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Le blog de A à Z

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On A Tout Archivé

14 décembre 2009 1 14 /12 /décembre /2009 06:45
Le site de Sophie la harpiste
  Marathon harpistique. 

Jusqu'au 23 janvier, la petite cave du Théâtre de L'essaïon résonne des arpèges d'Angela.
On peut pas vraiment dire que c'est one-woman-show puisqu'elles sont deux sur la petite scène : Sophie, Sophie Bonduelle, c'est la harpiste.
Angela, c'est la harpe ou la harpie, selon les humeurs de Sophie (1).
Harpe ou harpie car, dans Angela for ever, Sophie nous raconte sa vie de harpiste, enrôlée dès l'âge de six ans dans la course aux concours pour cette tâche ingrate qui consiste à attendre pendant des plombes la minute du solo de harpe au sein d'un grand orchestre. Une harpe possessive, jalouse, encombrante mais passionnante ... et prétexte à de nombreuses anecdotes tout autant qu'à de jolis morceaux de musique, de Pachelbel au tango en passant par L'Internationale ou La Moldau.
Les spectacles musicaux sont à la mode depuis une célèbre Framboise belge(2) et on apprécie beaucoup cette façon amusante de nous faire (re)découvrir des musiques méconnues.
Avec Sophie, c'est carrément la réhabilitation d'un instrument désuet et ringard que l'on croyait définitivement embastillé à Versailles.
La mise en scène du spectacle et les textes manquent encore de maturité, mais on est conquis par la bonne humeur, la sincérité pétillante et la fraîcheur de Sophie ... et par les accords d'Angela.
__________
(1) oui, c'est ça Véro, elles sont bien deux sur scène !
(2) voir (et entendre !) aussi le Quatuor et le Jazz et la Diva.


Pour celles et ceux qui aiment la musique.
C'est jusqu'au 23 janvier au théâtre de l'Essaïon.

Froggy en parle.
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12 décembre 2009 6 12 /12 /décembre /2009 13:25
LivrAddict
  Modes & Travaux 

La maison aux souvenirs, de la prolifique américaine Nora Roberts, lu dans le cadre du partenariat entre LivrAddict et l'éditeur Michel Lafon. LivrAddict

Il était une fois l'histoire d'une jeune femme, petite-fille d'une ancienne star de cinéma, délaissée par ses père et mère, venue s'installer en Virginie, fuyant le monde du show-biz de la côte ouest.

Elle rachète la maison de sa grand-mère maternelle et entreprend de la rénover de fond en comble et de la cave au grenier, essayant ainsi de se reconstruire elle-même, de renouer avec son passé et ses attaches familiales.Le répertoire alphabétique des polars

Rien n'est épargné aux fans de bricolages (1) : le choix des robinets ou des carrelages, de la couleur des murs ou des bois des parquets, le décapage des antiques moulures, le découpage des nouvelles étagères, le rénovage des vieux fourneaux, le ponçage des anciennes boiseries, ... on se croirait dans La maison de Marie-Claire ...

Notre jolie blonde est aidée de quelques artisans du coin, de son père divorcé et remarié, d'un beau voisin célibataire dessinateur de BD, d'un "ex" qui passait par là à moto ... et cela fait beaucoup de monde qui rôde autour de la jeune femme.

Forcément de vieilles histoires, de sombres rancunes et de douloureux secrets vont ressurgir de la poussière soulevée par les travaux (la grand-mère, enceinte d'un amant caché, s'est suicidée dans la maison peu après que son fils se crashe en voiture entraînant dans sa perte quelques jeunes du coin, ouf).

Peu à peu, au fil des pages brico-déco, entre carrelage et vernissage, ça se gâte : "on" vient nuitamment déraciner les nouvelles plantations, taguer la belle voiture, saccager les robinets tout neufs, et même assommer son ex rentré un peu tard ... mais qui est donc cet ennemi qui ne lui veut pas du bien ?

Hmmm, serait-ce le beau voisin qui lui fait une cour trop insistante et ne pense qu'à la coucher sur une planche de BD ?

[...] - Je vais mettre un verrou.

- Ce serait peut-être plus prudent. Et les lettres tu les a mises où ?

- Quelles lettres ? demanda Steve.

- À part moi, est-ce tu as dit à quelqu'un que tu avais découvert des lettres dans le grenier ?

- À mon père.

- Tu as trouvé des lettres dans le grenier ? Le mystère s'épaissit.

- On se croirait dans un téléfilm.

On ne saurait mieux dire !

Paradoxalement, pour peu qu'on le veuille bien, on se laisse prendre au jeu et on dévore ce roman à vive allure, bercé par une prose facile (MAM : c'est mieux écrit que Patricia Highsmith) et titillé par l'impatience de découvrir le fin mot de l'histoire.

Finalement on aurait presque apprécié un dénouement très second degré avec un bricoleur fou, obsédé du tournevis ou de la chignole, mais, las, la fin se révèlera bien plus classique.

À classer dans les romans TGV, écrits et lus à grande vitesse. Pour se reposer les neurones entre deux réveillons.

______
(1)  : évidemment, BMR hait le bricolage !


Pour celles et ceux qui aiment le brico et la déco.
Michel Lafon édite ces 329 pages en poche qui datent de 2008 en VO et qui sont traduites de l'anglais par Joëlle Touati.
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9 décembre 2009 3 09 /12 /décembre /2009 07:16
Alapage
  Roman polyphonique.  

C'est une critique du Figaro(1) qui nous avait aiguillés vers Lark et Termite, l'un des rares bouquins de l'américaine Jayne Anne Philips.
AlapageEt c'est dans le cadre d'un partenariat proposé par Alapage que nous avons pu lire ce livre.
Jayne Anne Philips a situé son histoire dans les années 50 dans une bourgade US (avec quelques scènes en Corée, c'était l'époque de cette guerre-là).
Une histoire à quatre voix qui alternent au fil des chapitres.
La voix du capitaine Leavitt en train de crever sur le champ de bataille, en plein cafouillage entre les réfugiés coréens de tous bords, la progression des communistes et le pilonnage des forces américaines.
Au pays, on écoutera la voix de la jeune Lark, fille d'un premier mari de Lola, la femme du capitaine.
Puis la voix intérieure de Termite, un handicapé autiste, le fils de Leavitt et Lola que son père n'aura jamais eu le temps de voir et à qui on fête l'anniversaire régulièrement et plusieurs fois par an parce qu'il semble adorer ça. Et enfin, la voix de Nonie qui élève les deux enfants de sa soeur Lola, Lark et Termite.
Car il manque bien sûr cette cinquième voix : celle de Lola, la femme du capitaine, la mère des deux enfants, la soeur de Nonie. Au fil des chapitres on devine peu à peu son portrait comme dessiné "en creux", en négatif photo, en écho aux voix des autres personnages pour qui son absence est désormais une fêlure définitive.
Tous les quatre sont abandonnés, perdus : le capitaine dans la déroute de la guerre de Corée, Nonie à élever des enfants qui ne sont pas les siens, aimer un homme qui n'est pas vraiment le sien, Termite dans les ténèbres de son propre corps et Lark sans père ni mère, juste un demi-frère.
Tous les quatre ont été abandonnés par Lola et tous ont charge d'âmes : le capitaine et sa colonne de réfugiés coréens, Lark et son frère handicapé, Nonie et les deux enfants.
Au terme de cette histoire, les orages, les rivières et les inondations du sud-est américain viendront, tels un déluge salvateur, emporter ces secrets qui leur pèsent, balayer ces non-dits qui les emprisonnent, et la jeune Lark (l'alouette) retrouvera les souvenirs qui la délivreront du passé.
Pour être tout à fait honnête, les voix agitées du capitaine dans son tunnel coréen et du jeune Termite dans son tunnel intérieur, étaient un peu trop oniriques et chaotiques à notre goût, contrastant avec la clarté limpide des destins de Lark et Nonie.
À propos de Termite :
[...] Le fait est que, dès qu'ils ont compris qu'il n'est pas le cas d'urgence qu'il peut avoir l'air d'être, ils trouvent toutes les excuses pour l'approcher. Il ne réclame rien et il ne communique pas de façon habituelle, mais à sa manière, dans son silence, il les prend en compte. Cela ressemble beaucoup à l'impression qu'on a en regardant une étendue d'eau assez vaste pour vous apaiser, un étang, un lac ou une rivière. Ou l'océan bien sûr. La première fois que j'ai collé l'oreille à un coquillage, c'était un peu comme si j'avais finalement entendu le son dans lequel vit Termite.
_____
(1) : oui, des fois dans le TGV ou à l'hôtel y'a que ça, alors ...

Pour celles et ceux qui aiment l'absence.
Christian Bourgeois édite ces 425 pages qui datent de 2006 en VO et qui sont traduites de l'anglais par Marc Amfreville.
Georges en parle comme Télérama et Sylvie, et ce blog propose même une interview de l'auteure.
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8 décembre 2009 2 08 /12 /décembre /2009 07:06
Mag en parle
Tout pour la musique. 

Une mauvaise critique de Télérama, un bouche-à-oreille continu, il n'en fallait pas plus pour nous emmener voir Le Concert (tardivement, certes).
Voir ce petit film boudé par les critiques mais plébiscité par le public qui n'en finit pas de remplir les salles (petites mais combles) plusieurs semaines après sa sortie.
Le roumain Radu Mihaileanu (celui de Va, vis, deviens) est à la caméra, le russe Aleksei Guskov (une star chez lui, inconnu chez nous) est à la baguette et la belle Mélanie Laurent (Inglorious basterds, Je vais bien ... ) est au violon.
À Moscou aujourd'hui, l'orchestre du Bolchoï n'est plus que l'ombre de lui-même. Les anciens maîtres de la musique classique ont été relégués par les obsessions antisémites et anticapitalistes des années Brejnev, à des emplois subalternes (balayeur, chauffeur d'ambulance, ...) et ne rêvent que de remonter sur scène.
L'ancien chef d'orchestre monte une supercherie et usurpe le rôle du Bolchoï officiel pour un concert au théâtre du Châtelet à Paris (quel monument il représentait pour l'époque !).
Il faut battre le rappel des anciennes gloires, trouver l'argent du voyage à Paris, des chaussures et des costumes, des instruments aussi, bref l'épopée commence jusqu'au glorieux final.
Alors oui, les critiques sévères ont raison, le film est bourré de clichés et de maladresses, inutile de les lister ici. Oui.
Mais non, ça ne suffit pas à nous gâcher le plaisir tout au long de cette sympathique histoire invraisemblable, ni l'enthousiasme qui gagne l'orchestre et les spectateurs pour le concert finalement donné et réussi.
Dans son film, Radu Mihaileanu nous dit qu'un orchestre, c'est fait de plein de gens d'origines et d'horizons divers et variés qui réussissent à communier (c'est ça le vrai communisme) dans la recherche de l'harmonie musicale.
Et son cinéma est fait du même bois à violon : c'est plein de petits films différents destinés à raccoler des spectateurs d'origines et d'horizons divers et variés qui viennent s'enthousiasmer tous ensemble et appplaudir l'orchestre.
Car il y en a pour tous les goûts.
De la farce et de la bonne humeur : le mariage mafieux filmé à la Tarantino, le doublage des films pornos en tricotant et jouant de la clarinette, la fabrication à la chaîne des faux passeports dans la salle d'embarquement de l'aéroport (1), ...
De la social-nostalgie : les fausses manifs du PC Russe, les trop rares plans sur le building stalinien de l'hôtel Ukraina(2), les anciens camarades de la place du Colonel Fabien à Paris, ...
Et même des larmes et du mélo : le destin et l'histoire secrète de Mélanie Laurent. Un film bariolé, de bric et de broc, tout comme l'orchestre reconstitué.
Avec de très très belles scènes semées de ci de là.
Comme au début du film, ces descriptions de la vie désenchantée des moscovites.
Comme le tzigane qui prend le violon des mains de Mélanie Laurent et commence à jouer des airs manouches sous les moues arrogantes des uns ou des autres ... jusqu'à faire la démonstration qu'il joue finalement mieux que la star elle-même (genre un violon peut en cacher un autre).
Et bien sûr, comme ce long final, ce concert où l'on assiste en direct à la magie de la musique lorsque Mélanie entraîne derrière son violon, tout l'orchestre et nous avec elle.
Car le véritable sens du film de Radu Mihaileanu est bien là : tout pour la musique.
On pense bien sûr au récent Farewell, non seulement pour les presque mêmes vues de Moscou, mais aussi pour le fils du colonel Farewell qui, les deux pieds dans la neige, rêvait d'être Freddy Mercury à l'ouest. Un même rêve pour une autre musique.
Ou encore à la Fanfare égyptienne (3) qui était venue se perdre fin 2007 dans une colonie juive : on titrait alors "conte de Noël" ... Ce Concert pourrait bien être le conte du Noël 2009.
_________
(1) attention il ne faut pas croire tout ce qu'on voit au cinéma : nos nombreuses heures d'attente dans les couloirs de Cheremetievo au fil de nos voyages, nous permettent de vous assurer que ce n'est certainement pas cette ambiance festive et bon enfant qui attirent les voyageurs à Moscou mais uniquement les tarifs pratiqués par l'Aeroflot sur de nombreuses destinations depuis l'aéroport le plus sinistre de la planète !
(2) notre hôtel lors de notre dernier voyage en Russie, un charme stalinien fou !
(3) notamment lorsque l'orchestre russe prend, à pied, l'autoroute de l'aéroport.


Pour celles et ceux qui aiment la musique, bien sûr.
Tioufou et Mag ont bien aimé, comme nous.
Pascale et Alexandra sont plus sévères.

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7 décembre 2009 1 07 /12 /décembre /2009 07:28
Le site du Comédia
  L'amour travesti ou la comédie avec contrefaçon. 

Un bouffon sur l'affiche, un théâtre de boulevard, une mise en scène vaudevillesque de Nicolas Briançon, on se croirait très loin du théâtre élisabéthain pour cette Nuit des rois (Twelfth night, la douzième nuit des fêtes de l'Épiphanie), une comédie burlesque de maître Shakespeare.
Mais du haut de ses 400 ans, ce texte vous enchante encore, revivifié par une nouvelle traduction de Jean-Michel Désprat.
Le spectacle est complet : théâtre bien sûr, décor simple mais astucieux, escrime, musiques, chansons et même numéros de gigue.
Au-dessus de la joyeuse mélée (ils sont une bonne douzaine sur scène) on retrouve la très belle Chloé Lambert, la pétulante Émilie Cazenave, le chantant Arié Elmaleh (le frère de Gad) et surtout, surtout, la fraîche et lumineuse Sara Giraudeau (la fille de Bernard et d'Anny Duperey) qui du haut de ses vingt-quatre ans assure une présence extraordinaire sur scène. Tous dominent vraiment leur texte (pas toujours facile) et c'est un plaisir de les voir jouer aussi bien.
Mais au-delà de ces très bons moments de théâtre (et d'amusement) c'est aussi l'occasion de rédecouvrir attentivement le texte très incorrect de cette Nuit des rois, nuit de carnaval, nuit des travestissements et des transgressions.
Deux jumeaux (Viola la fille, Sébastien le garçon) échouent d'un naufrage dans une nouvelle contrée. Ils sont séparés et ignorent chacun que l'autre a survécu.
Viola, la fille, se travestit en jeune homme et se fait embaucher comme page à la cour du duc (où tous les pages sont des jeunes femmes travesties et où les chevaliers sont en kilt  !).
Le duc se pâme d'amour à sens unique pour la comtesse voisine. Viola se pâme d'amour en secret pour le beau duc.
Le duc envoie son page auprès de la comtesse pour plaider sa cause qui semble bien désespérée.
Et la comtesse, à son tour, de se pâmer d'amour pour le beau jeune homme ... qui est donc une jeune fille.
Tout rebascule lorsque le frère de jumeau de Viola réapparait ... sous les mêmes traits que la jeune fille qui s'était travestie en garçon !
Le site du ComédiaThéâtre dans le théâtre : je ne joue pas ce que je suis ...
(À l'époque de Shakespeare tous les rôles féminins étaient joués par des hommes - on retrouve là un peu le même sel épicé des Femmes savantes dont on parlé il y a peu).
Toute une clique de joyeux bouffons, véritables "fous du roi", viennent égayer la pièce et remettre la folie du côté des humains et la sagesse du côté des fous.
Ici, Shakespeare se définit lui-même comme un corrupteur de mots.
Une joyeuse troupe de très bons comédiens pour un texte plein d'esprit.

Pour celles et ceux qui aiment les beaux jeunes hommes.
C'est jusqu'au 3 janvier au théâtre Comedia.

Critikator en parle, l'eboule et Culturofil aussi.
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4 décembre 2009 5 04 /12 /décembre /2009 10:30
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  Crois-tu aux fantômes, camarade ? 

Ah ! on avait déjà été enchanté par La dent du bouddha du même Colin Cotterill, mais voilà-t-y pas que le premier épisode, Le déjeuner du coroner, est encore mieux ?
On les a donc lus dans le désordre mais peu importe (1).Le répertoire alphabétique des polars
Le déjeuner du coroner met en scène ce fameux coroner laotien, le Dr. Siri Paiboun, sorte de croisement asiatique entre une Kay Scarpetta pour la profession et un Jean-Baptiste Adamsberg pour le tempérament fantasque.
On se laisse promener avec délectation dans ce Laos provincial et bonhomme de la fin des années 70, au lendemain de la révolution du Pathet Lao.
Après que japonais, français et américains ont laissé l'Asie du sud-est en chantier, le Laos se remet lentement de la tourmente même si une bonne partie de la population a fuit le pays en traversant le Mékong pour rejoindre la Thaïlande.
Sont restés ceux qui ne savaient pas nager et le tout nouveau régime communiste a bien du mal à reprendre les rênes du pouvoir ... et celles de la corruption.
[...] En fait, bien des Laotiens demeurés dans la capitale après la prise du pouvoir soutenaient le nouveau régime. On estimait qu'ils ne pouvaient pas faire pire que leurs prédécesseurs, et le peuple était écoeuré et las d'être une possession coloniale. Quitte à être mal gouverné, autant l'être par d'autres laotiens.
Même si les grands frères russes, chinois et vietnamiens apportent "volontiers" aides et conseils ...
[...] On ne manquait pas de "conseillers" vietnamiens dans la capitale. Les cyniques - et Siri en était un grand devant l'Éternel - insinuaient qu'avec tous ces conseils en provenance de Hanoi, la langue officielle ne tarderait pas à devenir le vietnamien.
Le pays se reconstruit doucement : on y compte déjà 17 feux rouges (un 18ème est en discussion dans les hautes sphères du Parti où certains estiment que cette pénurie de feux tricolores ternit  l'image du pays aux yeux des étrangers), 7 avions et même 1 hélicoptère prêté à plein temps, équipage compris, par les russes pour transporter les VIP du Parti (mais qu'a donc bien pu faire l'équipage russe pour être ainsi exilé à demeure au Laos ?).
Et Siri Paiboun est donc ce vieux docteur de 72 ans que le régime a plus ou moins mis au placard dans la seule et unique morgue du pays, piètre communiste et piètre bouddhiste comme il se définit lui-même.
Il travaille avec les moyens du bord dans la petite capitale, Ventiane, de ce petit pays dévasté : par exemple il dispose de l'un des rares appareils photos et surtout de quelques plus rares encore pellicules ... qu'il doit disputer avec les infirmières plus soucieuses d'envoyer des souvenirs de leurs fêtes, anniversaires et petits-amis à leur famille restée à la campagne.Candidat au best-of 2009
L'intrigue mêle habilement la politique (on a retrouvé des cadavres de viets qui auraient été trucidés par des laos ? de quoi attiser le feu qui couve à la frontière ...), la vie locale (encore un cadavre, celui de la femme d'un ponte du Parti) et le Dr. Siri Paiboun est fréquemment visité par les fantômes des uns et des autres qui viennent lui suggérer comment faire avancer l'enquête et gagner ainsi le repos de leur âme.
Dans notre précédent billet, on tirait un parallèle entre l'humour et l'esprit dont faisait preuve Colin Cotterill et les voyages à Bangkok de John Burdett.
Cette fois, c'est plutôt avec Fred Vargas qu'on serait tenté de relier Colin Cotterill, tant son Dr. Paiboun ressemble par certains aspects à l'inénarrable Adamsberg. Même si le contexte est bien sûr très différent (pas grand point commun entre Ventiane et Paris !) ils partagent tous deux le même esprit un peu déjanté à l'affut des connexions cachées et souterraines qui dirigent notre univers.
De plus, la même ambiance bon enfant imprègne les romans des deux auteurs qui font preuve d'une grande tendresse envers leurs personnages.
Vraiment, Colin Cotterill est pour nous cette année, l'auteur polar à découvrir.
_____
(1) : on apprend quand même dans ce premier épisode quelques clés pour expliquer la situation du Dr. Siri Paiboun (le décès de son épouse, son anti-conformisme qui le verra relégué comme coroner, ...)

Pour celles et ceux qui aiment les esprits.
Le livre de poche édite ces 314 pages en poche qui datent de 2004 en VO et qui sont traduites de l'anglais par Valérie Malfoy.
Mika en parle, Martine, Goelen également. Dasola et Le Nocher aussi.
Les photos du Mékong de Lâm Duc Hiên sur les Grilles du Luxembourg.
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1 décembre 2009 2 01 /12 /décembre /2009 17:35
Le site de l'auteur
  Crois-tu aux fantômes, camarade ? 

Lorsqu'on écume les blogs et les boutiques en ligne à la recherche de nouveaux auteurs il arrive que l'on ressente parfois le frisson du pêcheur qui remonte son filet plein de nouveaux poissons à l'air inconnu mais savoureux. Hmmm, un nouveau banc, poissonneux et prometteur.
Ce plaisir fut le notre, une fois attrapé Colin Cotterill dans notre toile.
Un auteur britannique qui vit au Laos et en Thaïlande et qui travaille au sein d'ONG à la réinsertion d'enfants victimes de la prostitution.
La dent du Bouddha est son deuxième polar après Le déjeuner du coroner (prix SNCF du polar en 2007).Le répertoire alphabétique des polars
Voici donc encore un occidental victime d'asiatite aigüe tout comme John Burdett et sa série Bangkok dont on reparlait il y a peu. Burdett situe ses intrigues en Thaïlande, Cotterill s'installe tout à côté, au Laos, et les parallèles sont nombreux entre les deux écrivains. Tous deux font preuve de beaucoup d'humour (même s'ils se situent sur des registres différents), tous deux nous donnent la mesure du fossé qui sépare les cultures occidentale et asiatique et tous deux nous laissent aux prises avec la mystérieuse magie des fantômes de l'orient.
Mais le monde laotien de Cotterill est quand même plus "cool" que l'infernale jungle urbaine du Bangkok de Burdett !
C'est Siri Paiboun le coroner officiel du régime de Ventiane (et apparemment le seul coroner du pays !) qui nous guide dans le Laos communiste des années 70. Après que français et américains ont abandonné le pays aux griffes du dragon vietnamien.
[...] Il passa sous l'écriteau écrit MORGUE en français, s'essuya soigneusement les pieds sur le paillasson américain WELCOME, et entra dans le frais et sombre bâtiment de plain-pied.
[...] En dépit de la canicule, on n'avait pas ouvert les fenêtres depuis le départ des Américains. (La culture française avait brièvement été supplantée ici par les cours de langue américaine.) La seule culture à n'être pas mise en valeur était celle du Laos.

On retrouve ici à Ventiane le même humour finaud et savoureux avec lequel Burdett nous avait amusés à Bangkok.
Cotterill mène son intrigue avec nonchalance (forcément avec cette canicule) et brocarde gentiment le régime communiste qui a bien vite repris les rênes de la corruption et de la prévarication des mains de la famille royale.
[...] Il se désolait de voir le potentiel du Laos gâché par ses laborieux collègues, mais mieux valait, convenait-il, être un communiste laborieux qu'un capitaliste déchaîné.
Un régime communiste que les meilleurs nageurs ont fuit en traversant le Mékong pour la Thaïlande.
Français et américains, on l'a vu, en prennent également pour leur grade :
[...] - Tu as entendu parler de la visite des sénateurs ?
- Le seul moyen pour moi d'apprendre quelque chose, c'est par toi, Camarade.
- Eh bien, nous avons reçu une délégation de Washington.
- Ils veulent qu'on leur rende leurs bombes ?

On aura compris que l'intrigue policière reste à l'arrière-plan et n'est que le prétexte de la balade dans Ventiane, petite bourgade provinciale engourdie dans la chaleur. Avec même en prime une excursion à Luang Prabang, l'ancienne capitale royale.
Alors l'enquête, quand même ? Et bien, un ours s'échappe en pleine ville et les cadavres commencent à s'accumuler, victimes de coups de griffes (celles de l'ours ?) et de morsures (celles d'un tigre ?). Un coffre royal semble renfermer une puissance maléfique.
Il faudra toute la sagesse bouddhique de Siri Paiboun pour démêler ces fils dont la réalité s'entrecroise avec celle de l'au-delà. Heureusement Siri est aidé par ses fantômes qui viennent le conseiller, l'aider ou même parfois le tourmenter.
On terminera sur cet étonnant parallèle avec la fin de Bangkok Psycho (Burdett, on en parlait plus tôt) : deux histoires où vivants et esprits s'entremêlent et s'entraident pour venir à bout de l'intrigue policière. Avec habileté, intelligence et finesse, ces deux auteurs réussissent à secouer un peu la poussière cartésienne accumulée sur nos neurones occidentaux.
On se surprendrait presque à compter ses propres dents du bout de la langue, histoire de vérifier qu'on n'en a pas trente-trois comme le Bouddha ...
Notre tour du monde en classe polar
Et puis voilà de quoi épingler un petit coeur de plus sur notre carte du monde des polars, au pays du million d'éléphants (Lan Xang en VO).

IDEOZ, le magazine des voyages pour voir le monde autrementCe billet est également paru sur Ideoz, le magazine du voyage.

Pour celles et ceux qui aiment les esprits.
Le livre de poche édite ces 312 pages en poche qui datent de 2005 en VO et qui sont traduites de l'anglais par Valérie Malfoy.
Yozone en parle, Mario est plus critique. Le site de l'auteur.
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28 novembre 2009 6 28 /11 /novembre /2009 08:48
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 Le rat des champs et le rat de bibliothèque. 

 Katarina Mazetti (malgré son patronyme aussi peu nordique que celui de la chanteuse Sophie Zelmani) est une auteure suédoise qui est un peu au royaume de Gustaf ce qu'Anna Gavalda est à notre hexagone.

Son premier roman est un succès planétaire et raconte ... l'histoire de la rencontre entre une femme et un homme.
Elle, se recueille sur la tombe de son insipide mari disparu un peu trop tôt. Lui, Le mec de la tombe d'à côté, vient fleurir la tombe de ses parents.
Elle, se trouve un peu trop jeune pour finir seule dans le veuvage parmi ses collègues bibliothécaires. Lui, exploite des vaches laitières et voudrait bien une paire de bras supplémentaire pour l'aider à la ferme.
Tout, mais vraiment tout, sépare ce rat des champs et ce rat de bibliothèque qui ne sont absolument pas faits l'un pour l'autre. Ou alors, précisément, qui sont indiscutablement faits pour se compléter et couler des jours heureux .. et agités.
Entre eux, c'est le coup de foudre, enfin à la suédoise :

[...]  Et j'étais tombé amoureux d'elle.

Ce n'était pas exactement un déclic. Plutôt comme quand je touche la clôture électrique sans faire gaffe.

Lui, n'entend rien à la poésie ni aux théories de Lacan. Elle, est de celles qui croient qu'il y a moins de travail à la ferme l'hiver pendant l'hibernation des vaches.
Lui
, s'endort en ronflant pendant l'opéra. Elle, n'est pas fichue de réussir des boulettes de viande (1).
Lorsqu'ils louent "un" film, ils prennent deux DVD : lui, Police Academy, elle, La leçon de piano, et ils dorment chacun leur tour sur le canapé pendant le film de l'autre.
Le bouquin, imprégné d'une douce ironie pleine de tendresse pour ces deux personnages, alterne ainsi les chapitres avec "lui" et avec "elle", nous faisant vivre et revivre avec beaucoup d'humour les scènes sous un jour ou un autre. Le procédé est bien un peu facile et répétitif mais réussit finalement à composer un petit bouquin sympa et léger, frais et enjoué, qui se lit avec plaisir. 
Moralité sans prétention de la part de Katarina Mazetti : ouvrez les yeux sur la vraie vie et vos proches !

 

Et c'est également au théâtre !
____
(1) : les filles, sachez-le, c'est la recette incontournable pour gagner le coeur d'un suédois ...


Pour celles et ceux qui aiment les amours impossibles.
Actes Sud Babel édite en poche ces 253 pages qui datent de 1998 en VO et qui sont traduites du suédois par Lena Grumbach et Catherine Marcus.

Bien entendu toute la blogoboule en parle : Papillon, Lilly, Clarabel,
D'autres avis encore, plus mitigés, sur Critiques Libres.

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26 novembre 2009 4 26 /11 /novembre /2009 08:35
Pascale en parle
Portrait de femme. 

Nombreuses sont les fées du show-biz qui se sont penchées sur le berceau Des vies privées de Pippa Lee.
À la caméra : Rebecca Miller (la fille d'Arthur), dans le rôle principal : la superbe Robin Wright Penn (la femme de Sean), Brad Pitt à la production (mais pas dans le film, stop les filles !), et dans d'autres rôles : Wynona Rider, Keeanu Reeves (qui sait faire autre chose que superman, si, si), Julianne Moore, Monica Bellucci, ...
Et tant qu'on est dans le casting, il faut noter l'étonnante Blake Lively qui joue le rôle de Pippa Lee jeune. Fin de la séquence pipole.
Rebecca Miller adapte ici son propre bouquin. L'histoire d'une femme à l'approche de la cinquantaine. Mariée à un homme plus âgé qu'elle.
Editeur à succès, il en est à son troisième infarctus et il emménage dans une banlieue chic du Connecticut pour vieux riches, tout près de leurs amis, histoire de lever le pied et prendre sa "retraite". Pippa Lee est aux petits soins pour lui. Ce qui lui insupporte car il a ainsi l'impression d'avoir déjà un pied dans la tombe.
De son côté, elle se voit certainement vieillir trop vite dans ce mari qui a vingt ou trente de plus qu'elle.
Pippa Lee a deux beaux enfants, une belle maison, des amis agréables, des voisins sympathiques, un riche mari intello, tout pour être ...
Pippa Lee a pourtant eu, par le passé, une vie agitée (et même plusieurs vies). Sa mère était hystérique et dépressive et se shootait à la benzédrine sous prétexte de déficit thyroïdien. C'était la belle époque des petites pillules et Pippa Lee a, en bonne fille, suivi le chemin de sa maman. Sur sa route, elle rencontre la fine fleur de la contre-culture de la côte Est ...
Le film est ainsi construit d'astucieux parallèles entre la vie maintenant rangée de Pipa Lee aux côtés de son vieillissant mari et le passé agité des artistes des années 70. La scène de la rencontre est d'ailleurs un grand moment de cinéma.
Bien sûr, Pippa Lee s'ennuit aujourd'hui. On ne vous raconte pas tout mais Pippa est tellement angoissée par le vide de son couple, de sa famille, qu'elle se met à faire des crises de somnambulisme.
Heureusement (on est au cinéma), elle finira par se réveiller.
Un film au message judicieux et salvateur : on a droit à plusieurs vies, comme les chats.
Tout le charme de ce petit film gentiment mais sereinement incorrect (un coup de coeur très personnel de BMR & MAM), c'est sa douceur et sa sensibilité sans prétentions. La justesse et la richesse de ce très beau portrait de femme porté par une actrice radieuse.
Enfin, deux actrices avec la jeune Blake Lively déjà citée.
Les critiques qu'on peut lire ici ou sont mitigées : notre coup de coeur est donc sans doute réservé à ceux de la génération de Pippa Lee qui ont eu droit à plusieurs vies ...

Pour celles et ceux qui aiment les belles femmes mûres.
Maître Ludo a bien aimé, lui aussi.
Pascale et Ingrid en parlent, Rob Gordon n'a pas trop aimé. Antigone parle du bouquin.
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24 novembre 2009 2 24 /11 /novembre /2009 07:31
Le site du metteur en scène
Boulevard des italiens. 

C'est Clémentine Célarié (il n'en fallait pas plus pour nous attirer !) qui joue les Serva Amorosa au théâtre Hébertot, dans une mise en scène de Christophe Lidon.
Du haut de ses 84 ans (!!!), Robert Hirsch campe magistralement (ah, la scène du jeu de cartes !) Ottavio, le vieux bougon retombé en enfance et en amour : il a épousé en secondes noces l'intrigante Béatrice (Claire Nadeau) moins attirée par sa richesse intérieure que par ses richesses tout court. La servante Coraline (Clémentine Célarié donc) mène toute l'histoire et tout son petit monde à la baguette, rabiboche qui doit aller avec qui, et tout est bien qui finit bien.
Dans le Vérone de Carlo Goldoni, les servantes sont priées de rester à leur place et de ne pas s'amouracher du fils de leur maître : chacun selon sa condition, c'est là, en 1752, le secret d'un monde paisible. Même si dans ce monde (mais ça c'est éternel), ce sont les femmes qui mènent les hommes par le bout du nez.
Goldoni est souvent comparé à Molière (qu'il admirait parait-il) mais, après avoir vu Les femmes savantes il y a quelques jours (avec certains échos entre les deux textes sur la place de la femme dans la société), on doit bien admettre que, cent ans plus tôt, Jean-Baptiste Poquelin était beaucoup plus incisif, satirique, mordant.
Reste avec Goldoni, le pur plaisir de la comédie et du rire : dans un décor astucieux à plusieurs niveaux mettant en scène les différentes maisonnées de la ville, toute la troupe, très homogène, se régale et nous régale, emmenée tambour battant par une Clémentine Célarié touchante et un Robert Hirsch ahurissant.
Et cette fois avantage à Goldoni, la langue de l'italien s'avère étonnament moderne et agréable.

Pour celles et ceux qui aiment les veaudevilles.
Le Figaro en parle, l'Italie à Paris aussi.

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