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On A Tout Archivé

16 avril 2010 5 16 /04 /avril /2010 17:37

Le site officiel


Bagdad dans la peau.   

Depuis le Vietnam on sait que les américains commencent par faire la guerre. D'abord.

Et qu'ensuite, ils se mettent à faire des films et à réfléchir. Après(1).

L'Irak n'échappe donc pas à la règle et le film de Peter Greengrass, Green Zone, va nous apporter la démonstration de ce que l'on sait déjà, à savoir qu'il n'y avait pas d'armes de destruction massive à Bagdad. Seul Tony Blair y avait vraiment cru.

Mais résumer ainsi le film serait faire injure à Peter Greengrass qui nous avait déjà donné - outre quelques Jasonbourneries - l'époustouflant Vol 93(2).

Ça démarre à 100 à l'heure et ça ne faiblira pas de tout le film. 100% stress ! Tout comme dans le film britannique Battle for Haditha(3).

Le commandant Miller (deux indices : il a les yeux bleus et il est sur l'affiche !) conduit une équipe de GI-Joe chargée de démanteler les sites irakiens où sont entreposées les fameuses armes de destruction massives (Weapons of Mass Destruction en VO).

Sauf que les sites visités à grands frais et à grands risques sont vides de chez vides et que s'y accumulent les crottes de pigeon ... Ça sent l'arnaque, se dit Chief Miller ...

Notre chief Miller va donc s'acoquiner avec la CIA (pour une fois elle a le beau rôle, les temps changent !) contre les bureaucrates du Département d'État de Washington, pour démonter, non pas les sites WMD irakiens, mais la machiavélique supercherie qui aura fourni le casus belli à ceux qui l'attendaient (les américains n'en n'avaient pas vraiment besoin, c'était surtout pour Tony Blair ...).

On l'a dit c'est 100% stress : film de guerre haletant avec ces GI's empêtrés dans la foule, guettant les snipers à chaque coin de rue, thriller survolté avec cette course poursuite aux infos et aux indics ...

Et s'il n'y a pas d'armes absolues à Bagdad, le mélange est pourtant explosif : mercenaires des forces spéciales, ex-généraux baassistes en mal de reconversion, journaliste manipulée pour répandre les fausses infos(4), dissensions entre chiites, sunnites et kurdes, machinations, espionnage et désinformation, ... la tension et l'intérêt ne faiblissent pas même si, comme trop souvent, la course-poursuite finale s'étire un peu en longueur.

Matt Damon est (oui, mesdames !) impeccable en bon soldat solide et appliqué, voire buté.

À noter aussi la prestation enfiévrée de l'anglo-égyptien Khalid Abdalla, l'indic-interprète du Chief Miller.

Le film se termine de manière elliptique sur une image des réservoirs de pétrole irakien : le mot-clé n'aura pourtant pas été prononcé de tout le film ! 

Bien sûr on peut lire ici ou qu'Hollywood récupère à bon compte les mauvaises raisons de cette sale guerre mais reconnaissons à Peter Greengrass (outre les indiscutables qualités de son cinéma) le courage de mettre tout cela sur la place publique (et pour le plus grand public qui plus est).

D'ailleurs, la rediffusion au mess des officiels de l'allocution de George W. Bush (The United States and our allies have prevailed !) est, ainsi replacée dans le contexte du film, hallucinante !

De plus, il n'est pas tout à fait innocent de reparler de cela sept ans après les faits, alors que la Green Zone(5) est peut-être toujours la seule zone sécurisée d'un Irak chaotique et que les GI's américains sont en train de se re-déployer ... en Afghanistan.

Je ne sais plus trop quel est le pays qui se situe entre l'Irak et l'Afghanistan, mais je suis sûr qu'on m'a dit que des armes nucléaires étaient cachées en Iran : Peter Greengrass va bientôt pouvoir reprendre sa caméra sur l'épaule.

Un film où l'on découvre qu'il ne faut pas croire tout ce qu'on lit dans les journaux, même si on peut y lire cet instructif et ahurissant article du New-York Times paru la semaine dernière et repris par Courrier International.

___________
(1) : bon d'accord, sont p't-être pas les seuls à procéder dans cet ordre ...

(2) : ce fameux Vol 93 figurait à notre best-of 2006 et Green Zone pourrait bien monter sur le podium 2010 !

(3) : ce n'est peut-être pas un hasard si notre billet de 2008 sur Battle for Haditah, de l'anglais Nick Broomfield, citait déjà Vol 93 !

(4) : le seul élément "histoire vraie" du film : Judith Miller du New-York Times

(5) : la Green Zone était la zone de Bagdad sécurisée par (et pour) les américains avec piscines et hôtels pour bureaucrates, journalistes, et mercenaires en repos.


Pour celles et ceux qui aiment les montées d'adrénaline.
Pascale en parle, Le MondeTheatrum Belli et Critikat aussi.

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15 avril 2010 4 15 /04 /avril /2010 06:52

Notre playlist sur Deezer


Deux Joshua pour le prix d'un.

Il y a quelque temps on mettait en ligne deux américaines qui partageaient la même origine coréenne.Notre playlist sur Deezer
On récidive avec cette fois deux autres garçons qui, outre le même style de musique, partagent cette fois le même prénom : Joshua James et Joshua Radin.
Joshua James nous vient du fin fond de l'Utah et Joshua Radin de l'Ohio, et tous deux chantent un doux folk qui repose presqu'entièrement sur leurs très belles voix.

http://carnot69.free.fr/images/coeur.gifJoshua James est un de nos coups de coeur de ce début d'année, qui nous rappelle un peu Ray LaMontagne.
Joshua Radin propose un folk plus "lisse", façon Simon & Garfunkel et il a chanté à plusieurs reprises avec ... la coréenne Priscilla Ahn, la boucle est bouclée !

http://carnot69.free.fr/images/deezer.pngVous pouvez écouter ces messieurs en version intégrale
depuis notre playliste Deezer.




Pour celles et ceux qui aiment les voix de l'ouest.
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13 avril 2010 2 13 /04 /avril /2010 06:22

Le site de l'expo


Dress code : smoking de rigueur.

Le Petit Palais accueille l'exposition rétrospective de plus de 300 créations d'Yves Saint-Laurent. http://carnot69.free.fr/images/etoile.gifhttp://carnot69.free.fr/images/etoile.gifhttp://carnot69.free.fr/images/etoile.gif

Mieux qu'un samedi après-midi de boutiques et de lèche-vitrines, mieux qu'une première journée de soldes, c'est cinquante ans de notre histoire culturelle qu'on parcourt ainsi dans un grand espace particulièrement bien agencé où les oeuvres de l'artiste(1) sont superbement bien mises en valeur. 

Dans les salles hautes de plafond, on déambule comme dans une église, vouée aux dieux de la mode, les icônes sont là, les vitraux aussi.

Le Petit Prince de la mode(2) maniait les ciseaux comme d'autres le pinceau et on est convaincu d'admirer ici des tableaux et des peintures et pas uniquement devant les robes Matisse, Braque ou Mondrian.

Les modèles des années 60 ont des lignes si simples, si pures, qu'on les enfilerait sans sourciller aujourd'hui.

Au fil des allées on ne croise pourtant que de simples mannequins de plastique blanc mais l'habit suffit à faire le moine et la robe, la femme car, en sortant du Palais, on est persuadé d'y avoir rencontré les plus belles femmes de Paris.

Dans la dernière salle, magnifique salle de bal, définitivement gagné par le charme des créations de l'artiste, on se surprend à faire tapisserie sur la banquette en souhaitant y flâner des heures, regrettant seulement que ne passe un serveur et son plateau de coupes ...

Ne manquez pas cette expo, originale, bien conçue, qui nous fait re-découvrir un monde que l'on croyait connaître.

MAM et ses copines(3) étaient évidemment aux anges et même BMR fut conquis, c'est dire !http://carnot69.free.fr/images/ysl.jpg

______________

(1) : fausse modestie ou vraie sincérité, YSL se défendait d'être un artiste, plutôt un artisan, mais son inspiration se nourrissait précisément de celles des cinéastes ou des artistes de son temps comme en témoignent la robe Mondrian, les robes Braque ou Matisse, ...

(2) : s'il te plaît, dessine-moi une femme ...

(3) : commentaire de Claire (j'avais dit que le mettrai, je le mets) : "et y'en a plein des qui sont pas moches" - fin de citation.


Pour celles qui aiment les chiffons et ceux qui aiment celles qui aiment les chiffons.

C'est jusque fin août au Petit Palais. Le smoking n'est pas obligatoire mais le billet coupe-file, lui, si !

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11 avril 2010 7 11 /04 /avril /2010 06:48

Yakakliker pour écouter


Swedish whispers.

Il y a peu, nous avions regroupé plusieurs suédoises sur un petit billet hivernal.
Bien sûr, Sophie Edkvist Zelmani, que l'on avait découverte il y a presque deux ans, y figurait en bonne place.
Mais voilà-t-y pas que cette douce voix au patronyme chaleureux, vient tout juste de nous livrer un nouvel album : I'm the rain.
Vous pouvez l'écouter depuis notre playliste Deezer, en version intégrale.
Certes Sophie Zelmani se renouvelle peu et à la longue les doux chuchotements de la belle suédoise deviennent un peu répétitifs mais le piano vient rafraîchir tout cela et on aime bien If I could, You can always long for May, et d'autres qu'on vous a mis en tête de la playliste.


Pour celles et ceux qui aiment les voix chaudes venues du froid.
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9 avril 2010 5 09 /04 /avril /2010 06:32
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Comment franchir le pas de vie à trépas.

On avait été un peu déçus par L'hiver arctique, le précédent polar de notre islandais préféré, Arnaldur Indridason, qui s'aventurait avec plus ou moins de bonheur dans l'analyse socio-politique de l'immigration en Islande(1).
Fort heureusement, avec Hypothermie, Indridason renoue avec les fondamentaux !Polar noir
C'est sans doute le roman où l'on se sent au plus près et au plus intime de son fameux commissaire Erlendur.
Ses habituels acolytes (Sigurdur Oli et Elinborg) ne font d'ailleurs que passer et il n'y a, officiellement, ni enquête policière, ni même de meurtre (il s'agit d'un suicide).
C'est dire si dans ce nouveau roman, Indridason laisse libre cours à ses obsessions erlenduriennes les plus divagantes.
Depuis la désormais bien connue disparition de son frère, le commissaire Erlendur est toujours taraudé par ces coutumières et toujours inexplicables disparitions sur cette petite île islandaise.
Et le voici de plus confronté à un suicide étrange.
On peut s'évanouir dans la nature ou ... pour de bon, et dans les deux cas : disparition, hypothermie et lacs gelés ...
[...] - Je suppose que c'est un peu comme si on se retrouvait pris dans le blizzard. Le froid ralentit graduellement le métabolisme, on commence par s'endormir, puis on tombe dans le coma, le coeur s'arrête et on meurt.
- N'est-ce pas exactement ce qui se produit quand les gens se perdent dans la nature ? demanda Erlendur.
- Oui, effectivement.

Il faut donc accepter une fois de plus de se laisser porter par le cours chaotique des pensées et des investigations du sombre et tourmenté commissaire qui lentement mais obstinément, dénouera les liens qui mêlent les intrigues, histoire de retrouver un peu de paix intérieure ... avant le prochain épisode.
Comme on l'a dit, on entre encore un peu plus de la vie privée du commissaire, qu'il s'agisse de sa fille Eva Lind (presque assagie en ce moment !), de son ancienne femme (toujours aussi vindicative) ou de sa récente amie Valgerdur qui, disons-le tout net, doit être une sainte pour arriver à supporter l'irrécupérable bonhomme, jugez-en :
[...] Erlendur se tut.
- Et tous ces jours de congés, tu ne veux pas les prendre ? demanda Valgerdur.
- Je devrais en utiliser quelques uns.
- Et tu penses en faire quoi ?
- Je pourrais essayer de me perdre le temps de quelques jours.
- De te perdre ? s'étonna Valgerdur. Je pensais plutôt aux îles Canaries ou à ce genre de choses.
- Oui, je ne connais pas tout ça.
- Dis-moi, as-tu jamais quiité l'Islande ? Tu n'es jamais parti en voyage à l'étranger ?
- Non.
- Mais tu en as envie ?
- Pas spécialement.
(2)
- La Tour Eiffel, Big Ben, le State Building, le Vatican, les pyramides, ... ?
- J'ai parfois eu envie de voir la cathédrale de Cologne.(3)
- Dans ce cas pourquoi tu n'y va pas ?
- Ça ne m'intéresse pas plus que ça.
(4)
Mais toutes et tous, même sa bonne et patiente amie Valgerdur, ne font que passer : Erlendur, livré ici à lui-même et à force de fréquenter les fantômes des disparus, semble n'avoir jamais été aussi près de rejoindre son frère disparu quand ils étaient tous deux enfants.
Seule sa fille Eva Lind reste encore le seul fil qui le rattache au monde des présents.
Ce n'est sans doute pas le meilleur roman d'Indridason, ni certainement le plus facile d'accès (MAM a moins aimé d'ailleurs) : pour une première découverte, préférez plutôt L'homme du lac, La femme en vert, La cité des jarres ou La voix.
Mais les accros du système de pensée erlendurien se retrouveront avec plaisir en terrain connu !
Pour ceux qui ne connaissent pas encore, voici quelques pages de la Cité des jarres et un chapitre de L'homme du lac. Et enfin ici, un extrait d'Hypothermie.
Un livre où l'on découvre qu'il n'est pas facile de revenir depuis l'autre côté.
________________
(1) : on se demande d'ailleurs toujours ce que des thaïlandais peuvent bien aller faire en Islande !
(2) : arrête Erlendur, elle va te mettre une claque !
(3) : arrghhh, la réplique qui tue !
(4) : bon allez stop, Erlendur, on jette l'éponge et on se console en se disant que la Tour Eiffel fait partie des merveilles du monde vu d'Islande (elle est même la première sur la liste, ex-aequo avec la cathédrale de Cologne, faut d'ailleurs qu'on aille la voir celle-là, si Erlendur le dit c'est que ça doit valoir le coup !)

Pour celles et ceux qui aimeraient bien savoir ce qu'il y a de l'autre côté.
C'est toujours Métailié qui édite ces 295 pages parues en 2007 en VO et qui sont traduites de l'islandais par le toujours excellent Éric Boury.
Tout le monde en parle bien sûr ; Cuné, l'ombre du polar, Cottet (avec une belle analyse du rôle d'Eva Lind), Jean-Marc, Essel, ...

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7 avril 2010 3 07 /04 /avril /2010 06:17

Pascale en parle


Tout le monde il est pas beau et pas gentil.  

La bande annonce pouvait laisser croire à un film de plus surfant sur la vague des immigrés et des sans-papier, mais c'est une histoire de famille que l'on découvre.

On sait depuis le très beau Ceux qui restent (qui figurait à notre best-of 2007) qu'Anne le Ny s'y entend pour filmer les couples.

Dans Les invités de mon père, Fabrice Luchini (pour une fois, maîtrisé) et Karin Viard (à son habitude, excellente) sont frère et soeur et la caméra se fait, par instants, presque incestueuse.

Car Arnaud et Babette pourraient être confondus avec un couple, au point que dans l'une des scènes, c'est Anne le Ny elle-même qui les regarde ainsi.

Un "couple" qui se retrouve et se découvre (très belle scène centrale du film, dans le jardin public où frère et soeur brisent un peu de leur carapace) après avoir appris que leur père (Michel Aumont) entreprend de vivre une nouvelle jeunesse et un mariage blanc avec une réfugiée moldave.

Pour l'avocat Arnaud et et le docteur Babette tout s'écroule.

Leur père emblématique était une "figure" de la gauche-caviar, un militant retraité des grandes causes (avortement, sans-papier,...) et la statue descend de son piédestal. Il recueille une réfugiée de l'Est, se marie avec elle et, comme ses propres enfants n'ont pas besoin d'argent, se met finalement en tête de lui léguer ses quelques sicav.

Il est donc question d'héritage.

Un héritage affectif qui n'a pas été transmis. Un héritage moral trop lourd à porter. Un héritage pécunier - le dernier possible ? - qui leur échappe.

Dans ce film que ne renierait peut-être pas Jean Yanne, tout le monde il est pas beau et tout le monde il est pas gentil.

Le père entend bien partager le lit de sa trop jolie moldave, une moldave qui entend bien obtenir un max de fric pour élever sa fille et en accélérant s'il le faut l'AVC du papy, le tout aux dépends d'un frère et d'une soeur qui entendent bien récupérer leur père et leur dû et feront faire le sale boulot par leurs conjoints (excellente Valérie Benguigui).

C'est très politiquement incorrect. Très grinçant. Même si Anne le Ny se garde bien de porter un jugement ou de donner des leçons : elle nous donne juste à voir de l'humain, derrière les apparences et les façades.

Une fin en demi-teinte, douce-amère, laissera chacun, frère, soeur, spectateur, se sortir comme il peut de la tourmente moldave ...


Pour celles et ceux qui aiment les portraits de famille.

Le Monde en parle, Cluny et Pascale également.

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6 avril 2010 2 06 /04 /avril /2010 06:27

Rob a bien aimé


Des trucs de blancs.   


Il y a bien longtemps qu'on n'avait vu un film aussi prétentieux, genre regarde bien comme moi je sais bien filmer de belles images : caméra tressautante, méga-gros plans sur le duvet blond qui orne les lèvres d'Isabelle Huppert, arrière-plans flous à en donner le tourni et, le spectateur étant sûrement sourd et idiot : réparties inaudibles dans des dialogues couverts par le bruit du moteur du tracteur.
Bon avec ce truc de blancs, White Material, Claire Denis se moque du monde. Dont acte.
MAM s'est franchement ennuyée et bien sûr on est loin de retrouver dans cette Afrique en proie aux guerres civiles le charme évocateur du Barrage contre le Pacifique ...
Mais BMR a cru pouvoir sauver quelques scènes comme celle où, dans la brousse, apparaissent derrière les arbres la petite troupe des enfants soldats ...
Bien sûr Isabelle Huppert est magnifique, aussi sèche que la brousse africaine, accrochée éperdument à sa récolte de café dans une plantation qui n'est même pas à elle.
Brindille blonde soufflée par les vents du sud, elle promène son air hagard de je regarde, je vais voir, faites comme si je n'étais pas là.
La terre poussièreuse et les baies de café sont de véritables personnages du film.
Mais tout fout le camp : le pays est en proie aux guerres inter-ethniques et la famille d'Isabelle Huppert part à vaut-l'eau.
Une histoire qui met mal à l'aise, sombre et pessimiste, sans issue, ni pour la famille d'Isabelle Huppert, ni pour le pays.
On aurait quand même aimé qu'une caméra moins superficielle (et moins agitée !) soit portée sur les habitants du coin : comme si le regard des blancs ne pouvaient percer au-delà des apparences.
Reconnaissons quand même à Claire Denis le mérite d'avoir su traduire avec force l'immense et insondable gouffre qui nous sépare de ces gens qui n'ont plus rien, vraiment rien, littéralement et viscéralement rien, prêts à grignoter des pilules et des cachets comme des smarties, et pour qui la vie n'est finalement plus grand chose et n'a certainement plus du tout la même valeur qu'à nos yeux d'occidentaux ou de colons nantis. La dernière chose qui reste - et encore, vaut-elle la peine ? - quelque chose qui peut se prendre, se vendre ou s'acheter comme un bidon d'essence ou un sac de café ...

Pour celles et ceux qui aiment l'Afrique.
Clap pense comme nous. Rob Gordon a bien aimé, Critikat aussi.
Bref, les avis sont partagés comme chez Telerama.
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5 avril 2010 1 05 /04 /avril /2010 06:17

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Pâques à Venise

De Donna Leon qui est un peu à la botte italienne ce que Fred Vargas est à notre hexagone, on a déjà dit et redit tout le bien qu'on pensait , notamment à l'occasion de ses deux derniers polars : Dissimulation de preuves et surtout Sang d'ébène.

Elle figure même au best-of 2009.

Au fil des épisodes, lentement et sûrement, l'américano-vénitienne installe ses décors, ses ambiances, son style et ses personnages autour du commissaire Brunetti. Le répertoire des polars

Au fil du temps, les personnages ont gagné en épaisseur et en profondeur, l'auteure a trouvé maturité et assurance.

Au point que pour ce Requiem pour une cité de verre, Donna Leon se paie le luxe de ne faire survenir le drame qu'à mi-parcours : pendant toute la première partie du bouquin le commissaire Brunetti promène sa classe et sa nonchalance au gré des canaux et des ruelles et il faut attendre la page 170 (sur 340 !) pour qu'un cadavre vienne quand même troubler les eaux tranquilles de La Sérénissime. Et c'est ce qu'on préfère dans les calmes errances de l'enquêteur. 

On prend ainsi le temps de savourer avec lui les plaisirs de Venise et ceux de la cuisine de son épouse Paola (prof de littérature comme Donna Leon) :

[...] Sur la table de la cuisine, il trouva un mot de Paola lui disant qu'elle devait rencontrer un étudiant dont elle dirigeait la thèse, mais qu'il y avait des lasagnes au four. Les enfants ne seraient pas à la maison et il y avait de la salade dans le frigo : ne restait plus qu'à ajouter l'huile et le vinaigre. Alors qu'il se mettait au travail en ronchonnant, furieux d'avoir traversé la ville pour être finalement privé de la compagnie des siens et forcé de faire réchauffer des trucs dans le four - des trucs sans doute préparés industriellement et dégoulinant de ce répugnant fromage américain orange, pour ce qu'il en savait - il s'aperçut que Paola avait ajouté un post-scriptum : Et ne fais pas cette tête, c'est la recette de ta mère.

Une autre femme côtoie (professionnellement s'entend !) notre élégant commissaire : la signorina Elettra, l'assistante du service de police au carnet d'adresses bien garni et reine du piratage informatique :

[...] "Le rapport de la main courante sur la non-arrestation du signor De Cal ; la demande de permis de conduire de Ribetti et les documents afférents - la seule chose que nous ayons sur lui ; le compte-rendu de l'arrestation de Bovo pour agression, mais c'est une histoire qui date de six ans ; et des copies des lettres que Tassini nous envoie depuis plus d'un an, accompagnées des dossiers médicaux de sa femme et de sa fille". Il restait encore un certain nombre de documents sur la table et Brunetti, quand elle se tut, demanda ce que c'était. Elle le regarda avec un petit sourire gêné. "Des copies des déclarations fiscales de De Cal pour les six dernières années. Une fois que je commence à fouiner, une chose mène à une autre et j'ai un peu de mal à m'arrêter".

On savait l'élégante signorina redoutable au clavier : c'est confirmé !

Au fil des enquêtes de Brunetti, sans tapage ni fureur, Donna Leon brosse à petites touches un portrait peu reluisant de la vie sociale et politique de la lagune où trafics, magouilles et malversations sont les couleurs dominantes, comme en écho aux ors des anciens palais.

Cette fois-ci, c'est sur fond d'élection, d'écologie et de pollution industrielle qu'est planté le décor, ce qui donne l'occasion de quelques excursions jusqu'à Murano, l'île des maîtres verriers.

Même si le pamphlet écolo-politique n'est pas du tout le style de Donna Leon, on devine quand même dans ce portrait en demi-teinte que la transparence n'est pas la qualité première de la cité du verre ...


Pour celles et ceux qui aiment les canaux de la Sérénissime au printemps.
Points poche édite ces 340 pages qui datent de 2006 en VO et qui sont traduites de l'anglais (Donna Leon est une américaine qui vit à Venise) par William Olivier Desmond.

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2 avril 2010 5 02 /04 /avril /2010 07:14
Notre playlist sur Deezer

Melting-pot.

Voici deux chanteuses américaines qui partagent une même origine : la Corée, et un même style de musique.
Entre folk et pop, des chansons qui rappellent un peu Regina Spektor (la new-yorkaise qui est, elle, d'origine russe).

Voici deux extraits de nos coréennes :Notre playlist sur Deezer
- I don't think so de Priscilla Ahn
- Seasons change de Susie Suh.



Mais, mieux encore, vous pouvez écouter ces dames en version intégrale
dehttp://carnot69.free.fr/images/deezer.pngpuis notre playliste Deezer.





Pour celles et ceux qui aiment les voix qui voyagent.
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30 mars 2010 2 30 /03 /mars /2010 00:00

D'autres avis sur Critiques Libres


  Entre deux solstices d'hiver ...

On connait bien le suédois Henning Mankell par ses polars et son inspecteur Wallander qui tient même désormais série sur Arte.
On avait également suivi cet auteur prolixe et éclectique (il écrit du théâtre, il écrit sur l'Afrique, ...) avec un roman social sur l'immigration en Suède : c'était Tea-Bag(1).
Le voici de nouveau avec autre chose qu'un policier : Les chaussures italiennes, assurément son meilleur roman jusqu'ici (merci Véro !) et, tout aussi sûrement, un des meilleurs bouquins, tous rayons confondus, qu'on ait lu ces derniers mois, avis unanime et partagé de BMR et de MAM.
On aimerait en voir adapté un film, non pas à cause du scénario mais parce que les images y sont évoquées avec une force peu commune(2) et qu'il ne faut que quelques lignes à Mankell pour nous plonger au coeur de l'hiver suédois aux côtés de son Fredrik Welin.
Un type qui s'achemine lentement mais sûrement sur ses 70 ans, qui vit reclus sur une des îles de l'archipel suédois avec une fourmilière qui envahit peu à peu son salon, un type qui snife un pot de goudron dans son hangar à bateau quand ça va vraiment mal, un type qui tient un journal de bord résolument insignifiant où il ne parle que du temps et de la force du vent, et qui tous les matins creuse un trou dans la glace pour s'immerger dans l'eau glacée, comme pour se convaincre qu'il est encore vivant et qu'il fait plus froid dehors qu'en sa tête ou son coeur.
Il survit ainsi, taraudé par son passé : un amour de jeunesse qu'il a fuit lâchement sans explication et une erreur professionnelle qu'il a commise quand il était chirurgien.
Un beau jour d'hiver, boitillant sur la glace qui mène à son île, rongée par un cancer(3), surgit Harriet son ex-amie ...
Dès les premières pages on sent qu'on tient là un superbe roman à l'écriture sobre, qui fait mouche à tous les coups, qui touche à toutes les pages. Ça sent l'humanité, la vraie vie.
Si style, époque, pays et météo sont bien différents, on y a retrouvé un peu de la force d'évocation de John Fante, l'humour en moins, et ce sens de la chute au coin d'un paragraphe, pour aller droit au coeur, à l'essentiel.
[...] Le vent a soufflé par intermittence pendant toute la nuit.
J'ai mal dormi. Couché dans mon lit, je l'écoutais se déchaîner contre les murs. Le courant d'air de la fenêtre côté nord était plus important que l'autre, côté est, je pouvais donc en déterminer sa direction : vent de nord-ouest, avec rafales. J'en prendrais note dans mon journal de bord le lendemain. Mais la visite d'Harriet, je ne savais pas si je la mentionnerais.

Comme un coup de pied dans la fourmilière, l'arrivée d'Harriet va bousculer la vie jusqu'ici anesthésiée du chirurgien : les histoires et les femmes du passé vont envahir l'île de cet ermite du coeur.
Quant aux chaussures italiennes, seule petite note de couleur et d'optimisme, comme déplacée dans cette histoire très vraie mais pas très gaie, on vous laisse découvrir ce qu'elles viennent faire dans les forêts enneigées de Scandinavie.
Et toujours sans trop en dévoiler pour ne pas gâcher le plaisir de la lecture, relevons que le docteur Welin et l'inspecteur Wallander partagent un peu des mêmes difficultés dans leurs relations familiales ...
Alors, que ceux qui ne connaissent pas encore Mankell ou qui n'en connaissent que ses polars, se précipitent sur cet excellent roman. De la très très belle littérature.
Un livre où l'on découvre qu'il n'est pas bon de vivre gelé dans son passé.
_____
(1) : avec cette paire de Chaussures italiennes, Mankell se permet même une petite coquetterie et une allusion (page 185) aux personnages de Tea-Bag.
(2) : la nuit au fast-food ou la petite "fête d'été" donnée sur l'île sont des morceaux d'anthologie.

(3) : Harriet a son cancer, lui sa fourmilière ...


Pour celles et ceux qui aiment qu'on leur raconte la vie avec plein de choses dedans.
Seuil édite ces 341 pages qui datent déjà de 2006 en VO et qui sont traduites du suédois par Anna Gibson.
Avis unanimes de Jostein, Stephinette, Calepin, Nathalie, Julien, ...

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Published by BMR & MAM - dans Bouquin
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