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On A Tout Archivé

10 février 2010 3 10 /02 /février /2010 21:23
Actu musique en parle

Dingue d'Emmanuelle ? 

Faisant fi des anciennes frasques de son Roman de mari et juste avant qu'il ne fasse son cinéma, Emmanuelle Seigner joue les fofolles : profitez-en, le titre éponyme Dingue est en téléchargement gratuit sur Amazon !
Dingue est un titre très rock, sur d'autres on croirait entendre Lio et il y a plusieurs bonnes pièces dans le bastringue comme un duo avec Iggy Pop (qui chante en français !) ou un autre avec Roman himself.http://carnot69.free.fr/images/deezer.png
Vous pouvez écouter tout cela en intégral sur notre playlist Deezer.

Pour celles et ceux qui aiment les french voices.
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10 février 2010 3 10 /02 /février /2010 19:40
Le théâtre 13
  Astrologie. 

Pedro Calderón de la Barca de Henao y Riaño (rien que ça !) est donné ici ou là comme le petit cousin espagnol de Shakespeare dont il était presque contemporain.

Écrite en 1635, la vie est un songe est la pièce maîtresse de sa nombreuse production et elle est montée au Théâtre 13 par William Mesguich (le portrait juré de son père !).

La mise en scène de Mesguich est délibérément tapageuse et appuyée : on y trouve mécaniques et machineries, écrans de fumée et de vidéos, cages de verre ou d'acier, à la mode steampunk avec cuirs et ferrailles, façon 1984 ou Dune (le film).

Une esthétique aux allures d'anticipation anachronique qui peut paraître bien loin de l'Espagne du XVII° mais qui colle parfaitement au texte modernisé d'une pièce tout en bruit et en fureur.

http://carnot69.free.fr/images/coeur.gifUne fois ce parti pris de mise en scène volontiers accepté (BMR a beaucoup aimé, MAM a parfois trouvé cela un peu appuyé), on se laisse aller avec délectation au plaisir de savourer un texte superbe dit de très belle manière.

La pièce (très longue) de Pedro Calderòn a été raccourcie, adaptée et relookée : les acteurs (sans exception) se sont approprié le texte et en maîtrisent parfaitement la diction.

Le message de Pedro Calderòn date de près de 400 ans mais semble aujourd'hui encore, couler de source ...

En 1635(1), Basyle règne sur la Pologne et se pique d'être un roi savant qui sait lire l'avenir dans la course des étoiles.

Dans les astres, il a pu voir de funestes présages à la naissance de son fils Sigismond dont le futur destin sera donc celui d'un tyran régicide et parricide.

Appliquant le désormais bien connu principe de précaution, le roi Basyle, fort de sa (pré-)science, enferme son fils au secret, dès sa plus tendre enfance, tel une Belle au bois dormant, pour éviter à tout le monde (lui, son fils et la Pologne) un funeste destin.

L'intrigue se noue au moment où Basyle décide de libérer Sigismond "pour voir" : curiosité malsaine, remords paternel ou plus sûrement irrépressible soif de "savoir"(2) ?

Si cette expérience confirme la violence tyrannique de Sigismond, il sera de nouveau enfermé et on lui fera croire qu'il aura rêvé ses quelques jours de pouvoir : ce n'était qu'un songe.

Qui donc préside à nos destinées(3) ? Les astres, l'amour, les hommes eux-mêmes, les dieux ? L'homme savant peut-il en modifier le cours ? Sigismond saura-t-il profiter de sa liberté et donc de son libre-arbitre ?

Mais le principe de précaution est un véritable paradoxe, et pour le roi, avoir enfermé son fils pendant des années était malheureusement le plus sûr moyen de créer le monstre de vengeance qui n'aura de cesse que d'accomplir la sinistre prophétie ...

Un seul petit bémol pour la seconde moitié de la pièce qui semble juste couler de manière un peu moins fluide : c'est peut-être dû aux coupes (nécessaires) effectuées dans le texte original pour faire rentrer la pièce dans les deux heures actuelles (qu'on ne voit guère passer).

Pour le reste ... un texte passionnant et des acteurs qui le maîtrisent parfaitement : tout le plaisir du théâtre !

__________

(1) : comme en témoigne la date qui s'incruste sur les bandes vidéos qui apparaissent sur scène !

(2) : Basyle-Prométhée joue avec le feu et veut tout à la fois savoir si sa prédiction savante était juste et s'il a réussi à infléchir le cours du destin

(3) : chacun des personnages est marqué au front de l'étoile de son destin ...


Pour celles et ceux qui aiment les étoiles dans les yeux.
Céline en parle, Delphine aussi, Sarah est un peu trop sévère.
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8 février 2010 1 08 /02 /février /2010 06:56
Sancho en parle
Spécial fête des mères.

Voilà bien longtemps que nous n'étions allés voir un film asiatique ...

Il faut se ré-habituer au rythme lent des films orientaux et à leur violence crue.

Cela valait le coup pour Mother du coréen Bong Joon-ho avec Kim Hye-Ja une superbe actrice de 70 ans qui porte le film sur ses frêles épaules de mère courage accablée d'un fils un peu débile, pour ne pas dire idiot (car il s'énerve quand on le traite d'idiot).

Le benêt fréquente des mauvais garçons. Une jeune lycéenne, sans doute de peu de vertu, se fait trucider. Tous les indices concordent pour accuser le fils. En quelques minutes l'affaire pourrait être bouclée par une police pressée et des avocats peu scrupuleux, mais c'est sans compter sur l'amour de la mère ...

Et c'est surtout sans compter sur le talent de cinéaste de Bong Joon-ho qui nous mène par le bout du nez dans les ruelles de son film, entre docu social, thriller et drame familial.

Car rien n'est ce qu'il parait dans ce film : le fils simplet est peut-être plus fin qu'on le croit, la mère dévouée est peut-être plus trouble qu'on le pense, ... On ne vous en raconte pas plus.

Outre son histoire riche et complexe (plusieurs personnages nagent en eaux troubles), ce film au rythme lent possède plusieurs atouts.

D'un, les images de Bong Joon-ho : un as du cadrage, du plan dramatique, pour qui les photos parlent mieux que les mots (photos qui sont d'ailleurs au coeur de l'histoire également ...).

De deux, la prestation de Kim Hye-ja qui, on l'a dit, habite ce film d'une présence forte et humaine. Son image marquera le film durablement.

Et puis voilà un film coréeen qui nous emmène bien loin des polars trépidants qui mettaient en scène Séoul et sa jungle urbaine : Bong Joon-ho nous plonge dans les quartiers pauvres d'une petite ville de province, presqu'à la campagne, dans un univers sombre et humide. Le dépaysement est garanti et, curieux, on découvre la vie provinciale d'une étrange Corée à mi-chemin de la Chine et du Japon.

Dans cet univers dur et inquiétant, étrange et sordide, la mère dispose d'un atout maître : elle pratique l'acupuncture et elle sait que sur l'intérieur de la cuisse, à cinq doigts au-dessus du genou, se trouve le point ou l'aiguille piquée délivre des traumatismes et des remords laissés par les mauvais souvenirs ...

__________

Pour ceux qui veulent savoir avant de voir, on en dévoile plus dans le commentaire ci-dessous ...


Pour celles et ceux qui aiment d'un amour maternel.
Sancho Asia en parle, Sandra, Paperblog, Publikart et Kapoune aussi.
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7 février 2010 7 07 /02 /février /2010 11:45
Le théâtre
 L'ours et la crevette. 

La petite et très agréable salle du Petit Saint Martin (Paris X°) est comble et le théâtre a réussi un joli coup en accueillant l'adaptation du bouquin à succès de Katarina Mazetti : Le mec de la tombe d'à côté dont on parlait en fin d'année.

Spectacle bien agréable que cette reprise sur scène du texte de la suédoise que l'on comparait un peu à notre Gavalda nationale.

http://carnot69.free.fr/images/coeur.gifOn retrouve évidemment tout le plaisir du texte et les tendres et amusantes oppositions entre, côté féminin, la crevette intello, écolo et bibliothécaire qui cite Lacan dans le texte et côté masculin, le gros nounours qui sent l'étable et cache des photos de ses vaches laitières dans son portefeuille.

Avec une dimension supplémentaire au bouquin puisqu'ils sont sur scène en chair et en os et que les répliques amusantes (même si on les connait presque par coeur) sont encore plus drôles Anne Loiretque sur le papier et que les moments plus sensibles nous serrent un peu plus le coeur.

La Suède est ici transposée en Normandie et les fameuses boulettes de viande sont devenues de simples cuisses de poulet : francisation sans doute indispensable pour le public parisien qui n'a peut-être pas lu le livre mais qui va comme un gant à Anne Loiret, plus bobo-parisienne tu meurs, pour qui le texte semble avoir été écrit. Elle est faite pour incarner la Daphné du bouquin.

Dans le rôle du gros nounours au coeur tendre, Vincent Winterhalter a un peu plus de mal à équilibrer son jeu. Mais tous deux nous offrent un très beau moment ... idéal à quelques jours de la Saint-Valentin !


Pour celles et ceux qui aiment les amours impossibles.


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3 février 2010 3 03 /02 /février /2010 06:26

D'autres avis sur Critiques Libres


Le manchot et les bandits.   


En tout début d'année, on avait eu un petit coup de coeur pour Victor et son pingouin Micha.

A. et T. nous ont donc prêté la suite : Les pingouins n'ont jamais froid, du même ukrainien Andreï Kourkov.

Nous étions impatients de retrouver l'univers kafkaïen de cette Ukraine en complète perdition, l'humour et l'absurde des histoires de Kourkov. Impatients bien sûr des retrouvailles de Victor et de son inénarrable pingouin.

Las, Victor rencontre quelques difficultés pour retrouver son copain qu'il lui faut aller chercher au fin fond de la Tchétchénie.

C'est bien sûr prétexte à de savoureuses descriptions des moeurs et usages en vigueur dans cette univers post-soviétique totalement corrompu et pourri jusqu'à la moelle pour les siècles des siècles.

[...] Chaque pays est une sorte d'immense corps composé de milliers d'organes et de millions de petites cellules qui s'agitent en tout sens, les humains. Plus le corps est grand, moins il est sain. Il faut en permanence le traiter, l'opérer, anesthésier certaines parties en espérant ne jamais avoir besoin de recourir à une anesthésie générale. Cette crainte contribue à multiplier les anesthésies locales.

[...] Notre pays est immense, et les gens capables de penser et d'agir, ou simplement de penser, y sont bien trop rares. Un vrai désert intellectuel ! La quantité de problèmes dépasse largement la quantité d'hommes capables de les résoudre ...

Mais même si les bandits de la mafia russe ne sont pas manchots, le pingouin Micha se fait un peu désirer ...

Reste l'épisode en Tchétchénie, hallucinant, où Victor se laisse embrigadé dans une unité un peu spéciale qui a piraté un oléoduc pour alimenter un four crématoire où l'on brûle les cadavres encombrants : russes, tchétchènes, mafieux, la maison n'est pas regardante sur la marchandise qu'on lui confie. Le jeudi soir, on fait même nocturne avec ristourne sur les prix et les "clients" se bousculent ...

[...] Les jeudis, Siéva rayonnait. En fait, il était toujours content, mais le jeudi, à la veille du vendredi "qui rapportait", il s'animait encore plus. La nuit du jeudi au vendredi était toujours chargée en cadavres, car, suivant un usage instauré par Aza bien avant leur arrivée, c'était tarif réduit pour tous. Victor et Siéva ignoraient le montant de la remise, car les clients traitaient directement avec Aza, mais en tout cas il y avait plus de travail, donc plus de pourboires.
Les autres aventures de Victor (et sur la fin Micha) restent fidèles au ton cynique et désabusé de l'auteur mais sont quand même moins originales que celles du premier tome. Vous l'aurez compris : mieux vaut se concentrer sur le premier épisode.


Pour celles et ceux qui aiment encore les pingouins.
Seuils Points édite en poche ces 398 pages qui datent de 2003 en VO et qui sont traduites du russe par Nathalie Amargier.
D'autres avis sur Critiques Libres.
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1 février 2010 1 01 /02 /février /2010 06:59
Le poème de William Ernest Henley
George. What else ?   

Mais qu'est-ce qu'elles lui trouvent ?
Toutes émoustillées par la bande-annonce de Up in the air, MAM et ses copines frémissaient d'impatience depuis plusieurs semaines à l'idée de retrouver le beau George Clooney sur grand écran.
Quel est donc le secret de ce séducteur ? Il a sûrement un piège à filles, un truc qui fait crac boum huuu ? Qu'est-ce qui fait le charme de ce senior lifté, tendance grisonnante, qui affiche un sourire un peu niais et une filmographie insipide et qui a attendu 45 ans pour savoir faire le café correctement ? (1)
BMR, poussé par une curiosité toute cinéphilique, se devait d'accompagner MAM (2), secrètement motivé par l'idée qui veut qu'un séducteur soit en général accompagné de pulpeuses créatures destinées à le mettre en valeur et à lui donner la réplique ...
Bon allez, redevenons sérieux.
Car sous ses dehors affichés de comédie, le film s'avère moins léger qu'il n'y parait.
--- attention on dévoile un peu de l'histoire ...

Le beau George, consultant RH, parcourt les États-Unis en long en large et en avion, chargé de licencier les employés que les entreprises qui font appel à ses services n'ont pas le courage de virer elles-mêmes (job so trendy, isn't it ?).
Ce boulot de terminator nous vaut quelques sympathiques dialogues avec les employés qu'il transforme en chômeurs ...
Il fait des conférences ici ou là, colportant sa philosophie : moins vous en avez dans le sac à dos (objets, famille, amis, voiture, ...), plus vite vous avancez dans la vie.
Le voilà donc solitaire, accro aux cartes de fidélité (hôtels, voitures de loc, avions, ...) avec une seule obsession : être le prochain américain, le septième, à atteindre un millions de miles sur sa carte American Airlines.
Chemin volant, il rencontrera une comparse (superbe Vera Ann Farmiga) qui, elle aussi, collectionne les miles et les cartes de fidélité(3). Mais n'est-il pas un peu tard pour le beau George ?
Lorsque le client arrive à son million de miles, il a droit au champagne, à une carte personnalisée et à un entretien avec le commandant de bord ... le dialogue qui tue, lorsque le commandant lui demande en substance : "Vous êtes le septième à obtenir cette distinction. Vous êtes le plus jeune, comment avez-vous fait ?" ... et oui, lorsqu'il se retrouve dans son appartement encore plus sinistre qu'une chambre d'hôtel, George est passé à côté de tout, à côté des amis, de la famille, de l'amour. Bref il est passé à côté de la vie et son sac à dos est vide ... Aura-t-il le temps de le remplir ?
Entre le boulot de terminator, la famille oubliée et les amours manquées, la comédie salée-sucrée navigue habilement, délivrant quelques leçons de vie bien senties.
Le café de George Clooney a finalement un drôle de goût, plutôt amer ... c'est tout l'intérêt du film.
 
Ne manquez pas à la toute fin du générique, lorsque tout le monde ou presque a quitté la salle, la chanson-titre que Kevin Renick, un chômeur, a composée pour Jason Reitman : Up in the air, avec un extrait à écouter ici Yakakliker pour écouter.

When people ask me what I'm doing with my life.

I say, "It's up in the air."     (je suis en suspens, entre parenthèses)

_____
(1) : non, je ne suis pas jaloux, je dis les choses qui doivent être dites, c'est tout
(2) : on a même dû s'installer au 3° ou 4° rang pour le voir de plus près, pffff....
(3) : belle prestation également de la part d'Anna Kendrick qui (venue de Twilight !) endosse le rôle pas facile de la jeune louve aux dents longues

Pour celles et ceux qui aiment les aéroports et les voyages d'affaires.
Boustoune est d'accord avec nous, mais pas Gordon.

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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 06:40
Le site de Krakoen, la coopérative d'auteurs

Descente aux enfers.   


Qui donc nous avait mis sur la piste de Jeanne Desaubry et de ses Dunes froides ?

Jean-Marc peut-être ? Enfin, la piste était bonne et facile à suivre, même dans le sable des plages de la mer du nord.

Mais stop, la carte postale s'arrête à la couverture. Dès les premières lignes, l'auteure nous sort la tête du sable pour nous la plonger dans l'ambiance glacée d'un polar plutôt cynique.

Dans la petite maison perdue dans les dunes, un couple. L'homme, âgé, vient de perdre son épouse malade et file le parfait amour avec une jeunette. Une ancienne élève. Dehors, un voyeur. Un journaliste, Un rôdeur aussi. Quelques gendarmes ensuite, par l'odeur du sang attirés.

Cela fait beaucoup de monde autour de la petite maison perdue dans les dunes. Beaucoup trop de monde. 

Il y en aura moins à la fin.

[...] Le couple Markievicz-Rollin est au centre de l'affaire. C'est le seul moyen de faire correspondre les morceaux de ce drôle de puzzle qui rassemble un voyeur, un rôdeur, un cadavre, un incendie. Mais elle a rarement rencontré le cynisme qu'elle devine dans l'agencement des pièces. L'innocence de Duchamp se déduit de l'absence de preuves directes. Quant aux preuves indirectes ... Elles leur ont été offertes comme sur un plateau. Qui leur a servi le plateau ?

Un polar de bonne facture, au montage original, pratiquement sans héros, où l'on découvre peu à peu les pièces du puzzle comme le disait ci-dessus la gendarmette, grâce aux points de vue des uns puis des autres, dévoilés au fil des chapitres, comme dans une spirale. Une spirale infernale car, sur les traces des personnages, on s'enfonce peu à peu dans le sable et l'horreur, en découvrant à chaque tour de roue un peu plus du passé des uns et des autres  ...

L'écriture sèche et glacée de Jeanne Desaubry (1) ne nous laisse aucune chance ...

Les Rita Mitsouko "Les histoires d'amour finissent mal, en général …", sont cités en exergue du livre : on est loin de la carte postale et de la pub pour une escapade en amoureux sur les plages du nord ...
Un petit polar sympa et original, pas prise de tête mais plutôt bien écrit : une auteure à suivre ...
____________
(1) : elle écrit même à la troisième personne du singulier, comme dans l'extrait cité ci-dessus du monologue de la gendarmette : elle a rarement rencontré ... elle devine ...


Pour celles et ceux qui aiment les plages du nord.
La coopérative d'auteurs Krakoen édite ces 230 pages qui datent de 2008.
Patrick, Jean-Marc, Magali et Paul en parlent.
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27 janvier 2010 3 27 /01 /janvier /2010 07:21
Romans d'aventure en parle

C'est pas l'homme qui prend la mer ...   


En écho à notre billet sur l'insolite Histoire d'Usodimare, O. le marin nous a fait découvrir son auteur fétiche : Joseph Conrad un polonais né en Ukraine qui vécu à Marseille et qui écrivait en anglais.

Un homme de voyage, citoyen du monde comme tous les marins, il en était un lui-même pour s'être engagé dans la marine marchande britannique.

Cet auteur mal connu aura vécu la charnière entre les deux siècles (il est mort en 1924) et il influencera les plus grands : Faulkner, Gide ou Malraux, pour ne citer qu'eux.

On a commencé par ce qui n'est peut-être pas son roman le plus facile, mais qui nous conte une histoire proche de celle d'Usodimare : Au bout du rouleau.

L'histoire d'un marin, bien sûr, un de ces grands capitaines de la marine marchande du XIX° siècle, souvent propriétaires de leurs propres navires, qui parcouraient les mers sur leurs grands clippers à la poursuite de la bonne fortune.

C'était avant que les vapeurs ne viennent bouleverser cette économie très particulière.

[...] On ne pouvait s'y tromper : un vapeur désarmé était chose morte ; un voilier semble en quelque sorte toujours prêt à reprendre vie au souffle des cieux incorruptibles ; mais un vapeur, pensait le capitaine Whalley, tous feux éteints, sans les chaudes bouffées qui de ses profondeurs montent à votre rencontre sur le pont, sans le sifflement de la vapeur, sans les bruits métalliques dans son sein, repose là, froid, immobile, sans pulsation, comme un cadavre.

Après la faillite d'une banque anglo-asiatique qui engloutira son capital, le capitaine Whalley se retrouve en mauvaise posture, incapable d'aider sa fille qui a besoin d'argent.

Le commandant réussit tout de même à racheter finalement un petit vapeur et se livre au cabotage le long des côtes, non loin de Singapour.

Malgré la malchance et l'adversité (difficile de vous en dire plus sans trop en dévoiler), il affronte la mer et son destin (1).

Profondément convaincu de la noblesse de son métier de marin et de sa grandeur d'homme, il fixe l'horizon, obstiné, obsédé par l'idée de transmettre à sa fille qui vit au loin, un peu du capital qu'il essaie de préserver en commandant son vapeur le long des côtes.

Une histoire nourrie de celle de Conrad lui-même, à cette même époque criblé de dettes, contraint d'arrêter la navigation ... et pressé par son éditeur d'écrire quelques nouvelles.

Un portrait d'homme (et de quelques autres qu'il croise sur sa route), d'une belle écriture classique, ample et riche, nourrie de détails, au parfum surrané de ce tout début de siècle.

[...] Il y avait eu un temps où les hommes comptaient.

Visiblement, Conrad était de ce temps là.

________

(1) : les héros de Conrad sont ainsi faits qu'ils préfigurent ceux des existentialistes.


Pour celles et ceux qui aiment les portraits de marins.
Gallimard édite ces 161 pages qui datent de 1902 en VO et qui sont traduites de l'anglais par Gabrielle d'Harcourt et Jean-Piere Vernier.
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25 janvier 2010 1 25 /01 /janvier /2010 07:48
Le poème de William Ernest Henley
Je suis le capitaine de mon âme. 

Invictus est un poème de William Ernest Henley (1), le poème préféré de Nelson Mandela.
Dans son dernier film, Clint Eastwood nous raconte un épisode fondateur de la nation arc-en-ciel : en 1995, l'Afrique du Sud organise la coupe du monde de rugby et Mandela saisit cette occasion pour rendre un peu de cohésion à son pays en le mobilisant derrière l'équipe des Springboks (2).
C'est Matt Damon qui endosse le maillot du capitaine de l'équipe (François Pienaar, un afrikaaner on ne peut plus standard, donc raciste).
Et c'est Morgan Freeman (3) qui incarne (c'est le mot) Madiba, leader inspiré.
Bien sûr on peut critiquer le parti pris de Clint Eastwood qui prend soin de gommer tout élément polémique sur Mandela ou cette victoire de l'Afrique du Sud.
Même si le film est parsemé de scènes où affleure la tension qui sépare les sud-africains en deux couleurs de peau.
Mais sans prétendre filmer un reportage, Clint Eastwood nous raconte une histoire.
Il nous raconte le rêve de Nelson Mandela qui réussit le temps de quelques matches à rassembler 42 millions de sud-africains derrière une seule bannière, celle vert et or des Springboks, un drapeau symbole jusqu'ici de la suprématie blanche et de l'apartheid et que les noirs (80% du pays) sifflaient depuis tant d'années.
C'est pour ce rêve d'unité retrouvée que certains vont dans les stades et que l'on peut également aller au cinéma.
Ce rêve que semble vouloir prolonger les spectateurs lorsque toute la salle reste assise pendant le générique de fin ...
Un film plein de bon sentiments et d'émotions (la séquence où les Springboks font la tournée des townships et apprennent le rugby aux gosses est très forte ...) où l'on peut rêver d'un monde où le racisme ne serait plus qu'un mauvais souvenir (c'était d'ailleurs aussi un peu le sujet de Gran Torino).
Accessoirement, Clint Eastwood nous prouve, une fois de plus, qu'à 80 ans il est encore l'un des meilleurs de nos cinéastes : on connait la fin de l'histoire, on connait le score du match de finale, on a même peut-être déjà vu à la télé le drop décisif ... mais on est scotché à son siège, le ventre noué, vont-ils marquer ? vont-ils tenir les prolongations ? vont-ils gagner ? Ouuuiiiiiiiiiii !
Après le football de Ken Loach, on va finir par être accros aux matches ! 
_________
(1) : un poète de la fin du XIXème, atteint d'une tuberculose osseuse ; il fut amputé d'un pied et écrivit ce poème depuis son lit d'hôpital.
(2) :
rappelons nous la victoire des bleus en 1998 et le profit (involontaire, lui) qu'en tira Chirac à l'époque.
(3) : un très beau rôle pour Morgan Freeman, déjà dirigé par Clint dans Million dollar baby, un autre film sur fond de sport ... Nelson Mandela avait choisi lui-même Morgan Freeman pour le représenter à l'écran et Morgan Freeman avait acheté les droits du livre du journaliste John Carlin, qu'il a proposé à Clint Eastwood de mettre en images.

Pour celles et ceux qui aiment le sport.
Pascale est fan de Clint, Zirko a bien aimé, Rob est plus critique.

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23 janvier 2010 6 23 /01 /janvier /2010 06:25
Rue89 en parle

Jérusalem côté palestinien.   


On avait un peu envie de sortir des polars suédois ou japonais, envie de voyager ailleurs, envie d'épingler des petits coeurs dans d'autres coins de notre carte des polars du monde.Le tour du monde en classe polar

On a donc changé de ... crèmerie, pour se retrouver à ... La grande crimerie, une sympathique petite librairie spécialisée polars, dans le X° près de la place du Colonel Fabien.

On y acheté deux billets, l'un pour Rio (on en reparle bientôt) et un autre pour la Palestine.

Cette fois notre guide est un journaliste américain, Matt Rees, qui nous emmène sur les traces du Collaborateur de Bethléem.

On se retrouve aux portes de Jérusalem, côté palestinien, embringué avec le héros (un prof) dans une histoire où se mêlent les rivalités entre les religions (chrétiens, musulmans, les juifs sont en face) et les rivalités entre les factions palestiniennes (Fatah, Hamas, Brigades, ...). Ça cafouille à qui mieux mieux dans une société en pleine déliquescence, minée par la guerre, les querelles intestines et la corruption.

[...] - Dieu sait que s'il n'existait ni Bible ni Coran, notre petite ville vivrait bien plus paisiblement, vous ne croyez pas ? Si la fameuse étoile avait conduit les Rois mages, mettons à Bagdad au lieu de Bethléem, la vie serait bien plus facile ici.

Un héros de la résistance est abattu/assassiné et l'un des anciens élèves du professeur Omar Youssef est accusé de collaboration avec l'ennemi ...

Le prof se lance dans une contre-enquête qui le mènera de péril en péril ...

Toute cette découverte de la vie palestinienne sous l'occupation israëlienne (qui reste en toile de fond) est très instructive même si ce n'est guère réjouissant.

Mais on n'a pas vraiment accroché au personnage principal, le prof, décrit par la quatrième de couverture comme Le site de l'auteurun personnage atypique et charismatique ... atypique certes, mais pas du tout charismatique.

Ce bon père de famille hésitant se retrouve balloté par les événements (on le serait à moins) et peine à nous entraîner à sa suite sur la piste du vrai collaborateur ... et l'intrigue a le goût d'un couscous sans harissa. Dommage !

Reste la découverte, on l'a dit, de la Palestine des palestiniens autrement qu'au JT de 20 heures.
Il faudra donner une seconde chance à Matt Rees ... son second bouquin est déjà traduit : Une tombe à Gaza.

Pour celles et ceux qui aiment les histoires de pays en guerre.
Le livre de poche édite en poche ces 345 pages qui datent de 2006 en VO et qui sont traduites de l'anglais par Odile Demange.
Rue89 en parle comme Anamor et Emeraude.
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On A Tout Rangé