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On A Tout Archivé

7 mars 2010 7 07 /03 /mars /2010 11:15
L'article du Monde
Tony Blair était-il un agent de la CIA ? 

Pendant que Madame poussait la chansonnette, Monsieur faisait son cinéma : voici The ghost writer de Roman Polanski. Film attendu par beaucoup et encensé par tous, à juste titre, récompensé par plusieurs nounours à Berlin, à juste titre toujours.
L'intrigue politico-affairo-militaire rappelle un peu le film de l'été dernier avec Russel Crowe : Jeux de Pouvoir, ... où il était déjà question d'écriture.
Avec les mêmes jeux de pouvoir et au centre de l'embrouille, la société Blackwater, la société Halliburton, la société Hatherton et cette fois, le scandale des vols secrets de la CIA qui souhaitait torturer de suspectés terroristes en dehors du territoire US.
C'est sur cette trame qu'est construit le bouquin de Robert Harris, The ghost, qui avait longtemps fréquenté et interviewé Tony Blair et qui reconnait s'être inspiré de lui pour le personnage d'Adam Lang dans le film.
Un scénario en or pour un cinéaste aux doigts de fée.http://carnot69.free.fr/images/bestof.png
C'est cette même trame que reprend le film de Roman Polanski : The ghost-writer, le nègre, puisque Ewan McGregor incarne le rôle du sous-fifre chargé de ré-écrire les mémoires du ministre Adam Lang, mémoires insipides au plan littéraire mais que certains tiennent pour explosives au plan politique ...
Ce nouveau "nègre" vient remplaçer au pied levé le "ghost" précédent ... qui a fini noyé pour être "tombé" du ferry !
Véritable fantôme, le personnage d'Ewan McGregor n'a pas de prénom et n'est même pas crédité d'un nom au générique ! Cet homme de l'ombre(1) finira-t-il par faire la lumière sur la carrière du politicien ?
Et c'est là tout l'art de Polanski car, franchement, le JT de 20h raconte déjà très bien les magouilles militaro-politiques qui nous entraînent dans de sales guerres, alors ?
Alors, Polanski construit son film autour du personnage d'Ewan McGregor, le ghost, gentil garçon embringué malgré lui, et nous avec, dans une affaire qui le dépasse et qui va le secouer un peu, et nous avec.
La mort aux trousses, va-t-il connaître le sort peu enviable du ghost précédent(2)? Découvrira-t-il le fin mot de l'histoire, les véritables secrets des uns et des autres, et donc finalement qui manipule qui ?
Il ne faut que quelques secondes à Polanski avec la scène d'ouverture(3) pour nous plonger au coeur d'une ambiance sombre, angoissante et glauque.
Le suspense et la tension sont sans cesse relancés dans un décor où Polanski a donné libre cours à ses fantasmes de huis-clos : l'île battue par les vents, les flots et la pluie, le ferry, l'enseigne grinçante de l'hôtel dont le ghost est le seul client, la maison high-tech aux grandes verrières où les protagonistes se voient en direct aux infos de la télé, ...
Même un simple taxi finit par devenir inquiétant.
Jusqu'à une fin élliptique superbe : du grand grand cinoche !
De quoi nous consoler de l'adaptation décevante par Scorcese de Shutter Island.
Notons au passage avec humour(4) quelques vacheries de Polanski à l'intention de ses "amis" américains qui voudraient bien l'extrader de Suisse : entre autres, le film nous rappelle que les États-Unis sont en effet l'un des rares pays où peuvent se réfugier les criminels de guerre recherchés par la Cour de La Haye ... à bon entendeur, salut !
_________
(1) : c'est le titre du bouquin de Robert Harris en français
(2) : un fantôme à la poursuite d'un autre fantôme ...
(3) : cette scène où la voiture vide encombre l'entrepont du ferry restera dans les annales !
(4) : même si le film a été tourné avant les rebondissements récents du procès de Polanski.

Pour celles et ceux qui aiment les traversées en ferry.
Dasola en parle, Céline, Kathel aussi, Pascale bien sûr. Nico dévoile la fin.
L'intéressant article du Monde.
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Published by BMR & MAM - dans Cinoche
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4 mars 2010 4 04 /03 /mars /2010 18:30
Le site

Séquence pipole.

C'est un peu à la façon de Nouvelle Vague(1) : on reprend de vieux tubes, quelques célébrités du moment et hop : la compile.
C'est le Figaro Madame(2) accompagné de Kenzo (et voilà, on vous avait bien dit qu'on en reparlerait !) qui s'est emparé à son tour de ce concept.
Les tubes punks de Nouvelle Vague ont cédé la place à quelques bonnes chansons françaises du siècle dernier(3), et les voix sucrées de Mélanie & co à quelques stars du cinéma franco-français.
Voici donc parmi nos préférées :
- Rachida Brakni qui avoue J'aime regarder les ..., repris et "féminisé" de l'original de Patrick Coutin et de Sly & The Family Stone
- Virginie Ledoyen qui fait L'amour à la plage , de Niagara
- Mélanie Laurent qui chante Barbara Du bout des lèvres .
On retrouvera aussi avec plaisir sur ce CD : Valérie Lemercier qui chante Sylvie VartanSylvie Testud pour Alain Chamfort ou encore Nathalie Baye pour Louis Chedid, et puis bien d'autres encore.
Notre playlist sur DeezerOriginal, sans prétention mais sympa et puis nous, on aime bien entendre de temps en temps les bons vieux tubes relookés au goût du jour.
C'était le cadeau d'anniversaire de MAM et ... Madame aime !

Sur le site on peut écouter les chansons en version intégrale, sinon découvrez notre playlist sur Deezer.

_______________

(1) : bon on reste ici un cran en-dessous tout de même ! Ces dames ne prétendent pas à la Star Ac' mais c'est très sympa

(2) : ben oui, je suis quand même obligé de les citer, non ?

(2) : oui, on est au XXI° désormais !


Pour celles et ceux qui aiment les stars.
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4 mars 2010 4 04 /03 /mars /2010 06:50
LivrAddict
  Modes & Travaux 

Héritage sanglant d'Odile Barski, lu dans le cadre du partenariat entre LivrAddict et les Éditions du Masque. LivrAddict

Quelques affaires louches entre une cimenterie, une maison de retraite et une décharge de pneus, quelques meurtres crapuleux dans le midi en Camargue vont faire ressurgir de sinistres histoires d'un lointain passé.

[...] Ariane repense aux lettres de Colombe, sa détresse d'enfant, son amour pour le petit Corsin, la cruauté de Gerling et de sa femme. Une histoire qui remonte à plus de vingt ans et qui n'est pas terminée, elle en a la certitude.

Malheureusement Odile Barski (scénariste des films de Chabrol et mère de la chanteuse Adrienne Pauly) se pique d'écrire moderne et oublie trop souvent de faire des phrases.

[...] Marquez lit à mesure qu'Ariane lui passe les feuilles. Ils se regardent la gorge nouée. Une enfant torturée par un couple intouchable. À la limite de l'abstraction. Ruse et prudence. Mensonge et persévérance. Réseaux de la politique et de l'argent. Miraculés de toutes les crises. À l'abri des faillites et des représailles. Combien de temps ont-ils kidnappé Colombe.

Son style en devient parfois terriblement plat et elle accumule les clichés :

[...] Carmen propose du thé et du Coca. Ariane n'a pas soif mais Marquez accepte. Il boit avec les enfants. La pluie tombe dehors, des éclairs zèbrent la cimenterie, le ciel est rouge.

Alors que reste-t-il de cette histoire ?Le répertoire alphabétique des polars

Justement une accumulation de poncifs car Odile Barski ratisse large pour être sûre de toucher sa cible : milieux pourris des affaires, néonazis voire nazis tout court, prostitution roumaine et même inceste pour faire bonne mesure.
Avec en prime une sympathique fliquette qui fait dans le social et qui a le bon goût de ne pas mépriser les paumés qui rôdent autour de la décharge : de vrais gens, malmenés par le destin et qui connaissent les vrais valeurs de la vraie vie.
Vous l'avez compris on n'a guère aimé.
Il y avait peut-être de quoi tirer un petit polar mais le style de l'auteure "m'as-tu-vu comme je suis branchée en prise avec la réalité du monde actuel" gâche franchement la sauce qui ne prend pas.

Pour celles et ceux qui aiment le style journalistique.
Les Éditions du Masque éditent ces 268 pages qui datent de 2010.
Cacahuète est aussi sceptique que nous, Mrs Pepys a aimé.
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26 février 2010 5 26 /02 /février /2010 06:17

Le site de l'éditeur


Perlerorneq.   


Le lecteur prend rarement la mer mais c'est bien la mer qui risque de prendre le lecteur ...
Après l'étrange histoire d'Usodimare, l'expédition catastrophique de Shackleton, l'inéluctable déchéance du capitaine de Joseph Conrad, nous voici repartis dans un voyage sans fin, ou plutôt un voyage à la fin certaine.
Près d'un siècle avant l'expédition de Shackleton en Antarctique que nous contait il y a peu Mirko Bonné, voici l'histoire de l'expédition de Sir John Franklin parti en 1845 en Arctique à la recherche du passage du Nord-Ouest entre Atlantique et Pacifique, au nord du Canada, histoire narrée par la québécoise Dominique Fortier : Du bon usage des étoiles.
Et voilà bien un roman original, habilement construit.
La mise en page est parsemée (mais sans abus) d'une recette(1), d'un menu, d'un poème, d'une piècette de théâtre ou même d'une formule scientifique ou d'une partition musicale !
La structure même du récit est double où se répondent en écho les péripéties du voyage maritime et les mondanités des dames restées au pays.
Bientôt les deux navires de l'expédition sont pris par les glaces qui n'ont même pas le bon goût de fondre au printemps suivant : l'exploration tourne court, les vivres et le charbon des chaudières viennent à manquer en attendant un dégel improbable.
[...] Perlerorneq. C’est le mot par lequel les Esquimaux nomment ce sentiment rongeant le cœur des hommes pendant l’hiver qui s’étire sans fin et où le soleil n’apparaît plus que de loin en loin. Perlerorneq. Rauque comme la plainte d’un animal qui sent la mort approcher.
L'arrogance inconsciente de ces conquérants partis équipés de quelques tonnes de bouquins et de charbon à la conquête des glaces frise parfois le délire : l'Amirauté répète à qui veut l'entendre (c'est-à-dire de moins en moins de monde au fil des mois puis des années) que ces deux superbes navires of Her Majesty, carapaçonnés de métal et équipés de chaudières, ne peuvent pas rester pris par les glaces. Rigoureusement et scientifiquement. Puisqu'on vous le dit.
À cette époque bienheureuse, on avait encore une foi aveugle en la science et en le progrès ... sûr qu'en cas de grippe annoncée, on allait se faire vacciner en chantant.
Sur l'autre face de ce double récit, en Angleterre, femmes et fiancées mènent une vie frivole dans leurs manoirs, de bals en réceptions, venant à s'inquiéter quand même de l'absence de l'être aimé, peu à peu, au fil des mois puis des années.
Et de chaque côté du globe on regarde les mêmes étoiles, pour y lire un chemin ou un destin ...Lady Jane Franklin
[...] Lady Jane écrivait donc à Sir John presque tous les soirs, des lettres longues, regorgeant de détails, de nuances, d'observations et de recommandations. Il ne lirait pas ces missives avant son retour, mais elle croyait presque qu'il lui suffisait d'en tracer les mots sur le papier pour que, mystérieusement, ils trouvent le moyen de parvenir à son mari, sous une forme ou une autre, en rêve, qui sait. Au fond, un tel échange de pensées par-delà l'océan n'aurait pas été si différent des merveilles que l'on attribuait au magnétisme, et si un pôle de la Terre pouvait attirer sans coup férir toutes les aiguilles aimantées, pourquoi l'esprit de son mari n'attirerait-il pas les mots que lui destinait son épouse par-delà l'océan ?
L'écriture de Dominique Fortier est précise et fluide, riche et agréable(2).
Sans forcer le trait, elle sait distiller un peu de ce charme surrané du XIX° siècle.
Et puis, au détour d'une phrase et c'est là tout le sel de ce roman, surgit un trait d'humour irrévérencieux et pas du tout politiquement correct : l'arrogance british dont font preuve les uns et les autres semble bien annoncer la fin prochaine de l'Empire.
Car si, d'un côté, les bateaux sont pris par les banquises, il semble bien que la société victorienne ait, elle aussi, emprisonné dans ses glaces la fougue des jeunes gens de la belle époque de l'Empire, des jeunes femmes en particulier.
Et si l'on avait tout d'abord embarqué avec Dominique Fortier pour suivre aventureusement une expédition virile de glorieux marins dans le Grand Nord, on se prend peu à peu d'un vif intérêt pour le destin de Lady Jane Franklin (la femme du capitaine) et de Sophia (une cousine, fiancée d'un officier).

_______________

(1) : ne vous précipitez pas sur le livre uniquement pour cela : c'est la recette du plum-pudding de Noël ... qui réclame plusieurs semaines de préparation !

(2) : ce n'est pourtant que le premier roman de Dame Fortier ... qui est par ailleurs, éditrice et traductrice.


Pour celles et ceux qui aiment les histoires de femmes de marins.
Les éditions québécoises Alto éditent ces 345 pages qui datent de 2008.
Caroline en parle, Cuné, Malice, SanSeverina aussi.
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22 février 2010 1 22 /02 /février /2010 07:03
Le clip

La musique a un parfum.

Kenzo (les parfums(1)) a le feeling pour dégotter de belles pépites musicales qui accompagnent ses clips.
On avait déjà eu droit à Coco Rosie des soeurs Casady, et voici la récidive avec Jil is lucky, de son vrai nom Jil Bensénior, un petit frenchy qui vient, grâce à Kenzo donc, de toucher le gros lot.
Sa chanson, The Wanderer est partout (ici par exemple).
Mais nous on aime bien aussi : Without you .
Et on reparle de Kenzo (ou plutôt de musique) très bientôt ...

_______________

(1) : qui a dit qu'il fallait supprimer la pub au cinoche ?


Pour celles et ceux qui aiment les belles senteurs.
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20 février 2010 6 20 /02 /février /2010 06:09
Jean-Marc en parle

M comme Milan.   


Hasard des coïncidences fortuites, c'est en sortant du ciné après le décevant Océans(1) que l'on a entamé le polar du journaliste Piero Colaprico : La dent du narval, premier épisode d'une trilogie milanaise. Mais cette dent de narval sera le seul élément maritime du bouquin.
L'Italie est sans doute le pays d'Europe qui nous est le plus proche et ses habitants ceux qui nous ressemblent le plus, par la langue et la culture et par bien d'autres aspects encore.
Jusqu'en politique : on a même maintenant un clone de leur président, en plus petit.
Chacun connaît, selon son histoire et ses voyages, soit les rues de Rome, soit celles de Turin ou celles de Vérone sans parler des quais de Venise.Cliquez pour faire le tour du monde en classe polar
Piero Colaprico nous propose de (re-)découvrir les rues de Milan où s'est égarée une corne de narval ... plantée en plein coeur d'une jolie fille.

Le papa revient tout juste d'une mission d'agent secret et la maman s'enfuit avec la caisse ...
L'inspecteur Francesco Bagni mène l'enquête.
Un flic désabusé, presque nostalgique du bon vieux temps où les bandits étaient encore de vrais bandits.
[...] au début des années 1980, quand Bagni faisait les nuits pour apprendre à "lire" les cadavres des types qu'on avait descendus. Cette ville violente et féroce, bourrée de tripots, d'entraîneuses assisses sur les genoux des politiciens et des mafieux, grouillante d'acteurs et de chanteurs, cette ville avide et corrompue, Bagni la regrettait un peu, et pas seulement parce qu'il n'était plus aussi jeune qu'alors.
Encore un inspecteur aux prises avec une grande ville, sa ville, mais qui, contrairement à la plupart de ses collègues anglo-saxons, est plus porté sur les filles que sur la bouteille ... (on est en Italie !).
On retrouve dans ce bouquin un peu de l'ambiance milanaise du film de Francesca Comencini : A casa nostra.
Quelques piques politiques également à l'égard de la politique berlusconienne que l'on avait déjà décelées dans les polars vénitiens de Dona Leon :
[...]"Quand on aura fiché tout le monde, les Italiens comme les étrangers, ça ne se passera plus. Ceux qui ont la conscience tranquille n'auront rien à craindre !"
L'inspecteur Francesco Bagni, Francè pour les ami(e)s, a pour modèle le détective catalan Pepe Carvalho(2) au point qu'on finira par le surnommer dans cette enquête : Pepe Narvalho ...

Un narval qui sera le fin mot de l'histoire pour un dénouement qui laisse une toute petite lueur d'espoir poindre dans Milan la grise, une ville sur laquelle tombe une pluie fine qui pue la corruption, la concussion et la prévarication.

_________

(1) : très très belles images bien entendu (où l'on voit effectivement quelques narvals), mais film brouillon où Papy Perrin explique à son petit fils (en peu de mots fort heureusement) qu'il ne faut plus manger de sushis.
(2) : il faut absolument qu'on ressorte Manuel Vasquez Montalban de nos étagères et qu'on parle de lui ici !

Pour celles et ceux qui aiment les escalopes.
Rivages Noir édite ces 206 pages qui datent de 2004 en VO et qui sont traduites de l'italien par Gérard Lecas.
Jean-Marc en parle.
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18 février 2010 4 18 /02 /février /2010 18:45

Le clip


Il y a la littérature et la musique.

Disons-le, on a trouvé le dernier disque de Vanessa Paradis plutôt insipide.
Mais un mail judicieusement envoyé (par Martine ? Jacqueline ?) en aura sauvé une jolie perle.
Et on vous propose un bel extrait ici : Il y a .
La chanson est écrite par Gaëtan Roussel, celui de Louise Attaque.
Une très très belle chanson française où tout est au diapason : texte, musique, tempo, swing, douce orchestration et voix de la belle Vanessa qui s'est emparée avec brio d'un texte pas évident (essayez donc un peu de fredonner pour voir).
Le clip a été réalisé par le monsieur de la dame, le beau Johnny(1).
Notre coup de coeur de ce début d'année.

ll y a là la peinture / Des oiseaux, l'envergure / Qui luttent contre le vent

Il y a là les bordures

Les distances, ton allure / Quand tu marches juste devant

Il y a là les fissures / Fermées les serrures

Comme envolés les cerfs-volants

Il y a là la littérature / Le manque d'élan / L'inertie, le mouvement

Parfois on regarde les choses / Telles qu'elles sont / En se demandant pourquoi

Parfois, on les regarde / Telles qu'elles pourraient être / En se disant pourquoi pas

Il y a lalala

Si l'on prenait le temps ... 

_______________

(1) : saluons au passage la discrétion de couple qui a le bon goût de vivre dans notre doux pays.


Pour celles et ceux qui aiment les dents du bonheur.
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16 février 2010 2 16 /02 /février /2010 06:56
TLP en parle

L'homme de Rio.   


On avait déjà évoqué le tenancier de la Grande Crimerie qui nous avait conseillé deux voyages en classe polar.

La première destination était celle de Bethléem, avec Le collaborateur.

Nous voici aujourd'hui partis pour Rio, un coin plus sympa de prime abord que la Palestine, avec Le silence de la pluie du brésilien Luiz Alfredo Garcia-Roza.

Au début, on se croirait dans un polar américain, mais d'Amérique du Nord : argent, revolver, femme fatale, escroquerie à la prime d'assurance, ...Cliquez pour faire le tour du monde en classe polar

Et il faut plusieurs chapitres avant que la chaleur et la sensualité du sud viennent colorer les rues de Rio et les pages de ce bouquin.

[...] Dans les films américains, les policiers n'étaient pas aussi désemparés. Le médecin légiste dévoile pratiquement le crime à l'inspecteur, celui-ci n'a qu'à faire une poursuite spectaculaire dans les rues de New-York, San Francisco ou Los Angeles. Au cas où le légiste échouerait, il y a toujours la possibilité d'envoyer au FBI un cheveu trouvé sur le lieu du crime et le lendemain nous savons même de quelle équipe de football son propriétaire est supporter. Ici dans cet agréable tiers-monde, le rapport du légiste indiquait rarement si la victime était morte par balle ou par empoisonnement.

Le héros de Garcia-Roza est un flic plutôt sympa : il traîne un nom de philosophe (Espinosa), fréquente les bouquinistes chez qui il achète des Joseph Conrad (page 156), empile ses bouquins sans étagères pour que la femme de ménage puisse balayer son salon, ... et évite soigneusement de faire confiance à ses propres collègues.

Le montage de l'intrigue est bien vu : d'entrée de jeu le lecteur en sait plus que l'inspecteur lui-même pour qui tout parait trop simple dans cet assassinat que nous savons être un suicide.

Un inspecteur qui passe son temps à élucubrer des scénarios plus ou moins vraisemblables et à échafauder des hypothèses qu'il démonte aussitôt.

[...] J'étais en train de devenir confus. C'est incroyable la capacité que j'ai à m'égarer.

Pour un peu on aimerait bien qu'Espinosa continue à tourner en rond dans les rues de sa ville et les méandres de son enquête, histoire de prolonger le plaisir de la balade.

[...] Le délai que le commissaire principal m'avait donné pour me charger de l'affaire et présenter un rapport pour le moins éclairant était sur le point d'expirer et, malgré le fait que la situation originelle avait été augmentée d'une mort supplémentaire et d'une disparition et que l'arme du crime avait été retrouvée, je ne considérais pas que j'avais fait un progrès significatif dans l'élucidation de la mort de Ricardo Carvalho.

Un polar original et bien mené, une promenade pas toujours paisible mais toujours agréable dans les rues et les bars de Rio, ... que demander de plus ?

On a même droit en prime à un dénouement très (comment dire sans trop en dévoiler ?) très plaisant où l'assassin reçoit un châtiment qu'il ne méritait pas (ce doit être ça qu'on appelle un happy end dans le sud).

 

Last call : le commandant Garcia-Roza prie les lecteurs du vol Actes-Sud 288 pour Rio de bien vouloir embarquer sans tarder, décollage imminent !


Pour celles et ceux qui aiment les jolies filles de Copacabana.
Babel-Actes Sud édite ces 288 pages qui datent de 1996 en VO et qui sont traduites du portugais par Valérie Lermite et Eliana Machado.
TLP en parle (et très bien).
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14 février 2010 7 14 /02 /février /2010 06:32
D'autres avis sur Critiques Libres

Quand souffle le vent des steppes.   


Voilà de quoi planter un petit cœur dans un endroit pas banal de notre carte du monde des polars: en plein centre des steppes de l'Asie centrale, en Mongolie.Le tour du monde en classe polar

Après avoir traversé ce pays à bord du Transmongolien il y a deux ans, d'Irkoutsk à Pékin, fascinés par les cercles blancs des yourtes sur le vert de la steppe ou par le désert de Gobi qui filait entre les rails, on ne pouvait évidemment pas laisser passer ce polar : Des myrtilles dans la yourte.

Un bouquin d'une française voyageuse, Sarah Dars, qui a écrit également d'autres histoires policières sur l'Inde qu'elle connaît aussi très bien.

Il ne fallait pas s'arrêter au mauvais jeu de mots du titre qui cache en réalité un livre fort intéressant.

Sarah Dars connait bien la Mongolie, elle aime ses habitants, elle admire ses paysages et elle s'entend à nous faire partager son approche de leur culture.

Pour voyager en classe polar, comme on aime ici à le dire, ce bouquin est tout simplement idéal, presqu'un guide de voyage.

Sans naïveté inutile, sans langue de bois, Sarah Dars réussit à éviter les clichés convenus et nous fait découvrir la Mongolie d'aujourd'hui, écartelée entre tradition nomade et modernité sédentaire, entre pratiques chamaniques et bouddhisme rituel, entre colons russes et envahisseurs chinois (et vice versa).

Un pays qui essaye également de s'ouvrir au tourisme occidental.

[...] Certes les Mongols présents n'étaient plus ces bons sauvages ou ces terrifiants barbares - au cours des siècles les opinions avaient souvent fluctué, beaucoup divergé -, c'étaient des gens bien dans leur peau, fiers de leur modernité et de leur capacité à négocier avec les uns et les autres sur un pied d'égalité, tout en recevant avec urbanité des touristes ravis. Oublié le temps où, pris en tenailles entre ces excellents joueurs d'échecs russes et ces éminents joueurs de go chinois, les Mongols, eux-mêmes admirables joueurs d'osselets, redoutables archers et impeccables cavaliers, ne connaissaient jamais le répit.

Le prétexte au voyage est une petite intrigue policière : deux américains sont venus chasser les antilopes des steppes.

Accompagnés de leurs guide, interprète et chauffeur mongols, ils s'éloignent dans la steppe, progressant de campement de yourtes en campement de yourtes.

Mais bien entendu, les éléments sont contraires, les américains se montrent arrogants et irrespectueux(1), le gibier se fait rare, l'ambiance du petit groupe se dégrade et l'équipée tourne mal : l'un des deux américains disparaît ...

Vengeance irritée de l'un des guides ? Embrouille ratée avec un trust pharmaceutique russe ? Trafic manqué avec une compagnie minière chinoise ?

[...] - Je crois que j'aimerais encore mieux avoir à dénombrer les grains de sable du désert de Gobi que devoir démêler les fils de cette histoire ...

Yesügei, le flic mongol amateur d'alcools et de femmes, menacé de retraite anticipée pour insubordination, commence son enquête, progressant de campement de yourtes en campement de yourtes sur sa moto Guzzi(2), essayant de soutirer habilement quelque information à ces rudes hommes des steppes que sont ses compatriotes.

[...] Yesügei aimait les paysages de sa terre natale, autant, plus même, que les femmes. À vrai dire, les uns lui évoquaient les autres et vice-versa et son goût pour les deux s'en trouvait renforcé. Les femmes aux reliefs proéminents lui rappelaient les sommets de l'Altaï; les plus vallonnées, le Khangaï; les fausses plates, la steppe; les profondes, le Gobi; les brillantes, le ciel; les ondoyantes, une rivière.

On retrouve chez Sarah Dars une ambiance étonnamment proche des polars navajos du regretté Tony Hillerman(3): certes Oulan-Bator et Gallup sont presque aux antipodes mais ce sont deux régions rudes et sauvages qui ont façonné de semblable façon les hommes qui les habitent, des taiseux, que seuls les flics du cru savent apprivoiser.

Pour ne prendre qu'un exemple, on se rappelle peut-être que les navajos ne prononcent pas le nom des morts pour laisser leur âme en paix : ici, certains mongols préfèrent taire leur propre nom et s'affubler d'un sobriquet pour se protéger des mauvais génies !

Rendons grâce à Sarah Dars d'arriver à faire paraître son lecteur plus intelligent, le temps de ces quelques pages, mais sans prise de tête ni prétention : l'intrigue policière est mince et ne sert que de prétexte à un agréable voyage habilement parsemé d'illustrations de la culture mongole.

L'écriture est précise et l'apparente facilité de lecture masque un vocabulaire étonnamment riche (du mongol et du français), c'est un régal.

En attendant, on l'espère, une prochaine enquête de Yesügei, le voyage en Inde en compagnie de cette auteure (4) nous tente bien ... on en reparlera !

_________________

Quelques tranches de vie de ce peuple de cavaliers et de chasseurs :

à propos de la graisse de chameau dans le thé : la poussière, on l'essuie, la graisse, on la lèche.

à propos d'un bavard qui exagère : il ajoute volontiers des crinières par devant et des queues par derrière.

à propos de quand les poules auront des dents : oui, c'est ça, quand la queue du chameau touchera terre !

à propos d'une amusante légende : à l'origine, la tête des chameaux était pourvue d'andouillers. Ces imprudents les prêtèrent à des cerfs qui ne les leur ont jamais rendus.

à propos de quelqu'un de collant : il vous suit comme la rate adhère à la panse, comme le taon d'été s'attache à la croupe du cheval.

à propos du premier gobelet d'eau de vie que l'on jette en l'air : c'est la part du soleil.

à propos des fameuses myrtilles : on les appelle les baies-nuages à cause de leur couleur de ciel d'orage.

à propos des mystérieux dons des chamanes : il est des yeux qui voient, d'autres pas.

et ma préférée, à propos d'un enfant adopté : il n'est pas né tout nu mais est arrivé tout vêtu.

_______________

(1) : je cite (page 56) : a-t-on idée de porter son vêtement sur l'épaule ? de montrer du doigt ? de postillonner sans s'excuser ? de prendre ou donner de la main gauche ? d'exposer ses semelles ? de fouler le seuil d'une yourte au lieu de l'enjamber ? de boire sans penser à en offrir ?

(2) : une moto rachetée jadis à un hippie impécunieux !

(3) : il y a quand même des références moins flatteuses !

(4) : plusieurs enquêtes du brahmane Doc sont parues chez Picquier poche


Pour celles et ceux qui aiment les cavaliers, indiens ou mongols.
Philippe Picquier édite en poche ces 254 pages qui datent de 2009.
Dédale en parle tout comme Hannibal ou Zaelle.
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13 février 2010 6 13 /02 /février /2010 06:09
Blog O Book
  Sourire diabolique.  

C'est grâce à la BoB team de BlogOBook (et aux éditions ArchiPoche) que Le sourire de l'ange est tombé dans notre PAL.La bOb Team
Joyce Carol Oates est une auteure réputée qu'on ne présente plus.
De temps à autre elle doit ressentir le besoin d'un moment de détente et, comme on se prend une grille de mots croisés, elle endosse le pseudo de Rosamond Smith et se met à écrire des thrillers.
Et cela ressemble beaucoup (beaucoup trop en fait) à du Patricia Highsmith.
Dans la société chic de la banlieue de Boston (madame est directrice adjointe d'une fondation de mécénat), une jeune veuve (Dorothea, trop jeune pour être veuve) entretien une relation avec un homme marié.
Un ange tombé du ciel ou presque (retour du neveu prodigue d'une amie) vient perturber la vie tranquille de la petite ville de province.
Il faut dire que, Colin Ash,  le jeune homme a pris la désagréable habitude de tuer (il a beaucoup souffert dans sa jeunesse bien sûr). Et ne voilà-t-il pas qu'il tombe amoureux de la jeune veuve ?
Tellement amoureux qu'il est prêt à lui rendre de menus services comme de trucider d'éventuels rivaux en amours comme en affaires. Serviable mais encombrant.
D'autant qu'il note tout cela dans un cahier bleu.
[...] Colin Ash était fou, mais qu'est-ce que cela signifiait "fou" ? Que le jeune homme avait assassiné deux personnes innocentes sans même pouvoir expliquer pourquoi.  Qu'il n'éprouvait pas le moindre remords et qu'il semblait plutôt fier de ses actes. Qu'il croyait dur comme fer que la vie et le destin de Dorothea Deverell étaient inexorablement liés aux siens. Tout cela ne constituait qu'un tissu de faits à la surface de son être, tout comme le blond de ses cheveux, son visage osseux et sa haute taille. Ces évidences le décrivaient mais ne suffisaient pas à le définir.
Tout cela est bien gentil, fort bien écrit (c'est quand même Joyce Carol Oates) et se lit même sans déplaisir mais n'a jamais réussit à nous attraper.
Pour celles et ceux qui aiment les soucis des riches.
Archipoche édite ces 313 pages en poche qui datent de 1989 en VO et qui sont traduites de l'anglais par Pierre Charras.
Incoldblog a su voir le verre à moitié plein.
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