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On A Tout Archivé

12 mai 2010 3 12 /05 /mai /2010 07:49
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En regardant infuser le maté.

Après L'autobus dont avait parlé il y a deux ans jour pour jour, voici un second livre étrange venu d'Argentine : La pièce du fond, d'Eugenia Almeida.
Comme avec l'autobus, la vie tranquille et endormie d'une petite ville de province est perturbée par un événement insolite ... les comportements routiniers vacillent, les langues se délient ...
Cette fois c'est un vieil homme, à demi SDF, qui s'installe sur un banc de la place.
Il ne dit pas un mot, n'ouvre pas le bec. À peine pour manger lorsque la petite serveuse du café lui apporte en douce le menu du jour.
Eugenia Almeida excelle à dépeindre l'immobilisme, l'attentisme, le caractère immuable des gens et des choses lorsque la vie s'est arrêtée : le village et ses habitants sont comme écrasés de chaleur et de soleil.
L'un des flics du village finit par embarquer le vagabond muet et l'envoie vers les psys de la ville ...
Son collègue trouve qu'il en a fait un peu trop et se met à la recherche du vieil homme, tout comme la petite serveuse du bar. Ils rencontreront une étrange psy. Ces trois-là vont se croiser, se rencontrer, s'éloigner, tournant autour de l'absence du vieil homme muet que l'on ne reverra plus : un seul être vous manque et cela suffit pour bousculer vos habitudes, pour remuer le fond de vos pensées.
Chacun part à la recherche de la clé qui permet d'ouvrir la pièce du fond, du fond de sa tête, la pièce aux souvenirs soigneusement enfouis sous la poussière ...
Eugenia Almeida a une belle écriture sobre et sèche, sans effets ni esbroufe. Mais c'est une écriture difficile et exigeante. On avait trouvé un peu plus facile d'embarquer dans L'autobus.
Pereyra est le flic qui a embarqué le vagabond, son collègue Friàs partira à sa recherche :
[...] - Mais pourquoi tu te casses la tête à cause de ça ?
- Parce que je veux savoir comment il va.
- Toujours pareil. Il ne parle même pas.
Pereyra se tait, pris de doute, puis demande :
- Avec toi il a parlé ?
- Ce n'est pas nécessaire.
Friàs reprend la pipette dans sa bouche pour aspirer une ultime gorgée de maté.
- Écoute vieux. Je sais que tu fais tout ça avec de bonnes intentions. Mais tu ne peux pas t'occuper de tout.
- J'aimerais bien parler avec lui, dit Friàs en passant sa main sur la table. Pour enlever la poussière du verre, en caressant ou effaçant ce qui n'y est pas.
http://carnot69.free.fr/images/eugenia almeida.jpg- Toi, alors ! Si l'autre ne répond pas, ce n'est pas une conversation.
- Tu ne comprends pas. Il me regardait. Il ne parle pas, mais il écoute. Je lui racontais des choses ... des choses de moi. Tu vas finir par piger.
- Allez, ne te fâche pas. Raconte-les moi.
- Ce n'est pas pareil.
- Trop aimable, dit Pereyra en feignant d'être vexé.
- Ce n'est pas toi qui est en cause.
Un livre où l'on découvre l'art et la manière de faire infuser le maté.

Métailié édite ces 200 pages traduites de l'espagnol par François Gaudry et qui datent de 2007 en VO.
P
our celles et ceux qui aiment quand il ne se passe rien.
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9 mai 2010 7 09 /05 /mai /2010 14:55

L'article du Monde


Lola Sepa et Lola Puring font du canot.   

Ah : Lola, voici encore un titre(1) qui, en français, pourrait en faire fuir plus d'un.

Mais les deux héroïnes de Lola n'ont rien de Lolitas : Lola signifie Mamie, Grand-Mère, en tagalog (non, je ne suis pas dyslexique : le tagalog est la langue des Philippines).

Brillante Mendoza a tourné son film à Manille en pleine saison des pluies là où les habitants de la banlieue inondée de Malabon, quartier d'Ilog, vivent les pieds dans l'eau les trois quarts de l'année(2) ...

Lola Sepa cherche de l'argent pour enterrer dignement son petit-fils, poignardé pour son portable.

Loal Puring cherche de l'argent pour sortir son petit-fils de la prison où il est incarcéré après avoir poignardé ... le petit-fils de Lola Sepa.

Leur quête mène les deux Lolas de voisin en cousin ou en bureau d'aide sociale ...rien ne les arrête, ni l'adversité, ni l'administration, ni la maladie, ni les rhumatismes, ni le vent, ni la pluie ... les Lolas des Philippines sont capables d'allumer quelques cierges en plein orage sous un vieux parapluie retourné (les premières images du film qui donnent le ton).

C'est un véritable documentaire sur la vie des petites gens de Manille(3) aux prénoms anglo-saxons ronflants.

L'argent est au coeur du film, au coeur de chaque image ou presque : les trop rares pesos passent de main en main, sans cesse ...

Trop documentaire selon MAM : manque de rythme "filmique" ...

BMR, plus contemplatif ce soir-là, s'est laissé porté au fil des canaux et des rues par cette histoire avare de mots et d'effets, ni drôle, ni vraiment triste.

Un beau livre d'images très très dépaysant, un voyage dans ce pays où chacun est plein de respect et d'attention pour les ainé(e)s et les Lolas.

Un film très féminin également où les hommes semblent au mieux partis travailler au loin et au pire guère capables de grand chose : les Lolas portent seules la charge des filles et des petits-enfants.

Quelques scènes magiques et presque surréalistes (un peu rares, il est vrai) comme la procession funéraire dans les faubourgs inondés ou encore la chasse aux canards dans les rizières ...

Et bien sûr, deux Lolas qui valent le voyage à elles seules : Lola Sepa, c'est Anita Linda et Rustica Carpio est Lola Puring.

http://carnot69.free.fr/images/lola3.jpg

___________
(1) : après La révélation par exemple.

(2) : un quartier où c'est la fête quand on peut attraper quelques poissons dans son sous-sol ... qui sait, peut-être un aperçu de ce qui nous attend après deux ou trois crises financières et réchauffements planétaires ?

(3) : le film est parait-il tourné avec les gens du cru comme figurants, jusqu'aux vrais prisonniers dans la prison ...


Pour celles et ceux qui aiment les aînées.

Le Monde en parle. Critikat aussi.

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7 mai 2010 5 07 /05 /mai /2010 06:08

Moisson Noire en parle


Je t'emmène une dernière fois dans le Maine.

Après une Dérive sanglante, on avait enchaîné avec le second volume de William G. Tapply : Casco Bay. Voici Dark Tiger, le troisième et dernier(1) épisode des aventures de Stoney Calhoun, l'apprenti détective amnésique et grand pêcheur à la mouche devant l'éternel.

Malgré l'indéniable succès des deux premiers, un troisième tome plutôt fraîchement accueilli où Stoney Calhoun renoue à contre-coeur avec son trouble passé d'amnésique et s'éloigne de la belle Kate et de son pote le shérif Dickman.

[...] Il se versa une tasse de café, qu'il prit avec lui sur la terrasse, et s'assit dans un fauteuil en bois. Ralph le suivit et se coucha près de lui.

Calhoun tendit le bras et gratta le haut du crâne de son chien.

- J'aurais préféré ne pas avoir à faire ça, dit-il.

Ralph ne répondit pas.

- Bon, il faut le faire, poursuivit Calhoun. Je suis content que tu viennes avec moi, en tout cas.

Le voilà donc parti avec son chien, Ralph, pêcher sur les rives d'un lac du nord de l'État (oui, Le Maine !).

Pêcher la truite mais aussi le vilain méchant ...

[...] Ça faisait beaucoup de cadavres et peu d'indices.

Sauf qu'il n'est pas le bienvenu dans les parages de Loon Lake ...

[...] - J'espère que vous n'avez pas l'intention de vous mettre à fouiner dans notre ville, monsieur Calhoun.

- Fouiner ? Pourquoi je ferais ça ?

Le sergent Currier eut un haussement d'épaules.

- Vous me semblez du genre fouineur.

- Sûrement pas.

- Bon, alors c'est bien, dit Currier. Je ne voudrais pas que vous vous attiriez des ennuis.

Plus polar que les deux précédents épisodes, celui-ci ne parvient pas à convaincre : est-ce parce William G. Tapplyque Stoney Calhoun accepte cette mission à reculons ? Est-ce parce que l'intrigue peine à choisir son camp ?

Dommage que la série se conclut de la sorte.

Mais que cela ne vous empêche surtout pas de découvrir les deux premiers, si ce n'est pas déjà fait : excellentissimes !

_________________

(1) : William G. Tapply est en effet décédé depuis.


Pour celles et ceux qui aiment toujours la pêche à la mouche.
Gallmeister édite ces 250 pages traduites de l'américain par François Happe.

Yann en parle, Kathel aussi.

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5 mai 2010 3 05 /05 /mai /2010 06:14

Yakakliker pour écouter


From Berlin.

Barbara Gosza est une chanteuse plutôt avare de sa voix et de sa guitare : ses précédents albums datent de 1992 et 1999 !
Heureusement, elle vient de sortir un nouveau CD en 2009 : produit en Allemagne(1) ce dernier album est un peu trop coloré «country» à notre goût (les guitares sans doute).
http://carnot69.free.fr/images/coeur.gifMais c'est l'occasion de découvrir ses précédentes productions qu'on dirait sorties hier, signe de pure qualité.
Entêtante et dépouillée, plaintive et entêtée, sa voix sonne clair, entre mélancolie et lumière et n'hésite pas à reprendre des standards de Cohen (Famous blue raincoat) ou Dylan (It's alright).
De parents tchèques, la dame a vécu à Chicago, Athènes, Paris et donc Berlin.http://carnot69.free.fr/images/deezer.png
Vous pouvez la découvrir depuis notre playliste où l'on a regroupé nos chansons préférées, piochées ici ou là dans ses trop rares albums : jetez une oreille sur Still ou Pilot's song, ça vaut le détour.
______________
(1) : Barbara Gosza est une figure de la "scène" berlinoise d'où nous était déjà venu Okou, le duo égyptien/ivoirien ...


Pour celles et ceux qui aiment les chanteuses avec voix.
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3 mai 2010 1 03 /05 /mai /2010 06:10

Wikipedia


La fiancée de Dracula.   

La Comtesse a l'annonce d'un film de vampires, la couleur rouge sang d'un film de vampires, mais ce n'est pas un film de vampires.

Julie Delpy (scénariste, réalisatrice et actrice) tire profit d'une matière riche, à mi-chemin entre vérité historique et légende.         

[Attention, on dévoile ici beaucoup de choses]

Voici l'histoire de la Comtesse Erzébet Báthory(1), noble de grande lignée hongroise, qui, après avoir perdu son mari à la guerre contre les turcs, se retrouve à la tête d'une grande fortune, d'une grande armée et d'un grand château, le château de Čachtice, aux confins de l'actuelle Slovaquie.

Une dame puissante qui était même devenue la créancière du roi ...

Mais si Nefertiti prisait gentiment les bains de lait d'ânesse, la Comtesse était malheureusement connue pour être friande de bains de sang. Le sang de jeunes vierges de préférence, c'est mieux pour rajeunir la peau et garder un teint frais, tous les magazines féminins vous le diront. Mais c'est moins drôle pour les habitant(e)s de la région.

Les plus vieux sages d'entre nous se souviennent peut-être de l'un des contes immoraux que Walerian Borowczyk avait tiré de cette histoire et dont on garde encore les images en tête.

Pour ce qui est du bain de sang, les hommes ne sont pas en reste : mais c'est officiellement organisé et ça s'appelle la guerre contre les turcs (à l'époque).

La Comtesse finira mal, emmurée vivante dans une chambre de son château, après un simulacre de procès où, sous prétexte de lui éviter le déshonneur lié à l'accusation de sorcellerie, on marchandera ses biens, sa fortune et son héritage ...

Au passage, les dettes du roi seront apurées : officiellement Erzébet Báthory aura perdu la raison ... au profit de celle de l'état.

Voilà pour le fond historique auquel Julie Delpy reste très très fidèle : le comte Thurzó, le pasteur dénonciateur, les domestiques, ... la plupart des personnages du film étaient bien là dans les années 1600.

Mais Julie Delpy ne s'est pas laissée vampirisée par le fonds documentaire même si elle se permet quelques clins d'oeil à l'imagerie du genre (miroirs, lumière du jour, ...)(2).

http://carnot69.free.fr/images/coeur.gifCe qui l'intéresse (et qui nous rend le film passionnant) c'est le portrait(3) de cette femme, noble, riche, puissante, intelligente, beaucoup trop à l'époque pour ce monde d'hommes et de guerriers. Une femme qui aurait tant voulu naître homme, donc à l'image de Dieu.

Alors elle domine son entourage, ses amants(4), ses maîtresses(5), le clergé et même les finances du roi, ce qui causera certainement sa perte.

Il n'y a qu'une chose que la belle Comtesse ne maîtrise pas : le Temps et ses effets ravageurs sur la beauté.

La Comtesse Delpy refuse de vieillir. Et la voici donc à la recherche du sang de jeunes vierges.http://carnot69.free.fr/images/lacomtesse2.jpg

Erzébet Báthory était en avance sur son temps mais refusait de le voir passer sur elle ...

Un portrait étonnant et original où peaux et visages livides sont filmés au plus près, comme si leur transparence permettait de voir au-dedans des âmes.

Un portrait où le personnage de la Comtesse nous est montré dans toute sa riche complexité : amoureuse et violente, aimable et colérique, persifleuse et angoissée, fragile et sadique, ...

On regrettera juste une mise en scène un peu académique et explicative, là où le propos eut demandé plus de fureur baroque.

Un film où l'on découvre les mille et une manières de saigner les jeunes filles.

___________
(1) : rien que le nom hongrois de cette Élizabeth a déjà un petit air de famille avec Belzébuth !

(2): intéressant d'assister à la naissance d'une légende encore étonnament vivace aujoud'hui : quelques faits sanglants et la manipulation d'état fera le reste ...

(3) : avec force référence au Portrait de Dorian Gray

(4) : lorsque le comte Dominic, adepte des relations SM, lui rend visite, c'est elle qui est du côté du manche du fouet

(5) : troublante relation saphique et diabolique avec une apprentie sorcière


Pour celles et ceux qui aiment les femmes en avance sur leur temps.

Télérama en parle (et bien pour une fois).

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1 mai 2010 6 01 /05 /mai /2010 06:52

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Lecture de printemps ... de Prague. 

On avait déjà croisé Olen Steinhauer et son héros, mi-flic mi-espion, Brano Sev au 36 Boulevard Yalta.

Au fil de ses romans, cet auteur américain qui vit en Hongrie, dessine le parcours d'un pays de l'est imaginaire, quelque part entre Tchécoslovaquie et Roumanie(1), tout au long des sombres années de la guerre froide.

Avec La variante Istanbul, nous voici dans les années 75, entre Bande à Baader et rebelles Arméniens, entre  diatribes d'Ulrike Meinhof et détournements d'avions.

Un détournement d'avion qui finit mal, très mal ...

Il faut du temps pour se laisser emporter par cette histoire compliquée où Olen Steinhaeur distille les indices et les connexions au compte-goutte.

Les personnages semblent ballottés au gré de l'Histoire et s'agitent, désordonnés, comme des pions sur un échiquier dont ils ne connaîtraient ni le dessin ni les règles, sans trop y croire, sans rien y comprendre. Un monde de fin du monde ...

Seul Brano Sev (il a pris de la bouteille depuis les premières aventures) semble connaître le sens de tout cela.

Peu à peu une vieille histoire resurgit entre les chapitres : un drame vécu en 68 pendant le Printemps de Prague quand la soldatesque du Pacte de Varsovie venait libérer les tchécoslovaques du capitalisme rampant ...

[...] Tu crois qu'un seul d'entre nous a envie d'être ici ? Tu crois qu'un seul d'entre nous est ici pour défendre le socialisme ?Le répertoire des polars

Peter leva son verre.

- À votre retour chez vous !

Au fil des chapitres les deux histoires, les deux époques vont se rejoindre et les pions vont s'aligner dans une configuration qui n'augure rien de bon pour certains d'entre eux ...

[...] Gavra avait un certain flair naturel, pour les énigmes : mais dans celle-ci rien ne cadrait. Deux meurtres dans la Capitale et un détournement d'avion qui tourne mal. Le seul rapport était une jeune femme morte dans l'avion, Zrinka Martrich, une démente victime d'hallucinations qui avait laissé un message aux terroristes alors qu'ils se trouvaient avec elle dans le terminal.

Aux échecs, La variante Istanbul (le titre en VO est Liberation movements) consiste sans doute à sacrifier une série de pions alignés pour libérer d'autres pièces ...

[...] Nous sommes parfois confrontés à des moments inexplicables de notre passé qui nous pourrissent la vie jusqu'à nous ne puissions plus fonctionner. Si nous trouvons une explication cependant ...

- J'ignorais que les officiers du Ministère faisaient dans la psychologie, camarade Sev.

Brano sourit - vraiment.

Comme précédemment Boulevard Yalta, on peine à s'accrocher aux personnages, au moins pendant la première partie de l'histoire et il faut un peu de persévérance avant d'être récompensé. Un livre pas facile réservé aux accros de l'Histoire et de la guerre froide.

Un livre où l'on découvre que le socialisme n'était pas très gay.

________________

(1) : la ville est simplement La Capitale.


Pour celles et ceux qui aiment les voies impénétrables de l'Histoire.
Folio policier édite ces 321 pages qui datent de 2006 en VO et qui sont traduites de l'américain par William Olivier Desmond.

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27 avril 2010 2 27 /04 /avril /2010 06:17

Sandra en parle


Portrait de ville. Avec habitants.   

Avec Téhéran (Tehroun  en VO), le réalisateur franco-iranien Nader Takmil Homayoun brosse le portrait de sa ville(1) avec des habitants dedans.

Beaucoup d'habitants. Plus de 13 millions. Presque autant de voitures. Une fourmilière.

Dans son film tourné en numérique et en quelques jours, sans autorisation (ou avec des autorisations obtenues sur la base d'un documentatire bidon), Nader Takmil Homayoun a choisi de suivre les traces de trois potes, mi-losers mi-traficoteurs. L'un d'eux Ibrahim fait la manche avec un bébé dans les bras, bébé qu'il a loué pour ce "job" : ça rapporte pas grand chose mais évidemment beaucoup plus que sans bébé.

Un beau jour, ils se font piquer le bébé par une prostituée qui joue les étudiantes libérées(2).

Le gars de l'agence de location (si on peut appeler ça ainsi) est furax et réclame le montant de la caution du bébé : et c'est plus cher qu'une voiture. Nos trois pieds-nickelés sont mal barrés ...

Surtout que la femme d'Ibrahim débarque, enceinte jusqu'aux yeux, de sa province natale pour retrouver son chéri qui était supposé travailler dans un magasin ...

On attendait sans doute un peu trop de ce petit film sympa mais présenté comme un polar et qui bénéficie de l'intérêt soudain des européens pour l'actualité iranienne depuis que l'Oncle Sam y prépare sa prochaine guerre.

Le rythme est plutôt contemplatif - Nader T. Homayoun filme "sa" ville(3) - et on est loin des polars trépidants auxquels nous sommes habitués. Les trois potes sont plutôt "gentils" et même l'affreux jojo qui loue le bébé se montre plutôt paternaliste.

Reste une belle histoire (mais forcément ça finit mal, quand même hein ?) joliment filmée dans une ville écrasée de chaleur où le spectateur occidental sans repères (ni socio-culturels, ni topologiques) se perd et s'égare volontiers tout comme Zahra, la femme d'Ibrahim, fraîchement arrivée de sa campagne profonde, qui arpente les rues du nord au sud pour se rendre compte un peu plus loin qu'il fallait remonter du sud au nord.

Une ville bouillonnante qui pourrait bien être le prochain volcan à perturber le trafic aérien ... Est-ce là le message de Nader T. Homayoun ?

Un film où l'on découvre différentes façon de faire la manche, y compris comment se déguiser en Gardiens de la Révolution pour aller le soir racketter les fêtes alcoolisées des bourgeois.

___________
(1) : le père de Nader Takmil Homayoun est historien spécialiste de Téhéran.

(2) : étonnant personnage à nos yeux d'européens : fantasme occidental ou iranien ?

(3) : le président iranien Mahmoud Ahmadinejad fut maire de Téhéran avant de défier l'Oncle Sam à la tête du pays.


Pour celles et ceux qui aiment les villes avec des habitants dedans.

Sandra en parle, Libé aussi.

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24 avril 2010 6 24 /04 /avril /2010 06:39

D'autres avis sur Critiques Libres


84 bis Charing Cross Road.   


Beaucoup de points communs entre Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates et 84 Charing Cross Road.

Deux romans épistolaires anglo-saxons. Deux histoires au coeur de l'après-guerre. Deux amours ouvertement déclarés pour les livres et la littérature. Deux incontournables de la blogoboule.

Le premier était une correspondance incroyable mais vraie, celui-ci a été très récemment écrit par deux américaines : Mary Ann Shaffer(1) et Annie Barrows.

Dans les deux cas, le plaisir de la lecture est total et garanti.

En 1946, l'Angleterre qui se remet difficilement des années de Blitz et du chuintement des V2, court encore après les tickets de rationnement.

Au même moment, Guernesey s'ouvre à nouveau sur le monde, après cinq années noires d'occupation, d'embargo et de famine : les îliens n'avaient pas connu pire envahisseur depuis Napoléon.

S'ensuit une correspondance littéraire entre une auteure anglaise et les membres de ce fameux Cercle littéraire des amateurs de tourte aux épluchures de patate - en temps de guerre, on fait avec ce qu'on a.

Un club créé à l'origine pour donner le change à l'occupant nazi, dont les participants lisaient ce qui leur tombait sous la main et n'avait pas encore servi à allumer la cuisinière, de Sénèque à Catulle en passant par les Soeurs Brontë ou Shakespeare, et se sont finalement laissés happés par le plaisir de lire et de parler de leurs lectures.

Peu à peu sous les anecdotes frivoles et les souvenirs amusants percent les effroyables horreurs de la guerre.

Mine de rien et l'air de ne pas y toucher, les deux américaines nous plongent au coeur de ses années noires. http://carnot69.free.fr/images/bestof.png

Dès que l'on a lu les deux ou trois premières lettres, impossible de lâcher le bouquin qui se dévore en quelques heures.

Dans la seconde partie du livre, toujours sous formes d'échanges de lettres, l'auteure anglaise débarque à Guernesey et découvre les membres du cercle avec lesquels elle correspond depuis plusieurs mois : c'est un véritable moment de bonheur, lorsque la dame descend du bateau vêtue de sa cape rouge prévue en signe de reconnaissance :

[...] Mon coeur tambourinait dans ma poitrine. J'ai essayé de me persuader que c'était à cause de la splendeur de la scène, en vain. Toutes ces personnes que j'en étais venue à connaître, et même à aimer, étaient là. Elles m'attendaient. Je ne pouvais plus me retrancher derrière une feuille de papier. Tu sais, Sydney, au cours de ces deux ou trois dernières années, je suis devenue plus douée pour écrire que pour vivre [...]. Sur le papier, je suis absolument charmante, mais c'est juste une astuce que j'ai trouvée pour me protéger. Ce n'est pas moi. Ça n'a rien à voir avec moi. Du moins, c'est ce que je pensais où la navette postale est arrivée à quai. Dans un accès de lâcheté, j'ai failli jeter ma cape rouge par-dessus bord pour passer inaperçue.

Quand nous nous sommes rangés le long de l'embarcadère, j'ai regardé les visages des personnes qui attendaient. Il était trop tard pour revenir en arrière. Je les ai reconnus d'après leurs lettres. J'ai d'abord vu Isola, avec son chapeau indescriptible et son châle violet épinglé d'une broche clinquante, regardant dans la mauvaise direction, un sourire figé sur les lèvres. Elle se tenait à côté d'un homme au visage ridé et d'un garçon long et anguleux. Eben et son petit-fils. J'ai fait signe à Eli [...].

http://carnot69.free.fr/images/MAM Jersey St Ouen Bay.JPGOn en vient presque à regretter parfois le format épistolaire tant on aimerait que cette formidable histoire prenne de l'ampleur. Et puis on se dit un peu plus loin que le changement de ton d'une lettre à l'autre permet justement au lecteur de respirer : il est quand même pas mal question des séquelles de la guerre.

L'ironie profondément humaine de ce livre nous permet de ricaner et de glousser entre deux souvenirs d'horreurs.

On avait été enchanté par quelques jours de rando le long des chemins côtiers de Jersey il y a quelques temps ... nul doute que nous irons prochainement sur l'île voisine marcher dans les traces de Juliet !

Quelques perles pêchées dans la baie de Guernesey :

[...] Ma voisine, Evangeline Smith, va accoucher de jumeaux en juin. Comme elle ne semble pas transportée de joie à cette idée, je vais lui demander de m'en donner un.

[...] Suis-je trop difficile ? Je n'ai aucune envie de me marier pour me marier. Passer le restant de mes jours avec un être à qui je n'aurais rien à dire, ou pire, avec qui je ne pourrais pas partager de silences ?

[...] Je me demande comment cet ouvrage est arrivé à Guernesey. Peut-être les livres possèdent-ils un instinct de préservation secret qui les guide jusqu'à leur lecteur idéal. Comme il serait délicieux que ce soit le cas.

[...] C'est ce que j'aime dans la lecture. Un détail minuscule attire votre attention et vous mène à un autre livre, dans lequel vous trouverez un petit passage qui vous pousse vers un troisième livre. Cela fonctionne de http://carnot69.free.fr/images/mary ann shaffer.jpgmanière géométrique, à l'infini, et c'est du plaisir pur.

[...] La tache rouge qui ressemble à du sang sur la couverture est bien du sang. Une maladresse avec mon coupe-papier.

[...] Je fréquente cette librairie depuis des années et j'y ai toujours trouvé le livre que je cherchais - et trois autres dont j'avais envie à mon insu.

[...] Lire de bons livres vous empêche d'apprécier les mauvais.

Un livre où l'on découvre quelques recettes originales ...

______________

(1) : la santé déclinante de la vieille dame l'amènera à se faire aider par Annie Barrows pour terminer le livre avant sa mort.


Pour celles et ceux qui aiment les livres et les lecteurs.
Les éditions NIL publient ces 391 pages qui datent de 2008 en VO et qui sont traduites de l'américain par Aline Azoulay.
Bien sûr tout le monde en parle : Pisi, Edelwe, Nane, Mizzenmast, ...
D'autres avis sur Critiques Libres.
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23 avril 2010 5 23 /04 /avril /2010 06:20

Le mini-site du Louvre sur l'expo, très instructif


Icône à la mode des Rous'.

Après les icônes de la mode et YSL au Petit Palais, voici la mode des icônes avec l'expo Sainte Russie au Louvre.

Une expo superbe, très fournie (trop, comme bien souvent), qui nous permet d'approcher une région, une époque et un peuple méconnus : les Rous' du Moyen-Âge.

On peut y découvrir les saints martyrs Gleb et Boris de Kiev, les rivalités entre Kiev, Novgorod et plus tard Moscou(1), les portes d'or de Souzdal et bien sûr de nombreuses icônes de Vierge à l'enfant (« Vierge de tendresse », en russe Oumiliénié ou laskaiouchaya) comme la célèbre Vierge de Vladimir.

Ces icônes épurées jusqu'à l'abstraction n'ont rien à envier aux madones de Modigliani.

La première partie de l'expo (le Moyen-Âge) est, à nos yeux profanes, la plus passionnante et mérite qu'on s'y attarde, contemplatif.

______________

http://carnot69.free.fr/images/sainte russie.jpg(1) : Métropolite et icônes déménageaient au gré des rapports de puissance, un peu comme nos papes entre Rome et Avignon ...



Pour celles et ceux qui aiment les images.

Le Monde en parle. Dépêchez-vous, c''est jusque fin mai au Louvre.

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20 avril 2010 2 20 /04 /avril /2010 06:38

Les vies publiques de Rebecca Miller sur Wiki


Histoire de femme.   


On avait été charmés par le film récent que Rebecca Miller (la fille d'Arthur) avait tiré de son propre livre : Les vies privées de Pippa Lee.
Comme il n'est pas si fréquent de voir un auteur adapter au ciné ses propres romans, on avait eu envie de lire le roman original.
http://carnot69.free.fr/images/bestof.pngVerdict : plaisir redoublé à la relecture de cette histoire, même quelques semaines seulement après le film.
L'histoire d'une femme qui arrive à la cinquantaine, femme au foyer parfaite, mariée avec Herb Lee, un successfull éditeur ... de trente ans de plus qu'elle.
À l'approche des 80 ans de son mari, ils emménagent dans une banlieue pour personnes âgées (on est aux US) qu'elle surnomme Papyland.
Les premières pages pourraient faire penser à un roman américain gnangnan décrivant avec forces détails (et beaucoup d'humour) la vie des riches.
Mais Rebecca Miller ne s'en contente pas.
Car Pippa Lee tourne en rond dans sa belle maison aux côtés de son mari vieillissant, trop vite ou pas assez, c'est selon. Elle se met à faire des crises de somnambulisme.
Et Rebecca Miller nous emmène alors à la recherche de son passé.
La mère possessive constamment speedée aux amphèt's, le père pasteur, la tante Trish lesbienne et son amie Kat fétichiste, ...
[...] Voilà ce à quoi nous n'avions pas pensé : un après-midi, tante Trish rentra du travail avec la fièvre. Elle fit tourner la clé dans la serrure, entendit Gladys Knight à fond dans sa chambre, entra en toute hâte et me trouva menottée au lit avec la jupe d'une robe à crinoline rose sur la tête, fessée par Shelly sous l'objectif de Kat qui criait « Super ! Recommence. On ne bouge plus. Génial ! Magnifique ! » Tante Trish était là, blême, tremblante et horrifiée, lorsque je me retournais et la vis. Je partis l'après-midi même, pendant que Tante Trish soignait sa grippe en dormant après avoir appelé la police et vu la femme qu'elle aimait fuir son appartement.
La rencontre avec Herb Lee (elle avait vingt ans, lui cinquante), le mariage ...
[...] Ma robe de mariée était rose très pâle. [...] J'avais l'impression d'être une novice qui prononçait ses vœux. Épouser Herb, c'était comme changer de peau, ma dernière chance d'être bonne. Je savais que si je foirais ça, je serais perdue à jamais.
La fréquentation des amis artistes de Herb ...
[...] Eh bien, ils m'incorporèrent, comme des raisins secs dans la recette d'un gâteau qui n'en exige pas mais où ils ne gâcheront rien non plus.
Ensuite jusqu'à Papyland, la boucle est bouclée.
L'écriture est fluide et agréable et Rebecca Miller parsème le parcours de Pippa Lee de petits grains de folies, des petits grains de poivre qui lui donnent moult occasions de très belles pages.
Le papillon Pipa des folles années 70 était rentré trop sagement dans son cocon : la très belle fin de l'histoire lui permettra d'éclore à nouveau.
Un très beau portrait de femme, à l'écran comme sur le papier.
Un livre qui devrait plaire au plus grand nombre et tout autant satisfaire les lecteurs exigeants.
Ceux qui étaient restés sous le charme du film peuvent se replonger confiants dans le bouquin : plaisir garanti.
Les autres ont l'occasion de se rattraper !
Quand à nous, nous voici condamnés à revoir le film qui vient de sortir en DVD !
On vous livre ici les deux pages de la rencontre de Pippa Lee avec la première femme de Herb (Pippa sera la troisième) : un court chapitre qui donne une bonne idée de l'ensemble du bouquin.
Un livre où l'on découvre qu'à cinquante ans on peut encore mettre le bazar dans la classe du cours de poterie de Madame Mankevitz.

Pour celles et ceux qui aiment les femmes.
Le Seuil édite ces 290 pages qui datent de 2007 en VO et qui sont traduites de l'anglais par Cécile Deniard.
Antigone, Cuné et Cathulu en parlent. D'autres avis sur Critiques Libres.
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Published by BMR & MAM - dans Bouquin
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