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On A Tout Archivé

15 mars 2013 5 15 /03 /mars /2013 00:00

Cliquez pour voir une planche de la BD


Bande de polars 1/3.

Que diriez-vous d'une petite série sur quelques polars en BD ?

... et qui dit polar noir, dit dessins au noir (et blanc) : voilà qui nous change des albums habituels aux belles couleurs léchées et glacées.

Passées les premières réticences, on s'y fait (sans doute l'apprentissage par les mangas !), voire on apprécie, car les dessins sont plutôt bien exécutés.

Ceux qui veulent poursuivre en noir et blanc reliront peut-être le Piège espagnol ou encore Monster et ne manqueront pas l'excellentissime Maus (mais là on sort du rayon polar).


Et on commence avec ce qui s'annonçait prometteur : des polars de Donald Westlake adaptés en bulles.

Voici donc en images, Le casse avec l'inénarrable Parker et sa bande de losers.

Le dessin de Darwyn Cook est plutôt bien vu, noir et orangé(1), aux lignes modernes et agressives, avec un petit air rétro et tout cela convient fort bien à cette histoire de casse monumental où la bande à Parker projette de braquer toute une ville, rien de moins.

Mais voilà, chacun sait (Parker le premier !) que dans les histoires de Westlake, rien ne se passe comme prévu. C'était d'ailleurs écrit dès le départ : Ce coup enfreignait trop de règles. Organisé par un amateur. Dans un cul-de-sac. Mais l'idée séduisait Parker.

L'univers de Westlake est plutôt bien rendu et tout cela se regarde et se lit sans déplaisir aucun mais malheureusement la sauce ne prend pas vraiment, l'histoire ne nous accroche pas tout à fait et finalement cet épisode (il y en a d'autres) ne nous a guère convaincu : sans doute la prose ironique de Westlake est-elle trop verbeuse pour être réduite en bulles ?

Réservé aux amateurs donc, les autres devront patienter puisqu'on a bien sûr, gardé les meilleurs pour la fin ... à suivre !

 

Cliquez sur les liens pour voir des planches de la BD : [1]

 

(1) - on peut se rappeler la Berceuse assassine autre roman noir mais dans un autre style graphique


Pour celles et ceux qui aiment les casses.

Bulles en parle.

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Published by BMR & MAM - dans BD bulles
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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 14:18

Le site de RSFNon rassurez-vous, on ne va pas transformer ce blog en tribune militante ...

... mais tout de même, il serait dommage que passe inaperçue la publication du rapport annuel de Reporters sans frontières sur les ennemis du net.

Sans surprise, les pays comme la Chine, le Vietnam, la Syrie, ... sont aux premières places.

Nouveauté cette année, RSF épingle quelques sociétés pourvoyeuses de matériels de surveillance comme Blue Coat ou encore la française Amesys (une filiale du groupe Bull qui est même actuellement accusée de complicité avec le régime lybien de Khadafi).

Avec une petite page spéciale sur notre beau pays de France qui a fait son entrée début 2012 dans la liste des "pays à surveiller" ... parce que justement ils surveillent un peu trop.

Bref, à l'heure du ouèbe, le combat contre la censure est loin d'être terminé : RSF y dédie même un site tout exprès.

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12 mars 2013 2 12 /03 /mars /2013 08:47

Critikat en parle


Si !

Chili, 1988. Sous la pression internationale, Pinochet  tente de se refaire une virginité et une légitimité en organisant au moins un semblant de processus démocratique après quinze ans de dictature.

Ce sera un réferendum (plebiscito) ... qui finira à la De Gaulle.

Pendant quelques petites semaines, l'opposition (le cartel des partis de gauche et centre-gauche) a droit à 15 minutes de télévision. La dictature au pouvoir a droit également à ces mêmes 15 minutes. Plus le reste de la journée.

Si l'on ajoute à cela les traficotages et tripatouillages auxquels on est en droit de s'attendre dans tout scrutin bien organisé ... autant dire que les partisans du No à Pinochet partent battus d'avance.

Au point que la plupart n'entendent profiter de ces 15 minutes d'antenne que comme tribune politique pour dénoncer les exactions du franquisme chilien : enlèvements, tortures, assassinats, disparitions, la liste est longue et aujourd'hui connue.

Pourtant quelques politiciens plus avisés demandent à un jeune publiciste talentueux  (une étoile montante du monde de la pub) de prendre en charge le clip de la campagne du No.

Jusqu'ici le jeune homme se tenait à distance respectueuse et craintive de la politique (son ex- est plus activiste mais se fait arrêter et castagner régulièrement). En faisant vendre des cocas et des micro-ondes, il gagne bien sa vie, roule en superbe fuego et profite du renouveau économique du Chili, réservé à l'élite embourgeoisée.

Mais qu'à cela ne tienne, quand on sait vendre du coca ou des micro-ondes, on sait certainement vendre un réferendum(1).

Et c'est parti ...

C'est parti pour un film très étonnant. Et très fort.

Des images jaunissantes, au format carré ... ça surprend un peu, ça peut même faire fuir mais on aurait bien tort car finalement cela permet un montage très habile et très fluide avec les vraies images de l'époque (dont évidemment les clips de la vraie campagne(2)). C'est du cinéma 100% réalité : on est totalement immergé dans les années 80.

La première partie du film est passionnante qui raconte la naissance de l'idée : comment va-t-on vendre ce référendum ? Alors que les partis de gauche ne voient que la tribune offerte pour pouvoir enfin dénoncer ce qui doit l'être, dire à la face du monde ce qui doit être dit : l'horreur de la dictature. Mais cela n'est pas très vendeur et aurait plutôt tendance à faire peur et même à inciter à ne pas aller voter, ne pas s'exposer.

Le film est fort et rend bien compte de la chape de plomb qui pesait sur ces années-là : entre la pression policière toujours constante et le souvenir meurtri des années les plus dures de l'oppression.

Le décalage d'ambiance entre ce quotidien sombre et inquiétant et le clip de la campagne du No (Chile ! la Alegria ya viene !) est presque palpable.

La suite est toute aussi stressante, et on a beau connaître le résultat du référendum, on ne peut s'empêcher de s'accrocher à son fauteuil et de frémir à chacune des péripéties de la campagne.

Il faut dire qu'on s'identifie facilement au jeune publiciste qui regarde tout cela d'un air un peu ahuri (la fréquentation des cocas et des micro-ondes est plus reposante) : dévalant les rues de Santiago en skate, il représente la jeune génération chilienne qui aimerait bien tourner la page d'un passé trop sombre, celle d'un présent pas encore net et penser un peu à son futur. Quitte à passer trop rapidement sous silence le noir bilan de la dictature.

Ce jeune publiciste c'est Gael García Bernal que l'on avait déjà beaucoup apprécié dans un autre rôle tout aussi ambigü à l'occasion de Même la pluie.

Entre la tension constante et les images très typées, le film de Pablo Larrain laisse une très forte impression, durable.

Un film très original dans sa forme et passionnant sur le fond.

Alors pour No, nous on dit Oui !

 

(1) - évidemment depuis, on sait que pub et politique font très bon ménage ! Séguéla et les campagnes présidentielles, c'était aussi dans les années 80

(2) - l'occasion de voir ce cher Jean-Paul II venu apporter son soutien à Pinochet (c'était l'année précédente en 1987 - mais le pape récidivera plus tard)


Pour celles et ceux qui aiment la pub, la politique et l'Histoire.

En guise d'introduction au Chili de cette période, on peut jeter un oeil sur notre billet des Évadés de Santiago.

Critikat en parle.

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Published by BMR & MAM - dans Cinoche
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10 mars 2013 7 10 /03 /mars /2013 08:27

Allo docteur ?

Tout le monde connait Martin Winckler (surtout depuis la Maladie de Sachs).
Et même si on n'est pas spécialement fans de ces sujets-là, ici, il faut bien avouer que En souvenir d'André est un excellent bouquin.
Un bon vrai roman. Avec même une intrigue un peu mystérieuse, histoire de tenir le lecteur en haleine et donc de toucher le plus grand nombre.
Bien sûr, derrière le roman se cache (à peine !) un nouveau plaidoyer de Martin Winckler pour faire évoluer la médecine et nos mentalités. Puisqu'il est ici question de la douleur et surtout de la ‘fin’, lorsqu'on a besoin de se faire assister pour passer les derniers moments avec encore un peu de dignité humaine.
Alors le médecin qui accepte d'accompagner ses patients jusqu'au bout se raconte. Et les raconte puisqu'il ne se contente pas de les accompagner : il les écoute aussi, il témoigne.
[...] Je croyais qu'André serait le seul.
Et puis l'homme au coeur brisé m'a appelé.
Après lui, j'ai pensé que c'en était fini.
J'avais tort.
Il y en a eu d'autres. Et puis d'autres encore.
Je me suis souvent demandé comment ils s'étaient passé le mot.
Mais on aurait bien tort de réduire ce bouquin au seul message éthico-médical.
C'est bien un roman (et c'est toute sa force de persuasion) sur l'humanité des malades et de quelques médecins.
Un roman sur leur parole.

Pour celles et ceux qui aiment les bons docteurs.
Les P.O.L. publient ces 197 pages qui datent de 2012.
D'autres avis sur Babelio .
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7 mars 2013 4 07 /03 /mars /2013 07:59

Le Monde en parle


Le président en campagne.

Après Lincoln, suite de la série sur les présidents US (même si le cinéaste Roger Michell est anglais).

Mais les avis sont partagés sur le Week-end royal organisé par Bill Murray.

MAM s'y est plutôt ennuyée.

BMR s'est laissé porter par l'ambiance champêtre.

Officiellement (c'est le cas de le dire) il s'agit de la rencontre entre le roi George VI, le king anglais (celui du mémorable Discours) et Franklin Delano Roosevelt, le président US.

Accessoirement, la première visite d'un monarque anglais sur le nouveau monde.

Accessoirement, le week-end qui changera la face du vieux monde puisque c'est (en principe) cette rencontre qui permettra l'intervention US(1) dans la seconde guerre mondiale.

Officieusement c'est l'histoire de ces gens hors du commun des mortels (le roi, le président) accablés d'une charge trop lourde, soumis à haute pression.

Pour échapper à tout cela, l'un bégaie, l'autre court les jupons et se prépare des cocktails.

Et comme pour les rendre encore plus humains malgré les costumes qu'ils ont dû endosser, l'un est affligé d'une redoutable infirmité d'élocution (putain de bégaiement) et l'autre ... putain de polio.

Voilà pour le cadre historique et le message. Mais c'est tout, car le film se déroule entièrement dans la résidence d'été de Roosevelt et l'on y parle plus de vaisselle, de toilettes (dans tous les sens du terme) et de cuisine ou de coucheries que de politique.

Bref, l'Histoire par le tout petit bout de la lorgnette.

Alors il faut effectivement se laisser porter par le rythme nonchalant de ce week-end champêtre. Et c'est possible grâce à la performance de Bill Murray(2) qui réussit à incarner un Roosevelt pince-fesses et pince sans rire, qui finira même par réussir à décoincer le Prince Albert qui semblait arrivé jusqu'à lui avec un balai dans ...

Les dialogues entre les deux grands sont pleins de sel.

Ainsi sera scellé l'avenir des deux nations (et le nôtre aussi donc).

  

(1) - des US qui peinaient encore à se relever de la Grande Dépression et qui vont bientôt redécouvrir les bienfaits de l'économie de guerre

(2) - évidemment après Colin Firth, Samuel West qui incarne le roi George VI a la partie moins facile


Pour celles et ceux qui aiment les petites histoires avec un peu d'Histoire dedans.

Le Monde en parle.

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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 08:17

Critikat en parle


Les olives ont du mal à passer.

Encore une petite déception que ce Zaytoun : on espérait un peu mieux de cette cavalcade entre un jeune garçon palestinien et un pilote de l'aviation israélienne.

Le jeune palestinien (Fahed) vit ou plutôt survit dans le camp libanais de Chatila.

Le pilote israélien (Yoni) est abattu au-dessus du Liban et cherche à regagner sa base.

Fahed aussi aimerait bien rentrer chez lui, en Palestine occupée, dans son village où il n'est pas né mais dont son père et son grand-père lui ont rebattu les oreilles ... et où il voudrait bien replanter l'olivier (zaytoun en VO) que son père entretenait religieusement.

Alors Fahed et Yoni font la paire et se font la malle, au prix de quelques invraisemblances rocambolesques(1).

Mais la sauce kebab, même aux olives, ne prend pas(2).

Stephen Dorff sait très bien faire le regard étonné mais le fantôme de Sofia Coppola plane somewhere sur son jeu ectoplasmique. Le jeune Abdallah El Akal sait très bien faire le regard buté comme il sied à un mauvais garçon mais qui a bon coeur.

Mais las, le jeune Fahed n'a pas le charme lumineux que Elle Fanning avait dû déployer pour illuminer le film déjà cité, et le spectateur a bien du mal à ne pas faire le regard ennuyé, voire rancunier car on finit par en vouloir à l'israélien Eran Riklis d'avoir gâché cette belle histoire.

Alors ?

Alors on peut quand même aller voir ce petit film, ne serait-ce que pour la première partie qui décrit de façon très réaliste la vie survie des ces palestiniens apatrides dans un Liban déchiré.

Fahed est bien vite orphelin - comme tout bon jeune palestinien qui se respecte - et se débrouille vaille que vaille dans les ruelles post-apocalyptiques de Beyrouth, en tentant d'échapper tantôt aux balles des phalangistes (rappelez-vous), tantôt aux recrutements forcés des milices palestiniennes tout en regardant passer les F16 dans le ciel bleu.

Les généraux de Tsahal seraient bien inspirés de jeter un oeil sur ces images : quand on voit ces palestiniens obnubilés par le retour sur leurs terres, qui enterrent leurs martyrs et embrigadent leurs jeunes, génération après génération, on se dit que les israéliens ne gagneront jamais cette guerre larvée contre un peuple qui a déjà tout perdu.

Mais sans doute que ce conflit n'est fait ni pour être gagné, ni pour être perdu, juste pour durer.

  

(1) - comme la débauche de moyens déployés par l'ONU pour rapatrier le garçon  !

(2) - hey BMR, c'était hier qu'il fallait publier ce billet, le 5 mars ! pfff....


Pour celles et ceux qui aiment les oliviers.

Critikat en parle et pour une fois on est malheureusement d'accord.

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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 07:57

Cluny en parle


Je te tiens, tu me tiens, ...

Petite déception (légère) que ce Möbius dont la bande (ah, ah) - annonce semblait prometteuse.

Depuis Les patriotes, on sait que Eric Rochant aime les histoires d'espionnage où l'on ne sait plus qui manipule qui.

Et dans ce registre, Möbius va très loin si l'on en croit les commentaires désorientés des spectateurs à la sortie de la salle qui, tout comme MAM, n'ont fait absolument aucun effort pour tenter de saisir quelques brins de l'intrigue compliquée tissée dans le film [ceux qui ne craignent pas les saveurs un peu éventées, peuvent saisir quelques clés dans un commentaire posté discrètement sous ce billet].

Alors ?

Alors on peut quand même aller voir ce film :

Pour (c'était gagné d'avance) Cécile de France de Belgique dont les yeux illuminent le ciel monégasque.

Pour la première partie qui plante le décor, les personnages, les fils des marionnettes, l'intrigue politico-financière, et où l'on se dit que peu à peu, on va comprendre (on l'a vu, MAM sera déçue).

Pour la combinaison d'histoires récentes (la disgrâce de l'oligarque Berezovsky, l'empoisonnement de Litvinenko, ...) sans compter les références à la crise économique, depuis les frères Lehman(1) jusqu'à la débâcle espagnole.

Pour se convaincre une bonne fois pour toutes que Dujardin ferait bien de rester à cultiver le sien et que, même affublé d'une barbe de trois jours(2), il est bien aussi insipide que BMR le disait.

Pour les deux ou trois brins d'humour dispensés au début du film, lorsque l'équipe en planque prend au second degré les consignes idiotes qui lui sont balancées comme "gardez vos distances" ! Et pour la petite coquetterie du dialoguiste lorsque, quelques instants après, la deuxième consigne idiote est assénée : "restez vigilants" et puis un blanc ... le spectateur qui a donc juste le temps de se dire in petto, ben celle-là c'est comme l'autre hein ? ! et yes ! l'acteur à l'écran qui rebondit(3).

Bref, une belle histoire d'amour cachée dans un pas très bon film d'espionnage.

  

(1) - assurément Cécile de France est bien responsable de cette faillite mémorable : si elle est passée dans leurs bureaux, sûr que les traders ont dû quitter leurs écrans des yeux un peu trop longtemps

(2) - on n'ose imaginer ce qu'a coûté la prod du film quand, chaque fois à partir du quatrième jour, il fallait attendre que la barbe repousse avant de reprendre le tournage !

(3) - malheureusement ce sera tout, le dialoguiste facétieux en aura sans doute eu marre d'attendre encore trois jours que la barbe de Dujardin repousse et aura flanqué sa dém'


Pour celles et ceux qui aiment Cécile de France ou de Belgique.

Cluny en parle, Filmosphère aussi.

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26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 08:06
Yakakliker pour écouter

Born néo.

Il est des rencontres improbables : qui donc aurait imaginé prêter l'oreille à une chanteuse venue de ... Malaisie ?
Izyan Alirahman alias Kokokaina ou Zee Avi est née à Bornéo en 1986.
Elle vit à Londres et fut repérée par des chansons postées sur le ouèbe.
Depuis c'est le succès.
On aime beaucoup 31 days in June ou encore Honey bee qu'on vous laisse découvrir ici.

Pour celles et ceux qui aiment l'exotisme musical.
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22 février 2013 5 22 /02 /février /2013 08:54

Nature writing.

Belle découverte que cet auteur américain Ron Rash, qui pose Un pied au paradis.
Et comme il s'agit de son premier roman(1), ça nous promet quelques heures de bonheur à venir.
Ron Rash écrit sur les terres sauvages de l'Amérique et il aurait tout à fait sa place chez un éditeur comme Gallmeister aux côtés de William G. Tapply ou Craig Johnson, parmi les auteurs de nature writing.
Alors comme c'est disponible en poche, faut surtout pas se priver !
Polar noirUn pied au paradis nous emmène en Caroline du sud, aux débuts des années 50, lorsque les soldats à peine démobilisés reprenaient leurs cultures ...
Nous voici donc sur les terres cherokee, des terres qu'une compagnie électrique va bientôt inonder : chronique d'une fin annoncée, façon déluge et trompettes du jugement dernier.
La montée des eaux est propice au pardon et à l'oubli ...
Sauf qu'il y a des choses qu'on a bien du mal à oublier.
http://carnot69.free.fr/images/coeur.gifEt c'est un peu la mémoire des uns puis des autres qui remonte à la surface puisque le roman se construit à cinq voix, chacun donnant sa version et un peu plus de vérité à chaque tour de piste : ça commence par presque la fin avec la voix du shérif qui cherche un disparu, renifle un meurtre, soupçonne un assassin mais ne trouve pas de cadavre ...
Ensuite ce sera la voix de la femme, puis celle du mari, puis [chut] ...
[...] La veuve Glendower s'était déjà bien éloignée quand elle s'est retournée.
- J'espère que tu l'as tué, elle a dit.
Ou du moins c'est ce que j'ai cru avoir entendu. Je suis resté à la regarder fixement, la main droite serrée sur le fusil. Et puis j'ai fait deux pas dans sa direction.
- Comment que vous avez dit ? j'ai demandé.
Ma voix n'avait pas plus de force qu'une ombre. Mon corps non plus. Le fusil me paraissait un soc pesant dans ma main.
- Ce serpent, a dit la veuve Glendower. J'espère que tu vas l'tuer.
Elle a tourné les talons et repris sa marche.
Tout au long du récit, alors qu'on s'enfonce dans les mémoires, dans les vies et l'histoire de ces fermiers des terres du sud, la montée annoncée des eaux du barrage résonne comme le refrain d'un choeur antique.
[...] Tu peux pas laisser ce lac recouvrir les ossements [...], a-t-elle dit, d'une voix tremblante maintenant. Les morts sont pas en paix tant qu'y sont pas enterrés comme y faut.
Alors il faudra bien que les derniers fragments de mémoire remontent à la surface ...
La vallée de Jocassee tire son nom cherokee d'une légende : la vallée de la princesse disparue ... Une vallée des disparus qui finira elle-même par disparaître.
Certes il y a meurtre et assassin mais l'étiquette polar serait quelque peu réductrice pour ce roman remarquablement construit, avec une écriture forte et droite. Un très bon moment de lecture.
Vivement le prochain bouquin de Ron Rash : plusieurs ont déjà été traduits.
  
(1) - un premier roman qui date de 2002 en VO et 2009 en VF

Pour celles et ceux qui aiment les drames champêtres.
Le livre de poche publie ces 316 pages qui datent de 2002 en VO et qui sont (visiblement très bien) traduites de l'américain par Isabelle Reinharez.
D'autres avis sur Babelio et chez Passion Polar ou Kathel.

Si vous aimez le nature writing, partez aussi :

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20 février 2013 3 20 /02 /février /2013 08:11

Critikat en parle


Dernier hiver à Tanger.

Décidément, la semaine fut riche en petits films coup de coeur : après Hitchcock et Wadjda, voici Goodbye Morocco du cinéaste franco-algérien(1) Nadir Moknèche.

Ce film - qui tient les promesses de sa bande-annonce - est porté par la très remarquable et emblématique Lubna Azabal, actrice belge d'origine hispano-marocaine, qui nous avait déjà scotchés au fauteuil dans le terrible Incendies.

Cette fois-ci, elle compose un beau portrait de femme à la Almodovar (auquel N. Moknèche dédie plusieurs allusions).

Le film de Nadir Moknèche peut, et c'est à son avantage, être regardé comme un polar : beaucoup de scènes sont montées comme les films noirs du siècle dernier avec le cadavre dans le coffre de la bagnole, la femme fatale capable de faire tourner la tête aux hommes, des hommes prêts à commettre les pires bêtises, sachant très bien où elles vont les mener, où Elle va les mener.

L'autre intérêt de ce film, c'est qu'il nous prend systématiquement à contre-pied : Moknèche nous met en scène un Maroc gris, venté et boueux, une ‘héroïne’ qui exploite sans états d'âme des travailleurs noirs sans papiers(2), un cinéphile amateur de jeunes mâles(3), une bande de fricoteurs qui s'entendent pour barboter des oeuvres archéologiques et un port de Tanger propice aux trafics en tous genres qui manifestement n'a rien d'une station balnéaire.

Bref, un Maroc que tout le monde essaie de fuir, depuis ces travailleurs blacks sans papier qui bossent (ou pire) pour amasser le petit pécule qui leur permettra la traversée, jusqu'à la belle Lubna Azabal qui manigance le kidnapping de son fils pour échapper à son riche et influent ex-mari. Personne n'a donc le beau rôle, même pas Tanger ou le Maroc.

Le film est habilement monté par flash-backs successifs qui nous baladent entre les quelques jours, ou plutôt les quelques nuits, qui ont vu le drame se nouer et cette superposition de temps s'ajoute aux différentes couches narratives : le chantier et le trafic archéologique, la mère et l'enlèvement de l'enfant, le cinéphile amateur de jeunes blacks, le triangle amoureux avec la femme, le chauffeur marocain(4) et l'amant serbo-croate, le drame meurtrier de la nuit fatale, ... peu à peu, on entre dans la complexité de toute cette histoire et on se laisse prendre par la spirale infernale, sachant que tout cela ne peut évidemment que mal finir évidemment, sachant que tout cela a évidemment déjà mal fini.

Avec le savant équilibre de tous ces niveaux de lecture, Nadir Moknèche nous compose une belle surprise cinéma.

Petit clin d'oeil à nos ami(e)s lyonnais(es) : le musée de Tanger du film n'est autre que le musée gallo-romain de Fourvière.

  

(1) - le cinéaste est interdit de caméra en Algérie et filme donc en France ou au Maroc

(2) - on est toujours l'arabe de quelqu'un d'autre ...

(3) - on retrouve avec plaisir Grégory Gadebois, le pêcheur d'Angèle et Tony

(4) - mention spéciale pour Faouzi Bensaïdi dans le rôle d'Ali


Pour celles et ceux qui aiment les vacances au Maroc.

Critikat en parle.

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On A Tout Rangé