Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Le blog de A à Z

Pratique : tous nos coups de coeur par ordre alphabétique, le répertoire du blog  Nos belles photos de nos beaux voyages
Pratique : tous les artistes et groupe de musique par ordre alphabétique d'auteur, le répertoire du blog  Pratique : tous les films par ordre alphabétique d'auteur, le box office du blog

Les bouquins de A à Z

Pratique : tous nos bouquins par ordre alphabétique d'auteur, le répertoire  Pratique : tous nos bouquins nordiques par ordre alphabétique d'auteur, ne perdez pas le nord
Pratique : tous nos polars par ordre alphabétique d'auteur, le répertoire des polars  Pratique : tous nos bouquins asiatique par ordre alphabétique d'auteur, le répertoire des auteurs asiatiques du blog
Pratique : toutes nos BD par ordre alphabétique, l'annuaire des BD du blog  Nos meilleurs petits bouquins, les opsucules minuscules de moins de 100 pages
Le best-of de nos meilleurs bouquins, les coups de coeur parmi les coups de coeur  Les suggestions du chef, coups de coeur parmi les coups de coeur


On voyage !

Les photos de nos voyages

on vous a vu

  • Statistiques depuis 2006
  • [] aujourd'hui
  • [] en ligne

 

ON TROUVE !

 

Loading

ON EN EST   

Retrouvez-nous sur Critiques Libres   Retrouvez nous sur Trip advisor
Retrouvez nous sur Babelio   C'est Wiki sait tout  
Notre logo   Le contenu de ce blog n'est pas libre de tout droit, cliquez pour le détail

On A Tout Archivé

18 février 2013 1 18 /02 /février /2013 08:25

D'autres avis sur Babelio


Du vin ou des bulles ?

On a déjà dit tout le bien qu'on pensait d'Etienne Davodeau et de ses BD, humbles et touchantes.

Le voici qui récidive avec Les ignorants, sans doute la meilleure de ses oeuvres avec Lulu femme nue.

http://carnot69.free.fr/images/bestof.pngLa recette est connue : un dessin tout en douceur, une profonde humanité et une histoire ordinaire de gens ordinaires.

Sauf que là, les deux personnages ne sont pas tout à fait tout à fait ordinaires : l'un est viticulteur en Anjou, élevant avec amour et professionnalisme ses vignes et son vin blanc.

L'autre, c'est Etienne Davodeau lui-même.

Le viticulteur ne connaît rien à la BD.

Le dessinateur ne connaît rien à la vigne.

Alors pendant un an ils vont se faire découvrir, l'un l'autre, leurs deux univers (ah encore une histoire vraie !).

Et c'est cette découverte réciproque que raconte l'album.

http://carnot69.free.fr/images/etienne%20davodeau.jpgAvec eux, on apprend plein de choses sur la vigne et le vin.

Avec eux, on apprend plein de choses sur les albums de BD.

Et on apprend plein de choses sur la profonde humanité qui relie ces deux amis.

Comme d'habitude la magie Davodeau opère : qu'on soit fan ou ignorant de BD, qu'on soit amateur ou néophyte en oenologie, tout le monde tombe sous le charme de cette histoire ordinaire.

Un très bel album à conseiller à ceux qui aiment le vin, la BD ou qui sont ignorants.

On vous livre deux planches : ici et .

Et une citation :

La dégustation d'un livre est peut-être plus solitaire que celle d'un vin. Mais ils ont ceci de commun que leur goût se déploie et s'affine à la discussion.

Décidément, après Les gouttes de dieu, il est clair que le vin s'accompagne volontiers de bulles  ...


Pour celles et ceux qui aiment les vrais gens.

Lorraine en parle et d'autres avis sur Babelio.

Repost 0
Published by BMR & MAM - dans BD bulles
commenter cet article
13 février 2013 3 13 /02 /février /2013 08:11

Critikat en parle


C'est où dites ?

Quand on était petit, on disait : l'Arabie, c'est où dites ?

Maintenant on peut répondre : alors, tu vois le Moyen-Âge, tout là-bas là-bas, et ben l'Arabie c'est encore un peu plus loin, loin derrière encore.

Et venu de tout là-bas, voici le deuxième coup de coeur cinoche de la semaine avec Wadjda, de la réalisatrice Haifaa al-Mansour.

Premier film tourné en Arabie(1), premier film de la réalisatrice(2).

L'histoire d'une petite fille (la douzaine d'années) qui rêve de faire la course à vélo avec son copain Abdallah ... sauf que le vélo, au Moyen-Âge, c'est pas pour les filles.

Mais Wadjda, campée droite dans ses baskets, est obstinée et finira par obtenir gain de cause, quitte à apprendre par coeur les sourates du Coran pour gagner le concours stupide qui lui donnera l'argent pour s'acheter son vélo.

On pouvait craindre le mélo jouant de la corde sensible avec cette pauvre enfant perdue dans un monde intégriste.

Mais non, la réalisatrice évite soigneusement les deux écueils : pas d'enfance larmoyante(2) et pas de procès à charge trop facile.

Bien sûr l'étouffement organisé des filles et des femmes du royaume de Riyad est minutieusement décrit : interdiction d'apparaître en public, interdiction de conduire(3), polygamie, soumission aux hommes(4), etc ... La sourate est bien (trop) connue. Mais, l'air de rien, Haifaa al-Mansour a l'intelligence de nous montrer tout cela au quotidien, sans polémique ni caricature(5). Et c'est diaboliquement efficace !

Et au travers de cette description intéressante de la vie quotidienne d'une famille aisée à Riyad, le film s'avère être bien autre chose qu'un pamphlet de plus contre l'obscurantisme religieux et surtout traditionnel(6).

Comme par opposition à ce monde impitoyable, Haifaa al-Mansour nous dépeint l'humaine chaleur du monde féminin et du riche lien qui unit la mère et à la fille. Ces quelques scènes-là donnent une très très belle histoire ... dont par construction, les hommes sont exclus, évidemment !

[extrait interview de Haifa al-Mansour] Wadjda, c'est ma nièce, ou à peu près. Enfant, elle était incroyablement fougueuse, elle adorait le foot ! En grandissant, elle s’est résignée à faire ce que ses parents conservateurs attendaient d’elle : se marier et abandonner ses rêves d’épanouissement personnel. C’est triste. Mais en Arabie saoudite, il y a beaucoup de jeunes filles pleines d'allant et de potentiel qui, demain, seront appelées à jouer un rôle de premier plan dans le royaume. L'adolescente qui interprète Wadjda est de cette trempe : elle est arrivée au casting en jeans, baskets, avec ses écouteurs dans les oreilles. 

Heureusement ça finit bien (on s'en doute !) et Wadjda qui va certainement s'en sortir un peu mieux que sa mère, finira par pédaler comme une dératée dans les rues de la banlieue de Riyad : visiblement, Haifaa al-Mansour a l'espoir que la nouvelle génération vive des jours meilleurs ...

Au vu de la marche récente du monde, qu'on nous permette juste de douter que ce soit vraiment pour bientôt.

Qui sait, pour la génération suivante et les enfants de Wadjda et Abdallah peut-être ? 

    

(1) - un pays où, oui, oui, il n'y a pas de salle de cinéma ...

(2) - la dame fut autorisée à filmer ... cachée (on dit voilée, je crois ?) dans une camionnette !

(2) - les seules larmes versées par Wadjda sont des larmes de crocodile pour extorquer quelques finances à son pote Abdallah !

(3) - c'est le seul pays moyen-âgeux au monde où la sécurité routière est ainsi préservée !

(4) - même le chauffeur analphabète de la professeure peut se permettre de l'insulter

(5) - comme avec par exemple, les scènes de l'hôpital ou la bienveillance du marchand de vélos

(6) - pas un seul imam dans le film : on comprend que tout cela est plus une question de traditions et d'usages que de religion intégriste au sens strict. Pas sûr que ce soit plus facile à s'en dépêtrer ...


Pour celles et ceux qui aiment rêver à des jours meilleurs.

Cluny et Critikat en parlent.

Repost 0
Published by BMR & MAM - dans Cinoche
commenter cet article
12 février 2013 2 12 /02 /février /2013 08:36

Critikat en parle


La leçon de cinéma (épisode 3)

Voilà un film à ne pas manquer et qui vaut beaucoup mieux que ce que à quoi on pouvait s'attendre.

Le Hitchcock de Sacha Gervasi (illustre inconnu qu'on a bien sûr oublié depuis le Terminal de Spielberg) raconte non pas l'histoire ou la vie d'Hitchcock mais celle de son film le plus célèbre : Psychose.

Et c'est bien une leçon de cinéma : après le succès de la Mort aux trousses, mais contre vents et marées (et contre tout Hollywood) le Grand Maître décide de se lancer dans le film d'horreur.

On suit alors toute la genèse de Psychose depuis le financement (Hitchcock paiera de sa poche) jusqu'au montage final (ah, l'importance du montage !), en passant par le comité de censure. C'est passionnant.

Et puis bien sûr, on découvre tous les secrets de la si fameuse scène de la douche.

L'une des toutes dernières scènes du film vaut à elle seule le déplacement : lors de la première de son film Psycho, Hitch traîne son anxiété dans les coulisses du cinéma puis à l'approche de la scène fatidique, tel un marionnettiste, il se met à rythmer en silence les réactions du public qu'il a orchestré depuis le banc de montage. Et alors que toute la salle (celle du film Psycho) frémit de peur dans les mains de Hitch, toute la salle (la nôtre) vibre aux mains d'Anthony Hopkins.

C'est tout simplement magique. La magie du cinéma.

Le reste du film est pimenté de petits clins d'oeil comme l'ouverture et la clôture du film, façon série télé, où Hitch y va de son commentaire, quelques apparitions furtives de l'ombre de Hitch, l'absence de toute image de l'original Psycho, ou encore le montage même du film qui dramatise ‘à la Hitchcock’ même les situations domestiques les plus anodines !

Et puis ce film est aussi la très belle histoire d'un très beau couple : Hitch (Anthony Hopkins, imposant et diaboliquement ressemblant) et Alma son épouse et co-directrice (Hélène Mirren, la classe as usual). Tous deux sont d'une rare présence et donnent réellement vie à leurs personnages jusqu'à éclipser tous les autres qui passent ... comme dans un décor de cinéma. Un très beau rôle pour Anthony Hopkins.

Enfin, il faut noter que ce film est tiré d'une histoire vraie (ah, ah) : l'histoire du tournage de Psycho, film lui-même inspiré d'une histoire vraie, celle d'Edward Théodore Gein, surnommé le boucher de Plainfield, qui inspira également le Silence des agneaux où sévissait ... Anthony Hopkins !

Un dernier conseil avant d'aller voir le film : assurez-vous d'avoir le DVD de Psycho à la maison, car le film de Sacha Gervasi donne une furieuse envie de re-re-re-voir celui de Maître Hitch !


Pour celles et ceux qui aiment les blondes hitchcockiennes.

Critikat et Cluny en parlent.

Repost 0
Published by BMR & MAM - dans Cinoche
commenter cet article
11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 08:45

Critikat en parle


Incorruptibles 2

On peut éviter Gangster Squad qui s'avère finalement bien être ce qu'il avait l'air d'être : une espèce de sous-remake des Incorruptibles.

Mais Ruben Fleisher n'est pas De Palma.

Pour échapper (vainement) à la comparaison, Gangster Squad tente d'invoquer une histoire vraie (comme tous les films en ce moment) à L.A. (qui n'est pas Chicago) lorsqu'un vilain truand nommé Mickey Cohen (qui n'est pas Al Capone) fait main basse sur la ville. Le chef de la police charge l'un de ses derniers flics intègres, John O'Mara (qui n'est pas Eliot Ness) de faire le ménage. Le bon sergent recrute sa petite équipe, leur demande de laisser leurs insignes à la maison et entreprend de frapper là où ça fait mal en s'attaquant aux ‘entreprises’ du vilain.

Et oui, le méchant finira par tomber pour une bricole (comme Al Capone ?).

Le seul intérêt du film est d'éclairer un peu (un tout petit peu) la vie de ces flics fraîchement démobilisés des guerres de l'Oncle Sam (WW2, Corée) qui ne savaient plus rien faire d'autre que la guerre. Eliot Ness John O'Mara et ses copains repartent en guerre contre le crime ... Bon.

Reste que :

- les filles apprécieront bien entendu le joli minois de Ryan Goslin

- les garçons trouveront viriles les ‘gueules’ de Josh Brolin et Nick Nolte mais seront déçus par la pin-up de service (Emma Stone)

- tout le monde goûtera la belle reconstitution du L.A. des années 50, façon roman noir mais en couleur (c'en est presque dommage).

Et les mêmes tout le monde détesteront le cabotinage de Sean Penn qui aurait pu donner de l'ambiguïté au vilain méchant mais qui s'est contenté de jouer Robert De Niro (peut-être avait-il lu trop vite le scénario et cru vraiment à un remake des Incorruptibles ?).

À noter dans les tablettes pour la sortie en DVD.


Pour celles et ceux qui aiment les incorruptibles.

Repost 0
Published by BMR & MAM - dans Cinoche
commenter cet article
7 février 2013 4 07 /02 /février /2013 08:25

Cluny en parle


13° amendement.

Après la réélection d'Obama et le Django de Tarantino, on attendait avec impatience le Lincoln de Spielberg.

Deux films sur l'esclavage US, deux films en longueur, deux films à texte.

Mais alors que Tarantino donnait dans le grand spectacle à sensations fortes, Spielberg verse dans le film à thèse : on sent le projet personnel longuement mûri que de porter à l'écran le président préféré des américains. Et c'est Daniel Day Lewis qui s'y colle, bargeot parfait pour incarner l'intransigeant illuminé.

Le long propos du film tourne autour du fameux 13ème amendement de la Constitution US qui abolit l'esclavage. Un amendement que Lincoln veut à tout prix faire voter avant la fin de la guerre de Sécession, persuadé que sans cela, la paix ne sera que le retour à la situation d'avant et que la guerre aura été inutile.

Les amateurs de fresque historique seront déçus : les quelques scènes de guerre ne sont là que pour donner une idée de la boucherie qui dure et renforcer la thèse politique.

Les amateurs de film de procès seront comblés : les reconstitutions des débats de l'assemblée sont rigoureuses et précises.

Le film retrace les discussions, passionnées et houleuses, à la chambre mais aussi dans les coulisses : face à ses oppossants démocrates, le républicain Lincoln voulait abolir définitivement l'esclavage (l'émancipation précédemment proclamée ne suffisait pas), tandis que d'autres privilégiaient la paix avec le Sud, ou que d'autres encore voulaient aller jusqu'à la reconnaissance de l'égalité entre les races(1) (excellent et très présent Tommy Lee Jones), ...

Pressé par l'arrivée inéluctable de la paix, Lincoln n'hésitera pas à manipuler ou même acheter certains députés pour gagner la majorité des deux tiers dont il avait besoin pour faire adopter son texte. Il paiera son succès de sa vie, assassiné quelques mois après.

Tout cela est minutieusement et longuement décrit, raconté, expliqué.

C'est un film à texte et le sujet est passionnant : on connait l'issue du scrutin depuis 150 ans déjà, mais on ne peut s'empêcher de prendre fait et cause pour l'intransigeant Lincoln.

Mais on est évidemment très très loin du grand cinoche de Tarantino.

    

(1) - il faudra encore cent ans pour y arriver ... la démocratie avance à petits pas


Pour celles et ceux qui aiment les débats politiques.

Repost 0
Published by BMR & MAM - dans Cinoche
commenter cet article
5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 09:30

Cluny en parle


Cabotinage.

Luchini et Wilson font et l'affiche et le film de Philippe Le Guay : Alceste à bicyclette.

Alceste c'est bien sûr le misanthrope, celui de Molière.

La bicyclette c'est celle qu'on pédale en l'île de Ré où se sont réfugiés nos deux bobos.

Car Luchini et Wilson jouent quasiment leurs propres rôles : Luchini, ancien acteur de théâtre a pris une retraite bougonnante sur son île. C'est l'ermite.

Le bellâtre, c'est Wilson qui tient série à la télé où il incarne niaisement mais avec succès un neuro chirurgien, une sorte de Dr. House franchouillard.

Le bellâtre s'est mis en tête de venir débusquer l'ermite sur sa plage et de le faire monter de nouveau sur les planches, à ses côtés, pour jouer un second rôle dans la pièce de Molière (Philinte, l'ami d'Alceste).

Et les voilà donc qui se mettent à pédaler et à répéter ensemble, pour voir si ça va le faire.

Sauf que lorsqu'on est acteur, on veut tenir le haut de l'affiche. Luchini, Alceste en son île, veut le rôle titre pour lui, pas question de le laisser à Wilson.  Et les voilà donc qui alternent les rôles et les vélos, plus Alceste que moi tu meurs.

C'est tout le sel marin de ce film que de nous donner à voir le travail de ces deux grands acteurs manipuler le texte du grand Molière, se manipuler l'un l'autre également, se jalouser, se défier, non pas au pistolet ou à l'épée mais à l'alexandrin. Les joutes oratoires sont superbes et l'humour grinçant.

Le film présente bien quelques défauts (Philippe Le Guay se montre souvent un peu trop explicatif, prenant le spectateur pour un cancre au fond de la classe) et quelques à côtés pas vraiment bien venus dont on se serait bien passé : le chauffeur de taxi, le jacuzzi, ... (Philippe Le Guay a du mal à rester concentré). 

Mais cela ne suffit pas à nous gâcher le spectacle des deux paons, et nos deux Jules et Jim feront même la roue (de vélo) pour une belle italienne (Maya Sansa) qui apportera un peu de fraîcheur féminine, mais aussi encore un peu plus de jalousie, dans ce monde de bêtes de scène.


Pour celles et ceux qui aiment les acteurs et le théâtre.

Repost 0
Published by BMR & MAM - dans Cinoche
commenter cet article
30 janvier 2013 3 30 /01 /janvier /2013 07:35

D'autres avis sur Babelio


Boat people.

Les dieux, même japonais, savent qu'on n'est pas fan des prix concours mais il faut dire et redire que le jury du Femina a souvent la main heureuse.

Après avoir couronné notre petit roman français préféré de 2012 (Peste et choléra), voici dans la rubrique Étranger le retour de Julie Otsuka dont on avait déjà beaucoup apprécié Quand l'empereur était un dieu.

Cet Empereur racontait, après Pearl Harbor, la déportation dans les camps US des familles japonaises immigrées avant guerre : ces japs qui, soudain, n'étaient plus les bienvenus.

Ce roman-ci, Certaines n'avaient jamais vu la mer, est en quelque sorte l'épisode précédent : lorsque les vagues d'immigration des années 20 étaient accueillies à bras ouverts pour peupler l'ouest et dynamiser à bas prix l'économie américaine.

Et c'est l'histoire d'un bateau de jeunes femmes venues du pays du soleil levant : mariages arrangés, photos arrangées des futurs maris au courrier postal, rêve occidental pour échapper aux rizières, ...

Évidemment la déception sera grande ... brutalité conjugale et labeur difficile, racisme latent et pauvreté persistante, rien ne leur sera épargné ... Le rêve américain n'est pas pour tout le monde.

Jusqu'à Pearl Harbor et la crainte de la dénonciation pour complicité supposée avec l'ennemi, la déportation inévitable. La boucle est bouclée.

Mais revenons à ces jeunes femmes qui n'avaient pas encore vu la mer avant de traverser le Pacifique.

Comme avec son précédent roman paru dix ans plus tôt (celui qui est un peu la suite, vous avez compris ?), Julie Otsuka confirme qu'elle a une plume très sûre. L'émotion est là, à fleur de mots et l'auteure déploie tous ses efforts pour maintenir la distance réglementaire.

Cette fois-ci, c'est en racontant l'histoire de toutes les femmes embarquées sur le bateau, simultanément et comme dans un choeur antique, les voix de ces femmes s'élèvent pour dire ce qui devait être dit.

[...] Certaines des nôtres travaillaient comme cuisinières dans les campements ouvriers, d'autres faisaient la plonge, abîmant leurs mains délicates. Certaines avaient été emmenées dans des vallées reculées pour y tondre les moutons. Peut-être nos maris avaient-ils loué huit hectares de terre à un dénommé Caldwell,  qui en possédaient des  des milliers en plein coeur de la vallée de San Joaquin, et chaque année nous devions lui remettre soixante pour cent de notre récolte. Nous vivions dans une une hutte de terre battue sous un saule, au milieu d'un vaste champ sans clôture, et dormions sur des matelas de paille. Nous allions faire nos besoins dehors, dans un trou. Nous tirions notre eau du puits. Nous passions nos journées à planter et ramasser des tomates du lever au coucher du soleil, et nous ne parlions à personne hormis à nos maris pendant des semaines d'affilée. Nous avions un chat pour nous tenir compagnie et chasser les rats, et le soir depuis le seuil de la porte, en regardant vers l'ouest, nous distinguions une lueur diffuse au loin. C'est là, nous avaient dit nos maris, que vivaient les gens. Et nous comprenions que jamais nous n'aurions dû partir de chez nous.

Le procédé répétitif finit, touche par touche (leurs maris, leurs travaux, leurs enfants, ...) par composer une sorte de tableau impressionniste qui très habilement, donne la vision d'ensemble de la vie de ces jeunes femmes perdues dans les profondeurs de la Grande Amérique naissante. 

Non contente de ce coup de maître, Julie Otsuka clôt son bouquin par un dernier chapitre très émouvant dont on vous laisse découvrir le procédé en contre-chant : avec la déportation dans les camps US du middle-west, il suffira de quelques saisons pour que ces japonaises soient oubliées, parties aussi discrètement qu'elles étaient arrivées.

Seule Julie Otsuka poursuit son travail de mémoire au rythme (trop lent à notre goût) d'un excellent bouquin tous les dix ans.


Pour celles et ceux qui aiment les immigrants.
Phébus édite ces 142 pages qui datent de 2011 en VO et qui sont [brillamment] traduites de l'américain par Carine Chichereau.

D'autres avis sur Babelio.

Repost 0
Published by BMR & MAM - dans Bouquin
commenter cet article
28 janvier 2013 1 28 /01 /janvier /2013 09:37

L'argent ne fait pas le bonheur.

Disons le tout de go, on est bien loin du livre de l'année que pourraient laisser accroire certains blogs et revues. La liste de mes envies frise l'engouement médiatique surfait.
On songe inévitablement à Muriel Barbery mais la prose (sagement écrite) de Grégoire Delacourt est heureusement moins affectée, en tout cas pas suffisamment pour nous hérisser et ça se laisse donc lire sans déplaisir aucun.
Malgré une histoire convenue où la petite mercière d'Arras (c'est où déjà ?), qui tient quand même un blog pour faire branché et qui pourrait bien être une lointaine cousine de province de la concierge du Hérisson déjà cité, gagne au loto ... bof.
Alors elle commence la liste des envies qu'elle pourrait bien satisfaire avec le gros lot. Re-bof.
L'argent ne fait pas le bonheur (tiens donc) et l'amour n'a pas de prix (re-tiens donc).
Allez, l'histoire on s'en fout, les coquetteries bobo-intello de l'auteur on s'en fout, la vague médiatique sur laquelle surfe ce bouquin on s'en fout.
Reste que Grégoire Delacourt sait écrire et nous raconter une histoire. Et on souhaite vivement qu'avec ce premier succès il prenne un peu de recul et nous sorte vraiment un excellent roman, moins appliqué, moins sérieux, comme s'il avait osé vraiment (par exemple) tirer tout le profit des deux jumelles voisines, celles du salon de beauté juste à côté de la mercerie.
[...] Je suis heureuse avec Jo. Parfois, après avoir mangé, il me pince la joue en disant t'es gentille toi Jo, t'es une bonne petite. Je sais. Ça peut vous sembler un brin machiste, mais ça vient de son coeur. Il est comme ça, Jo. La finesse, la légèreté, la subtilité des mots, il ne connaît pas bien. Il n'a pas lu beaucoup de livres; il préfère les résumés aux raisonnements; les images aux légendes. Il amait bien les épisodes de Colombo parce que dès le début, on connaissait l'assassin.
Moi les mots, j'aime bien. J'aime bien les phrases longues, les soupirs qui s'éternisent. J'aime bien quand les mots cachent parfois ce qu'ils disent; ou le disent d'une manière nouvelle.
Alors oui, vous aurez deviné que Grégoire Delacourt connaît la subtilité des mots, qu'il a lu beaucoup de livres et pas qu'avec des images, qu'il aime les phrases courtes mais seulement quand elles sont bien tournées.
Quelques pages savamment écrites qui savent profiter des modes littéraires et un petit bouquin très agréable à lire, sans prise de tête : juste le plaisir de lire, pour tous.

Pour celles et ceux qui aiment les mercières.
Ces186 pages sont parues en 2012 chez JC. Lattès.
D'autres avis sur Babelio.
 
Repost 0
Published by BMR & MAM - dans Bouquin
commenter cet article
24 janvier 2013 4 24 /01 /janvier /2013 08:36

BD ethnique.

Merci à Babelio et aux éditions Steinkis pour ce sympathique cadeau de début d'année.
Et bien entendu merci à Laure Garancher pour cette intelligente BD qui nous emmène tout là-bas entre Chine et Vietnam.
Le Vietnam du nord, celui des minorités Hmongs que l'on avait découvertes dans la Gran Torino de Sir Eastwood et bien sûr lors de notre voyage de 2010 dans ces montagnes perdues à la frontière avec le grand voisin chinois : Hmongs verts, Hmongs fleuris, Hmongs bleus, on ne se lasse pas du patchwork que forment leurs costumes sur les marchés traditionnels, un spectacle dont on se dit qu'il ne résistera plus bien longtemps à la ‘civilisation’ en marche.
Laure Garancher qui travaille pour diverses ONG ou pour l'OMS, entend nous conter la vie de plusieurs générations de femmes de ces contrées où il est donc question de mariages “arrangés”. Les chinois ne trouvent plus d'épouses (la politique de l'enfant unique a dévasté les rangs de la gente féminine) et les Hmongs - qui ne peuvent pas se marier au sein du même clan, traditions obligent - ont eux aussi bien du mal à trouver un conjoint.
Du coup, les marieuses sont ainsi devenues des travailleurs transfrontaliers !
On découvre donc la vie de Pad, née au pays Hmong, mariée en Chine et ravie d'échapper ainsi aux durs travaux dans les rizières de ses montagnes natales, elle est maintenant devenue grand-mère.
Sa belle-mère, Lan, une chinoise, a également été mariée à un commerçant chinois (dans les années 80).
Son mari, Tao (le fils de Lan donc) représente l'archétype de l'enfant unique chinois : chéri et gâté comme tous les garçons, c'est aussi un enfant sur lequel va peser beaucoup de pression - il faut briller à l'école pour réussir plus tard.
On parcourt cette BD exactement comme si l'on était assis à côté de la grand-mère Pad, en train de feuilleter les albums photos de la famille et de la belle-famille, on s'attend presque à entendre la grand-mère nous dire : tiens regarde, c'était quand je suis arrivée en car à la gare routière et que j'ai découvert ton grand-père Tao, ah et puis il faut que je te raconte ce qui s'est passé quand ...  On est un peu en famille ...
Sous les belles images douces et naïves, se cache un album plutôt futé, égayé de quelques bonnes idées graphiques : arbre généalogique, affiches de propagande, ...
Bien sûr on se dit que la vraie vie n'est certainement pas toujours aussi sympathique : il y a sûrement plus de violence et plus de misère que Laure Garancher le laisse entendre. Mais bon, c'est le propre des albums photos que de préserver seulement les bons souvenirs et il n'est pas interdit de voyager de temps en temps depuis son canapé sans trop se prendre la tête.

Pour celles et ceux qui aiment les Hmongs fleuris.
Quelques images sur le site de Laure Garancher.
D'autres avis sur Babelio.
 
Repost 0
Published by BMR & MAM - dans BD bulles
commenter cet article
21 janvier 2013 1 21 /01 /janvier /2013 14:03

Critikat en parle


La leçon de cinéma (épisode 2)

Après Inglorious Basterds en 2009, Tarantino continue de ré-écrire l'Histoire.

D'emblée, dès le générique(1), Tarantino plante son décor historique et social : on va parler d'esclavage.

Et s'il y a trois ans, quelques tabous européens sur les nazis dérangeaient encore, il n'en n'est rien ici puisque Tarantino s'attaque aux années sombres de l'Histoire US, lorsque l'esclave noir était monnaie courante, si on peut dire(2).

Nous voici donc projetés juste avant la Guerre de Sécession(3), et naître noir à cette époque c'était les emmerdes assurées. Autant prévenir : Django unchained est un film dur et violent, même si c'est du cinoche à la Tarantino. On ne parle pas des giclées d'hémoglobine de plus en plus artistiquement déposées qui depuis longtemps ne font plus peur à personne(4), on passe sur les sévices infligés aux esclaves noirs (brrr...), mais QT sait toujours trouver les ressorts qui feront encore sursauter le spectateur blasé, comme lors de la fusillade dans la grande maison : les coups de feu sur les blessés tombés au beau milieu du carnage sont une ‘jolie’ trouvaille !

Bref, on ferme souvent les yeux, comme toujours avec QT(5) ! Mais sur 2h40 de film, ça laisse encore du temps pour apprécier le spectacle ! D'autant qu'on ne s'y ennuie pas une seconde et que ces presque trois heures sont assurément le grand moment de cinéma de ce début d'année.

Indiscutablement, la réussite du film vient des deux personnages clés : le Dr Schulz (impayable Christoph Waltz(6)), un allemand devenu chasseur de primes qui s'associe avec Django l'esclave noir rebelle (Jamie Foxx).

Les dialogues sont comme toujours avec QT, taillés au cordeau, un régal pour l'esprit, aussi soignés que les images (un régal pour les yeux) et que la musique (un régal pour les oreilles). Et quand les mots ne suffisent plus, ce sont les balles qui fusent.

Car sous des dialogues policés et mondains, couve une tension d'une violence incroyable(5).

Heureusement l'humour n'est jamais bien loin et permet de souffler un peu : comme avec cette scène déjà devenue culte où les membres d'un proto-KKK(7) se plaignent de leurs cagoules où les trous ne tombent pas en face des yeux. On a beau être prévenu, on a beau avoir déjà entendu certaines répliques, on se retrouve plié de rire sur son fauteuil comme toute la salle. Qui a parlé de tabous ?

Ah bien sûr, on peut dire qu'avec ce film à gros budget, Tarantino permet à son héros(8) et à ses compatriotes de se racheter à bon prix une bonne conscience(2). Mais beaucoup de  choses sont quand même dites sur l'esclavage et sur la bêtise de ces fermiers sudistes (trop bêtes et trop méchants ? sans doute, oui) que l'allemand Christoph Waltz semblent trouver plus sauvages que leurs propres esclaves noirs.

Et puis surtout, avec ces deux films sur l'esclavage, sortis au moment même où leur président noir prête serment pour la seconde fois, ces étranges américains n'en finissent pas de nous étonner ...

Alors dans une dernière pirouette cabotine, Tarantino nous rappelle que tout cela n'est que du cinoche, mais du grand cinoche, et qu'il nous demande juste d'applaudir lors du feu d'artifice final.

Ce que l'on fait volontiers : Tarantino est l'un des rares (le seul ?) grands cinéastes d'aujourd'hui (car Spielberg et son prochain Lincoln, c'est quand même la génération précédente !).

    

(1) - même réaction qu'au générique d'Inglorious Basterds - quelques images, quelques notes de musique et l'on se cale dans son fauteuil, assuré de passer un grand moment de cinéma

(2) - ces pages-ci de l'Histoire américaine dérangent moins le public européen puisque chacun sait que les bateaux des négriers ne partaient ni de Liverpool, ni de Nantes ou de La Rochelle.

(3) - le film de Tarantino est un peu le prélude au Lincoln de Spielberg qui est lui aussi, attendu avec impatience

(4) - et QT sait (nous faire) prendre tout cela au second degré comme avec ces cadavres brutalement projetés ou tirés en arrière tels des marionnettes

(5) - c'est ce qu'on disait déjà avec Inglorious Basterds

(6) - souvenez-vous du colonel Landa d'Inglorious Basterds ! On retrouve d'ailleurs ici quelques jeux de langue(s) avec l'allemand

(7) - dix ans seulement avant la naissance du vrai Ku Klux Klan : Tarantino prend des libertés modérées avec l'Histoire

(8) - dans le film, Christoph Waltz déboursera 12.000 $, les producteurs du film sont eux, montés jusqu'à cent millions de $


Pour celles et ceux qui aiment qu'on leur fasse du cinoche.
L'avis de Critikat.

Repost 0
Published by BMR & MAM - dans Cinoche
commenter cet article

On A Tout Rangé