Jeunesse.
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15 juin 2010 2 15 /06 /juin /2010 06:30

Yakakliker pour écouter


From Haute-Saône.

Cocorico !

Voici deux petits frenchy, deux frères venus de l'est profond (la Haute-Saône !), Bertrand et Guillaume Charret : YuLeS.

Jetez une oreille sur les quelques titres de notre playliste.

Ça date déjà de 2007, mais si comme nous, vous découvrez, nul doute que Desperation Land ou même The unconscious master feront partie des tubes qui vous accompagneront cet été sur les routes ...

[...] The fuck you spread puts you in a mess

Each word you say is a lamb to bless

You build my shell with venom and distress

I could not save you from your loneliness

Well I drove you to the end

Where the flowers grow into pain

And the mud replaces rain

Just like a Desperation Land

Like a Desperation Land

Your crap bounces off me ...

Après les frère et soeur australiens qu'on vous laissait écouter il y a quelques jours, les "fratries" sont au top cette année !


Pour celles et ceux qui aiment les balades en Haute-Saône.
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12 juin 2010 6 12 /06 /juin /2010 06:46
D'autres avis sur Critiques Libres

Le souffle des marais de Georgie.

C'est Livre Sterling(1), notre libraire préféré (un de nos rares libraires qui ne soit pas en ligne) qui mettait en avant ce bouquin, ou plutôt la nouvelle livraison de Roger Jon Ellory : Vendetta.Polar noir
Pour débuter avec cet auteur britannique de polars, on a d'abord opté pour la version poche de sa précédente traduction : Seul le silence(2).
Oubliez vite l'étiquette polar et ne retenez que celle de best-of  !Candidat au best-of 2010
Seul le silence est un GRAND roman(3).
C'est écrit par un anglais mais on jurerait du Truman Capote (à qui ce livre est dédié d'ailleurs), du Faulkner ou du Steinbeck, si, si.
On y retrouve ce souffle des grands écrivains américains, de ceux qui savent raconter une histoire. Rien de moins que l'histoire de la vie, la dure et la vraie vie.
À cette lecture on ne peut qu'évoquer ces auteurs US perdus dans les vastes étendues sauvages de l'Ouest.
Sauf que R. J. Ellory a grandi à Birmingham même si son histoire se passe dans les États du Sud, en Géorgie.
Alors tout commence dans un bled perdu, au bord du marais d'Okefenokee et de la Suwanee River.
En 1939, au moment où le Monde bascule peu à peu dans l'horreur.
Mais c'est une horreur différente que connaîtra le petit comté de Charlton, Georgie : une fillette est retrouvée assassinée. Plusieurs suivront.
On accuse bien sûr les noirs sortis de leurs champs de coton, c'est encore l'époque.
Et puis un colon allemand, ce sera l'époque aussi(4).
Mais c'est aussi un livre sur la littérature, ou plus exactement sur l'écriture, quand lire est une raison d'être et quand écrire est un besoin vital : l'histoire d'un jeune garçon qui noircit des cahiers sous l'oeil bienveillant de son institutrice.
Un jeune garçon dont l'adolescence et finalement la vie vont être façonnées par ces ignobles crimes.
[...] La cinquième victime fut la petite fille qui était assise à côté de moi dans la classe de mademoiselle Alexandra Weber. Elle était si proche que je connaissais son nom, que je savais qu'elle dessinait le chiffre 5 à l'envers. Bon sang, elle était si proche que je connaissais son odeur.
On retrouva son corps le lundi 3 août 1942.
L'essentiel de son corps, pour être précis.
Mais vous l'avez compris l'histoire policière passe au second plan(5) : ce qui intéresse Ellory c'est le parcours de son jeune héros, écrivain en herbe, meurtri par la vie et bouleversé par les morts de ces petites filles. Et c'est ce qui fait la force et l'intérêt de son roman.
Bien sûr, à la toute fin on saura derrière qui se cachait l'affreux, mais ces ultimes péripéties seront somme toute un peu convenues sinon décevantes : ce bouquin vaut essentiellement par sa longue première partie (fort heureusement, y'en a quand même pour deux bons tiers du pavé).
On l'a dit, R. J. Ellory fait partie des grands qui savent raconter une histoire. Une grande comme des petites.

[...] Un jour j'avais entendu une histoire. L'histoire d'un garçon que son père menaçait éternellement de battre. Le garçon n'était pas plus épais qu'un piquet de clôture, et il avait peur. Il ne se voyait pas faire face à une raclée si généreuse, car son père était bâti comme un arbre, le genre d'arbre qui est toujours debout après un ouragan. Alors le garçon s'était mis à courir. Chaque jour. Il allait à l'école en courant, il rentrait chez lui en courant, il faisait trois ou quatre fois en courant le tour du champ près de sa maison avant le dîner. Sa mère croyait qu'il avait perdu la tête, ses frères et soeurs le charriaient. Mais le garçon avait continuer à courir, exactement comme Red Grange lors de ses courses folles. Plus tard, le docteur avait dit qu'il avait un "coeur d'athlète", développé par ses efforts continus. Plus tard, ils avaient dit beaucoup de choses. Apparemment le coeur du garçon avait lâché. Pour ainsi dire explosé. Il s'était tué à fuir la chose qui l'effrayait. Ironique, mais vrai.
Alors si vous ne lisez qu'un seul nouvel auteur cet été, que ce soit R. J. Ellory !
________________
(1) : avenue Franklin Roosevelt à deux pas des Champs, le libraire qui, avec son étal sur le trottoir, a inventé le concept du street-blog : les bouquins sont affublés de petits billets du genre "j'engage ma réputation sur ce bouquin !" (ça, c'était le billet épinglé sur les Chaussures Italiennes, celles de Mankell ! Monsieur a le goût très sûr !)
(2) : en réalité Vendetta date de 2005 en VO et Seul le silence de 2007 - les traductions françaises sont inversées : Seul le silence en 2008 et Vendetta en 2009.
(3) : bon, MAM trouve que j'exagère un peu - un petit peu.
(4) : on découvre d'ailleurs la guerre à travers un prisme original : les exactions nazis vues d'un petit comté lointain du sud des US.
(5) : BMR s'était montré un peu réticent sur la 4° de couv, ne prisant guère les histoires d'enfants martyrisés : heureusement, Ellory ne montre aucune complaisance sur ce sujet.

Pour celles et ceux qui aiment les romans américains, même s'ils sont écrits par des anglais.
C'est Le livre de poche qui édite ces 602 pages parues en 2007 en VO et qui sont traduites de l'anglais par Fabrice Pointeau.
D'autres avis sur Critiques Libres.
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10 juin 2010 4 10 /06 /juin /2010 06:02

Yakakliker pour écouter


From Sydney.

Décidément l'année musicale est placée sous le signe de l'Australian Spirit.

Après la pop ample de Missy Higgins dont on parlait il y a seulement quelques jours, voici le folk discret mais classieux de deux jeunes kangourous : Angus et Julia Stone, frère et soeur des environs de Sydney.

Un peu comme une version down under de nos petits français de Cocoon.

Ils jouent tous les deux, chantent tantôt l'un, tantôt l'autre, trop rarement en duo.

À écouter le soir, sur le sable de la plage, fumant quelques substances devant les vagues du Pacifique(1) ...

Après Barbara Gosza, ce sera notre deuxième gros coup de coeur musical de cette année 2010.

Vous pouvez les découvrir en écoute intégrale et gratuite sur notre playliste Deezer où l'on a regroupé nos chansons préférées.

Un extrait des paroles de Just a boy :

One kiss from you and I'm drunk up on your potion.

That big old smile is all you wore.

Girl you make me want to feel,

Things I've never felt before.

Girl you make me want to feel,

Did I say I'm just a boy,

Did I say I'm just a boy,

You can hold me to that. 

_______________

(1) : ou bien, si on n'a pas tout ça sous la main, on peut aussi écouter dans son salon avec quelques Victoria Bitter à portée.


Pour celles et ceux qui aiment les duos venus de loin, très loin.
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8 juin 2010 2 08 /06 /juin /2010 06:36

LeNocher en parle


Célestin Louise, le policier poilu.   

Sympathique découverte que ce polar historique de Thierry Bourcy, que C&B nous ont prêté.

Les traîtres est la quatrième aventure de Célestin Louise, policier des Brigades du Tigre, engagé sur le front pendant la Grande Guerre de 14-18.

Tout commence dans les tranchées, dans la gadoue et le froid de l'hiver 1917, quand quelques poilus tentent d'améliorer le rata ordinaire en taquinant le goujon  ...

[...] Il avait encore neigé sur la fin de la nuit, des flocons légers que les rafales tourbillonnantes du vent d'est soulevaient en nuages blancs et qui venaient mourir au pied des arbres. À l'aube, il s'étaient cristallisés et craquaient sous les pas. Un soleil jaune pâle, rasant, illuminait tout un côté des arbres comme une immense lampe artificielle. Gabriel Fontaine soupira et remit en place son cache-nez mangé aux mites. Il préférait les ciels de nuages qui laissaient l'air plus doux, ou les matins de brume, quand l'eau du lac se devinait à peine, juste un peu plus dense et grise que le voile de brouillard. C'était ces jours-là qu'il faisait ses meilleures pêches. Trop de soleil ne valait rien. Sans compter que, si on choisissait mal son coin, on pouvait se faire aligner par un tireur d'élite d'en face. Pourtant, depuis que les deux armées avaient creusé leurs tranchées de chaque côté du lac et qu'on n'avait plus le droit, officiellement, d'y venir, le poisson s'était multiplié. Certaines fois, on eût dit que les tanches et les goujons se bousculaient pour engloutir l'hameçon. Le poisson frétillant à peine décroché et jeté dans le trou d'eau qui lui servait de seau, le poilu avait tout juste le temps de changer l'appât et de lancer sa ligne que, déjà, une autre prise faisait disparaître le petit flotteur. Fontaine faisait bien attention à remballer son attirail avant la fin de la matinée, il y avait souvent des patrouilles sur le coup de midi, et il ne tenait pas à les rencontrer. Il s'était fait prendre, une fois, il s'en était tiré en offrant sa pêche aux gars. Fontaine savait bien que c'était à tout coup prendre des risques : il ne se passait pas une semaine sans qu'un obus mal ajusté ne tombât dans le lac, ou n'explosât sur l'une des deux rives. Ce sacrifice obligé des poissons aux dieux de la guerre n'avait pas d'incidence réelle sur les pêches du soldat qui pestait quand même à chaque fois qu'il découvrait un nouveau cratère sur ce qu'il considérait désormais comme son domaine. Son lieutenant, le jeune Doussac, fermait les yeux et la section se régalait.

Ce matin-là,ce ne fut pas une nouvelle trace d'explosion qui arracha un juron au poilu. Un corps inanimé était étendu sur la berge, le visage plongé dans l'eau, les pieds pris dans les joncs. Fontaine, malgré lui, s'approcha. Le type était mort. C'était un jeune poilu dont le visage, bien que gonflé et bleui, lui était vaguement familier. Il le dégagea des hautes herbes et l'allongea sur la rive. Fontaine, qui en avait tant vu, de ces jeunes morts, repéra immédiatement sur la poitrine une tache plus sombre.

C'est donc à Célestin Louise que reviendra l'enquête sur ce corps poignardé, découvert ce matin-là par le soldat Fontaine. Le corps encombrant d'un témoin des trafics peu orthodoxes qui se déroulent autour du lac, entre les tranchées. Bien vite on devine que des armes passent d'un camp à l'autre avec la bénédiction de certains officiers qui ont trouvé là le moyen de s'enrichir, quitte à sacrifier quelques vies de plus.

L'enquête de Célestin Louise nous emmènera de tranchée en tranchée jusque chez les planqués de l'arrière, à Paris.

Malgré quelques descriptions parfois maladroites et un peu trop appliquées, voilà un petit bouquin qui se lit avec facilité et plaisir.

La dure vie des poilus qui tentent de survivre dans cette grande boucherie, soigneusement retranscrite, est bien sûr le principal intérêt de ce presque documentaire : ou comment s'accommoder de l'horreur ordinaire.

Un livre où l'on découvre comment un bombardement d'artillerie est le plus sûr moyen d'effacer les traces d'une scène de crime.


Pour celles et ceux qui aiment les poilus.
Folio policier édite ces 233 pages qui datent de 2008.

LeNocher en parle. Cathe également.

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Published by BMR & MAM - dans Bouquin
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