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On A Tout Archivé

14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 07:55

Cold case réchauffé.

On avait découvert le danois Jussi Adler Olsen avec le premier épisode : Miséricorde.
On a sauté le n° 2 (Profanation) et voici que Babelio et Albin Michel nous proposent aimablement le troisième de la série : Délivrance.
Polar noir
La recette est la même et l'effet de découverte ne joue plus.
J.A. Olsen reprend les mêmes ingrédients et nous ressert le même plat : une vieille histoire qui date de plusieurs années et qui ne semble toujours pas terminée(1), pendant que le tandem composé de Carl Mørck et de son assistant syrien traîne toujours dans les sous-sols de l'hôtel de police et tente de classer les vieux dossiers.
J.A. Olsen en rajoute même encore une louche avec une punkette façon Lisbeth(2) : ça avait super bien marché chez son voisin suédois, alors pourquoi ne pas reprendre le même ingrédient ?
Bref, l'auteur a gentiment pris tout ce qui traînait dans son frigo et même dans celui du voisin pour faire sa tambouille.
Mais le chef ne semble guère inspiré cette fois-ci : Carl Mørck semble s'ennuyer à mourir et nous avec, les épices qu'apportait l'amusante relation avec le syrien Hafaz-el-Assad sont éventés et l'auteur ne semble pas trop savoir à quelle sauce accommoder sa punkette (vous verrez pourquoi, on ne vous dit rien, juré).
Reste que ce genre de plat se mange sans faim et qu'on peut en profiter pour s'aventurer encore un peu plus dans le monde fanatique des sectes religieuses de ces pays nordiques qu'on connait si mal : c'est visiblement un thème récurrent de tous ces polars suédois ou norvégiens et donc ici danois.
Mais on est habituellement beaucoup plus exigeants avec les auteurs américains et français : ce nouvel épisode est donc à réserver à celles et ceux qui sont devenus fans de la série. Les autres pourront se contenter du premier opus.
   
(1) - cette fois, c'est un vieux message qui réapparait dans une bouteille à la mer alors qu'un tueur en série rôde toujours ...
(2) - visiblement apparue dans l'épisode n° 2 (Profanation), qu'on n'a pas lu

Pour celles et ceux qui aiment les tueurs en série danois.
Ces 672 pages parues chez Albin Michel sont traduites du danois par Monique Christiansen.
D'autres avis sur Babelio.
 
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8 janvier 2013 2 08 /01 /janvier /2013 07:17

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Conte de la folie ordinaire...

Viviane Élisabeth Fauville sort de chez son psy en courant : elle vient de l'assassiner et elle doit récupérer le bébé qu'elle a laissé dormir dans le tiroir de la commode de sa chambre d'hôtel.

Voilà, ce pourrait être le résumé de cette petite histoire étrange que nous conte Julia Deck.

[...] Vous avez répondu non, c’est moi qui m’en vais. Garde tout, je prends l’enfant, nous n’aurons pas besoin de pension alimentaire. Vous avez déménagé le 15 octobre, trouvé une nourrice, prolongé votre congé maternité pour raison de santé et, le lundi 16 novembre, c’est-à-dire hier, vous avez tué votre psychanalyste. Vous ne l’avez pas tué symboliquement, ainsi qu’on en vient parfois à tuer le père. Vous l’avez tué avec un couteau de marque Henckels Zwilling, gamme Twin Profection, modèle Santoku. « Le tranchant de la lame, d’une géométrie unique, offre une stabilité optimale et permet une coupe aisée », précisait la brochure que vous étudiiez aux Galeries Lafayette tandis que votre mère sortait son chéquier.

Parce qu'il faut dire que Viviane Élisabeth Fauville est un peu givrée, un peu fêlée, et qu'elle donnera du fil à retordre à la police qui va peiner à démêler le vrai du faux.

Et tout comme la police, le lecteur va se faire balader ...

Avec cette écriture sèche, à la précision entomologique, qui épingle la folie ordinaire et marque la distance sans rien épargner du fin fond de l'âme.

Avec cet usage étrange des pronoms qui met d'emblée le lecteur dans la peau de Viviane (vous ...) et puis qui vous en éloigne (elle ...) et qui nous en rapproche à nouveau (nous ...).

Qui donc est Viviane Élisabeth Fauville ? Folle ou pas folle ? C'est ‘elle’, une autre donc, ou c'est nous ?

Déjà plus mariée, pas vraiment mère, pratiquement sans boulot et entre deux logements, Viviane Élisabeth Fauville erre en désordre dans Paris et ne nous laisse guère de repères auxquels nous raccrocher.

http://carnot69.free.fr/images/coeur.gifUn premier roman très réussi, publié par les prestigieuses Éditions de Minuit où sévit également Échenoz dont on parle souvent et qu'on aime beaucoup : on verrait  bien Julia Deck en petite soeur d'Échenoz, son style en est proche.


Disponible en ebookPour celles et ceux qui aiment les histoires de (pas si) fous.
Ce sont les Editions de Minuit qui éditent ces 160 pages qui datent de 2012.

D'autres avis sur Babelio.

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7 janvier 2013 1 07 /01 /janvier /2013 07:25

Le Figaro en parle


Info ou intox ?

Mieux vaut être le premier à se tromper que le second à dire la vérité : tel serait devenu le credo du journalisme, à l'heure des niouses pré-digérées du 20heures et d'internet.

C'est (en partie) le thème de la pièce de Marc Fayet(1) : Le scoop.

Une pièce avec trois visions très différentes du métier de journaliste : le vieux briscard à l'ancienne, grand reporter, honnête et désabusé.

Le requin du JT prêt à tout pour faire de l'audience et au passage régler quelques comptes avec ses collègues et ‘amis’.

Le jeune loup nourri au biberon du ouèbe, wikilies et autres mediaparts ...

Après une mise en place rapide (grâce à une mise en scène dynamique), l'histoire va se mettre en place et les relations complexes qui unissent ces trois personnages vont se nouer (on vous laisse découvrir, évidemment) ...

Il faut saluer la prestation des trois "vieux" : Philippe Magnan est un ancien correspondant de guerre, bougon et retraité, plus vrai que nature et Frédéric Van der Driessche endosse sans états d'âme, le costume de l'affreux aux dents trop longues.

Mais c'est Frédérique Tirmont qui remporte la palme dans le rôle de l'épouse du grand reporter : on attend ses passages sur scène avec impatience tant elle excelle dans cette parisienne bobo-rive gauche et elle n'a aucun mal à se fondre dans le décor !

Les deux plus jeunes, Guillaume Durieux et Aurore Soudieux, attendent encore de faire leurs preuves : au journal comme sur scène !

Sur ce thème inattendu Marc Fayet a réussi à bâtir une pièce solide et apporte la preuve qu'on peut écrire de très bons textes contemporains et intelligents.

L'intrigue est plutôt bien ficelée, ça se déguste comme un polard même si l'on devine certaines ficelles et les dialogues sont incisifs, féroces, grinçants : c'est pas bien joli, les coulisses du journal ...

Ce fut un excellent choix de l'amie Véro pour le réveillon du 31 !

_____________________________________

(1) - que certains avaient pu voir comme acteur dans le Mec de la tombe d'à côté


Pour celles et ceux qui aiment les journalistes.
Froggy en parle et c'est au Théatre Tristan Bernard.

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3 janvier 2013 4 03 /01 /janvier /2013 09:46

Critikat en parle


Tallinn - Paris, aller simple.

Premier film très réussi de l'estonien Illmar Raag que cette Estonienne à Paris.

À l'opposé des effets de modes, il nous raconte l'histoire toute simple de trois personnages : Jeanne Moreau une vieille dame (une ancienne estonienne) à Paris, au passé sulfureux et à la beauté fanée (un rôle qui lui va donc à ravir), Patrick Pineau dont on ne vous dévoile pas les liens qui l'unissent à la vieille dame ronchon et grognon et enfin, la lumineuse Laine Mägi, une autre estonienne donc (une vraie), que Patrick Pineau fait venir de Tallinn à Paris pour s'occuper de Lady Moreau.

Ces trois-là tissent d'étranges relations, tout en non-dit, que l'on vous laisse découvrir.

Ce triangle fait tout le charme de ce petit film où il ne se passe presque rien mais où beaucoup de choses sont évoquées : les amours passées ou à venir, la vieillesse, la solitude ...

Ah, et puis un quatrième personnage : Paris, bien sûr ! puisque tout se passe dans un autre triangle, entre l'appartement de Lady Moreau, le bistrot de Patrick Pineau et ... la tour Eiffel.

On est ravis de revoir Jeanne Moreau et ravis de découvrir Laine Mägi.


Pour celles et ceux qui aiment les vieilles dames.

Critikat en parle, toujours très sévère et Pascale n'est pas du tout d'accord avec nous.

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2 janvier 2013 3 02 /01 /janvier /2013 09:11

Critikat en parle


Pêche à l'homme.

En souvenir du mémorable Bombon El Perro, on ne pouvait pas laisser passer l'occasion de retrouver l'argentin Carlos Sorin : nous voici donc repartis pour quelques Jours de pêche en Patagonie.

La Patagonie est une terre plate et désolée, battue par les vents et les flots, sillonnée de longues routes désertes, une terre de passages terrestre et maritime.

Le bout du monde, celui des anciens, plat avec le bord.

Dans ce décor insipide, quelques lieux incolores : une cafétéria, un couloir d'hôpital, une salle des fêtes, ...

Dans le film de Carlos Sorin, tout le monde vient d'ailleurs et se retrouve là, de passage, pour quelques jours ou pour quelques années.

Sur cette lande sans relief, dans ses lieux sans âme, il n'y a que les hommes. Et Carlos Sorin sait les filmer comme personne : des personnages plutôt quelconques, franchement ordinaires, pas réellement beaux, pas vraiment intéressants, ... mais à la deuxième apparition nos lèvres s'écartent en large sourire, on se dit chic ! et on voudrait s'asseoir là avec eux sur une chaise en plastique inconfortable et blablater pendant quelques jours ou quelques années. Quelle empathie et quelle humaine gentillesse baignent ce film lent qu'on voudrait voir durer encore quelques heures pour profiter encore et encore de ces regards, de ces sourires.

Le personnage principal est, comme tout le monde ici, de passage.

Homme ordinaire, il vend des roulements à billes(1).

Son passé se dévoile par petites touches au fil des images : ex-alcoolique, ex-marié, ...

Officiellement il est venu passer quelques jours pour la pêche au requin. Il est surtout venu retrouver sa fille qui s'est éloignée de lui, depuis plusieurs années.

C'est un peu la pêche au passé, quelques petites prises de ci, de là, mais pas plus de gros requin qu'en mer.

La pêche à une certaine idée de sa fille ou plutôt à une nouvelle idée de lui-même ...

Le film est tout en ellipses, drames et sentiments seulement suggérés, jusqu'à la très belle fin.

Et dans la famille Sorin, on veut bien aussi le fils, Nicolas Sorin, qui signe une très belle musique (c'est ici chez nous, pas facile à trouver sur le ouèbe) digne des films japonais orchestrés par Joe Hisaishi.

Histoire de commencer l'année du bon pied, même si Alejandro Awada (le personnage principal) n'a pas le pied très marin !

_______________________________________

(1) - le personnage de Bombon El Perro vendait des couteaux ...


Pour celles et ceux qui aiment les bons sentiments.

Critikat en parle, toujours très sévère.

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1 janvier 2013 2 01 /01 /janvier /2013 00:33

Best of 20102011 ne nous avait guère laissé le temps de préparer un best-of, alors on se rattrape (un peu) pour 2012.

Voici donc quelques lectures qui auront marqué notre année.
cliquez sur les vignettes ou sur les liens pour retrouver les billets en version intégrale


D'abord une palme d'or pour :

  • http://carnot69.free.fr/images/peste%20&%20cholera.jpgLa biographie d'Alexandre Yersin romancée par Patrick Deville.
    Disons le tout net, on adore.

    C'est frais, lumineux et intelligent. On croirait du Echenoz. Le meilleur d'Echenoz, celui des biographies comme celle de Zatopek ou celle de Tesla.

    Car il est encore question de biographies romancées, de Vies comme dirait Patrick Deville.

    La “Vie” dont il est question ici, c'est celle d'Alexandre Yersin.

    Comment vous ne connaissez pas ? Nous non plus ... jusqu'à ce petit bouquin.

    Yersin est un touche-à-tout de génie. Il ne tient pas en place, ayant grandi à l'ombre de Pasteur, le voici qui ne rêve que de marcher dans les traces de Livingstone. Se lassant très vite une fois la chose découverte, pressé de passer à autre chose. Chemin faisant, il découvre la peste et invente la culture intensive du caoutchouc pour Michelin.

Ensuite quelques nouvelles plumes découvertes cette année (du moins pour ce qui nous concerne)  :

  • Belle découverte que Laura Kasischke.

    Si l'on en croit son Oiseau blanc dans le blizzard, ça promet.
    L'horreur cruelle du quotidien, y'a pas d'autres mots.
    Le quotidien bien propre et bien blanc des banlieues américaines.
    Une maison. Une mère, un père, une fille. Et la haine tranquille qui relie ces trois-là.
    Un beau jour la mère disparait et au fil des flashbacks, on va découvrir peu à peu ce qui se tramait sous la surface bien lisse de cette famille trop propre.
    C'est féroce et superbement bien écrit.
  • On avait découvert la norvégienne Anne Birkefeldt Ragde avec Zona Frigida mais voilà un véritable coup de coeur pour ce roman bien différent : autant Zona Frigida était plein d'humour (noir), autant La tour d'arsenic tient plus de la sombre saga familiale. 
    Trois ou quatre générations de femmes scandinaves défilent : un siècle de condition féminine.
    Un siècle qui ne fut sans doute pas le meilleur.
    Ça se lit presque comme un thriller à suspense et, avide de découvrir les secrets de chacune de ces femmes, on dévore ce gros bouquin sans pouvoir le lâcher : d'emblée on comprend que Ruby se réjouit de la mort de sa mère qui ne l'aura jamais aimée et encore moins désirée. Malie était chanteuse de cabaret et sa carrière fut brisée par la venue de Ruby qui se trouvera à son tour bien incapable d'apporter un peu d'amour à sa propre fille. Et l'histoire est forte et âpre et dure, et l'on veut tout savoir de ces femmes, comment Malie est devenue chanteuse de cabaret, de qui est née Ruby, pourquoi Thérèse se prénomme ainsi, ...

Et une année placée sous le signe des Grands Espaces, avec ces quelques bouquins qui nous marqueront encore durablement, bien au-delà de 2012  :

  • On dévore ce bouquin à vive allure, impossible de le reposer, il ne s'y passe pratiquement rien mais c'est pire qu'un polar. L'obsession de Gary, courbé sous les muets reproches de sa sorcière de femme, incarnation de la réprobation, devient la nôtre. On partage les affres et les maux de tête d'Irene qui s'obstine à sauver son couple et à suivre son abruti de mari entêté. Tous les personnages, couple, enfants, conjoints, sont attachants, épais, humains et vrais. On croit prendre parti pour l'un ou l'autre, on aimerait bien s'identifier à quelqu'un, ne serait-ce qu'un demi-héros, mais le chapitre suivant nous le dépeint sous un jour encore plus sombre et plus attristant. Les tempêtes et les désolations de l'Alaska ne sont bien évidemment que les reflets de celles des âmes humaines, à moins que ce ne soit le contraire. Désolations.
    David Vann nous décrit des paysages grandioses (désolants mais grandioses !) mais c'est dans les têtes que tout se passe.
    Bien meilleur épisode que le précédent (Sukkwan Island) qui avait eu tant de succès.
  • En mémoire de la forêt de Charles T. Powers. Une promenade vers les sombres et impénétrables forêts de l'est. De Pologne plus précisément.

    L'auteur prend son temps pour planter ses arbres, son décor et ses personnages : nous voici dans un petit village de la campagne polonaise, un bled paumé quelque part entre Varsovie et la Russie.

    L'histoire est à peine datée (du tout début des années 90), la Pologne semble sortir du moyen-âge et se relève péniblement de son passé.

    Bien loin du rayon polar et thriller où certains voudraient le caser, ce roman est un sinistre voyage aux fins fonds d'une campagne polonaise accablée de tristesse et de grisaille, courbée sous le poids d'un passé bien trop lourd à porter.

    On retrouve ici un peu de la sombre et oppressante ambiance du Rapport de Brodeck.

    Dommage que Charles T. Powers (décédé en 1996) ne soit pas resté encore un peu avec nous ...

  • On ne présente plus les éditions Gallmeister et leur collection Nature Writing qui fait régulièrement la une de ce blog.

    En voici un nouvel épisode qui change un peu des polars auxquels on avait pris goût, un épisode plutôt dans la veine de David Vann que celle de Craig Johnson.

    Une très sombre histoire de famille, à cheval : Le sillage de l'oubli de Bruce Machart.
    C'est le premier roman de Bruce Machart et il faut avouer que c'est un joli coup : bien sûr il y a cette histoire, âpre et sauvage, presque inhumaine comme la terre avec laquelle les hommes font corps. Et puis il y a cette écriture (sans doute admirablement traduite), riche, ample, impeccable. C'est fort et ça remue.


Voilà, c'est dit, c'est fait, salut 2012 et vive 2013 !
Et une excellente nouvelle année à toutes et à tous !

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27 décembre 2012 4 27 /12 /décembre /2012 07:23

Critikat en parle


Que les Lumières soient ...

À l'heure où 2013 et notre XXI° siècle semblent s'ouvrir sur des horizons de moins en moins éclairés, voici un film salutaire qui nous conte comment le siècle des Lumières connut lui aussi des moments difficiles : Royal Affair du danois Nikolaj Arcel.

Un film qui nous change utilement des thrillers 100% actuels et des comédies 100% contemporaines, puisque nous voici projetés au XVIII° siècle, au Danemark et avec des acteurs quasiment inconnus(1) : c'est dépaysant.

L'histoire sort des manuels d'Histoire ... danois : quelques années trop tôt avant la révolution qui fit trembler l'Europe, la jeune épouse (anglaise) du jeune Roi du Danemark (Christian VII) s'amourache du médecin de la cour, un allemand qui lit Voltaire et Rousseau. Le jeune Roi Christian, écrasé par les devoirs d'une charge qu'il n'a pas choisie, supporte mal la pression de la cour et joue au fou(2). Tous trois vont secouer la cour et tenter de faire passer quelques réformes salutaires car en ce temps-là il y avait quelque chose de pourri au Royaume du Danemark(3) comme à beaucoup de cours européennes.

On ne vous raconte pas la suite (disponible dans tout livre d'Histoire ... danois) pour préserver un peu de suspense, mais tout l'intérêt du film tient dans la destinée de ces trois-là qui, un peu avant l'heure, voulaient allumer quelques lumières dans le ciel danois ...

Pour toutes ces raisons (acteurs et exotisme danois, costumes et châteaux d'époque, prémisses difficiles des révolutions, ...), le film de Nikolaj Arcel est très certainement le film de Noël à voir et Véro fut de très bon conseil !

_______________________________________

(1) - MAM est absolument persuadée d'avoir déjà vu Mads Mikkelsen au ciné, mais elle est manifestement sous le charme de sa belle gueule et ça m'étonnerait qu'elle se souvienne réellement de son apparition fugace dans Casino Royale.

(2) - même s'il n'a pas la gueule de Mads Mikkelsen, il faut saluer la prestation de Mikkel Boe Folsgaard qui réussit à donner beaucoup de crédibilité à ce rôle difficile et qui incarne un trop jeune roi partagé entre vraie folie et faux-fuyants.

(3) - la citation de Shakespeare est habilement éludée


Pour celles et ceux qui aiment les costumes d'époque.

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26 décembre 2012 3 26 /12 /décembre /2012 08:41

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La Grande ...

Petite (légère) déception que cet Échenoz dont on est pourtant fan.

Il faut dire qu'après ses récentes livraisons (Courir et Des éclairs), notre auteur français préféré avait placé la barre très haut.

Et de plus, on vient juste de dévorer avec enthousiasme Peste & choléra d'un autre auteur (Patrick Deville) mais qui est de la même veine que les précédents cités.

Alors ce 14, au titre pourtant prometteur, avait la tâche difficile ... sans doute trop difficile.

Faut dire que le sujet n'est pas très enthousiasmant : on est en 14, 1914 évidemment, et les appelés partent avec entrain pour l'une des plus grandes boucheries de l'humanité.

Au pays vendéen, ils étaient deux, Anthime et Charles à tourner autour de la belle Blanche.

Mais les voilà donc partis vers les Ardennes avec deux ou trois autres conscrits, laissant Blanche derrière eux, seule pour mettre au monde son marmot.

Des quatre ou cinq amis partis avec entrain, combien reviendront ? Et en quel état ? On connait la musique militaire.

[...] Tout cela ayant été décrit mille fois, peut-être n'est-il pas la peine de s'attarder encore sur cet opéra sordide et puant. Peut-être n'est-il d'ailleurs pas bien utile non plus, ni très pertinent, de comparer la guerre à un opéra, d'autant moins quand on n'aime pas tellement l'opéra, même si comme lui c'est grandiose, emphatique, excessif, plein de longueurs pénibles, comme lui cela fait beaucoup de bruit et souvent, à la longue, c'est assez ennuyeux.

Et bien oui maître Échenoz, on ne comprend pas très bien où vous voulez en venir : le premier mouvement nous entraîne dans les pas d'Anthime, Charles et leurs amis, ok. Le final remettra les pendules à l'heure, ok. Oui, mais entre ces deux temps, le développement de la guerre des tranchées nous aura laissés sur notre faim.

Alors il reste un petit bouquin échenozien de plus, la plume toujours aussi sûre. Et c'est toujours un régal que de se délecter de ces mots-là, même sur un sujet aussi sinistre que la Grande Guerre sur laquelle Échenoz jette un regard désabusé.

Car l'Histoire se répète n'est-ce pas, et l'homme est sourd à ses enseignements : Quatre-vingt treize(1), 14, ... et il y aura encore d'autres millésimes ...

____________________________________________

 (1) - le bouquin d'Échenoz commence avec un hommage appuyé à Victor Hugo, reprenant une scène où le personnage "voit" le tocsin dans le lointain en devinant les cloches s'agiter avant de pouvoir en entendre le son - il avait des oreilles mais n'entendait pas 


Disponible en ebookPour celles et ceux qui aiment les poilus.
Ces 124 pages datent de 2012 et sont publiées aux Editions de Minuit.

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22 décembre 2012 6 22 /12 /décembre /2012 08:07

Le Monde en parle


La crise (re et re).

Encore la crise ... et c'est sûrement pas fini.

Arbitrage, c'est un peu Margin Call(1) côté famille, un peu la version comédie ou tragédie hollywoodienne.

Avec des stars : Richard Gere et Susan Sarandon, viellissantes comme on les aime.

Richard Gere est impérial en vieux lion des affaires, à croire que ce rôle n'attendait que lui et ses 63 ans.

La première partie du film nous le montre en vieux beau, impeccable, élégant, puissant, aux commandes d'une grosse affaire et d'une grande famille, on l'aime.

Puis on l'aime moins (on vous racontera pas).

Puis on l'aime encore moins, voire plus du tout.

Les masques tombent : la scène de ménage avec Susan Sarandon (toute en demi teinte), chacun de son côté du lit matrimonial aux draps de soie, est magistrale. Ces deux là étaient faits pour cette scène là.

Son affaire part en ..., ses histoires d'amour partent en ..., sa famille part en ..., tout part en ...

Le vieux lion, habitué à tout monnayer depuis American Gigolo et Pretty Woman, tente de résister dans la tempête financière et personnelle qu'il a lui même semée.

À demi patriarche, à demi tyran.

Après une mise en situation un peu rocambolesque, le film se faufile habilement entre thriller et comédie de moeurs et vaut surtout pour sa fin tout à fait immorale : les masques sont tombés mais la fête continue et chacun continue de faire bonne figure.

C'est ça la crise chez les riches.

Face aux riches, deux ou trois personnages dont Tim Roth, intéressant lui aussi en flic teigneux, façon pittbull.

Monté comme un polar, tout l'intérêt du film est de nous balader entre ces différentes postures : Richard Gere est agréable et suscite l'empathie ... sauf lorsqu'on se met à le haïr, Tim Roth est acharné au-delà du raisonnable ... mais on voudrait bien qu'il réussisse, Susan Sarandon est effacée ... jusqu'à tirer habilement son épingle du jeu, etc. Tout est en clair-obscur, parce que tout le monde est compromis et que la fête continue et qu'il faut toujours et encore faire bonne figure.

Alors arbitrage ? Et bien la recommandation de l'agence de notation BMR&MAM sera “titre sous-évalué, acheter”.

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(1) - il est d'ailleurs fait allusion au fameux "margin call"


Pour celles et ceux qui aiment les vieux lions.

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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 07:00

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Début de l'hiver et fin du monde...

 Joyeuses fêtes de fin d'annéehttp://carnot69.free.fr/images/polaire.gifIl n'aura échappé à personne qu'en ce 21.12.12 nous sommes officiellement au début de l'hiver (un hiver commencé déjà depuis plusieurs semaines) et à la fin du monde (une fin elle aussi commencée, et depuis plusieurs années).

Alors bien sûr ce blog (un blog commencé depuis plusieurs années) ne pouvait pas ne pas marquer cette date historique, non pas d'une pierre blanche mais d'une grosse boule de neige : après le dernier des lapons et après avoir déjà lu et chroniqué le Bonhomme de neige de Jo Nesbo, ce sera donc avec ce billet sur Hiver un polar du suédois Mons Kallentoft.

Oui, encore un polar suédois, décidément quel filon pour les (ré-)éditeurs français !


Le répertoire des polarsNous voici donc à Linköping (prononcer lin'cheuping, un peu à la chinoise) une grosse ville de Suède, un peu au sud de Stockholm (Linköping, d'où Mons Kallentoft est originaire).

Le bouquin commence naturellement très fort : la Suède connaît l'un de ses hivers les plus rigoureux (je vous dis pas) et on découvre le cadavre nu d'un gros bonhomme pendu à un arbre, lacéré de coups de couteau.

D'emblée on plonge dans la vie quotidienne de la brigade criminelle de Linköping et l'auteur laisse entrevoir les fêlures qui fragilisent chacun de ses personnages (ce bouquin est le premier d'une série).

À commencer par l'héroïne, Malin Fors, une commissaire douée pour les enquêtes ... c'est-à-dire qu'elle est séparée, mère d'une adolescente pas toujours facile et avec un penchant un peu trop marqué pour faire pencher la bouteille le soir, après le dur labeur.

D'entrée on est un peu rebuté par l'écriture de Mons Kallentoft : de petites phrases courtes et sèches, peu de dialogues mais beaucoup de “voix intérieures” (même le mort ‘parle’ !), cela donne une lecture hâchée, très peu fluide et c'est bien dommage.

À mi-parcours, malgré cette lecture peu agréable, on se laisse quand même prendre par les descriptions très “sociales” de cette Suède que l'on connaît si mal : on se croirait au fin fond de l'Iowa ou de l'Illinois.

Les descriptions des différents milieux socio-culturels de la région sont instructifs (on a presque droit à un panorama de l'immobilier et de l'urbanisme local) même si le lecteur français manque évidemment de repères et de références au pays des usines Saab.

– Alors ?

La vieille fixe d'abord Malin, puis Zeke. Ce dernier n'est pas troublé, au contraire il a un léger sourire lorsqu'il entre dans la pièce et annonce :

– Nous sommes ici en raison du meurtre de Bengt Andersson. Il était l'un des témoins interrogés dans le cadre de l'enquête sur le viol de votre fille Maria.

Et malgré l'horreur des faits qu'il décrit, Malin sent comme une chaleur dans son cœur. C'est comme ça que ça doit être. Zeke n'a absolument peur de rien et tire dans le nid de guêpes. Se fait respecter. Je l'oublie parfois, mais je sais pourquoi je l'admire.

Autour de la table, tout le monde reste impassible. Jakob Murvall se penche en avant, saisit un paquet de Golden Blend sur la table et en tire une cigarette qu'il allume aussitôt. L'un des bébés pleurniche.

– Nous ne savons rien là-dessus, dit la vieille dame. Pas vrai les garçons ?

Les frères attablés secouent la tête.

– Rien, dit Elias en ricanant. Rien du tout. 

Au final, en dépit de l'étiquette polar nordique, on est bien loin, très loin, de la catégorie des Mankell, Nesbo et autres Indridason.

Il faut plutôt ranger Mons Kallentoft aux côtés de Karin Fossum par exemple, pour les voix intérieures, ou de Asa Larsson pour le froid et les célébrations sectaires.

Mais pas sûr qu'on repique l'hiver prochain (si la fin du monde n'est pas encore terminée) pour une autre enquête aux côtés de Malin Fors.


Disponible en ebookPour celles et ceux qui aiment les polars suédois.
C'est le Serpent à plumes qui édite cet ouvrage qui date de 2007 en VO et qui est traduit du suédois par Max Stadler et Lucile Claus.

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Published by BMR & MAM - dans Bouquin
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On A Tout Rangé