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On A Tout Archivé

10 juillet 2008 4 10 /07 /juillet /2008 06:11
Le site officiel
Devoir de mémoire.

Quelle heureuse surprise que ce film israëlien oublié des festivaliers de Cannes (mais que faisaient-ils donc sur la Croisette pendant la projection ? est-ce un sujet encore trop brûlant ?).
En tout cas, ne faites pas comme les festivaliers, ne manquez pas ce surprenant dessin animé : Valse avec Bachir.
Un dessin animé strictement réservé aux adultes.
Vous pouvez par contre oublier qu'il s'agit d'un dessin animé : une forme très connotée mais qui, ici, est absolument en accord total avec le fond.
Un documentaire plutôt : l'auteur part à la recherche de sa mémoire, à la pêche aux souvenirs, lorsqu'il était une jeune recrue de Tsahal, il y a vingt-cinq ans, au moment de la guerre du Liban.
Le film est effectivement construit comme un reportage et l'auteur interviewe d'anciens compagnons (les vrais prêtent d'ailleurs leur vraie voix aux personnages du dessin animé). Tous ont oublié ce qui s'était passé. La mémoire est soigneusement occultée : l'un n'a tué que des chiens, l'autre n'a fait que des promenades en bateau, aucun d'eux ne se souvient vraiment des horreurs de la guerre.
Car horreurs il y a : c'était lors du massacre de Sabra et Chatila. Au lendemain de l'assassinat de Bachir Gemayel, les phalanges chrétiennes investissent les camps de réfugiés palestiniens de Sabra et Chatila sous la protection bienveillante de Tsahal qui vient d'envahir Beyrouth.
Tout cela est d'ailleurs fort bien rappelé ou résumé dans le film : nul besoin d'être un expert du Moyen-Orient pour s'y retrouver.
À force d'enquête insistante, de souvenirs recoupés, de devoir de mémoire, peu à peu, les horreurs refont surface.
À l'époque, l'auteur et ses compagnons n'étaient que des gamins, avec à peine du poil au menton, chantant à tue-tête dans leurs blindés, pétant de trouille, tirant sur tout ce qui bouge pour faire du bruit et évacuer le stress.
On retrouve là la version dessin animé d'un autre film récent : Battle for Haditha, c'est en Irak, c'est plus récent mais c'est le même cirque.
Car le propos n'est pas politique. Il ne s'agit pas vraiment (pas seulement) de condamner en tant que tel le massacre ou la coupable complicité de l'armée israëlienne.
Ce qui intéresse Ari Folman c'est ce qui se passe dans la tête de ces trop jeunes soldats qui, postés sur les hauteurs, tirent des fusées éclairantes pour permettre aux phalangistes de mieux terminer leur travail.
Ce qui se passe dans la tête de ces hommes qui pendant 25 ans auront pris soin d'effacer de leur mémoire tous ces souvenirs insoutenables.
Le dessin animé (au passage soulignons les très beaux graphismes, très "BD moderne"), le dessin animé donc est ici une forme idéale pour approcher pas à pas l'indicible.
Ça commence comme un conte japonais : une bande de chiens féroces déboule dans la ville et l'on se croirait dans un dessin de Miyazaki. Ces chiens viennent hanter les rêves d'un éclaireur : celui qui marchait en tête du peloton pour faire taire les chiens des villages où l'on venait pourchasser les rebelles. Si on ne tuait pas les chiens assez vite, ils réveillaient tout le monde et adieu le gibier.
Mais bientôt le conte tourne à l'aigre : que s'est-il donc passé en septembre 82 ? Quels crimes ont donc commis ces jeunes soldats ? Étaient-ils vraiment présents ? Qu'ont-ils vu, fait ?
On ne peut pas décemment vous raconter la fin, mais elle aurait vraiment valu une palme à Ari Folman.


Pour celles et ceux qui n'aiment pas la guerre.
Cathe a beaucoup aimé aussi, comme Herwann et Lo.

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8 juillet 2008 2 08 /07 /juillet /2008 21:35
Le site officiel
La Route de la soie.

Encore un film qu'il faut mériter puisque rares sont les salles qui veulent bien le distribuer : avec Les orphelins de Huang Shi, Roger Spottiswoode nous raconte une histoire presque vraie et un peu romancée.
Celle de George Hogg un journaliste britannique perdu en Chine à la fin des années 30 en plein coeur du conflit sino-japonais.
Le film commence avec le massacre de Nankin, cet effroyable épisode de la guerre sino-japonaise dont nous retrouvons les échos jusque dans, par exemple, le polar de Mo Hayder Tokyo.
L'armée nationaliste chinoise de Tchang Kaï Chek et du Guomindang est en pleine déroute.
Fuyant l'avance de l'armée impériale nippone, George Hogg prend en charge une cinquantaine d'enfants et cherche à les protéger de l'enrôlement forcé dans les rangs de l'armée chinoise.
Il les emmène avec lui vers l'ouest, à travers neige et montagnes, sur la Route de la soie, jusqu'aux confins du désert de Gobi.
Le film est bien sûr un peu mélodramatique (mais sans jamais trop forcer sur la corde sensible avec les enfants) mais c'est un très beau prétexte pour réviser un moment d'Histoire, filmé dans des paysages à couper le souffle, s'ils n'étaient les décors d'une terrible guerre.


Pour celles et ceux qui aiment les héros en technicolor.
Télérama parle d'un film gentiment pompier.

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4 juillet 2008 5 04 /07 /juillet /2008 22:48
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Révolution sexuelle.

Encore du nouveau au rayon littérature chinoise contemporaine.
Avec ce roman de Yan Lianke, presqu'une nouvelle, inclassable : Servir le peuple.
Yan Lianke n'est pas tout à fait un inconnu puisque nous l'avions découvert dans un recueil de nouvelles contemporaines : Amour virtuel et poil de cochon dont on avait déjà parlé ici.
Il y a bien sûr de l'iconoclasme chez Yan Lianke, au sens premier du terme, et c'est ce que met en avant la quatrième de couverture.
Qu'on en juge un peu :
Wu Dawang est un jeune paysan enrôlé dans l'Armée Populaire (Yan Lianke y est passé lui aussi), avide de promotion pour bénéficier d'un avancement et d'un laissez-passer pour quitter la condition de paysan et s'installer en ville avec sa femme qui, pendant son engagement, l'attend à la campagne.
Petit Wu est bientôt affecté au service d'un officier supérieur comme aide-de-camp ou ordonnance.
Alors Wu Dawang, comme une jeune recrue, hurla de toutes ses forces :
- Servir un officier supérieur c'est servir le peuple !
Sa voix était sonore et puissante, bien rythmée, comme à l'entraînement lorsqu'il répétait avec ses camarades les slogans et les mots d'ordre.
Mais l'officier part au loin en mission et Petit Wu se retrouve seul avec Liu Lian, la très jeune femme de l'officier, qui, délaissée par son vieillissant colonel de mari, entend bien profiter des «services» du jeune aide-de-camp.
- Déshabille-toi ! Tu ne veux pas servir le peuple ?
[...] - Sers le peuple ! Fais-le ! Fais-le ! Fais-le !

Les deux jeunes gens se jettent à corps perdus (c'est le mot) dans une fougueuse histoire d'amour, rivalisant d'audace. Allant, pour exciter leur désir, jusqu'à détruire les images pieuses de la maison : statues et portraits de Mao, slogans peints sur les affiches, c'est à qui se montrera le plus contre-révolutionnaire ...
Voilà de quoi plaire aux occidentaux en mal de dissidents.
Mais on aurait tort de ne lire ici qu'une critique de l'ordre communiste et militaire bien-pensant.
Car l'histoire de Petit Wu et Petite Liu est aussi une très courte mais très belle histoire d'amour.
Liu Lian et Wu Dawang avaient vécu six jours et six nuits sans se rhabiller.
Mais la nature reprend forcément ses droits. Quand on atteint les sommets de la jouissance, la fatigue s'installe inévitablement. Ce n'est pas seulement la fatigue du corps mais aussi la fatigue de l'âme.
Un huis-clos amoureux où, en marge d'un monde codifié et normé, deux jeunes gens vivent une passion de quelques jours. De ces deux-là on pourra dire qu'ils ont vécu.


Pour celles et ceux qui aiment en vrac, Mao, l'armée, l'amour.
Picquier édite ces 185 pages qui datent de 2005 en VO et qui sont traduites du chinois par Claude Payen.

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3 juillet 2008 4 03 /07 /juillet /2008 20:44
Le Casino de Paris
Revue nègre.

Joséphine Baker revient hanter les planches des music-hall parisiens.
Après avoir triomphé en 1925 au Théâtre des Champs-Élysées, voici la Revue Nègre de retour au Casino de Paris dans une mise en scène de Jérome Savary.
On avait loupé la première saison à l'Opéra Comique fin 2006. Vous avez jusqu'en août pour vous rattraper.
Le pestacle, À la recherche de Joséphine, est une sorte de fable sur la vie de Joséphine et les racines musicales du jazz de La Nouvelle-Orléans.
Bien sûr, Jérome Savary prend soin d'ancrer cette histoire dans le social ou le politique.
Ça commence avec la mise en scène de l'Expo Coloniale de 1931 quand la France faisait venir ses nègres pour les exposer aux yeux ébahis des parisiens au zoo de Vincennes. On pense bien sûr à l'excellent Cannibale de Didier Daeninckx dont on parlait ici il y a peu.
Puis c'est le départ pour La Nouvelle-Orléans avec les ravages de Katrina, l'inactivité et l'impuissance du gouvernement états-unien devant ses pauvres noirs démunis : prétexte au détournement d'un refrain célèbre, J'ai deux amours, mon pays est pourri, chantent les noirs de New-Orleans sur leurs radeaux.
Puis viennent ensuite quelques mises en perspectives historiques (raccourcis ?) des noirs et de leur musique avec l'histoire de la colonisation et de la canne à sucre : musique africaine, negro spiritual, fanfares militaires, charleston, blues et jazz, ...
La seconde partie du pestacle nous ramène à Paris pour une reconstitution assez réussie de la Revue Nègre.
On a particulièrement apprécié une mise en scène plutôt déjantée de La Tonkinoise.
Mais est-ce la salle un peu trop grande, un peu trop froide, le public un peu frileux, la première partie un peu trop explicative ? Il manque à ce beau pestacle la petite étincelle de folie qu'on était en droit d'attende de Savary.
Celle qui brille quelques instants pendant l'Expo Coloniale ou La Tonkinoise.
Il reste une belle leçon d'histoire musicale et d'Histoire tout court, l'Histoire du colonialisme, du racisme.
Comme pour le bouquin de Daeninckx, rappelons qu'on est dans les années 30, à la veille de quelques événements peu glorieux de la saga humaine.


Pour celles et ceux qui aiment le banana split.
Quelques clips du pestacle
ici.

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1 juillet 2008 2 01 /07 /juillet /2008 07:03
La Pinacothèque
Pharaonique !

On était resté avec une dent contre La Pinacothèque qui nous avait massacré l'expo Soutine dans ses sous-sols l'an passé (on en parlait ici).
Le musée se rachète une bonne conduite cette année avec l'expo attendue des Guerriers de Xian.
Tout le monde connait l'armée de terre cuite découverte en 1974 près de la ville de Xi'an, une petite ville de 4 à 5 millions d'habitants au coeur de la Chine, tout au bout de la route de la soie, ... jumelée avec Pau et Québec !
Bien sûr, les quelques statues exposées place de la Madeleine ne peuvent restituer le gigantisme du mausolée de l'empereur Qin Shi Huangdi, et il faut compléter la visite en jetant un oeil sur ces quelques photos.
Mais la visite à La Pinacothèque vaut le petit voyage, à défaut du grand. Surtout (presque) à l'aube un samedi matin après un petit café à la terrasse de Fauchon, pour une visite guidée presque privée.
L'empereur Qin (celui dont la dynastie a donné son nom à la Chine) n'était sans doute qu'un dictateur mégalo, unificateur de l'empire derrière sa première muraille, réputé pour ses autodafés (la pensée des lettrés ne s'accordait pas avec la sienne). Autant dire que l'engouement suscité par son armée de terre cuite dépasse largement ses bienfaits historiques.
À tel point que l'historiographie chinoise avait presque occulté son règne et qu'il aura sans doute fallu, dans les années 70, un autre autocrate mégalo pour que les fouilles reprennent et mettent à jour ces magnifiques statues.
À l'époque de Qin (on est vers 300 avant notre ère), on enterrait les morts avec toutes sortes d'objets utiles ou rituels, histoire que les âmes des défunts ne reviennent pas nous chatouiller les pieds et restent tranquilles et occupées dans l'au-delà.
L'empereur s'est donc fait accompagné de toute une armée forte de plus de 7.000 hommes, chacun d'environ 2 m de haut.
On évalue à plus de 30 ans la durée des travaux et à plus de 700.000 chinois la main d'oeuvre nécessaire.
L'époque a donc vu l'invention du travail à la chaine : les statues d'argile cuite, presque toutes différentes, sont toutes composées à partir de quelques éléments de base. Il n'y a par exemple que 4 ou 5 formes de "mains", qui tournées ici ou là dans un sens ou un autre équiperont tantôt un archer, tantôt un cavalier.
Le site est immense, les fosses multiples et encore peu fouillées. Il faut dire que les statues y sont conservées dans un espace humide qui les préserve : dès qu'elles sortent à l'air libre les couleurs laquées s'évaporent aussitôt au grand dam des archéologues. Depuis 1974 le site donne et donnera encore des dizaines d'années de travaux aux historiens et restaurateurs. On a donc ici quasiment une histoire de la restauration archéologique : depuis la façon dont on traitait une statue en 1974 jusqu'à celle dont on la traite aujourd'hui (en respectant les protocoles internationaux à base de colles souples : la restauration doit désormais être réversible). Sans parler des techniques qui ne manqueront pas d'apparaître dans quelques années et qui permettront d'aller plus loin à Xi'an.
Passionnant.


Pour celles et ceux qui aiment les travaux pharaoniques.
D'autres en parlent
ici ou .

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28 juin 2008 6 28 /06 /juin /2008 13:01
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Les saints de glace.

Même si Mirko Bonné est allemand, ce bouquin n'est pas vraiment « nordique ».
Y'a même pas plus sudiste puisque Un ciel de glace nous raconte l'expédition Shackleton ... en Antarctique !
Mais là-bas tout en bas la température est la même qu'en haut !
En 1914, alors que la Guerre commence à se propager partout (la Marine allemande croise au large des Malouines), Sir Ernest Shackleton recrute son équipage pour sa troisième expédition au Pôle Sud, toujours vierge.
[...] Avis - Recherche hommes pour traversée hasardeuse. Paie médiocre. Froid glacial. Longs mois dans l'obscurité totale. Dangers constants. Retour sain et sauf peu probable. Récompense et reconnaissance en cas de succès - Ernest Shackleton.
Avec quelques libertés romanesques, Mirko Bonné met en scène un moussaillon embarqué clandestinement à bord de l'Endurance pour nous raconter l'histoire de cette aventure, à l'époque où britanniques (Scott, ...) et norvégiens (Admundsen, ...) faisaient la course au Pôle Sud : les saints des glaces.
Les 3 ou 4 expéditions de Sir Ernest Shackleton (celle de l'Endurance, celle du bouquin, est la seconde mais il a également participé à l'expédition de Scott auparavant) sont des échecs. De véritables fiascos.
Leur bateau, l'Endurance se retrouve prisonnier des icebergs et se retrouve vite écrasé par les glaces. L'hiver austral, la nuit australe, s'annoncent.
[...] Celui qui traverse une nuit longue de plusieurs mois vit quelque chose de totalement absurde. [...] Car je vois de mes propres yeux la nuit polaire faire peu à peu de nous des fantômes.
Tenaillée par la faim et à court de vivres, la petite trentaine d'hommes de l'équipage finira par manger ses propres chiens de traineaux.
[...] Rien ou presque n'a autant d'importance pour l'équipage que la nourriture. Uzbird pense que c'est parce qu'elle seule fournit un substitut plus ou moins valable à l'activité sexuelle. Cela mérite réflexion. Le fait est que l'inventivité du cuisinier lui assure la reconnaissance générale à bord. Les hommes vénèrent ainsi Green parce qu'il réussit à donner aux petits pois un léger arôme de menthe. je sais quant à moi que, pour les petits pois, il ajoute dans la casserole une giclée de dentifrice.
[...] Lorsqu'on distribue la nourriture pendant les longues semaines dans les glaces, chacun doit fermer les yeux à tour de rôle, et il reçoit une assiette pleine. Sans savoir quelle quantité se trouve sur l'assiette, il doit désigner celui qui va manger la portion en question.

Malgré de longs mois prisonniers des glaces, ils ne mettront jamais les pieds sur le continent Antarctique et très vite l'objectif de Shackleton vire en une autre obsession : ramener ses hommes sains et saufs.
[...] Voici ce qui me tient à coeur : ce voyage est marqué par une profonde étrangeté. Parce qu'il n'aurait jamais dû avoir lieu, parce que tout ce qui pouvait aller de travers est allé de travers, parce que tous nos doutes ont été justifiés par la suite, j'ai l'impression que nous ne sommes pas en train de naviguer sur l'océan Antarctique, mais que nous avons disparu de la surface de la terre.
[...] Notre but commun, la survie, a bel et bien fini par nous diviser et nous éloigner les uns des autres. Et même si la plupart ne s'en rendent sans doute pas compte, Shackleton gaspille une bonne partie de ses forces et de sa résistance pour maintenir malgré tout notre bonne humeur.

Plus qu'un récit d'aventure ou de voyage, c'est avant tout l'histoire de cette poignée d'hommes qui, pendant de longs mois, auront réchappé de ces espaces gigantesques dans une promiscuité rarement vécue.


Pour celles et ceux qui aiment la neige et la glace.
Rivages (c'était prédestiné !) édite ces 427 pages traduites de l'allemand par Juliette Aubert.

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26 juin 2008 4 26 /06 /juin /2008 21:35

Allociné


Un soupçon de vérité.

Depuis 1981, la Garde à vue de Claude Miller avait laissé une trace indélébile sur les rétines des cinéphiles.
20 ans après, sortait Suspicion le remake américain de Stephen Hopkins.
Et, ma foi, c'est fort bien réussi.
La petite ville de province bien française a laissé place à la moiteur tropicale de Porto Rico, quand la chaleur excite les nerfs et aiguise les désirs.
Gene Hackman (on l'adore) reprend le rôle trouble et troublant de Michel Serrault, celui à qui il ne faut surtout pas confier sa fille.
Morgan Freeman sait se montrer aussi entêté que Lino Ventura et Monica Bellucci, après Romi Schneider, campe une femme fatale, froide et distante.
AllocinéLa mise en scène est astucieuse et donne ce qu'il faut de "modernisme" à ce remake : des flash-backs permettent de sortir du huis-clos du commissariat et, un peu à l'instar de la série FBI portés disparus, on se retrouve avec Gene Hackman sur les lieux du crime pour découvrir, au fil des mensonges et des vérités déguisées, ce qui s'est éventuellement passé. Puis plus tard ce qui s'est peut-être passé et enfin ce qui s'est vraiment passé.
Et, dans ces flash-backs, Gene Hackman se retrouve étrangement accompagné du commissaire Morgan Freeman, tel un Gemini Cricket policier, ce qui permet de poursuivre le dialogue entamé dans le bureau du commissariat.
Le texte et le scénario sont toujours aussi forts et prenants (Michel Audiard avait tiré tout cela d'un bouquin de John Wainwright : Brainwash, À table en VF).
Les joutes oratoires entre ces trois personnages font mal et aucun ne sortira indemne de ce combat.


Disponible en DVD et VOD.
Pour celles et ceux qui aiment les demi-vérités.

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24 juin 2008 2 24 /06 /juin /2008 07:31
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Quand jeunesse se passe ...

On avait déjà évoqué ici Banana Yoshimoto avec son premier succès : Kitchen, écrit à l'âge de 23 ans.
Dur, dur, est un recueil de deux nouvelles, écrites 12 ans plus tard (et l'écriture a visiblement gagné en maîtrise).
Mais si les années ont passé, les préoccupations sont toujours les mêmes : le passage à l'âge « adulte », la perte de l'être aimé (l'amie, la soeur, ...) et le traumatisme laissé par la mort.
Et au passage, quelques fantômes qui hantent la nuit, les souvenirs et les digressions.
[...] Chaque fois que je me rappelais le temps où ma soeur parlait encore, j'avais l'impression qu'une membrane venait m'envelopper. Elle parlait beaucoup, d'une voix fluette au timbre aigu. Quand on était enfants, l'une de nous deux s'arrangeait toujours pour émigrer avec son futon dans la chambre de l'autre, et on bavardait jusqu'à l'aube. On se jurait que plus tard on habiterait, elle ou moi, une maison avec lucarne. Ainsi on pourrait continuer nos bavardages en contemplant les étoiles au ciel. C'était une jolie promesse. Dans notre rêve, la vitre de la lucarne miroitait d'un éclat noir, les étoiles scintillaient comme des diamants, l'air était d'une grande pureté. Et les deux soeurs parlaient indéfiniment, sans se lasser, sans même imaginer que le matin allait revenir.
Avec un petit coup de coeur nostalgique pour la première nouvelle qui se déroule dans un hôtel de montagne : une de ces auberges nippones où l'on va jusqu'au onsen (le bain d'eau chaude thermale) en yukata ... (nos photos ici).
Moins « tokyoïte » que Kitchen, toujours aussi féminin.


Pour celles et ceux qui aiment la douceur mélancolique d'un bain chaud.
Rivages poche édite ces 129 pages traduites du japonais par Dominique Palmé et Kyôko Satô.
Noir & Bleu, InFolio, Hydromielle, en parlent et d'autres sur Critiques Libres.
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21 juin 2008 6 21 /06 /juin /2008 08:22
Le diaporama du Sénat

Le tour du monde en 80 photos.

La blogoboule sait qu'on ne porte pas les vieux barbons du Sénat dans notre coeur (le coeur n'est à droite que chez de très très rares personnes, tâtez pour vérifier).
Mais on est bien obligé de constater que les expos photos sur les grilles du Luxembourg sont presque toujours une réussite et qu'elles attirent de plus en plus de monde.
On aime l'originalité du lieu, la gratuité et la régularité des événements, le gigantisme des formats.
La dernière expo en date, la 18ème, présente jusque mi-juillet 30 ans d'émotions du Fig'mag.
Une rétrospective sur une trentaine d'années des événements ou des hommes qui ont marqué la fin du siècle dernier.
Pour les ados, une excellente révision de ce qui ne figure pas au programme d'Histoire-Géo : on parcourt les années mais aussi les pays du monde en longeant les grilles.
C'est fort bien vu et même si c'est inégal, certaines photos, certains sujets sont superbes.
Et l'on constate amèrement que, malgré ces trente ans qui défilent, certains drames n'ont pas pris une ride : Darfour, Somalie, enfants soldats, Irak ou Afghanistan,  ... à croire que certaines photos pourront resservir dans trente ans encore.
Les commentaires sont ici parfois un peu chiches (en contenu comme en taille) mais parfois cela vaut mieux : ils sont du Fig'Mag et certains sont franchement limites. Restent les photos, on est venu pour elles !
Vive le Sénat et le Figaro !
Non, je rigole !

Pour celles et ceux qui aiment faire le tour du monde et du jardin.
Froggy vous raconte l'expo par le menu.
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18 juin 2008 3 18 /06 /juin /2008 08:55
Asiaphilie
Singing in the rain.

Johnnie To (from Hong-Kong) est connu depuis l'an passé pour ses deux films Élection 1 et 2, réputés violents (on les a pas vus).
Le revoici dans une étonnante petite comédie où pas un seul coup de feu n'est tiré.
Un Sparrow, c'est un moineau bien sûr mais aussi un pickpocket en argot de Hong-Kong.
Et nous suivons dans les rues de l'ancienne ville coloniale (superbement filmées, ah les escaliers et les ruelles de Hong-Kong !) une bande de quatre petits malfrats, quatre frères (superbement filmés, ah les quatre frères sur le vélo !) en quête de portefeuilles à subtiliser.
L'un d'eux voit un moineau (un vrai cette fois) s'installer dans son appartement par la fenêtre ouverte et à Hong-Kong, lorsqu'un moineau entre dans votre appartement par la fenêtre, c'est un peu comme le vendredi 13 chez nous : certains disent que ça va vous porter chance, d'autres que ça ne vous vaudra que des ennuis.
Et un autre moineau va traverser leur vie : c'est Kelly Li (déjà vue dans Boarding Gate) qui virevolte de ci de là dans les rues de Hong-Kong, tel un oiseau apeuré. Ce moineau-là cherche à recouvrer sa liberté et la jeune femme va joliment embobiner les quatres frères pour l'aider à ouvrir sa cage.
On est sur le ton de la comédie, presque de la comédie musicale américaine, avec d'ailleurs une très jolie musique du français Xavier Jamaux, un peu rétro, quelque part entre jazz et exotisme chinois.
Certaines scènes de rue sont filmées tel un ballet, comme celle, mémorable, des pickpockets et de leurs parapluies sous l'averse.
Johnnie To à propos de Hong Kong : Hong Kong est une ville qui change constamment. C'est à Hong Kong que l'Est rencontre l'Ouest, que l'ancien se mélange au moderne. Les habitants sont sans cesse en mouvement, et la topographie de la ville reflète cette énergie permanente. Hong Kong est bien la ville de tous les possibles.
L'intrigue est minimaliste mais c'est léger, plein d'humour et de tendresse, truffé d'amusantes scènes très visuelles.
Un joli moment de cinéma ...
... si vous arrivez à dégoter l'une des rares salles qui veut bien distribuer ce film !


Pour celles et ceux qui aiment l'exotisme de Hong-Kong.
Herwann en parle ainsi que Playlist et surtout Asiaphilie.
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On A Tout Rangé