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On A Tout Archivé

6 octobre 2009 2 06 /10 /octobre /2009 06:17
Le (joli) site officiel
C'est l'histoire d'un fou ... |

Voilà bien un étrange film d'animation : Mary & Max de l'australien Adam Elliot,à voir sans les enfants.
Un film sur la correspondance échangée entre une petite fille australienne de la banlieue de Melbourne et un vieux monsieur qui vit au coeur de New-York.
Mary n'est pas très jolie, affligée d'une tâche sur la figure et en proie aux moqueries de ses camarades. Maman boit du sherry et Papa empaille des oiseaux blessés dans le garage.
Max, juif renégat, est boulimique et atteint du syndrome d'Asperger, une forme d'autisme.
Tous deux partagent le même plaisir du chocolat et la même incapacité à aimer ou être aimé.
Le film a beau être plein de traits d'humour (Max écrit à Ridiculani, le maire de New-York, il achète et rachète des poissons rouges qui tombent comme des mouches dans la chasse d'eau, ...), tout cela n'est pas très gai et la vie semble bien dure vue par les yeux de Max et Mary. Heureusement les petits personnages de pâte à modeler mettent une relative distance entre le spectateur et cette sombre histoire.
Le film est d'une rare beauté plastique avec une belle unité de tons : sépia et marron pour la petite Mary down-under, noir et blanc pour Max et un New-York plus vrai que nature.
Mais le propos essentiel du film tourne autour de Max et sa maladie, un peu façon Rain Man. Le réalisateur A. Elliot a lui aussi correspondu dans la vraie vie pendant de nombreuses années avec un "aspie". Ce syndrome d'Asperger qui fait de Max un inadapté social, hyper-logique (il attend le bus avec son rubik's cube) mais incapable de saisir les nuances de la communication non verbale : le genre de type qui part avec les meubles quand on lui dit  "mais prenez-donc un siège".
Mary et Max sont entourés de voisins guère mieux lotis : celle de Max est aux trois-quarts aveugle (elle contribuera d'ailleurs à l'hécatombe de poissons rouges !), celui de Mary est agoraphobe.
Mary finira quand même par épouser un petit voisin, un ... grec, qui la quittera pour un éleveur de moutons Néo-Z !
Moralité : on ne choisit ni sa famille, ni son héritage génétique. Acceptons nous tels que nous sommes, cela nous aidera à nous accepter les uns, les autres.
Ou encore : on ne choisit pas sa famille et il n'est pas facile de se faire des amis ...
Après le bipolaire mythomane de The informant, après l'alcoolique du Dernier verre, le cinéma de la rentrée a mal à la tête ...

Pour celles et ceux qui aiment recevoir du courrier.
Alexis, Pascale, Valérie, Marion en parlent.
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5 octobre 2009 1 05 /10 /octobre /2009 07:03
Cluny en parle
C'est l'histoire d'un fou ... |

On n'est pas allés voir The informant. On n'est même pas allés voir le dernier Soderbergh.
Non, on est allés voir Matt Damon, tant il est vrai qu'il porte le film, l'histoire et le personnage sur ses épaules.
Matt Damon a pris au moins quinze kilos et incarne de manière stupéfiante ce cadre du middle-west américain (moustache, moumoute, imper, tout y est), directeur de production dans un trust agro-alimentaire.
Le film est tiré d'une histoire vraie du début des années 90 : le bonhomme en question a roulé dans la farine en vrac, ses patrons, sa femme, le FBI, le Ministère de la Justice, ses avocats, ceux de ses patrons, ses amis, les journalistes, et j'en passe ...
Mis sous pression après des problèmes de production, il invente (?) une taupe japonaise venue saboter l'usine. Ses patrons font appel au FBI.
Il se tire de son premier mensonge en imaginant une embrouille et déclare au FBI qu'il veut mettre à jour l'entente illicite sur les prix entre ses patrons et leurs concurrents japonais. De cette mystification il sortira par une pirouette et un nouveau mensonge. Qui appellera une autre affabulation. Etc, etc ... un véritable festival d'arnaques et d'imbroglios dans lequel il entraîne tout le monde autour de lui.
Le bonhomme manipulateur se voyait bien en espion (0014, doublement plus futé que 007) et aurait bien dégommé tout le staff de sa boîte pour se retrouver PDG.
On est restés un peu mitigés sur ce film : pas vraiment accrochés et tenus à l'écart, un peu ennuyés, par la distance que mettait Soderbergh entre nous et l'écran. Il est vrai que le personnage de Matt Damon n'est pas très sympathique, du moins au début.
Et puis Soderbergh filme tout cela façon années 70 (alors que l'histoire a moins de quinze ans) ce qui accentue encore le recul.
Reste les dernières vingt minutes avec notamment une scène époustouflante où Matt Damon est enfin confondu de l'un de ses bobards (une erreur de date de quelques jours sur un faux courrier) et où ses voix intérieures viennent lui souffler les nouveaux mensonges à empiler, à enfiler, pour se tirer de ce mauvais pas : il s'enfonce encore plus loin dans ses bobards, sa femme se met à pleurer à ses côtés, l'enquêteur du FBI ne sait plus où se mettre ...
Car Matt Damon (enfin, son personnage) est un malade, mythomane, bipolaire, peu importent les étiquettes et c'est ce qui nous le rend finalement sympathique et (enfin) humain, malgré l'énormité de l'empilage d'affabulations ... auxquelles tout le monde a cru ...
Sa femme (Mélanie Lynskey) trouve d'ailleurs là un rôle intéressant : nunuche potiche de province au début du film, elle se transforme au fil de ces quelques années et se révèle finalement la seule à comprendre et aimer son mari.
On aurait apprécié que cet aspect humain de l'histoire soit plus développé et non le volet juridico-financier, finalement moins intéressant ...

Pour celles et ceux qui aiment qu'on leur raconte des histoires.
Timothée en parle, Pascale et Cluny également.
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2 octobre 2009 5 02 /10 /octobre /2009 07:35
Le site officiel

Soucrerie miousikale |

On savait la douce Mélanie Pain très en vogue, branchée dans des duos très à la mode.
On l'avait découverte figure de proue de la Nouvelle Vague (on en parlait ici et ), on l'avait croisée de nouveau qui mettait en valeur Julien Doré (c'était ), mais la voici qui fait la preuve qu'elle se suffit à elle-même avec son album : My name (et oui, son sien à elle !).
Même si on y retrouve Helsinki  avec J. Doré et si elle y chante un nouveau duo avec Thomas Dybdhal, l'essentiel est quand même en solo, en français ou en anglais.
Comme ce très doux Peut-être pas .
Ou cette très belle Cigarette .
[...] Ne fais donc pas cette tête
c'est toi qui me laisse là
toi qui veut que l'on arrête
toi qui, ce soir, tourne le pas ...

Dans les chansons de Mélanie, ce simple mot ... toi ... semble souffler d'une douce planète ...
Vous avez compris : on AIME la voix de Mélanie !
Que ceux qu'horripilent ces voix trop sucrées, même à petites doses, passent leur chemin et nous retrouvent un peu plus loin !

Pour celles et ceux qui aiment les chansons au miel.
Playlist en parle.
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28 septembre 2009 1 28 /09 /septembre /2009 07:26
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  Sherlock Poirot à Delhi |

On avait déjà parlé de l'Inde il y a peu avec un petit polar de Bombay Saveurs Assassines de l'indienne Kalpana Swaminathan (un peu déçus, avouons-le, par le second épisode : La chanson du jardinier).
Nous revoici en Inde, à Delhi cette fois, avec un autre petit polar sans plus de prétentions : L'homme qui exauce les voeux, de Tarquin Hall, un anglais qui vit avec une indienne.
C'est peut-être un tout petit peu moins authentiquement "indien" que les histoires de Swaminathan, mais on a préféré le roman de Tarquin Hall, sans doute justement parce que son bouquin nous est un peu plus facile et accessible.
Mais le pittoresque est toujours également au rendez-vous, l'histoire est également parsemée de mots hindis, et la vie agitée (du moins en apparence) des indiens y est également décrite avec autant de verve, de saveur(s) et d'humour.
Là où Swaminathan mettait en scène une enquêtrice façon Miss Marple qui naviguait parmi les personnages du show-biz de Mumbay, Hall nous décrit une sorte de Sherlock Poirot ou Hercule Holmes, version locale, tout aussi savoureux.
Un gros bonhomme aux bacchantes en guidon de vélo, qui ne quitte sa casquette que pour dormir (et à regret), cultive ses propres piments (n'en trouvant pas d'assez épicés), grignote en cachette de son épouse et de son médecin et qui, comment dire ?, se considère comme LE grand détective du sous-continent depuis le IV° siècle, rien de moins !
Vish Puri (L'homme qui exauce les voeux en VO) dit Chubby par ses intimes, nous est forcément sympathique, coincé entre son toubib, sa mère et sa femme Rumpi (Belle-croupe en VO !).
[...] Rumpi se serra contre lui et sentit la crosse froide du revolver contre sa hanche.
- Fais bien attention à toi, Chubby.
Puri se met à rire.
- Ne t'inquiète pas pour moi, ma chérie ! J'ai un sixième sens, quand il s'agit du danger.
- Oh, je ne pensais pas à ce danger-là ... mais plutôt au risque mortel que tu cours à te bourrer de pakoras et de saucisses au poulet !

L'intrigue est plutôt bien ficelée et l'on y découvre la corruption qui gangrène la police et la justice indienne, entre deux enquêtes pré-nuptiales qui sont le pain quotidien et pittoresque de l'agence de détectives Most Private Investigators de Vish Puri (tiens ... sagesse bouddhique ? les détectives indiens enquêtent avant, pour le mariage et non pas pour le divorce ... !).
Même si la littérature indienne a encore du mal à nous emballer, on se laisse aisément emporté le temps de cette petite excursion à Delhi jusqu'à ce que le pouvoir légendaire de déduction de Chubby finisse par démêler avec doigté les fils de toutes ces intrigues.

IDEOZ, le magazine des voyages pour voir le monde autrementCe billet est également paru sur Ideoz, le magazine du voyage.
Pour celles et ceux qui aiment les voyages exotiques.
10/18 policier édite ces 316 pages en poche qui datent de 2008 en VO et qui sont traduites de l'anglais poar Anne-Marie Carrière.
La librairie des cinq continents en parle ainsi que Belle de nuit. D'autres avis sur Critiques Libres.
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27 septembre 2009 7 27 /09 /septembre /2009 09:51
Le site officiel avec plusieurs
L'espion venait du froid |

En 1981, François Mitterrand donne à Ronald Reagan une liste de noms d'espions soviétiques infiltrés dans les labos, académies et officines gouvernementales US, jusqu'au Pentagone, "en échange" du droit de garder quelques ministres communistes à son premier gouvernement.

Deux ans plus tard, une série d'arrestations et d'expulsions aux US et dans toute l'Europe de l'ouest vient démembrer l'immense réseau d'espionnage technologique pour lequel les soviétiques dépensaient plus d'argent que pour leur propre recherche.

Les américains lancent alors leur coup de bluff sur la guerre des étoiles et l'URSS commence à vaciller sur ses bases, privée de ses yeux et oreilles à l'ouest. C'est le début de la fin et Gorbatchev tente de convaincre ses collègues déjà à moitié embaumés, de l'urgence de réformes.

Ces listes d'infiltrés venus du froid, c'était un colonel du KGB, nom de code Farewell, qui les faisait passer à l'ouest par un petit ingénieur de chez Thomson en poste à Moscou.

Et c'est cette histoire que nous raconte Christian Carion dans son Affaire Farewell.

Un film porté par Emir Kusturica (le colonel-traître), étonnant de présence physique, un peu "à la Depardieu", et Guillaume Canet (parfait en face de l'imposant Kusturica) en petit ingénieur falot et barbichu, embarqué malgré lui dans une aventure qui le dépasse.

Christian Carion plante rapidement et efficacement le décor historique, celui de l'Histoire avec un grand H. Mais c'est l'histoire de ces deux hommes (et des quelques belles femmes qui les entourent) qui l'intéresse.

On ne sait officiellement pas grand chose des motivations qui poussaient le colonel Farewell à trahir son pays (encore aujourd'hui les blessures restent ouvertes à Moscou : Christian Carion dit y avoir été fraîchement accueilli). Ce n'était ni la fuite à l'ouest ni l'argent (les comptes de la DST l'attestent !) et le film le présente comme un homme touché par la grâce et Léo Ferré lors d'un passage en poste à Paris, convaincu que le rêve socialiste se termine et décidé à précipiter l'inévitable transformation de l'empire soviétique. Pour le bien des générations futures et plus particulièrement de son fils qui ne rêve que des concerts de Queen.

Pour Christian Carion cet épisode de la guerre froide, qui figure en bonne place au best-of des histoires d'espionnage, est peut-être le premier coup de tocsin annonciateur de la chute du Mur (on en reparle bientôt : cette année nous en fêtons le vingtième anniversaire).

C'est filmé sans esbrouffe, lentement et sûrement, sans courses-poursuites ni effets spéciaux : le réalisateur, on l'a dit, s'intéresse avant tout à ses deux personnages, à leurs familles, pris dans la tourmente de l'Histoire, cette Histoire que le colonel entendait bien accélérer.

Bye bye Farewell.


Au passage, on a été ravis de revoir quelques belles images de Moscou, comme celles de l'imposant gratte-ciel stalinien de l'université Lomonossov ou celles des citernes de Kvas dans les rues.


Quelques mots encore d'un poème d'Alfred de Vigny (la mort du loup), auquel dialogues et images du film font de nombreuses références et qui met en vers la traque d'un loup resté en arrière de sa meute pour affronter son destin et les chiens et les fusils des chasseurs, sauvant ainsi sa femelle et surtout ses petits :

[...] Il nous regarde encore, ensuite il se recouche,

Tout en léchant le sang répandu sur sa bouche,

Et, sans daigner savoir comment il a péri,

Refermant ses grands yeux, meurt sans jeter un cri.

[...] Sans ses deux louveteaux, la belle et sombre veuve

Ne l'eut pas laissé seul subir la grande épreuve;

Mais son devoir était de les sauver, afin

De pouvoir leur apprendre à bien souffrir la faim,

A ne jamais entrer dans le pacte des villes,

Que l'homme a fait avec les animaux serviles ...


Pour celles et ceux qui aiment les histoires dans l'Histoire.
Benoit en parle sur Critikat, Pascale aussi bien sûr et le JDD.
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26 septembre 2009 6 26 /09 /septembre /2009 06:39
Le site officiel

Déferlantes |
On avait déjà eu l'occasion d'apprécier (et donc de faire écouter ici) les deux premières vagues de Marc Collin et Olivier Libaux.
Voici donc une Nouvelle vague, toujours aussi réussie, même s'il n'est pas évident de renouveler sans le trahir le concept initial : reprendre d'anciens tubes rocks ou punks et les ré-arranger façon bossa nova (nouvelle vague) avec les meilleures voix suaves du moment (Camille, Mélanie Pain et autres stars à la mode).
L'opus 3 innove donc un peu en associant à ces dames, les voix mâles des chanteurs des groupes d'origine !
Ainsi, Martin Gore (Depeche Mode) reprend Master and Servant Yakakliker pour écouter avec Mélanie Pain.
Plus loin, Ian McCullough (Echo and the Bunnymen) reprend All my colours Yakakliker pour écouter toujours avec Mélanie.
On a donc là quelques duos savoureux.
On reparlera d'ailleurs de Mélanie Pain très bientôt (elle vient de sortir un CD avec plein de bonnes choses sucrées dedans).
Pour le fun, voici un clip de l'original du morceau de Depeche Mode : la transcription bossa nova (aujourd'hui c'est bien sûr la version qu'on préfère !) est à la fois méconnaissable et très fidèle, c'est toute l'habileté des deux compères de Nouvelle Vague.
Comme à la mer, on attend la prochaine vague avec impatience !
Et on reparle de Mélanie très bientôt.

Pour celles et ceux qui aiment les rétrospectives.
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23 septembre 2009 3 23 /09 /septembre /2009 19:24
Pascale en parle
Elles ont de belles gambas, les aliènes |

Attention, une mauvaise bande-annonce peut cacher un excellent film ! Candidat au best-of 2009

Certes, District 9est bien un film de SF, jugez-en plutôt : les militaires qui gèrent le camp de réfugiés se baladent en blindés fraîchement peints de blanc et siglés MNU ... mais il s'agit d'une milice privée. C'est pas de la science-fiction ça ? 

Onu soit qui mal y pense, nous revoici donc (1) aux prises avec ces sociétés militaires privées qui fleurissent dans nos poubelles.

Mais là n'est pas seulement le propos du sud-africain Neill Blomkampqui situe l'action à Johannesburg : des indésirables parqués dans les townships de la banlieue de Jo'burg, c'est pas de la science-fiction ça ?

Et pour ceux qui n'ont pas encore compris ou qui se croient encore hors de portée loin dans le futur, Neill Blomkamp prend soin de filmer tout ça façon JT de 20h, façon documentaire de tous les jours, un peu dans la ligne de Battle for Haditha ou de Redacted.

Bref, de la politique-fiction certes, mais fortement ancrée dans notre présent, c'est le moins qu'on puisse dire !

Le scénario du film est plus qu'astucieux : habituellement les américains filment de gigantesques vaisseaux aliens qui s'arrêtent au-dessus de New-York (2) et leur civilisation ultra-puissante menace de détruire la planète. Heureusement Uncle Sam et ses GI Joe veillent au grain et réussissent généralement à sauver leur pays et une bonne partie du monde avec (en principe, nous, on est toujours dedans).

Blomkamp brise tous ces codes : les aliens sont au-dessus de Jo'burg en pleine Afrique et nous font le coup de la panne d'essence. Ils sont malades, affamés et fatigués, on les parque dans un camp de réfugiés !

L'autre astuce, c'est Sharlto Copleyqui incarne l'anti-héros : fonctionnaire idiot, badge en sautoir, raie sur le côté, photo de son petit ange sur son bureau, gilet infâme et accent impayable, absolument ravi de nous faire visiter son camp de réfugiés face à la caméra du reporter, pendant que les militants des droits des non-humains manifestent à l'entrée du District 9.

Ah ! cette scène où, toujours devant les caméras, il jubile et plaisante sur l'irrésistible bruit de pop-corn que font les embryons d'aliens quand ils éclatent alors que derrière lui ses collègues armés de la MNU passent au lance-flammes les cabanes du bidonville ! La bêtise humaine à la puissance dix ! On ne peut ni mieux dire, ni mieux filmer !

Blomkamp ratisse large (apartheid avec les panonceaux "interdit aux non-humains", nazisme antisémite avec les camps de concentrations et les expériences dignes de Mengele, opérations militaires en Afrique ou au Moyen-Orient avec les cow-boys de la MNU, ...) pour faire une sorte de compile de tout ce qu'aura engendré notre sens aigu de l'hospitalité désormais réputé dans toute la galaxie.

D'ailleurs, après le film, on se surprend à prier pour que les aliens de tout bord comprennent bien qui on est (3) et qu'ils fassent un large détour pour ne jamais se poser sur notre terre : il est sûr que nos gouvernements seraient incapables de gérer la situation, ce serait la cata !

On est loin de quand on était petit et qu'on rêvait d'un aimable et intelligent rendez-vous avec les extra-terrestres façon Rencontre du 3° type (4).

District 9 s'emploie à démolir consciencieusement nos rêves (sur notre rencontre avec les extra-terrestres) et nos illusions (sur notre réalité bien humaine et bien terrestre).

On sort du ring sonné, KO, avec des phrases timides du genre : "Eh ben ..., ça décoiffe hein ?".

Y'a pourtant plein d'humour (l'anti-héros, le petit E.T. bricoleur,...), plein de réparties ironiques dans les dialogues, mais Blomkamp ne nous laisse pas le temps de savourer, pas une seconde de répit (faudra le revoir en DVD) : ça démarre très très vite et le montage serré, haletant, ne faiblit pas un instant. C'est violent et la tension est très forte à laquelle s'ajoutent quelques scènes un peu gores (sûr qu'il faudra quelques semaines avant qu'on remange des gambas ...).

Bon, on aurait pu écourter un peu la seconde partie du film avec ses courses-poursuites-fusillades, ça fait sans doute partie du cahier des charges destiné à remplir les salles obscures, mais il serait vraiment dommage de passer à côté de cet ovni filmique, façon grand-huit.

Même MAM, pourtant allergique non pas aux crevettes mais aux ambiances SF, a été emballée (stressée mais emballée), c'est dire !

Et ce n'est que le premier long métrage de Neill Blomkamp (certes Peter Jackson, le seigneur des anneaux, était aux manettes de la production mais quand même) !

Plaignons le prochain réalisateur à qui un studio commandera un film de SF ... comment faire après District 9 ?

___
(1) : déjà avec
Jeux de pouvoir, c'était avant les vacances.
(2) : c'est ce que dit l'un des personnages du film d'ailleurs !
(3) : j'espère qu'avec la TNT les ondes filmiques continuent à se disperser dans le cosmos, sinon il va falloir bricoler quelque chose.
(4) : encore une allusion dans un dialogue où quelqu'un à l'arrivée du vaisseau s'attendait plutôt à voir de jolies lumières ! 

Profitons-en, même si c'est un peu facile, pour saluer au passage le sens de l'à-propos cinéphilique de notre ministre de la non-immigration Eric Besson qui, après avoir grandement contribué il y a quelques mois (et on l'en remercie, si, sincèrement) à la campagne de promotion du film de Philippe Lioret, Welcome, saisit l'occasion de la sortie de District 9 pour commanditer l'évacuation manu militari de la Jungle de Calais. On en reste quoi ?


Pour celles et ceux qui aiment les crevettes.
Quelques articles ici ou . Gator, Pascale, Mlle Bulle, E&O en parlent.
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22 septembre 2009 2 22 /09 /septembre /2009 08:40
Le Monde en parle
Bas les masques |

Espérons que le réalisateur Mathias Gokalp n'y verra Rien de personnel, mais il est bien difficile de résumer son film (son premier long métrage).
Ce pourrait être l'histoire d'une entreprise, un labo pharmaceutique, qui organise une soirée pour ses cadres et leurs conjoints.
Avec un jeu de rôle, un jeu de rôle qui n'est pas un jeu drôle, mais alors pas du tout.
Un exercice de coaching (tiens, c'est à la mode, à l'écran comme dans la vraie vie, enfin celle du business) destiné à sélectionner les cadres à faire monter dans la prochaine charrette ...
Oui, ce pourrait être une histoire un peu comme ça.
Mais ce n'est pas ça du tout.
Parce que c'est avant tout un film et qu'un film c'est avant tout un scénario (un montage) et des acteurs.
Côté acteurs on y retrouve, entre autres, Darroussin et Podalydès qui n'ont plus rien à prouver mais qui font encore la démonstration de leurs talents. Ah, Darroussin capable en quelques mots d'endosser un personnage ou un autre !
Mais c'est aussi côté scénario et montage que se trouvent les bonnes surprises.
La première partie du film nous raconte cette soirée et ce jeu féroce où l'on voit le petit chef d'usine de province se faire malmener par la jeune louve aux dents longues ... enfin c'est presque ça !
La seconde partie du film nous fait revivre la même soirée ... à quelques détails près, filmée d'un autre point de vue et retourne les deux personnages (le petit chef et la jeune louve) comme des gants. Attention, un cadre peut en cacher un autre ! Un cadre d'entreprise comme un cadre de caméraman.
Mathias Gokalp nous a roulés dans la farine.
Ce second épisode approfondit également d'autres personnages de la soirée ... alors il faut bien sûr une troisième partie à ce film !
Un dernier épisode où l'on revit (où l'on revoit) une troisième fois cette soirée, filmée sous d'autres angles encore, découvrant au passage ce qui nous avait échappé (ou ce qui nous avait été soigneusement masqué), de quoi retourner encore comme des crèpes quelques personnages ... et le spectateur.
Moralité : c'est bien l'habit qui fait le moine ...
Variante : les places de chacun sont interchangeables et ça ne change rien.
Scénario et montage extrêmement habiles. On serait ravis, on jubilerait presque si le propos caustique n'était pas si grinçant et si l'ironie mordante ne nous mettait pas si mal à l'aise.
Car Mathias Gokalp frappe sans relâche (et à trois reprises !) là où ça fait mal : on rit mais on rit jaune.
Très habile et très dérangeant. Sûr que demain on regardera ses collègues ... sous un autre angle !

Pour celles et ceux qui aiment les business models.
Pascale n'a pas aimé, Lo si,  ...
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20 septembre 2009 7 20 /09 /septembre /2009 18:27
JP en parle
À la bonne votre |

Le producteur Philippe Godeau passe derrière la caméra et adapte au cinoche un bouquin autobiographique d'Hervé Chabalier, directeur de l'agence de presse Capa : Le dernier pour la route.
Une histoire d'alcoolisme, plus exactement l'histoire d'un homme qui réussit à sortir de son alcoolisme.
Le film est essentiellement centré sur la cure de désintoxication et l'aide que trouvera Hervé dans le "groupe" dont les membres, comme lui, essaient de sortir de cette spirale infernale. Avec plus ou moins de bonheur.
Pas très drôle comme sujet ?
Non, et pourtant le film est remarquable. François Cluzet y est pour quelque chose, c'est évident, comme tous les autres acteurs qui l'entourent.
Mais au-delà de ce remarquable jeu d'acteur(s), le film résonne étonnamment "juste" : pas une fausse note dans ce pourtant difficile numéro d'équilibriste.
Les pièges étaient nombreux et ils sont tous soigneusement évités par la scénariste Agnès de Sacy.
L'alcoolisme est encore un sujet tabou en France et ce livre et ce film ont le mérite de mettre le sujet en pleine lumière.
Sans complaisance (la "dérive" est à peine évoquée par quelques flash-backs), tout est fait pour amener le spectateur à suivre le cheminement d'Hervé, qui à son arrivée au centre commence par se demander, comme nous, dans quel genre de "secte" il est tombé.
L'accent est mis sur ces quelques semaines de cure et l'essentiel soutien que le "groupe" apporte à celui qui lutte contre ses démons, pied à pied, pour s'en sortir (pour sortir), jusqu'à sa réintégration dans la vraie vie, celle si difficile, du dehors.
Une belle leçon d'humanité (le combat autobiographique raconté par Hervé Chabalier) et de cinéma (l'adaptation qu'en ont tirée Philippe Godeau et Agnès de Sacy) pour faire connaître cette terrible maladie qu'est la toxico-dépendance.
Allez, encore un livre dans la PAL.

Pour celles et ceux qui aiment l'humaine vérité.
Un film accompagné par la Fondation Groupama-Gan pour le cinéma.
Rob a bien aimé.
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17 septembre 2009 4 17 /09 /septembre /2009 17:05
Le CoinBD en parle
Théorie de la relativité |

Face à la surabondance de la production et à la mode des séries en tout genre et à rallonges, les éditeurs de BD rivalisent de coups éditoriaux et médiatiques pour attirer notre attention.
On avait eu droit il y a un an à plusieurs albums publiés chaque mois comme dans un feuilleton télé : c'était Delcourt avec Empire USA qui surfait déjà sur la mode du terrorisme mais où scénario et dessin pâtissaient de ce rythme imposé (on n'avait même pas évoqué cette décevante série ici).
Cette fois, c'est Glénat qui propose Uchronie(s) avec 3 séries de 3 albums chacune : 3 visions différentes mais parallèles de New York après les attentats du 11 septembre.
Un même scénariste (Corbeyran en grande forme, dont on avait déjà adoré les Stryges) et 3 dessinateurs pour retracer les 3 versions différentes de la "réalité".
Un dixième album viendra dénouer le tout. Pour le moment, 2 albums de chacune des 3 histoires sont parus.
Au petit bonheur on commence par l'une ou l'autre des facettes de cet unique scénario : New Byzance, New York puis New Harlem, mais peu importe puisqu'on part pour une lecture et relecture en boucle et que chaque histoire apporte un éclairage et un lot d'informations qui donnent une tout autre perspective aux deux autres, pour un peu ça n'en finirait pas !
Dans New Byzance ce sont évidemment les intégristes islamistes qui ont pris le contrôle : on fait ses courses, voilée, dans les souks de New York. Le propos est simpliste, les amalgames faciles et Corbeyran enfonce toutes les portes ouvertes.
Avec New Harlem, le black power est aux commandes et les blancs végètent dans le ghetto de Harlem ...
New York semble être l'épine dorsale du Grand Tout.
On retrouve les mêmes personnages dans les trois histoires parallèles qui se répondent et se font écho.
Malgré les propos politiquement un peu courts de New Harlem et New Byzance (c'est le moins qu'on puisse dire) c'est plutôt original et le scénario se montre complexe à souhait : on passe évidemment d'une réalité à l'autre, le temps et l'espace sont tout relatifs, les mêmes personnages vivent des situations proches mais légèrement différentes,  ... Philip K. Dick n'aurait rien trouvé à y redire !
Une planche de New Byzance ici.

Pour celles et ceux qui aiment les parallèles qui se croisent.
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