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On A Tout Archivé

6 septembre 2008 6 06 /09 /septembre /2008 06:23
Allocine
It's a love world.

On n'est pas trop fan des films des frères Dardenne, mais Le silence de Lorna était annoncé dans un registre différent.
Lorna est une immigrée albanaise, associée à un junkie belge pour un mariage blanc : le junkie a besoin d'argent et Lorna a besoin d'une carte d'identité belge.
Mais ce n'est que l'un des tiroirs de l'histoire : le junkie a été choisi pour que le «mariage» finisse plus vite et, associée à un petit truand, Lorna attend impatiemment de pouvoir faire bénéficier de sa toute nouvelle nationalité un mafieux russe, histoire de doubler la mise pour que tout le monde rentre dans ses frais.
Mais voilà, le junkie résiste à l'overdose, entreprend même un sevrage, s'attache et finit par devenir attachant. Lorna essaie de redresser le scénario prévu ...
On ne vous en dit pas plus pour ne pas gâcher le film mais il faut bien dire que les mystères qui entourent ce scénario dans les critiques (scénario palmé à Cannes) nous ont paru un peu surfaits. Parce que, finalement, y'a quand même pas de quoi se retourner dans son fauteuil.
Ceci dit le film vaut peut-être le détour pour découvrir l'actrice, Arta Dorbroshi, une véritable albanaise qui aura appris le français pour le film. Le scénario, on l'a compris, ne lui permet pas de sourire souvent, mais s'ils sont rares, quels sourires ! Cette superbe actrice nous vaut quelques très belles scènes qui s'étirent malheureusement dans un film plutôt longuet.
Le propos était pourtant prometteur : ces immigrés de l'est exploitent un junkie de l'ouest encore plus mal loti qu'eux mêmes, le tout pour revendre la nationalité belge à un mafieux russe venu d'encore plus loin à l'est. On n'est donc pas si loin de l'exploitation de l'homme par l'homme que dénonçait Ken Loach en début d'année avec It's a free world.
Ici par le biais du mariage blanc, c'est le love world qui est l'objet de tractations et de marchandages. Dans un mariage blanc il faut «faire semblant» pour tromper le monde et les enquêteurs : danser ensemble, habiter ensemble, ...
Là encore, comme chez Ken Loach, il est question d'un ange féminin qui se brûle les ailes à vouloir se frotter à notre monde impitoyable.


Pour celles et ceux qui aiment les anges.
Papillon et Pascale l'ont vu.

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Published by BMR & MAM - dans Cinoche
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3 septembre 2008 3 03 /09 /septembre /2008 21:56
D'autres avis sur Critiques Libres
Faux-frères.

Excellente découverte que ce Brothers du chinois Yu Hua (un ancien dentiste !).
Un auteur contemporain qui décrit la Chine contemporaine.
Son bouquin est une véritable saga qui déroule cinquante ans de l'Histoire récente de la Chine moderne, depuis avant les années noires de la Révolution Culturelle jusqu'à l'avènement de l'économie de marché, il y a peu.
Rien que pour ce passionnant voyage dans le temps, ce gros pavé mérite le détour.
On retrouve là un peu de l'intérêt qu'on avait porté aux écrits de Chi Li (dans Tu es une rivière, par exemple) qui faisait, elle aussi, défiler l'Histoire de la Chine moderne.
Mais la comparaison s'arrête là : le néo-réalisme de Chi Li nous décrivait une Chine pauvre, misérable, sordide.
Au contraire, Yu Hua donne dans le truculent, l'humour bon enfant, et même le grivois, pour nous raconter la vie de deux demi-frères, Song Gang et Li Guangtou.
Même si cette ironie et ces amusements parfois un peu naïfs (à la chinoise) ne cherchent même pas à cacher l'émotion.
La réalité décrite par Chi Li et Yu Hua est pourtant la même et les dures années de la Révolution Culturelle auront également marqué tous les chinois.
D'aiileurs, les deux demi-frères de Brothers y perdront leurs parents, piétinés par la révolution prolétarienne en marche et s'y retrouveront orphelins. Ça crée des liens, comme on dit.
[...] Il avait eu un frère, nommé Song Gang, auquel il était très lié. Song Gang était son aîné d'un an, il le dépassait d'une tête et c'était un type honnête et intransigeant. Il était mort trois ans auparavant et n'était plus qu'un tas de cendres dans une minuscule boîte en bois. Quand Li Guangtou pensait à cette petite boîte où Song Gang était enfermé, il soupirait : même un arbuste calciné aurait produit plus de cendres.
Des liens indéfectibles qui marqueront la vie de ces deux personnages tout au long du roman.
Au point qu'ils tomberont amoureux de la même femme.
Ce roman social ou historique est donc aussi une belle histoire d'amour, dans le décor exotique d'une petite ville de Chine.
[...] Avant de quitter le bourg des Liu pour prendre son deuxième envol, Li Guangtou se rendit comme l'autre fois à la boutique de dim sum de la mère Su pour y manger des petits pains farcis à la viande. Tout en mastiquant, il sortit son passeport de sa veste râpée et le montra à la mère Su pour élargir son horizon. La mère Su prit le document avec curiosité, l'examina sous toutes les coutures et, comparant la photo du passeport avec l'individu qu'elle avait sous les yeux, elle remarqua :
- On dirait vraiment que le type sur la photo c'est toi.
- Comment ça, on dirait ? mais c'est moi, répliqua Li Guangtou.
La mère Su n'arrivait pas à détacher ses yeux du passeport :
- Et avec ça, tu peux sortir de Chine et aller au Japon ? s'étonna-t-elle.
- Évidemment, répondit Li Guangtou, qui reprit son passeport des mains de la mère Su : Tu as les mains grasses.
La mère Su, confuse, s'essuya les mains sur son tablier, et Li Guangtou frotta le passeport avec sa manche râpée pour en effacer les taches de gras.
- Tu vas aller au Japon habillé comme ça ? demanda la mère Su en regardant les vêtements râpés de Li Guangtou...

Au fil des pages, des saisons et des ans, on partage la vie de ces deux frères et de leur village en route vers la modernité.
On regrettera juste dans le dernier quart du bouquin l'apparition d'un personnage un peu fantasque qui donne l'occasion de quelques péripéties grivoises et peu crédibles. Mais cela ne suffit pas à gâcher le voyage.
Un livre idéal pour découvrir la Chine et ses chinois.


Pour celles et ceux qui aiment les sagas lointaines.
Actes Sud édite ces 693 pages qui datent de 2005 en VO et qui sont traduites du chinois par Angel Pino et Isabelle Rabut (dont il faut,
au passage, saluer les notes explicatives sur le contexte historique ou social du pays).
Une
interview de Yu Hua (en anglais).
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1 septembre 2008 1 01 /09 /septembre /2008 07:53
D'autres avis sur Critiques Libres
Il y a des tziganes en Norvège !

Sans doute le meilleur polar lu cet été (si l'on excepte l'inclassable japonais Out).
Un excellent Jo Nesbo, très supérieur au récent Bonhomme de neige, lu, lui aussi, cet été.
Assurément l'un des meilleurs polars de cet auteur, même s'il n'a pas l'exotisme de L'homme chauve-souris (en Australie) ou des Cafards (à Bangkok).
Enfin, on a quand même droit ici à une petite excursion au Brésil, sur les traces de l'inénarrable inspecteur Harry Hole, toujours aussi imprévisible pour ses collègues.
On retrouve également le vilain ripoux Waaler, ennemi juré de l'inspecteur.
Côté romance (si avec Harry on peut appeler ça comme ça !), Rakel et son petit Oleg sont à Moscou en train de négocier avec le père du garçon.
Rue Sans-souci (Sorgenfri Gatan en VO), c'est l'adresse où l'on retrouve le cadavre d'une ... amie de Harry (amie avec laquelle il vient de passer la soirée).
Ça commence mal pour l'inspecteur qui a déjà la gueule de bois !
Dans le même temps, un braquage tourne mal et la caissière de la banque est froidement descendue.
On errera bien évidemment de fausses pistes en coups tordus tout au long de cette captivante enquête.
Dans Rouge-Gorge, Jo Nesbo  convoquait déjà une figure de la mythologie (Urias) et cette fois c'est Némésis, la déesse de la vengeance, qui est au rendez-vous.
La toile de fond de l'intrigue depeint le milieu des tziganes (mais oui il y en a aussi en Norvège !), un peuple au coeur de l'actualité cette année.
Si comme nous, vous voulez en savoir un peu plus sur ces Roms méconnus venus du fin fond du Rajasthan, on vous propose un intéressant article de Courrier International paru cet été.


Pour celles et ceux qui aiment les polars instructifs.
Folio édite ces 587 pages traduites du norvégien par Alex Fouillet.
Herwann l'a lu et l'a aimé cet été lui aussi. Polar Noir et Jean-Marc en parlent.

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18 août 2008 1 18 /08 /août /2008 09:57
La vidéo du film et la zik

Sucre glace.

On apprécie à petites doses la zik électronik d'Émilie Simon, pop sucrée et glacée.
Et faut dire que la dame avait réalisé un joli coup en signant la BOF du film animalier La marche de l'empereur.
La voici qui récidive puisqu'une marque de boisson pétillante et rafraîchissante a judicieusement repris pour sa pub d'été l'une des chansons du film : To the dancer on the ice .
Du coup, en dépit du manque de chaleur estivale, on a bien du mal à se défaire de ces petites clochettes qui tintinabulent sur la glace, de ces violons à la Pachelbel (souvenirs d'ado !), et cette lancinante ritournelle passe en boucle pendant les vacances !
Par exemple pour accompagner la lecture du dernier polar de Jo Nesbo : le bonhomme de neige dont on parlait il y a peu, ou encore le roman de l'expédition de Schakleton.
En prime sur Last-FM, un extrait du film et le morceau de musique en intégral.
Les paroles sont à l'image de la chansonnette : minimalistes - My lover is gone but I'm not on my own ...
Pour celles et ceux qui aiment la glace en été.

 
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8 août 2008 5 08 /08 /août /2008 18:56
Un site non officiel en français
La guerre des polices.

Polar d'été et valeur sûre : Michael Connelly !
Avec sa dernière livraison : À genoux (ou Overlook en VO pour MAM).
Un médecin est assassiné sur Mulholland Drive (of course) qui avait accès à des matières radioactives utilisées pour soigner des cancers. On craint les préparatifs d'une bombe sale et le FBI déboule en marchant sur les pieds de notre détective préféré, Harry Bosch.
Pendant quelques chapitres on peut se dire, tiens, étrange, Michael Connelly a fini par céder à la mode du terrorisme et du thriller facile ...
Évidemment, la guerre des polices est un prétexte et Connelly jubile à mettre en scène les rivalités entre les apparatchiks hautains du FBI et le teigneux tenace du LAPD. On se régale.
Et puis bien entendu, quelques chapitres plus loin, on réalise qu'on s'est gentiment fait avoir : Michael Connelly nous a roulé dans la farine et promené là où il n'y avait rien à voir. Excellent !
Même si ce n'est pas le meilleur cru de ce maître es polars (ne manquez, par exemple, les deux derniers : Echo Park et surtout Deuil interdit).


Pour celles et ceux qui aiment les fausses vérités.
Seuil édite ces 237 pages traduites de l'anglais par Robert Pépin.

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28 juillet 2008 1 28 /07 /juillet /2008 21:30
Polar Noir en parle
Et paf, le chien.

Tonino Benacquista ne nous avait guère laissé un souvenir impérissable il y a quelques années avec La Maldonne des sleepings et un style un peu brouillon limite vulgarité.
Quelques années ont passé et l'écriture a gagné en maturité.
Voici donc Malavita un petit polar sans prétention, amusant et pas prise de tête. Presque une nouvelle et où il n'y a même pas de serial-killer à chercher.
Puisque c'est le méchant lui-même qui est devenu le héros, amusant, sinon gentil.
Fred Blake et sa famille s'installent en Normandie, aux bons soins du FBI puisque Fred est un mafieux repenti qui a dénoncé ses pairs.
Les affreux vilains le recherchent et veulent sa peau, le FBI le protège.
Ce côté polar ne casse pas trois pattes à un canard même si on peut s'amuser de l'incroyable suite de coïncidences qui remettra les méchants sur la piste du presque gentil.
Ce qui rend le bouquin piquant sinon intéressant c'est le côté «un américain en Normandie».
Y'a pas plus ricain que la famille Blake et y'a pas plus France profonde que le petit village de Cholong (bien vite devenu So Long).
D'autant que Fred s'ennuie à tourner en rond planqué dans sa maison et se met bientôt en tête d'écrire ses mémoires (ce qui nous vaut d'ailleurs des extraits du bouquin dans le bouquin, habile contrepoint).
[... discussion entre les deux ados de la famille ... ] - Trois mois qu'il s'enferme dans sa putain de véranda, dit-il, tout son vocabulaire doit y passer plusieurs fois par jour.
- Dis que ton père est analphabète ...
- Mon père est un Américain de base, tu as oublié ce que c'était. Un type qui parle pour se faire comprendre, pas pour faire des phrases. Un homme qui n'a pas besoin de dire
vous quand il sait dire tu. Un type qui est, qui a, qui dit et qui fait, il n'a pas besoin d'autres verbes. Un type qui ne dîne, ne déjeune et ne soupe jamais : il mange.  Pour lui, le passé est ce qui arrivé avant le présent, et le futur ce qui arrivera après , à quoi bon compliquer ? As-tu déjà listé le nombre de choses que ton père est capable d'exprimer rien qu'avec le mot "fuck" ?
- Pas de cochonneries, s'il te plait.
- C'est bien autre chose que des cochonneries. "Fuck" dans sa bouche peut vouloir dire : "Mon Dieu, dans quelle panade me suis-je fourré !", ou encore : " Ce gars-là va me le payer cher un jour", mais aussi "J'adore ce film". Pourquoi un type comme lui aurait besoin d'écrire.
Ce n'est certainement pas de la grande littérature mais ça se laisse plaisamment dévorer.
Sympa pour cet été.


Pour celles et ceux qui aiment les hamburgers au camembert.
Folio édite ces 374 pages.
ValDeBaz et Lo en parlent.
Herwann parle de la suite :
Malavita encore.

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23 juillet 2008 3 23 /07 /juillet /2008 21:00
Polar Noir en parle
Glaçant.

Une idée rafraîchissante pour l'été : Le bonhomme de neige du norvégien Jo Nesbo.
Ce n'est peut-être pas le meilleur opus du plus américain des auteurs de polars européens (on aura préféré les précédents) mais c'est certainement le pavé de l'été pour la plage.
L'intrigue semble avoir quelque mal à démarrer et on patauge dans la neige fondue pendant quelques chapitres. Est-ce parce qu'au début du bouquin le détective Harry Hole ne boit plus, ne fume plus, ne ... ?
Heureusement cet ascétisme ne saurait durer bien longtemps et bien vite on file sur les traces d'un serial-killer à la mode norvégienne.
[...] - J'ai demandé à l'Institut de météorologie de vérifier les dates et les lieux qui nous intéressent. Et tu sais quoi ?
Harry savait quoi. Et il aurait dû le savoir depuis longtemps.
- La première neige, répondit-il. Il les chope le jour où tombe la première neige.
- Exactement.

Et avec la première neige, vient forcément la joie de faire un bonhomme de neige.
[...au téléphone ...] - J'appelle les troupes.
- Qu'est-ce qui s'est passé ?
- Il y a un bonhomme de neige, ici.
- Et alors ?
Harry expliqua.
- Je n'ai pas pigé la fin, cria Holm. La couverture est mauvaise, ici ...
- La tête, répéta Harry. C'est celle de Sylvia Ortensen.
Le silence se fit à l'autre bout du fil.

Jo Nesbo nous embarque alors dans un dédale de fausses-pistes.
Et l'on frissonne : de froid et d'angoisse.
Avec en prime, quelques vérités très norvégiennes sur la rivalité entre Oslo et Bergen (cette fois Harry travaille avec une équipière originaire de Bergen) :
[...] - Mmm. Pourquoi ne voulais-tu pas que je dise à tes collègues de Bergen que tu étais là ?
- Quoi ?
- Je me disais qu'ils trouveraient ça cool de savoir que tu bossais sur une grosse affaire de meurtre dans la capitale.
Elle haussa les épaules et ouvrit la portière.
- Les Berguénois ne considèrent pas Oslo comme la capitale. Bonne nuit.
- Bonne nuit.

Et toc.
On a lu aussi Rue Sans-Souci récemment et c'est encore meilleur !.


Pour celles et ceux qui aiment les frissons.
Gallimard édite ces 524 pages traduites du norvégien par Alex Fouillet.

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18 juillet 2008 5 18 /07 /juillet /2008 19:07
D'autres avis sur Critiques Libres
Quand on a des sushis d'argent.

Voilà bien un roman pas banal : Out de la japonaise Natsuo Kirino.
Le répertoire des polars Un polar peut-être. Un polar social assurément.
Impossible à classer, à résumer.
L'histoire de quatre femmes ordinaires.
Quatre femmes très ordinaires qui survivent entre leur travail de nuit dans une fabrique de paniers-repas (les bentos nippons), leurs maris violents ou partis avec la caisse, leur belle-mère grabataire, leurs ados difficiles et leurs soucis d'argent.
Les candidats au best-of 2008 L'argent est d'ailleurs au coeur de ce roman social : dépenses, surendettement, appât du gain, prêteurs usuriers, ...
Un roman foisonnant avec toute une galerie de personnages très fouillés (plusieurs points de vue sont alternativement donnés sur cette histoire) qui gravitent autour de ces quatre femmes. Quatre beaux portraits féminins, même si la peinture n'est pas très reluisante.
Quatre collègues qui vont, par la force des choses, s'entraider lorsque l'une d'elles va tuer presqu'accidentellement son mari lors d'une dispute. Il faut bien l'aider à se débarrasser du corps ...
[...] - Mais qu'est-ce que vous faites ?
Masako se tourna vers elle d'un air excédé.
- On le coupe en morceaux. On a décidé que c'était un travail comme un autre.
- Mais enfin ... c'est pas un travail !
- Si, c'en est un ! décréta Masako pour couper court. Tu as besoin d'argent, tu nous aides.
Ces mots la réveillèrent.
- Vous aider, mais à quoi ?
- On va en faire des petits morceaux qu'on mettra dans des sacs que tu iras jeter.
- Je
n'aurai rien d'autre à faire ?
- Non.
- Et ça me rapportera combien ?

Ce qui, 200 pages plus loin, nous vaudra une petite perle comme seuls les japonais savent les pêcher :
[...] Comme les femmes préparent les repas tous les jours, elles sont plus habituées que les hommes à la chair et au sang. Elles savent mieux manier le couteau et mieux traiter les déchets.
CQFD.
Les quatre apprenties charcutières auront bientôt fort à faire : un suspect idéal (il a déjà commis quelques méfaits par le passé) est accusé de la disparition du mari. Mais il n'entend pas se laisser faire et part à la recherche des vraies meurtrières.
On aura compris que Natsuo Kirino ne fait ni dans la dentelle, ni dans le roman à l'eau de rose.
C'est rude, c'est cru (oui, je sais, les sushis ça se mange cru), c'est sans concession.
L'horreur décrite tranquillement avec les mots de tous les jours.
Une plongée abrupte dans le quotidien du Japon d'aujourd'hui avec juste ce qu'il faut d'intrigue pour nous tenir en éveil pendant ce voyage.
Vraiment un livre à lire pour tous les curieux.

À suivre avec : Monstrueux.


Pour celles et ceux qui aiment les sushis.
Points édite ces 656 pages qui datent de 1997 en VO et qui sont traduites du japonais par Ryôji Nakamura et René de Ceccatty.
Cottet en parle, Nuages et Vent aussi.
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15 juillet 2008 2 15 /07 /juillet /2008 18:09
La géographie du polar
Ni tout noir, ni tout blanc.

Décidément les polars nous auront permis cette année d'explorer l'Afrique du Sud.
Après Deon Meyer et Henning Mankell, voici Louis-Ferdinand Despreez et La mémoire courte.
Louis-Ferdinand Despreez est un personnage un peu atypique dont on ne sait trop quoi penser (cf. l'article du Figaro). Un auteur ambigü dont il convient sans doute de se méfier. Quoiqu'il en soit, ce monsieur a fait partie des rangs de l'ANC, il écrit en français (la langue de ses ancêtres huguenots) et il met en scène un policier noir, Zondi, dans l'Afrique du Sud d'après Mandela.
Le répertoire des polars Sa langue vive et féroce est toujours à la limite de la diatribe : visiblement Despreez a des comptes à régler, tant avec les noirs qu'avec les blancs. À moins que ce ne soit une façon finalement raccoleuse et très politiquement correcte de critiquer tantôt les uns, tantôt les autres.
[...] Dans les jolis quartiers d'Atteridgeville où vivait depuis le milieu des années quatre-vingt-dix la jeune bourgeoisie noire, les maisons étaient encore silencieuses. Les riches dorment toujours plus tard que les déshérités. Qu'ils soient chômeurs, infirmes ou retraités, les damnés de la terre doivent commencer tôt à réfléchir à la façon dont ils vont bouffer à midi. L'oisiveté besogneuse et frénétique chez les pauvres est un job à plein temps ...
Ou encore :
[...] Tout avait commencé huit semaines auparavant, à la fin de l'été, alors que les trottoirs de Pretoria jonchés de fleurs de jacarandas pourries et piétinées répandaient une odeur de pissotière dans les rues des quartiers chics et que les quartiers pauvres ne sentaient pas plus la pisse que d'habitude.
Au-delà de cette écriture rageuse, parfois violente, à la limite de la vulgarité qui pourrait irriter (Despreez est un admirateur de Céline), l'intérêt du polar de Despreez c'est de nous faire découvrir ce pays étonnant à peine sorti du chaos et de l'horreur.
[...] C'était hier pourtant ... Entre-temps, il était devenu flic. Madiba était devenu président et la Nation Arc-en-Ciel entrait cahin-caha dans le troisième millénaire avec une bonne volonté inimaginable lorsqu'on regardait non seulement le passé, mais surtout le passif.
Un pays ou certains ont encore beaucoup de mal à oublier ce passé ou plus simplement à vivre avec ce passif.
[...] Il se disait que d'ici vingt ans tous ces abrutis qui voulaient faire sécession et créer un Volkstaat pour abriter une ribambelle de petits blancs incultes nourris de cantiques et de biltong seraient morts ou en chaise roulante et que l'on pourrait enfin commencer à travailler sérieusement. On pourrait tout simplement commencer à faire ce qui est possible, après avoir réussi l'impossible ...
Un pays au lourd passé mais qui a donc l'avenir devant lui.
Côté polar, on découvrira un sombre trafic dans les milieux de la boxe, à faire froid dans le dos, dans ce pays où la vie (du moins celle de certains) n'a pas le même prix qu'ailleurs.
À lire : les Boers sur Wiki.


Pour celles et ceux qui aiment la boxe.
Points édite ces 250 pages qui datent de 2006.
Un curieux site pour les curieux :
la géographie du polar.
Le Figaro parle de (ses fantasmes sur) Despreez.
Et bien sûr,
Jean-Marc l'a déjà lu.
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12 juillet 2008 6 12 /07 /juillet /2008 12:01
L'annuaire des polars du blog

L'été sera polar.

Avec l'été, les chaises longues, les avions et les plages, la consommation de polars est en très forte hausse.
Polar noirSi vous manquiez d'idées, en voici quelques unes piochées parmi les bouquins que nous emporterons dans nos sacs et que vous retouverez donc dans quelques semaines sur ce blog  :
[les liens ci-après pointent ici ou là sur des blogs qui parlent de ces bouquins : ils seront mis à jour dès que nous aurons publié nos propres billets sur ce blog]

- une valeur sûre avec Michael Connelly et son dernier opus : À genoux, Harry Bosch est cette fois confronté à la menace terroriste d'une bombe sale ...
- une autre valeur sûre, le norvégien Jo Nesbo (le plus américain des auteurs de polars européens) avec son dernier opus : Le bonhomme de neige (un serial killer en plein hiver) et un épisode plus ancien que nous avions jusqu'ici manqué : Rue sans-souci, tous deux avec le détective fétiche de Jo Nesbo : Harry Hole
- du côté de l'orient, on retrouvera avec plaisir le chinois Qiu Xiaolong et La danseuse de Mao
- et si l'on pousse jusqu'à l'extrême-orient : Out de Natsuo Kirino, une sombre histoire très ancrée dans la réalité sociale du Japon contemporain - le coup de coeur de l'été
- de retour en Europe, avec un nouveau venu sur nos étagères : l'écossais Christopher Brookmyre et le Petit bréviaire du braqueur
- une autre découverte également, en Afrique du Sud, avec Louis-Ferdinand Despreez et La mémoire courte.

Si vous avez loupé quelques billets sur ce blog depuis le début d'année, nous avions aimé :
- l'excellent L'homme du lac de l'excellentissime islandais Arnaldur Indridason et on vous en propose même un extrait ici
- Les morts du karst de l'autrichien-italien Kurt Veinichen
- À coups redoublés, de l'australien Kenneth Cook
- voyage au Tibet avec Le mystère des cinq stupas de ... l'alsacien Bernard Granjean
- La part du mort de l'algérien Yasmina Khadra
- et enfin Typhon sur Hong-Kong de John Burdett.

L'annuaire des polarsPour le reste, n'oubliez pas notre répertoire spécial polars.

Pour celles et ceux qui aiment voyager en classe polar.
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On A Tout Rangé