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On A Tout Archivé

25 octobre 2009 7 25 /10 /octobre /2009 15:29
Le site du photographe
Un fleuve pour six pays.

Les grilles du Luxembourg nous offrent encore une belle expo photos : celles du photographe laotien Lâm Duc Hiên (sorte de Yann Arthus-Bertrand asiatique) parti à la recherche des sources du Mékong, fleuve mythique d'Asie qui, parti des plus hauts sommets, arrose six ou sept pays et fait vivre près de cent millions d'humains.

Superbes photos de ces tibétains, chinois, laotiens, cambodgiens, vietnamiens, thaïs et birmans qui vivent au bord de l'eau, qui vivent de cette eau : pêche, sel, bateaux, habitat, rizières et pieds dans l'eau.

Le site du photographe

 

À l'heure où l'eau de notre planète est devenue aussi rare et précieuse que le pétrole au point de justifier même certaines guerres plus ou moins larvées, le Mékong, l'un des plus grands fleuves du Monde, est devenu un enjeu politique entre les pays riverains tout autant qu'une ressource naturelle menacée par le développement des industries et des barrages.


IDEOZ, le magazine des voyages pour voir le monde autrementCe billet a également été posté sur Ideoz, le magazine du voyage.


Pour celles et ceux qui aiment la vie au bord de l'eau.

 


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Published by BMR & MAM - dans Paris
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23 octobre 2009 5 23 /10 /octobre /2009 07:18
Cottet en parle
  Petits crimes entre amis japonais.

Savoureuses petites nouvelles policières venues du pays du soleil levant.
Un peu dans la même veine que les nouvelles de Matsumoto Seicho dont on avait parlé en début d'année, voici un recueil de Kyotaro Nishimura : Petits crimes japonais.
On y retrouve un peu de cette fascination pour le crime parfait et de cet amour des histoires policières à l'ancienne.
Les sept nouvelles sont inégales mais plusieurs valent le détour par Tokyo.
Comme celle de ce policier compatissant qui alpague les SDF pour les mettre à l'abri en prison, à leur demande.
De quoi lui donner l'idée d'un crime sinon parfait, du moins avec un coupable consentant ... ou presque, bien sûr !
Ou encore celle du pickpocket qui ouvre le bouquin et les poches de ses voisins de métro. La plus réussie avec un dénouement tout en subtilité qu'on prend la liberté de vous dévoiler ici.
D'autres sont plus "japonaises", plus étranges, comme celle du jeu de la charité où tel est bien pris qui croyait prendre.
Loin des agitations occidentales, Kyotaro Nishimura prend son temps pour nous emmener en quelques pages au coeur de son lointain pays.

Pour celles et ceux qui aiment les crimes presque parfaits.
Clancier Guenaud édite ces 212 pages en poche qui datent de 1978 en VO et qui sont traduites du japonais par Jean-Christian Bouvier ou de l'anglais par Jean-Paul Gratias.
Cottet en parle.
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Published by BMR & MAM - dans Bouquin
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19 octobre 2009 1 19 /10 /octobre /2009 11:14
Le site du musée
Et la lumière fut.

Il y a deux ans, Lalique s'exposait au Luxembourg.
Même lieu, même époque (belle époque), c'est au tour de Louis Comfort Tiffany de nous rendre visite, celui qui est un peu le jeune cousin américain de notre lorrain Émile Gallé.
À travers ses verres et ses vitraux, Tiffany est une sorte d'alchimiste capable de transformer le plomb et le bronze en lumière.
Vases, lampes, vitraux, tout est prétexte à cette transmutation magique particulièrement bien mise en valeur dans les salons du Luxembourg (pour une fois !).Le site du musée
La lampe pond-lily (nénuphar) ci-contre est l'un de nos coups de coeur.
C'est l'époque Art nouveau qui voulait cela et l'on retrouve ici les sensations déjà découvertes avec les bijoux Lalique : une alliance mystérieuse entre les matériaux lourds comme le plomb ou le bronze et la légèreté du verre translucide qui produit des objets d'une autre époque, presque d'un autre monde, comme un décor de science-fiction.
L'expo est agréablement et utilement commentée de planches explicatives et, on l'a dit, cette fois le musée a fait de réels efforts dans la mise en scène. C'est superbe et lumineux !

Pour celles et ceux qui aiment les transparences, ils ont jusque mi-janvier pour en profiter.
Paris Match en parle.
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16 octobre 2009 5 16 /10 /octobre /2009 21:21
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Quinte flush royale. 

Dai Sijie n'est pas un inconnu.

Depuis Balzac et la petite tailleuse chinoise, dont on parlait il y a deux ans, un livre qu'il a mis lui-même en images.

Le revoici de nouveau avec (encore un titre improbable) : L'acrobatie aérienne de Confucius.

Comme dans son précédent bouquin, Dai Sijie excelle dans l'art d'interpeller la littérature pour mieux la mêler à son propre roman. 

Il est par exemple ici question de Rabelais ou encore d'un manuscrit de Tomé Pires, une sorte de Marco Polo portugais.

Dai Sijie construit sa propre histoire sur une anecdote (une légende ?) historique : celle de l'empereur chinois Zheng De qui, vers 1500, craignait tellement pour sa vie qu'il s'était entouré de quatre sosies parfaits. On l'appelait (on les appelait) la Quinte Souveraine.

[...] Voilà un surnom qui mérite des éclaircissements : connu pour sa peur obsessionnelle de la mort, cet empereur apparaissait toujours, en public ou en privé, accompagné par quatre sosies qui, non seulement lui ressemblaient comme des gouttes d'eau, mais avaient atteint une telle perfection dans l'art de synchroniser leurs mouvements, leurs mimiques, leurs paroles que personne ne pouvait dire lequel d'entre eux était le vrai, pas même sa mère, ni l'Impératrice ou les concubines auxquelles il accordait ses faveurs, encore moins ses ministres.

L'Empereur finira noyé dans un accident, mais s'agit-il d'un accident ou d'un attentat et s'agit-il de l'Empereur ou de l'un des sosies ?

Une idée plutôt originale qui en croise une autre, lorsque les chinois de l'époque découvre leur premier Noir (qu'ils confondent avec ... une autruche) :

[...] Comme trophées, il avait capturé quatre animaux exotiques :

un couple de rhinocéros,

un éléphant,

une créature muette, d'origine africaine, qu'un marchand d'Ormuz avait vendue, avec une girafe, au cirque du roi Birman. Elle était noire de la tête aux pieds, à l'exception du blanc des yeux. Une espèce jamais répertoriée dans notre Empire.

Comme chacun sait les Noirs sont équipés d'un membre viril imposant (1).

L'Empereur Zheng De se fait donc greffer celui du malheureux captif et se retrouve obligé de faire peindre ceux de ces sosies dans la même couleur, même si la taille n'y est pas ...

On passe alors dans le registre coquin, celui du roman historico-érotique ...

D'où ce fameux titre :

[...] " L'acrobatie aérienne de Confucius ! Il l'a réussie, dit le Monarque."

Mais voilà que moi aussi, comme Dai Sijie, je me mets à plaisanter ...

Malheureusement n'est pas Umberto Eco qui veut. Et Dai Sijie empile ici les anecdotes amusantes, les histoires érudites, les polissonneries chinoises ... sans vraiment réussir à nous embarquer sur sa jonque impériale.

Il y avait peut-être de quoi donner vie à une nouvelle ou deux mais la dilution dans le roman finit par ôter toute saveur à la soupe qui se voulait pourtant épicée.

Dai Sijie s'amuse, visiblement, mais malheureusement un peu tout seul.

___

(1) : mais ça, pour le coup, c'est vraiment une légende, n'est-ce pas les filles ?!


Pour celles et ceux qui aiment les curiosités.
Flammarion édite ces 249 pages qui datent de 2009.
D'autres avis sur Critiques Libres.
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15 octobre 2009 4 15 /10 /octobre /2009 07:30
Le site officiel

Sucrerie extrême-orientale.

Curieuse découverte que cette japonaise Kokia, sorte de Kate Bush ou Enya nipponne.
On vous propose deux extraits : ici et pour accompagner quelques lectures japonaises (citons parmi les plus récentes ici : L'île sans sourire, OkkoMonstrueux ou encore La voix).
On a lu quelque part que la dame avait dû se battre becs et ongles pour venir faire une tournée en Europe : sa maison de disque natale ne voyant pas l'intérêt de dépenser l'argent d'une tournée à l'étranger vu le succès remporté au Pays du Soleil Levant (le deuxième marché de disques in the world après les US) !

Pour celles et ceux qui aiment le Japon.
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12 octobre 2009 1 12 /10 /octobre /2009 07:57
Lustucru en parle
  L'honneur perdu d'Elly.

Portrait de groupe. Iranien.
Ces trois ou quatre mots pourraient résumer le film du réalisateur iranien Asghar Farhadi qui retrace le week-end de quatre couples d'amis partis, depuis Téhéran, en week-end au bord de la mer.
La première partie de ce À propos d'Elly est absolument fascinante : il faut moins de deux minutes à Asghar Farhadi pour que l'on fasse partie de la bande, que l'on joue avec eux, danse avec eux, cuisine avec eux. En oubliant complètement que l'on est en Iran, tant ce groupe d'amis à l'ambiance bon enfant pourrait être au bord du Pacifique en Californie ou ailleurs encore. Quel talent de cinéaste !
Dès ces premières minutes on est plongé, sans aucune exposition ni explication, au coeur de ce petit week-end entre amis que l'on ne connait pas et la mise en scène très elliptique stimule notre intérêt et nous laisse deviner peu à peu que la belle Sepideh a tout organisé et monté un plan un peu foireux pour qu'une invité surprise, la fameuse Elly, fasse la connaissance de l'un des leurs, célibataire.
Une belle phrase de Farhadi : [...] J'aime l'idée qu'un film ressemble à des mots croisés dont on demande au public de remplir les cases.
Les décors sont pouraves (une baraque déglinguée au bord de l'eau), les costumes sont iraniens (jeans, survèts, baskets pas lacées et foulards sur la tête), mais les acteurs et actrices rayonnent de justesse. Golshifteh Farahani (Sepideh, en gros plan sur l'affiche) est magnifique(1).
Et puis rapidement (trop ! on aimerait tant que la fête se prolonge !) la tension monte et l'on sent que le drame viendra de la mer dont la baraque est beaucoup trop proche ...
On ne vous en dit pas plus sur la démonstration de la seconde moitié du film, qu'on a trouvée malheureusement un peu longue et un peu lourde (tant la première partie était subtile !). Mais visiblement Asghar Farhadi veut nous faire comprendre que sous la surface moderne, enjouée, heureuse, insouciante de ces iraniens de Téhéran, couvent les conflits ancestraux entre hommes et femmes. Le drame qui survient mettra à jour des comportements soumis à une morale qui, pour le coup, est cette fois bien iranienne et l'on comprendra enfin ce qui motivait la mystérieuse Elly à partir en week-end ...
Ce petit film que l'on visionne un peu tard est une belle révélation de cette rentrée.
L'un de ses mérites, et non des moindres, est également de nous faire découvrir un Iran très proche de nous et donc très loin des clichés médiatiques habituels : instructif et passionnant.
Si l'on veut bien nous permettre de remplir quelques lignes de la grille de mots croisés proposée par Asghar Farhadi (mais au crayon ! chacun pourra gommer et voir à sa guise ce film aux multiples facettes !), on devine un pays en plein bouillonnement, en pleine transformation (le voyage en voiture au début du film) où tant les hommes que les femmes ont bien du mal à retrouver un équilibre relationnel et à retomber sur leurs pattes (nos années 70 en quelque sorte !).
___
(1) : on l'avait déjà aperçue dans Mensonges d'État : c'était l'infirmière dont Leonardo tombait amoureux.

Pour celles et ceux qui aiment les iraniens vus par les iraniens.
Lustucru en parle, Le Monde et Critikat aussi.
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11 octobre 2009 7 11 /10 /octobre /2009 09:48
Le site du théâtre 14
  Qui parle d'offenser la grammaire de grand-mère ?

Ah quel plaisir d'entendre et savourer ces textes qui ont traversé quatre siècles !
La poésie de Molière est ici superbement mise en scène, la diction est extraordinaire de fluidité qui met en valeur la modernité et l'universalité des propos en les sortant de leur gangue de vers (mais comment font-ils ? on avait eu presque du mal à lire le texte avant, butant régulièrement sur les mots et les rimes ?).
C'est Arnaud Denis qui met en scène Les femmes savantes au Théâtre 14, et le succès de la pièce leur fait jouer les prolongations jusque fin octobre, dépêchez-vous !
Décor moderne et costumes d'époque, texte du XVII° et diction très actuelle.
Avec une équipe d'acteurs excellents, à commencer par la douce Marie-Julie Baup qui joue Henriette (sur l'affiche), la "blonde" de la famille.
Et que dire de la folle Bélise qu'incarne la malicieuse Anne-Marie Mailfer !
Arnaud Denis himself joue le pédant Trissotin.
Le père est Jean-Pierre Leroux, toujours excellent, ici en mari partagé entre d'un côté un foyer qu'il voudrait paisible avec une fille qu'il voudrait heureuse et de l'autre côté la crainte des ires et courroux de sa femme.
Ah sa femme, justement, dont le costume est endossé par Jean-Laurent Cochet : déjà chez Molière, ce rôle était assumé par un homme ce qui ajoute évidemment force et présence au personnage. Ainsi que quelques ambiguïtés : avec ce couple où la "femme" domine le mari. Avec ces femmes qui veulent devenir les égales des hommes. Mais aussi, est-on sûr que Molière vise bien les femmes puisque le rôle est tenu par un homme ?
On ne vous fera pas l'affront de vous raconter la pièce puisque vous vous souvenez très certainement de vos cours de français mais vous pouvez réviser sur Wikipédia.
Arnaud Denis a choisi de mettre en avant le drame familial avec ces frères, soeurs et époux écartelés entre nourritures terrestres et spirituelles (tel le visage d'Henriette sur la belle affiche).
BMR a, comme d'habitude, sut retenir toute la substantifique moelle des propos de l'auteur ; quelques citations frappées au coin du bon sens, un bon sens toujours intact qui a su traverser les siècles  :
[...] Je consens qu'une femme ait des clartés de tout ;
Mais je ne lui veux point la passion choquante
De se rendre savante afin d'être savante ;
Et j'aime que souvent, aux questions qu'on fait,
Elle sache ignorer les choses qu'elle sait.
[...] Il n'est pas bien honnête, et pour beaucoup de causes,
Qu'une femme étudie et sache tant de choses.
Former aux bonnes moeurs l'esprit de ses enfants,
Faire aller son ménage, avoir l'oeil sur ses gens,
Et régler la dépense avec économie,
    
Doit être son étude et sa philosophie. 
MAM a eu une toute autre lecture des vers de Molière ... mais c'est moi qui tiens le clavier, non mais ! kicéki commande !

Pour celles et ceux qui aiment les mots d'esprit.
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10 octobre 2009 6 10 /10 /octobre /2009 09:53
D'autres avis sur Critiques Libres
C'est l'histoire d'un fou ... 

L'annonce de la prochaine adaptation ciné (par Scorcese avec Di Caprio) de ce bouquin de Dennis Lehane nous a poussés à (re)découvrir cet auteur dont on parle beaucoup ici ou là mais qu'on ne connaissait guère (il est pourtant l'auteur de Mystic River, autre film superbe).
Alors nous voici embarqués pour Shutter Island, qu'on avait déjà dû lire il y a quelques années mais sans grand souvenir.
Plutôt que de polar, c'est de thriller qu'il s'agit, suspense et angoisse un peu façon Stephen King mais sans le côté gore.
Roman TGV aux personnages sans grande épaisseur, mais plutôt bien écrit, au-dessus de la moyenne dirons-nous.
Et où tout est dans l'intrigue.
Au large de Boston, battue par les flots et les vents, Shutter Island est une sorte d'asile pénitencier pour criminels barjos et violents.
L'une des "pensionnaires" a disparu et le marshal Teddy débarque avec son co-équipier pour mener l'enquête. Les péripéties s'accumulent et c'est vraiment too much. Teddy sort à peine de son veuvage, sa chérie a péri dans un incendie criminel, la tempête fait rage et bloque toute l'île, le pyromane de sa femme pourrait bien être interné sur place, les toubibs sont inquiétants à souhait et semblent se livrer à des expériences peu orthodoxes, ...
Le tout dans une ambiance digne du Village du Numéro 6.
Mais on aurait bien tort de s'en tenir à cette première lecture et la pirouette finale remettra tous les compteurs à zéro !

Au point qu'il vaut peut-être mieux ne pas lire ou relire le bouquin avant le film ...

[...] À votre avis, Chuck, qu'est-ce qui se passerait si vous donniez des hallucinogènes à des malades atteints de schizophrénie extrême ?

- Personnne ne ferait une chose pareille.

- Ça se pratique, et c'est parfaitement légal. Seuls les humains souffrent de schizophrénie. Pas les rats, ni les lapins, ni les vaches. Alors, comment tester les traitements d'après vous ?

- Sur des humains.

- Bravo.

Après Clint Eastwood et Mystic River, on peut faire confiance à Martin Scorcese pour nous mettre en images Shutter Island. De là à conclure que les histoires de Dennis Lehane inspirent les grandes caméras et connaissent une vie meilleure à l'écran que dans ses propres bouquins ...
Ce serait loin d'être un sot métier. 


Pour celles et ceux qui aiment les châteaux de sorcières.
Rivages Noir (ré-)édite ces 393 pages qui datent de 2003
.

Amanda en parle, Black aussi. D'autres avis sur Critiques Libres.

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Published by BMR & MAM - dans Bouquin
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8 octobre 2009 4 08 /10 /octobre /2009 06:55
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Voyage à Bangkok.

John Burdett nous avait déjà emmenés à Hong-Kong et surtout en Thaïlande avec Bangkok 8. On avait apprécié l'humour futé de ce voyage dans les bas-fonds du district 8 de la cité des anges (Krung Thep en VO) et l'intelligence amusée avec laquelle cet auteur américain essayait de nous instruire du fossé culturel entre les occidentaux (nous, les farangs) et les asiatiques.

Il récidive avec Bangkok Psycho (entre temps il y aura eu Bangkok Tattoo, qu'on n'a pas lu).

De nouveau Burdett met en scène Sonchaï, le flic métis qui a raté sa vocation de moine bouddhiste et l'américaine Kimberley, miss FBI, élevée au biberon judéo-cartésien, ce qui lui fournit bien évidemment tous les prétextes pour opposer les deux cultures.

[...] - Bon, d'accord [...] pour toi, l'esprit occidental est le croisement digne de Frankenstein d'une religion mal ficelée et des idées d'une bande de pédophiles grecs [...] ?

- Oui, à peu près.

Ah, celle-là je l'adore ! Aristote et Platon doivent se retourner dans leur tombe !

Ou encore (c'est toujours miss FBI qui parle)  :

[...] Tu es le fils d'une pute, proxénète, tu diriges un bordel, tu fais partie d'une des polices les plus corrompues d'Asie, mais tu es innocent.

Je n'ai jamais enfreint une loi, fraudé, menti ni participé à une affaire tordue de ma vie, et pourtant je suis corrompue, je me sens sale.

Dans cet épisode, Kimberley tombe même amoureuse du bel adjoint de Sonchaï ... un transsexuel sur le point de se faire opérer ! Kimberley considère cela comme un véritable gâchis (!) et n'aura de cesse de convaincre Sonchaï d'amener son ami(e) à renoncer !

Comme Bangkok 8, la première partie de Bangkok Psycho est une promenade, certes mouvementée (c'est quand même un polar) mais une promenade quand même, amusante, passionnante, cocasse, pittoresque, instructive, dans la culture thaï et les arcanes d'incompréhension où s'égarent les farangs.

C'est savoureux, finaud, ironique, on avait déjà tout dit dans notre précédent billet sur Bangkok 8 mais on ne s'en lasse pas.

Mais tout comme dans Bangkok 8, la seconde partie du bouquin bascule dans l'horreur, fini de rigoler.

La région n'est pas de tout repos, la vie y est rarement facile et on a même droit à quelques incursions au-delà de la frontière Khmère.

Ça secoue, et je ne parle pas du 4x4 sur la piste !

On y apprend notamment les règles, heureusement méconnues, du jeu de l'éléphant et je peux vous assurer que, lors de votre prochaine visite au zoo, vous ne regarderez plus ces paisibles pachydermes du même oeil ...

Plus sérieusement, John Burdett nous décrit une Thaïlande où nos catégories cartésiennes si commodes semblent se diluer dans la moiteur tropicale.

Il n'y a plus guère de frontière entre les hommes et les femmes : il est beaucoup question dans ce livre des travestis, transsexuels et autres katoeys (un peu l'équivalent des rae-rae de Tahiti).

Il n'y a plus guère de frontière entre le bien et le mal : le grand patron de Sonchaï (Vikorn) est tout autant un parrain de la mafia locale que le colonel en chef de la police et l'on ne sait jamais trop dans quel registre il opère, passant de l'un à l'autre avec une aisance très déconcertante mais toute bouddhiste.

Et il n'y a plus guère de frontière entre les vivants et les morts : au pays de la réincarnation, quand une vie humaine n'est somme toute qu'un petit moment d'un grand tout kharmique, les fantômes viennent vous hanter la nuit, voire reviennent carrément pour solder leurs comptes (le titre en VO est Bangkok Haunts).

Dans la dernière partie du bouquin, John Burdett nous donne (et avec beaucoup d'habileté alors que l'exercice est périlleux) deux versions à comprendre en filigrane d'une même histoire à lire : la version logique où les méchants se font rattraper comme dans toute bonne intrigue policière et puis la version magique où les morts ne se contentent pas de crier vengeance mais entendent bien régler eux-mêmes leurs histoires avec les vivants.

Le plus fort (et Dieu sait qu'on a pourtant été élevé au même biberon que miss FBI) c'est que, malmenés jusqu'ici par l'histoire que nous a contée Burdett, on ne sait finalement pas trop quelle lecture on a envie de privilégier ...

Dans cette aventure, il est également beaucoup question de sexe (bien plus, me semble-t-il, que dans mes souvenirs de Bangkok 8), pas du sexe-galipettes mais du sexe-puissance qui anime les tréfonds de l'âme humaine, du sexe-tsunami.

Comme si Bangkok n'était pas seulement la capitale mondiale du commerce de la chair mais bien plutôt l'épicentre terrestre de cette vague de fond.

Si pour conclure on ajoute que tout démarre avec un snuff-movie (quand sont filmés en direct et pour de vrai, sexe et meurtre mêlés pour de sordides mais riches amateurs) on comprendra que Bangkok Psycho est décidément

un roman passionnant mais dérangeant. Très dérangeant.

Alors quand on dit coup de coeur ici, il faut comprendre aussi un peu de tachycardie !


IDEOZ, le magazine des voyages pour voir le monde autrementCe billet est également paru sur Ideoz, le magazine du voyage.

 

 


Hasard de l'actualité, on vous livre ici le texte intégral d'un article (très intéresant, très "factuel", c'est anglo-saxon) de Courrier International sur les katoeys de Thaïlande (n° 986 du 24.09).

Autre hasard de l'actualité, mais beaucoup moins intéressant, on ne se doutait pas en rédigeant ce billet que notre auto-proclamé ministre de la culture physique allait choisir ce moment pour faire la promo de son bouquin de 2005 vantant les charmes du tourisme sexuel en Thaïlande. Laissons Frédéric Mitterand à ses mensonges et à sa gloire médiatique et reprenons quelques lignes de John Burdett (de Bangkok 8) qui ne s'intéresse dans ses livres ni à sa propre personne, ni aux touristes occidentaux mais aux Thaïs eux-mêmes : [...] La Thaïlande ne retire pas grand chose d'industries comme celles du vêtement. Les sociétés occidentales se réservent la part du lion. C'est pourquoi nous voyons dans l'industrie du sexe une façon de redistribuer la richesse mondiale de l'Occident vers l'Orient.


Pour celles et ceux qui aiment les fantômes.
Les Presses de la Cité éditent ces 344 pages qui datent de 2007 en VO et qui sont traduites de l'anglais par Thierry Piélat.
Jean-Marc pense, comme nous, que John Burdett est incontournable.
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7 octobre 2009 3 07 /10 /octobre /2009 07:48
Le site du musée
Souriez, vous êtes au nirvana.

Ils ont parcouru plus d'un millier d'années et plusieurs milliers de kilomètres pour venir se laisser approcher au Musée Cernuschi : les Buddhas du Shandong sont au Musée de la ville de Paris jusqu'au 3 janvier. À ne pas manquer.Le site du musée
Ces quelques statues de grès aux reflets polychromes sont superbement exposées et mises en valeur et de nombreuses explications érudites les replacent dans l'histoire du bouddhisme.
Une expo comme on les aime et qui rappelle bien sûr les guerriers de Xian venus l'an passé à la Pinacothèque.
La découverte de ces bouddah et autres bodhisattva (mi-princes, mi-saints) est toute récente et date de 1996 lorsque la ville de Qingzhou dans le Shandong au sud-est de Beijing dans la péninsule du Fleuve Jaune décide d'effectuer quelques terrassements pour un nouveau terrain de foot ... (on va finir par aimer le foot).
Les statues exposées datent du V° ou VI° siècle de notre ère. Certaines atteignent une rare perfection, épurées jusqu'aux limites de nos arts modernes comme celle du bouddha ci-contre (près de 2m) qu'on considère un peu comme le clou du pestacle.
Cet émouvant dieu androgyne garde tout son mystère et le drapé de son vêtement évoque forcément celui de la belle Arsinoë venue d'Alexandrie fin 2006 dans la nef du Grand-Palais.
Une étape incontournable pour alléger son karma et s'éveiller sur le chemin du nirvana ...

IDEOZ, le magazine des voyages pour voir le monde autrementCe billet est également paru sur Ideoz, le magazine du voyage.
Pour celles et ceux qui aiment les sourires enigmatiques.
Le Monde en parle.
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On A Tout Rangé