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7 juin 2010 1 07 /06 /juin /2010 09:06

La Scie en parle (un peu)


Je t'aime, moi non plus.   


Plusieurs semaines sans cinoche (TGV, boulot, dodo), blog au ralenti, un peu déconnectés de l'actu culturelle ... que voir ce week-end ?
Allez, ce sera Sweet Valentine, le film d'Emma Luchini, la fille de son père.
Une sorte de road-movie décalé et déjanté, à la française.
L'histoire également d'un couple impossible, façon je t'aime, moi non plus.
Côté garçon : Vincent Elbaz parfait en petit malfrat maniaco-obsessionnel, impeccable jusqu'au bout des ongles, fourvoyé dans une impasse avec un ou deux cadavres sur les bras alors qu'il doit 80.000 euros à un gang polonais.
Notre petit voyou irrascible est contrarié : il n'a pas un sou en poche, il ne parle pas polonais et il n'a même pas son permis de conduire !
Côté fille : ah, côté fille ... Vanessa David en godiche de service, teinte en blonde pour faire plus quiche ou plus kitsch, c'est comme on veut. Sauf que la blonde, elle parle polonais et elle a le permis (et une ... 4L !).
Les voilà donc on the road, partis commettre quelques extorsions de fonds pour financer l'improbable trafic polonais, à la rencontre de personnages divers complètement déjantés : un fils belge d'Ayrton Senna, un clown de cirque qui refuse de faire la parade, de gays brésiliens, ... Une galerie de seconds rôles impayables.
Mais le clou du spectacle, c'est incontestablement la fille, Vanessa David. En blonde ou en brune, elle ne compte pas pour des prunes et porte le film sur ses jolies épaules : un sourire à réchauffer un couple de pédés ou à illuminer un chapiteau de cirque moribond.
Elle prie (beaucoup), elle couche (pas mal aussi), sauf avec Vincent Elbaz qui n'en peut plus de la traîner accrochée à ses basques. Sauf qu'elle a le permis et qu'elle parle polonais, alors ...
Vanessa David traverse le film comme un ange (on a dit qu'elle priait beaucoup et qu'elle ne dédaignait pas faire le bien autour d'elle), comme l'ange gardien un peu trop collant de Vincent Elbaz qui ne sait pas comment s'en débarrasser (ou qui ne veut pas, tout le monde avait compris).
Ce couple impossible est le refrain du film jusqu'à la très belle scène finale qui ne déçoit pas !
Malheureusement ce n'est encore que le premier film d'Emma Luchini et il n'est pas exempt de défauts : ça traîne un peu. C'est monté comme un beau livre d'images (de belles images), avec de petits tableaux (de beaux tableaux avec de beaux personnages), mais ça manque de rythme filmique ou de fluidité scénaristique. Dommage.
Il reste que c'est l'occasion de découvrir Vanessa David, sans doute LA future star de notre cinéma français.
Non contente d'avoir participé à l'écriture du film aux côtés d'Emma Luchini, elle crève l'écran.
Notre coup de coeur sera donc pour elle.

Pour celles et ceux qui aiment les histoires d'amour.
Elodie en parle.
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6 juin 2010 7 06 /06 /juin /2010 09:31

Le premier chapitre, en ligne sur le site de l'éditeur


Accroché aux basques.   

Revoici Craig Johnson et ses polars du Wyoming : Le camp des morts, qui fait suite au Little Bird dont on parlait l'été passé.

Avec le même shérif des hautes plaines : Walt Longmire.

Quelque part entre les polars navajos du regretté Tony Hillerman et les pêches à la mouche de William G. Tapply (regretté lui aussi, qui vient de décéder : décidément ... souhaitons plus longue vie à Craig Johnson !).

Seraient-ce justement ces fantômes qui font de l'ombre à cette nouvelle série(1) ?

Dans le précédent billet on se plaignait (gentiment) du manque d'épaisseur du shérif du comté d'Absaroka et ce nouvel épisode nous laisse encore un petit peu sur notre faim : Craig Johnson est à deux doigts d'atteindre le sommet. À deux doigts.

On se laisse toutefois balader avec plaisir aux côtés du shérif des Hautes Plaines, même si la météo n'est guère propice puisqu'on débarque en plein hiver :

[...] Ils utilisaient du feu dans le temps.

Le vieux cow-boy voulait dire que les gars qui avaient la fantaisie de mourir pendant l’hiver au Wyoming trouvaient le repos éternel sous un mètre cinquante de terre gelée.

- Ils construisaient un feu de joie et le laissaient brûler quelques heures pour que ça dégèle, et ensuite ils creusaient la tombe.

Jules enleva le bouchon d’une flasque qu’il avait tirée de la poche poitrine de sa veste en jean, une véritable loque, et s’appuya sur sa pelle complètement pourrie. Il faisait - 2 °C, il ne portait rien d’autre que cette veste en jean et il ne frissonnait même pas ; la flasque y était probablement pour quelque chose.

La suite de ce premier chapitre sur le site de l'éditeur.

Le shérif se laisse promener dans cette histoire, semblant ne maîtriser guère plus de choses que précédemment, toujours en proie à moult difficultés avec la gent féminine (il est veuf), et se laissant porter tout comme nous, par l'intrigue du bouquin et l'humour vivifiant de Craig Johnson.

Paradoxe amusant pour les lecteurs français, il est ici question ... de basques !

Oui, car il y a même un Euskadi Hotel à Durant-Wyoming ! Qui donc savait que des basques étaient partis émigrés là-bas ?! Voilà de quoi nous intriguer.

Finalement, comme au sortir de la première enquête, les images qui subsisteront de ce bouquin, derrière le shérif à demi-effacé, seront celles des personnages habituellement dits secondaires : son adjointe Vic, leur assistante Ruby, son mentor Lucian Connally désormais à la retraite, son pote cheyenne Harry Standing Bear, et tout plein d'autres encore.

Finalement, elle est peut-être là la "touche" Craig Johnson : un flic qui ne prend pas toute la page et qui laisse de la place à d'autres personnages, de plus en plus attachants au fil des épisodes.

_____________________

(1) série publiée chez Gallmeister tout comme celle de William G. Tapply.


Pour celles et ceux qui aiment les paysages enneigés de l'ouest.
Gallmeister édite ces 311 pages qui datent de 2006 en VO et qui sont traduites de l'américain par Sophie Aslanides.

Jean-Marc en parle. Hannibal également.

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3 juin 2010 4 03 /06 /juin /2010 06:51

La Scie en parle (un peu)


Mon truc en plume.   


Après avoir lu et aimé les polars de William G. Tapply avec son pêcheur à la mouche amnésique (le pêcheur, pas la mouche), on ne pouvait que tomber en arrêt, comme le chien Ralph, devant ce titre évocateur : Brève histoire de pêche à la mouche.
Un titre tout à fait capable d'appâter le pêcheur émérite que je serai dans une vie prochaine.
D'autant que Decitre - comprenant enfin que, pour lutter contre les amazones des blogs, il faut convaincre que les libraires sont d'abord des lecteurs - y allait de son petit billet personnalisé et signé : J'ai aimé patati patata ...
Mais la comparaison avec les pêches de Stoney Calhoun s'arrête au titre évocateur.
Parce qu'on n'est ni dans le Maine, ni au rayon polars. Du tout.
À dire vrai, il a fallu feuilleter quelques pages dans la librairie pour se convaincre de la justesse et de la précision de l'écriture et contrebalancer l'effroyable "pitch de la quatrième de couv'" : trois psy prennent la route pour une partie de pêche à la mouche, le réalisme vibrant plonge le lecteur dans les eaux troubles et sombre de l'inconscient et ferre la part d'ombre qui est en chacun de nous (fin de citation).
Promis, juré, craché, dans une vie prochaine - celle après ma vie de pêcheur à la mouche - je rédigerai tout plein de quatrièmes de couv'.
Une histoire de psy écrite par Paulus Hochgatterer un ... psy autrichien, ben oui, un viennois forcément ! Une sorte de Woody Allen tyrolien. Vite, fuyons.
Non, restons ! Restons ! Car, on l'a dit, quelques pages lues de ci de là ont eu vite fait de nous harponner (ah, ah, mais c'est pas au harpon qu'on attrape les truites).
Au gré des savoureux dialogues entre les trois pêcheurs, une belle écriture fait virevolter les associations d'idées mais sans que le tyrolien ne se prenne trop au sérieux. On évite donc les effets de plume (ah, ah) qui aurait pu agacer le lecteur, comme la mouche agace le poisson.
[...] - Le nombre d'éoliennes est toujours proportionnel à celui des néonazis, dit l'Irlandais, troisième principe.
" De quoi ?" je demande.
"Qu'est-ce que tu veux dire ?"
"Troisième principe de quoi ? De la thermodynamique ?"
"Troisième principe, c'est tout."
Julian s'inquiète. " Aujourd'hui, pas de politique, s'il vous plaît."
Pour BMR qui n'a dû tenir une canne à pêche que deux ou trois fois et encore, avant l'âge de 12 ans, il est absolument fascinant de voir ces gars se prendre le chou pour des hameçons en plume : Munro killer, Red butcher, Egg-sucking leech, Streamer, Grey fox, Rusty rat, Sunray, Culs-de-canards, Nymphes scud, Adams, ...
MAM confirme deux points :
- la pêche à la mouche est une affaire de mecs
- ce bouquin est un délire masculin cérébral.
L'auteur en convient lui-même :
[...] Il me vient à l'esprit que Lea a dit une fois que, pour elle, la pêche à la mouche n'est rien d'autre que de la masturbation masculine en bande, mais je m'abstiens de parler de ça.
Outre les rares évocations d'épouses, le seul élément féminin du récit sera la rencontre d'une jeune serveuse sur la route que les trois compères emmèneront "virtuellement" avec eux .
Au plan du fantasme partagé, dirait l'un des psys.
Un livre où l'on découvre quelques trucs en plume ...

Pour celles et ceux qui aiment la pêche à la mouche.
Les éditions Quidam publient ces 111 pages qui datent de 2003 en VO et qui sont traduites de l'autrichien par Françoise Kenk.
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31 mai 2010 1 31 /05 /mai /2010 06:25

Wiki


Cauchemard colonial.   

Alors que l'actualité cinéma remet en lumière l'assassinat des moines de Tibéhirine, c'est un autre massacre, un autre monastère et une autre Histoire qu'on évoque ici avec le sarde Luciano Marrocu : en mai 1937 sur l'ordre du maréchal Graziani - le boucher de l'Éthiopie - qui vient d'échapper à un attentat, plus de 500 moines sont exécutés à Debrà Libanòs, près d'Addis-Abeba.

C'était l'époque où l'Italie fasciste et son Duce rêvaient de conquêtes et entendaient rivaliser avec les grandes puissances coloniales.

[...] - Il existe un télégramme de Graziani au ministère de l'Afrique italienne qui parle de l'exécution de deux cent quatre-vingt-seize moines et de vingt-trois laïques. En somme il y a eu un attentat et il fallait bien lui donner une réponse ... Certes, la mesure ... oui, la mesure de la réponse, on peut peut-être en discuter. D'autre part les moines de Debrà Libanòs étaient suspects de connivence dans l'attentat contre le vice-roi.

- Tous les deux cent quatre-vingt-seize et les vingt-trois laïques, cavaliere ? Tous suspects ? Une conspiration bien ramifiée, il n'y a rien à dire.

Au lendemain de ces sombres événements, l'inspecteur Serra débarque à Addis-Abeba pour enquêter sur l'assassinat d'un officier italien, Duilio Bellassai.

Vengeance de la résistance abyssine (l'officier aurait participé au massacre des moines) ?

D'un mari jaloux (l'officier était réputé pour ses conquêtes féminines) ?

Ou encore machinations politiques destinées à évincer le vice-roi Graziani ?

[...] De quelle manière la vie d'un personnage comme Bellassai pouvait servir à en comprendre la mort ? Et sur quel Bellessai avait tiré l'assassin ? Sur le Bellassai séducteur ? Sur le joueur endetté ? Sur l'organisateur d'improbables complots ? Sur le massacreur d'innocents ?

L'enquête de l'inspecteur Serra nous mène dans les coulisses de la vie coloniale italienne en Éthiopie.

[...] Quant aux visages des autres, les Abyssins, on finissait par ne plus les remarquer: "Moi je ne les vois vraiment pas, et pourtant j'en ai quatre à la maison", avait-il entendu dire par la femme d'un officier.

Avec ironie, Luciano Marrocu nous dépeint le petit monde des colonies.

Les enquêtes de l'inspecteur Serra(1), sont un peu le versant italien de celles de Bernie qu'on avait croisé avec plaisir dans la Trilogie Berlinoise.

On pourra retrouver Luciano Marrocu et son inspecteur avec un autre épisode qui vient de paraître en français : Fáulas.

__________________

(1) : l'inspecteur Serra est membre de l'OVRA (surnommée la PIOVRA), l'organisation de vigilance et de répression de l'antifascisme, une sorte de Gestapo mussolinienne.


Pour celles et ceux qui aiment les histoires avec de l'Histoire dedans.
Les lyonnais de La fosse aux ours éditent ces 155 pages qui datent de 2002 en VO et qui viennent d'être traduites de l'italien par Marc Porcu.
 

Eontos parle de Fáulas.

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27 mai 2010 4 27 /05 /mai /2010 06:53
D'autres avis sur Critiques Libres

Cold case à Stockholm.

Bulletin météo : la déferlante nordique qui envahit le rayon polars continue(1) !
Allez encore une louche de ragoût d'élan aux airelles : on en parlait il y a quelques jours seulement.
Encore un suédois : Thomas Kanger ! Polar noir
Et encore un nouveau venu en français même si la série des enquêtes d'Elina Wiik est déjà traduite dans de nombreux pays.
Et oui, comme avec Kjell Erkisson dont on parlait il y a quelques jours, il s'agit cette fois encore d'une fliquette.
Dans ce Temps du loup, Elina entend rouvrir un vieux dossier qui arrive à quelques jours seulement de la prescription. Le compte à rebours est lancé et elle part sur les traces d'une jeune femme, Ylva, retrouvée morte en pleine forêt 25 ans plus tôt (à quelques jours près donc !), à moitié bouffée par les loups, après avoir mis au monde une petite fille ...
Pendant ce temps, au fil de l'alternance des chapitres, on suit la quête d'une jeune fille de 25 ans, Kari, dont on se doute bien évidemment qu'elle est la fille d'Ylva ...
Les deux histoires se cherchent, se croisent et finiront bien sûr par se rencontrer, après quelques flash-backs dans les années 70 de la Suède ...
Un bouquin très "polar" (très enquête policière), plus que ceux auxquels nous avaient habitués jusqu'ici les auteurs nordiques.
Mais avec un personnage attachant : cette commissaire Elina Wiik qui bosse au commissariat de Västerås, dans la grande banlieue de Stockholm, ce qui nous vaut quelques pages savoureuses sur la rivalité entre "ceux" de la grande ville et les bouseux de la campagne !
Elina a une vie personnelle un peu compliquée (faut bien, pour l'histoire !) et des relations un peu agitées avec sa hiérachie, comme ici avec Jönsson, son patron de Västerås :
[...] - Je viens d'avoir un coup de fil d'un certain intendant Klinga, de Stockholm. Ça te dit quelque chose ?
Elina évita de lui répondre et prit un air innocent. Jönsson la pointait de l'index ; il bouillonnait de rage et ne parvenait plus à articuler le moindre mot. Il lui fallut plusieurs secondes pour se maîtriser.
- Ledit intendant pense que ce serait une bonne idée que toi - toi précisément - tu t'occupes d'une affaire sur le point d'être prescrite. Il dit que tu as fait preuve d'inventivité dans tes enquêtes et que tu es la personne qu'il faut. Il dit également que le directeur de la police judiciaire tient beaucoup à ce que l'on rouvre de vieux dossiers de meurtres. Cela prouverait que la police ne renonce jamais à chercher les auteurs de crimes particulièrement graves. Bref, pour Stockholm, c'est l'effet de pub qui prime. Peu importe que nous, nous n'ayons pas le temps de faire notre boulot.
- Il s'agit de quelle affaire ? demanda Elina.

- Ne fais pas l'idiote, Wiik. Tu sais très bien de quelle affaire il s'agit. C'est encore un de tes coups en douce. En somme, soit je te laisse t'occuper d'une vieille affaire qui n'est même pas de notre ressort, soit je dis au directeur de la police judiciaire d'aller se faire foutre.
Elle prit un air légèrement choqué.
Allez, vous reprendrez bien un peu de ragoût d'élan aux airelles ?
________________
(1) : il y a peu de temps, on a même vu un rayon "polars polaires" dans une librairie : on est copié !

Pour celles et ceux qui aiment les fliquettes.
C'est 10/18 qui édite ces 334 pages parues en 2004 en VO et qui sont traduites du suédois par Terje Sinding.
Paul Arre en parle. D'autres avis sur Critiques Libres.
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24 mai 2010 1 24 /05 /mai /2010 15:55

Yakakliker pour écouter


From Melbourne.

La voix de Melissa "Missy" Morrison Higgins nous vient de tout là-bas, down under, d'Australie, de Melbourne pour être précis.

Ses tubes figurent souvent dans les BO des séries télé (comme Grey's Anatomy).

Son pop-folk très ample est plutôt sympa, quelque part entre Dido et Sarah McLachlan.

Le seul bémol, mais qui n'a rien à voir avec sa musique, c'est que la dame s'est ouvertement déclarée à voile et à vapeur ... c'est un peu gâcher !http://carnot69.free.fr/images/deezer.png
Vous pouvez la découvrir en écoute intégrale et gratuite depuis notre playliste Deezer où l'on a regroupé nos chansons préférées.

Un extrait des paroles de The sound of white :

Promise to take me to before you went away

If only for a day.

If things get real for me down here,

Promise to take me back to the tune

We played before you went away.

And if I listen to, the sound of white,

Sometimes I hear your smile, and breathe your light.

Yeah if I listen to, the sound of white ...

 


Pour celles et ceux qui aiment les chanteuses venues de loin, très loin.
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21 mai 2010 5 21 /05 /mai /2010 06:39

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Il est pas beau le labo.

Malgré quelques valeurs sûres comme Jo Nesbo ou Henning Mankell (et encore, j'oublie l'islandais Indridason), on commence à être un peu écoeuré de la déferlante nordique qui envahit le rayon polars, ça frise l'indigestion de ragoût d'élan aux airelles.
Alors quoi, un de plus ?
Et bien oui, voici le suédois Kjel Eriksson ! Polar noir
Ce nouveau venu (premières traductions en 2007) vaut le détour par Uppsala, la quasi-banlieue de Stockholm(1) .
L'ambiance y est un peu moins sombre que dans la ville d'Ystad vue par Mankell.
Et puis, même si l'auteur ne prend pas de "e", le personnage central est une femme, une fliquette, Ann Lindell, dont la vie privée occupe une bonne partie du bouquin.
Ça change un peu des mecs désabusés et imbibés(2) qui hantent habituellement les commissariats de Suède (et d'ailleurs) !
Autant de bonnes raisons de se laisser emporter une nouvelle fois par une enquête scandinave de plus.
D'autant qu'avec cet épisode on a même droit en prime à une petite excursion à ... Malaga ! 
Car il est question ici d'internationalisation, de crime en col blanc, d'expérimentations pharmaceutiques louches et de transactions financières douteuses ... le crime n'a pas de frontières, en tout cas pas entre la Suède et l'Espagne.
Un polar bien mené, qui démarre sur les chapeaux de roues(3)et qui nous emmène explorer un univers un peu différent de ce que l'on a l'habitude de côtoyer.
- Vous semblez avoir dissimulé quelques millions, vous vous livrez à des expériences sur des animaux que les activistes de la défense des animaux - et quelques autres peut-être - qualifient de mauvais traitements, le patron de votre service de Recherches écrase sa femme avant de suicider, et vous trouvez étrange que les gens se posent des questions ? Qu'est-ce qui se passe, chez MedForsk, au juste ?
Le tout est plutôt de bonne facture, comme on dit. Même si, malgré l'intérêt de l'enquête au féminin, on reste encore loin de la grande littérature d'un Mankell ou de l'intimisme d'un Indridason.
Mais cela se lit sans déplaisir aucun.
Un polar situé à mi-chemin, non pas entre Uppsala et Malaga mais plutôt entre la Suède de Mankell et la Venise de Donna Leon.
Une phrase terrible clôture le bouquin :
[...] À moins que ce ne soit comme le pays du Suédois : une terre glacée et inféconde ?
Le jugement sur la Suède d'aujourd'hui, sur le monde d'aujourd'hui, est sans appel.
________________
(1) : j'espère qu'il n'y a pas beaucoup de suédois qui lisent ce blog : ce doit être le genre de raccourcis à la noix qui vous font haïr de toute une région du globe ...
(2) : quoique notre nouvelle amie Ann Lindell ne dédaigne pas un petit verre de rouge le soir après le boulot ... mais ces dames vont encore dire que c'est parce que c'est un mec qui écrit, pfff !
(3) : très mauvais jeu de mots auquel je n'ai pas pu résister : page 12, une mère et sa fille se font écrabouillées par une voiture ... ça commence fort ! 

Pour celles et ceux qui aiment les fliquettes.
C'est Babel Noir qui édite ces 420 pages parues en 2001 en VO et qui sont traduites du suédois par Philippe Bouquet.
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17 mai 2010 1 17 /05 /mai /2010 06:19

Notre site sur le Japon


  Destination Tokyo. 

http://carnot69.free.fr/images/opuscules.gifQuelle bonne (très bonne) surprise que ce petit ouvrage qu'on avait retenu dans même trop savoir de quoi il retournait, croyant peut-être à un recueil de nouvelles ?

Pas du tout : Le goût de Tokyo est un petit opuscule d'une centaine de pages à mi-chemin entre le florilège et le guide de voyages.

Une trentaine de textes très courts (2 ou 3 pages) sélectionnés et présentés avec beaucoup de justesse et de finesse par Michaël Ferrier et accompagnés d'une petite introduction et d'une courte analyse.

Michaël Ferrier a également la bonne idée d'agrémenter les textes d'adresses, de sites, de temples, ... tous lieux qui viennent judicieusement "illustrer" les propos.

Que du bonheur : plaisir de la lecture et intelligence des textes.

En fait c'est bien simple, à peine ce petit recueil refermé, on n'a qu'une seule envie : se précipiter sur un site de voyage et trouver un avion au plus tôt pour découvrir ou re-découvrir cette étrange ville qu'est Tokyo.

... et lire ou re-lire les bouquins dont sont extraits les petits textes !

On y croise les auteurs les plus célèbres et les plus divers.

Y sont épinglés, le racisme arrogant de Pierre Loti :

[...] Comme nous sommes loin de ce peuple japonais, comme nous sommes de race dissemblable !

ou encore la suffisance stéréotypée de Marguerite Yourcenar :

[...] Onze millions de robots impressionnent toujours ...

Heureusement d'autres auteurs portent des analyses plus fines sur le Japon et les Japonais en général, et Tokyo en particulier.

Chris Marker (Le dépays) :

[...] Une fois dépassées les idées reçues, une fois contournée l'idée reçue de prendre le contre-pied des idées reçues, mathématiquement les chances sont les mêmes pour tous, et que de temps gagné. Se fier aux apparences, ne jamais s'inquiéter de comprendre, être là - dasein - et tout vous sera donné par surcroît. enfin, un peu.

Nicolas Bouvier (Chronique japonaise) :

[...] Chô est un petit quartier; ki le bois ou l'arbre; et l'arbre ara est une sorte de mûrier; mais il n'y a plus de mûrier à Araki-chô.

Tournesols, bambous, glycines. Maison penchées et vermoulues. Odeurs de sciure, de thé vert, de morue. À l'aube un peu partout le chant un peu ébouriffé des coqs. Une publicité omniprésente et hideuse mariée à la plus belle écriture du monde.

Philippe Forest (Sarinagara) :

[...] Prenez n'importe quelle idée toute faite sur le Japon et retournez-la. Vous obtenez une autre idée toute faite qui n'est ni plus vraie ni plus fausse que la précédente. Tous les lieux communs ont un envers et un endroit qui se valent. Michael Ferrier

[...] Il y a cette remarque d'Hemingway dans L'Adieu aux armes, qui dit qu'on se fait toutes sortes d'idées fausses sur les Japonais, qu'en vérité ils ressemblent beaucoup aux français, que ce sont des petits hommes qui aiment avant tout rire, boire et danser.

Et bien sûr l'incontournable Roland Barthes (L'empire des signes) : à propos du système d'adresse japonais

[...] Tokyo nous redit cependant que le rationnel n'est qu'un système parmi d'autres. Pour qu'il y ait maîtrise du réel (en l'occurrence celui des adresses), il suffit qu'il y ait système, ce système fût-il apparemment illogique, inutilement compliqué, curieusement disparate : un bon bricolage peut non seulement tenir très longtemps, on le sait, mais encore il peut satisfaire des millions d'habitants, dressés d'autre part à toutes les perfections de la civilisation technicienne.

La collection du Petit Mercure semble prometteuse : ce long week-end de l'Ascension nous sommes partis au Portugal avec un autre opuscule : Le goût de Lisbonne ...


Pour celles et ceux qui aiment les voyages .
Le Petit Mercure édite ces 118 pages en poche qui datent de 2008.

D'autres titres sont disponibles dans la même collection : Lisbonne, Berlin, ...

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14 mai 2010 5 14 /05 /mai /2010 06:36

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  L'amour dans la jungle moderne. 

 Après le succès blogoplanétaire du Mec de la tombe d'à côté - qui avait même été adapté en une très agréable pièce de théâtre -, la suédoise Katarina Mazetti remet le couvert.

Avec la même recette du couple impossible : Les larmes de Tarzan.

Cette fois, Tarzan est une mère célibataire, à moitié au chômage et pas du tout épilée.

Janne est le célibataire, plus jeune et pété de thunes, il est entouré de top-modèles et roule en Lamborghini.

Mazetti nous ressert donc un plat aux saveurs connues mais malheureusement cette fois-ci la sauce a du mal à prendre.

Autant la précédente salade sucrée-salée était épicée de multiples subtilités socio-culturelles entre la souris de bibliothèque et le garçon vacher, autant cette fois-ci, la suédoise verse dans le plat de résistance socio-économique. Du solide et du sordide. Si vous ne le saviez pas, apprenez enfin que mieux vaut être riche, célibataire et sans enfant que pauvre, divorcée et affublée de deux moutards.

[...] Quand j'étais petite, on dessinait les pauvres avec des vêtements rapiécés, des morceaux de tissu rajoutés de couleurs différentes, cousus avec de gros points. On utilisait la même technique pour dessiner des trolls. Pendant longtemps, je ne faisais pas trop la différence entre les trolls et les pauvres, je savais seulement que les pauvres étaient tristes et les trolls horribles.

Aujourd'hui je sais que nous, les pauvres, nous avons pas mal de choses en commun avec les trolls. Par exemple, les gens croient que nous n'existons pas.

Oui, bien sûr, Katarina Mazetti a toujours le même humour décapant et salutaire (salutaire pour ses héros comme pour ses lecteurs) mais cela ne suffit plus à nous emballer.

D'autant qu'elle semble hésiter tout au long du livre entre le conte de fées pour adultes (c'était le cas du précédent épisode) et la chronique sociale.

Comme si un arrière-goût amer et dérangeant parfumait le fond du plat.

La dernière partie de la non-histoire d'amour entre Janne et Tarzan confirme le côté désabusé de la chronique qui, paradoxalement, en devient d'autant plus intéressante.

Les seconds rôles prennent plus d'importance (la copine de Tarzan, son ex bargeot, et même la top-modèle de Janne) et Katarina Mazetti nous brosse un portrait sans concession des relations hommes-femmes de nos sociétés modernes (et cette fois aucun exotisme suédois pour nous tenir à distance). Genre : les femmes viennent de Vénus et les hommes de Mars et chacun ferait mieux de rentrer chez soi.

Comme si, pour survivre dans notre jungle trop impitoyable, il n'existait que deux refuges : l'asile psy ou le couple. Le constat n'est pas tout à fait faux mais reste plutôt amer ...

Tarzan : [...] Ce serait si facile de me laisser couler dans tout ça. Poser le fardeau et me reposer un moment. Dix ans environ, pourquoi pas ?

Plus loin, Janne : [...] Le monde est rempli de gens qui restent ensemble pour d'autres raisons que parce qu'ils sont amoureux. On peut par exemple rester avec moi parce que j'ai une si belle voiture, tu l'as dit toi-même. Et je te promets de la changer tous les deux ans !

La suite du premier épisode est donc toujours une histoire d'humour mais plus vraiment une histoire d'amour.

Un livre qui sera plutôt réservé à ceux qui ont déjà visité la tombe d'à côté et qui veulent retourner en Suède.

Et un livre pour rappeler à ceux qui n'ont pas encore visité la tombe d'à côté qu'ils doivent se dépêcher !


Pour celles et ceux qui aiment les histoires de couples.

Babel édite en poche ces 277 pages qui datent de 2003 en VO et qui sont traduites du suédois par Lena Grumbach et Catherine Marcus.

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13 mai 2010 4 13 /05 /mai /2010 06:47

Yakakliker pour écouter


Le retour de Gaëtan.

Dans le dernier album [pas tip-top] de Vanessa Paradis se cachait une perle : Il y a ... dont on vous avait parlé en février dernier.

C'est l'occasion de re-découvrir Gaëtan Roussel (puisque la chanson de Vanessa était de lui) : le leader de Louise Attaque.

D'autant qu'il vient tout juste de sortir un album solo : Ginger.

C'est sans doute l'un des meilleurs musiciens/paroliers de la scène frenchy du moment.

Dans les années 1997-2000, son groupe Louise Attaque avait été victime de son succès et du passage en boucle sur les radios de leurs chansons très "typées", on se souvient tous du violon rageur d'Arnaud Samuel et de la voix nasillarde de Gaëtan Roussel.http://carnot69.free.fr/images/deezer.png

http://carnot69.free.fr/images/coeur.gifC'est le moment de re-découvrir tout cela : bien sûr la chanson Il y a de la belle Vanessa (un de nos coups de coeur de ce début d'année), quelques belles chansons de l'album Ginger(1), et les meilleurs  souvenirs de l'époque Louise Attaque ... une sélection en écoute intégrale depuis notre playliste Deezer.

_______________

(1) : ah, la ligne de basse de Dis moi encore que tu m'aimes ...


Pour celles et ceux qui aiment la french musik.
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On A Tout Rangé