Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Le blog de A à Z

Pratique : tous nos coups de coeur par ordre alphabétique, le répertoire du blog  Nos belles photos de nos beaux voyages
Pratique : tous les artistes et groupe de musique par ordre alphabétique d'auteur, le répertoire du blog  Pratique : tous les films par ordre alphabétique d'auteur, le box office du blog

Les bouquins de A à Z

Pratique : tous nos bouquins par ordre alphabétique d'auteur, le répertoire  Pratique : tous nos bouquins nordiques par ordre alphabétique d'auteur, ne perdez pas le nord
Pratique : tous nos polars par ordre alphabétique d'auteur, le répertoire des polars  Pratique : tous nos bouquins asiatique par ordre alphabétique d'auteur, le répertoire des auteurs asiatiques du blog
Pratique : toutes nos BD par ordre alphabétique, l'annuaire des BD du blog  Nos meilleurs petits bouquins, les opsucules minuscules de moins de 100 pages
Le best-of de nos meilleurs bouquins, les coups de coeur parmi les coups de coeur  Les suggestions du chef, coups de coeur parmi les coups de coeur


On voyage !

Les photos de nos voyages

on vous a vu

  • Statistiques depuis 2006
  • [] aujourd'hui
  • [] en ligne

 

ON TROUVE !

 

Loading

ON EN EST   

Retrouvez-nous sur Critiques Libres   Retrouvez nous sur Trip advisor
Retrouvez nous sur Babelio   C'est Wiki sait tout  
Notre logo   Le contenu de ce blog n'est pas libre de tout droit, cliquez pour le détail

On A Tout Archivé

7 décembre 2007 5 07 /12 /décembre /2007 07:24
Loutarwen en parle
Mots sur la brise nocturne.

Xinran c'est un peu la Ménie Grégoire de la Chine, pour ceux qui s'en souviennent (de Ménie Grégoire, je veux dire).
Journaliste et animatrice d'une émission de radio, elle recueille les témoignages de femmes. De femmes de Chine. De Chinoises, donc.
[...] Bonsoir, amis de la radio, vous écoutez "Mots sur la brise nocturne". Mon nom est Xinran, et je débats en direct avec vous du monde des femmes. De dix à douze tous les soirs, vous pouvez vous mettre à l'écoute de la vie des femmes, des battements de leurs coeurs et écouter leurs histoires.
De ses enquêtes et témoignages, elle en tirera ce bouquin. Parce que le Vieux Chen lui a dit : «Xinran, vous devriez écrire tout cela. Écrire permet de se décharger de ce que l'on porte [...]. Si vous n'écrivez pas ces histoires, leur trop-plein va vous briser le coeur».
Résultat, c'est notre coeur à nous qui se fendille un peu à cette lecture.
Parce que c'est tout simplement effarant : comment peut-on vivre cela ? comment peut-on faire vivre cela ?
On se croirait au Moyen-âge, au mieux au siècle dernier (enfin, l'avant-dernier).
Mais non, toutes ces histoires ont été recueillies entre ... 1970 et 1990 ! Effarant.
[...] - Je vous raconterai l'histoire de ma fille, si vous voulez, mais pas ici. Je ne veux pas que les enfants me voient pleurer».
Ou encore :
[...] Il ne me restait qu'à demander à la directrice Ding si elle acceptait que je l'interroge. Elle a acquiescé, mais m'a suggéré de patienter jusquau jour de la fête nationale avant de revenir la voir. Quand je lui ai demandé pourquoi, elle m'a répondu :
- Mon histoire ne sera pas longue, mais la raconter va me rendre malade pendant plusieurs jours. J'aurai besoin de temps pour m'en remettre
».
Tout est dit : au lecteur aussi, il faudra quelques jours pour s'en remettre, même si la distance du livre de papier et de la lointaine Chine rend les choses heureusement moins vraies.
C'est la dure condition féminine qui est donnée à lire ici. La terrible condition des femmes chinoises de la fin de ce siècle (le dernier, cette fois) alors que la Chine est en train de s'ouvrir et qu'il est désormais possible de parler. Un peu.
Il est question d'inceste, de viols, d'ignorance et de misère sexuelle, de mariages arrangés (par le Parti, on n'est plus au Moyen-âge ! ah, ah), de séparations entre mère et fille, tout cela sur le fond de l'histoire toute récente de la Chine (et ce n'est pas le moins intéressant du bouquin).
Et notamment les drames nés pendant les terribles années de la Révolution Culturelle.
L'écriture est sobre et simple (Xinran est journaliste), le propos tout en retenue, entièrement au service de ces histoires crues, dures et vraies, qui se suffisent malheureusement à elles-mêmes.
La plus belle (sans doute parce que c'est la seule qui met en cause une catastrophe naturelle et non pas la noirceur humaine) est celle du tremblement de terre [extraits] :
[...] Ce matin-là, avant l'aube, j'ai été réveillée par un bruit étrange, un grondement et un sifflement, comme si un train était entré dans notre maison. [...] Tout est arrivé si vite. Je me suis traînée face au trou béant qui avait été l'autre moitié de ma maison. Mon mari et mes enfants s'étaient évanouis sous mes yeux. [...]
Cela fait presque vingt ans maintenant, mais presque tous les jours à l'aube, j'entends un train qui gronde et qui siffle, et les cris de mes enfants. Parfois je suis si effrayée par ces sons que je me mets au lit très tôt et je glisse un réveil sous mon oreiller pour me réveiller avant. Quand il sonne, je m'assieds jusqu'à ce qu'il fasse jour, parfois je me rendors après quatre heures. Mais au bout de quelques jours de ce traitement, j'ai envie d'entendre ces bruits de cauchemar de nouveau, parce que j'y entends aussi les voix de mes enfants.

Ouf. Il faut avoir le coeur bien accroché pour aller au bout de cette douzaine d'histoires (comme autant de petites nouvelles, de petits reportages) et découvrir derrière ces épouvantables tranches de vie, la vie justement, la force vive qui a permis à ces femmes de traverser ces épreuves, d'y survivre ... et de les raconter.
Pour finir sur une note un peu plus légère, on relèvera quelques dictons et proverbes qui émaillent ce bouquin ... comme tout bon livre chinois :
Dans chaque famille, il y a un livre qu'il vaut mieux ne pas lire à haute voix.
La première personne qui a mangé du crabe a dû aussi manger de l'araignée avant de se rendre compte que ce n'était pas bon.
À la campagne, le ciel est haut et l'empereur est loin.
L'argent rend les hommes méchants, la méchanceté rend les femmes riches.
Les épouses des autres sont toujours mieux, mais les meilleurs enfants, ce sont les notres.
L'eau porte le bateau, elle peut aussi le faire chavirer.
Si vous vous tenez droit, pourquoi redouter que votre ombre soit tordue ?
Le poulet dans se mangeoire a du grain, mais le pot à soupe n'est pas loin. La grue sauvage n'a rien, mais son monde est vaste.
Il faut craindre les mains des hommes et la langue des femmes.
Et pour finir, en guise de conclusion et de résumé :
Les femmes sont comme l'eau et les hommes comme les montagnes.
Les hommes ont besoin des femmes pour se former une image d'eux-mêmes - comme les montagnes se reflètent dans les rivières. Mais les rivières coulent des montagnes. Où est la bonne image ?
Mais quelle terrible image des hommes donne donc le miroir tendu ici par Xinran ?

Pour celles et ceux qui aiment les histoires vraies même quand elles sont terribles.
Loutarwen et Lhisbei en parlent aussi.
Repost 0
Published by BMR & MAM - dans Bouquin
commenter cet article
7 décembre 2007 5 07 /12 /décembre /2007 07:16
Le site de l'auteure
Une privée à Tôkyô.

Dominique Sylvain est plus connue pour son polar Passage du Désir (qui ne nous avait pas laissé un souvenir impérissable, il y a quelques années déjà, avant l'ère du blog), mais on a bien voulu retourner à Tôkyô avec elle et son premier roman, Baka !, revu et corrigé dans une nouvelle édition.
Et ma foi, il faut bien avouer qu'on a été plutôt déçu par cet auteure que l'on compare ici ou là à Fred Vargas, bien à tort, selon nous.
C'est d'ailleurs plutôt de Léo Malet et Nestor Burma que se revendique la dame.
Quoiqu'il en soit, même si l'on avait pris soin de revêtir un de nos yukata ramenés de Nikko cet été et de siroter un verre de saké chaud, la magie ne nous a pas ramenés au pays des nippons.
Le bouquin accumule les clichés de la vision occidentale du pays du Soleil Levant : yakuza (la mafia locale), jôshi ou shinjû (double suicide amoureux) , katana (sabre), hikikomori (ados cloîtrés dans leur chambre avec internet), ... tout y passe !
Un peu comme si, à partir d'une liste de commissions, on avait essayé de bâtir une intrigue avec tout ça.
Et justement, du côté de l'intrigue (c'est un polar), on reste également sur sa faim sans croire un seul instant aux personnages insignifiants, aux péripéties rocambolesques de la française détective au Japon, ni aux multiples coups de théâtre qui clôturent ce voyage à Tôkyô.
Voilà un portrait peut-être trop sévère, j'en conviens.
Même si l'on devine ici ou là quelques traces de vécu authentiques (parapluies, bains, ... D. Sylvain a effectivement séjourné à Tôkyô), seule trouve grâce à nos yeux la capacité de l'auteure à parcourir et décrire les villes, qu'il s'agisse de Paris au début du livre ou de Tôkyô tout au long de l'histoire.
Après le détective privé de Nuit sur la ville de la semaine dernière, on relèvera juste qu'il est encore ici question de collusion entre business et élections politiques ... il y a peut-être quelque chose de pourri au royaume des sushis.
Heureusement que nos démocraties occidentales sont à l'abri de ce genre de soupçons !
[...]
Un futon plié sur les tatamis tenait compagnie à un parapluie en plastique blanc et un vêtement de toile bleue.
L'hôtesse expliqua qu'il s'agissait d'un yukata.
E
lle lui fit traverser la cour silencieuse depuis que les roulements de tambour avaient cessé, lui montra une salle de bains à l'intéressante odeur d'humus, expliqua son utilisation à grand renfort de phrases roucoulantes qui mêlaient anglais et japonais. Louise comprit qu'il fallait se savonner et se rincer avant de faire trempette dans un énorme baquet fumant. La jeune femme lui remit la clé de sa chambre et s'en alla après un nouveau chapelet de formules aussi chantantes qu'incompréhensibles.

Pour celles et ceux qui aiment les images d'Epinal et de Tôkyô._fck
Repost 0
Published by BMR - dans Bouquin
commenter cet article
6 décembre 2007 4 06 /12 /décembre /2007 07:01
Afrik.com interviewe Asa
Folk song.

Dans la série des voix féminines qu'on ne peut ignorer, il faut absolument découvrir celle d'Alela Diane.
Cette californienne cache bien son jeu sous une simplicité déconcertante.
Quelques accords de guitare qui roulent en boucle, une voix incisive, d'une clarté éblouissante, aux accents lancinants, tantôt folk, tantôt soul, parfois blues, des refrains quasi-répétitifs (ever again, ever again, ever again, ...).
Il s'en dégage une force étonnante et une ambiance unique : mieux qu'un long discours, cliquez sur ces extraits choisis.

On aime bien, on aime beaucoup :

- Pirate's Gospel
- et le très beau Rifle on ne s'en lasse pas !

De Pirate's Gospel :
While some folks pray their path to Jesus
We're gonna sing the pirate's gospel
We're gonna sow our feet for dancing
We're gonna keep our eyes wide open
We're gonna sing the pirate's gospel
We're gonna chant the pirate's gospel
You'll find us clap the pirate's gospel


à suivre avec Mariee Sioux.
Repost 0
Published by BMR - dans Miousik
commenter cet article
2 décembre 2007 7 02 /12 /décembre /2007 09:59
Sur Critico-Blog
Bac de philo.

Les films US sur la guerre en Irak/Afghanistan sont à la mode, même s'ils ne semblent pas avoir beaucoup de succès outre Atlantique.
Après l'excellent Dans la vallée d'Elah (ne le manquez pas) et en attendant le Brian de Palma prévu chez nous début 2008, voici Robert Redford avec Lions et Agneaux qui nous explique comment les agneaux de la politique envoient les lions de l'armée au casse-pipe.
Avec trois histoires montées en parallèle, qui se déroulent en quasi temps réel pendant 1h30 (initialement c'était une pièce de théâtre), le professeur de géo-politique Robert Redford nous explique en trois briefings ce qu'est le monde aujourd'hui.
À Washington, une joute oratoire entre Tom Cruise (très à l'aise ! dans le rôle d'un politicien exécrable et ambitieux qui manifestement croit à ce qu'il dit, même s'il est le seul) et Meryl Streep (superbe également, dans le rôle troublé de la journaliste qui hésite à acheter la soupe que veut lui vendre l'homme de pouvoir) : le sénateur essaie d'obtenir des médias, le soutien nécessaire à son ambition personnelle, pardon : le soutien nécessaire à une nouvelle opération militaire en Afghanistan.
Seconde histoire, en Afghanistan justement, l'opération militaire en question qui bien évidemment foire lamentablement, appuyée qu'elle était sur des renseignements approximatifs. Deux soldats, un black et un hispano, s'y retrouveront en difficulté, dans un décor de carton-pâte digne d'un mauvais jeu vidéo.
Troisième histoire enfin, la joute oratoire qui oppose Robert Redford, prof de sciences-po vieillissant, qui explique à un jeune californien qui gâche son intelligence en séchant les cours, que si certains (le black et l'hispano par exemple) sont prêts à s'engager (dans l'armée) et risquer leur peau pour sauver la démocratie, la moindre des choses est que lui aussi (le gosse de riche blanc) s'engage (en politique, c'est moins dangereux).
Robert Redford et Meryl Steep incarnent aussi une génération vieillissante, pleine de remords à l'idée d'avoir gâché le monde ces dernières années, et qui voudrait convaincre une nouvelle jeunesse de prendre le relais.
Ouh la la ! que c'est lourd !
Robert Redford, pédant et pontifiant, nous donne à voir dans ce film le pire du cliché US : des ricains imbus de leurs personnes, le regard rivé sur leur nombril, convaincus d'être le centre démocratique du monde et chargés de faire respecter le bon droit partout ailleurs. De quoi alimenter toute une nouvelle génération d'anti-américains primaires ! 
Le prof-réalisateur oublie un peu vite que la guerre ne vise pas vraiment à (r)établir la démocratie mais répond plutôt à des objectifs militaro-industriels et pétroliers et que les jeunes blacks-hispanos ne s'engagent pas tous pour sauver le monde en général et les US en particulier mais la plupart pour échapper à la condition qui leur est faite at home.
De tout cette morale à deux dollars on retiendra juste une réplique (de Meryl Streep) : la seconde guerre mondiale aura duré cinq ans ... que fait-on depuis six ans en Afghanistan ?
Bref, évitez ce donneur de leçons et suivez plutôt Tommy Lee Jones dans La Vallée d'Elah, en attendant peut-être le Brian de Palma l'an prochain !

Pour celles et ceux qui aiment les devoirs de philo.
D'autres avis peu enthousiastes également sur Critico-Blog.
Repost 0
Published by BMR & MAM - dans Cinoche
commenter cet article
1 décembre 2007 6 01 /12 /décembre /2007 06:11
Sur Critico-Blog
Ça va, ça vient.

Fatih Akin est un jeune cinéaste allemand d'origine turque. On a presque tout dit.
Car son film, De l'autre côté, oscille sans cesse entre ces deux pays, ces deux nationalités, ces deux cultures, entre ces deux faces d'un même monde.
Le sommet de ce doux mélange sera atteint lorsqu'un immigré turc d'allemagne finira à Istanbul dans une librairie spécialisée dans la littérature allemande. Ouf !
Car c'est aussi un film sur les livres : le jeune prof de littérature, la librairie et tous ces livres qui passent de main en main, comme autant de cadeaux tout au long du film.
De l'autre côté a obtenu un prix à Cannes pour son scénario et c'est d'autant plus amusant que, selon Fatih Akin lui-même, la construction si savante du film n'a été finalement décidée qu'au dernier moment lors du montage, après un tournage beaucoup plus "chronologique" !
Et pour le coup, c'est un coup de maître.
Les histoires s'entremêlent, les personnages se croisent, sans se voir, nous allons ici et là, d'une ville à une autre (Brême et Istanbul, toutes deux superbement fimées), et même d'un moment à un autre puisque le film revient en arrière pour recroiser les mêmes personnages d'un autre point de vue. Tout cela est impossible à résumer mais s'avère très réussi (et sans confusion aucune).
Il s'en dégage un charme certain.
De l'autre côté c'est aussi ces personnages qui se cherchent (eux-mêmes ou les autres) mais qui ont du mal à se trouver. D'un côté les turcs, de l'autre côté les allemands. D'un côté les jeunes, de l'autre côté les parents. D'un côté les morts, de l'autre côté les vivants.
Un film grave (on y est emprisonné, on y meurt, ...) mais un film d'une profonde humanité, empreint de bonté et de pardon. Une belle histoire, une belle leçon.
On y retrouve avec plaisir Hanna Shygulla.

Pour celles et ceux qui aiment les hommes et les femmes d'Europe.
D'autres avis sur Critico-Blog.
Repost 0
Published by BMR & MAM - dans Cinoche
commenter cet article
30 novembre 2007 5 30 /11 /novembre /2007 08:07
Amazon
Après Mandela.

Après Les soldats de l'aube, lu il y a quelques années (c'était avant l'éclosion de la blogoboule), voici L'âme du chasseur du même auteur sud-africain : Deon Meyer.
C'est écrit à l'américaine, vite fait bien fait, comme un scénario pour Hollywood.
On est donc bien loin des polars littéraires comme ceux que nous avons pu découvrir avec Mankell, Connelly, Indridason et d'autres, et le style relève plutôt du roman de plage ou de TGV.
Mais tout l'intérêt de ce bouquin (et il est d'un grand intérêt) vient du contexte dans lequel se déroule l'intrigue : l'Afrique du Sud d'après Mandela, l'Afrique du Sud d'aujourd'hui, celle d'après le 11 septembre 2001.
Les services de renseignement du nouveau régime (un nouveau régime qui peine encore à se mettre en place) livrent bataille alors que les plaies de la guerre civile sont encore bien loin d'être refermées.
[...] Miriam dévisagea Janina d'un air glacial, ses yeux, sa bouche, ses mains.
- Je ne vous crois pas.
Janina soupira.
- Parce que je suis blanche ?
- Oui. Parce que vous êtes blanche.

Et l'on devine derrière tout ça que d'autres (CIA, extrêmistes islamistes, ...) éprouvent un malin plaisir à souffler sur les braises.
L'intrigue de base est plutôt simple (pour Hollywood sans doute !) : pour aider un ancien ami, un grand black, ancien militant (doux euphémisme) désormais rangé, se trouve embringué dans le convoyage de renseignements explosifs. Il se retrouve vite pourchassé par divers rapaces et enfourche une BMW GS avant de traverser tout le pays et le roman raconte cette course-poursuite à moto (l'auteur n'a peut-être pas une âme de chasseur mais assurément une âme de motard).
Mais P'tit (c'est l'ancien nom de guerre du héros) n'aime pas qu'on le chatouille quand il veut rendre service et il va vite retrouver ses anciens réflexes (c'était un ancien tueur à la solde du KGB).
Même si c'est plutôt bien ficelé, il n'y a pas là de quoi se triturer les méninges.
Du moins de ce côté.
Car ce n'est pas tout et au fil des pages et des flash-backs on découvre tout un monde : celui d'une Afrique du Sud plutôt méconnue, les accointances entre les services secrets d'ici ou d'ailleurs, les luttes raciales d'hier (Boers, Anglais et Xhosas) auxquelles répondent les intrigues intestines d'aujourd'hui.
Et ça, c'est passionnant.

Pour celles et ceux qui aiment la moto, les voyages et l'Histoire.
Bleu et noir et l'Actu du Noir en parlent.
Repost 0
Published by BMR - dans Bouquin
commenter cet article
29 novembre 2007 4 29 /11 /novembre /2007 07:08
Amazon
Un privé à Tôkyô.

Tous les ingrédients du polar américain sont là : le privé à moitié looser dans son bureau miteux, le flic vindicatif qui lui cherche des poux, les gros durs de la mafia qui forcément lui en veulent aussi, la belle héritière qui lui court après, le magnat richissime qui se cache derrière tout ça, les bagnoles et l'intrigue alambiquée qui mêle famille, business et élections municipales, ... tout y est !
[...] Je garai ma Blue Bird en marche arrière - un vrai miracle que cette voiture roule encore - , contournai l'immeuble de deux étages aux murs couverts de crépi et entrai par devant. Je sortis mon courrier de la boîte aux lettres à la serrure cassée et montai l'escalier menant à mon bureau, au premier étage au fond d'un couloir où le soleil ne pénétrait jamais.
À un détail près.
Un tout petit détail.
Le privé ne s'appelle pas Philip Marlowe mais Sawazaki de l'agence Watanabe et il n'enquête pas à Los Angeles mais à Tôkyô.
Car ce n'est donc pas du Raymond Chandler mais du Hara Ryô.
Bref, c'est un polar japonais où l'auteur s'amuse avec tous les clichés et les standards du roman noir. On est donc en terrain connu, balisé.
Et puis tout d'un coup, plouf, nous voici perdus parce que les personnages ont une réaction à peine compréhensible à nos yeux d'occidentaux. Et ça repart. Pour mieux s'étonner un peu plus loin de nouveau.
On ne sait trop sur quel pied danser et l'auteur semble s'amuser avec nous comme il s'amuse des codes de la littérature policière.
À vrai dire, le jeu est peut-être plutôt conçu pour des lecteurs nippons moins familiers des standards du genre, car il faut bien avouer que, une fois passé l'effet de surprise, on s'y est un peu ennuyé et on a eu du mal à se laisser emporter par l'intrigue tarabiscotée dans laquelle s'est laissé prendre le privé Sawazaki.
C'est tout de même l'occasion de découvrir les coulisses du pouvoir dans la métropole de Tokyo.
Une curiosité pour les accros du polar ou du Japon ou des deux.

Pour celles et ceux qui aiment les détectives du roman noir à l'américaine.
Repost 0
Published by BMR - dans Bouquin
commenter cet article
28 novembre 2007 3 28 /11 /novembre /2007 17:59
Sur Critico-Blog
Mafia russe.

Décidément après A very british gangster et American gangster, les mafieux n'en finissent pas de nous fasciner.
Cette fois, c'est au tour de la mafia russe avec Les promesses de l'ombre de David Cronenberg.
La mafia russe, celle que l'on a pu voir envahir les lieux de tourisme et de villégiature, de l'Australie jusqu'au Canada ...
À la différence des deux films de « gangsters » cités plus haut, celui-ci aborde le sujet avec une optique bien différente.
Bien sûr on y apprend plein de choses sur la mafia russe installée à Londres (mais ce pourrait être à Paris ou ailleurs) et poursuivie par les anciens du KGB.
Et l'on s'amuse (on rit jaune quand même) à voir ces mafieux russes se comporter comme de vrais siciliens : on a changé la musique et l'accent, on a changé les flingues par les rasoirs et les spaghettis par le bortsch, mais c'est à peu près tout.
Mais cette fois, ce n'est pas là l'essentiel du propos, non, on est plutôt ici dans une presque tragédie aux personnages modelés avec soin et on notera tout particulièrement un trio d'acteurs particulièrement brillants : Armin Mueller-Stahl, un allemand étonnant dans le rôle du parrain, Vincent Cassel dans le rôle [difficile] du fils et surtout Viggo Mortensen dans le rôle de l'homme de main.
Ce trio-là n'en finit pas de jouer au chat et à la souris, c'est très trouble et c'est très fort.
De l'autre côté, du côté du bon droit, une blonde innocente qui tombe sur le journal intime d'une prostituée (venue des pays de l'est, c'est évident) et qui se jette dans la gueule du loup.
Pourtant Viggo Mortensen l'aura mise en garde : elle ferait mieux de rester du bon côté, chez les « very nice people ». D'ailleurs le seul qui franchira la barrière ...
Car il ne faut pas frayer avec ces gens-là.
Chez ces gens-là, madame, pour bien « marquer » sa différence on va jusqu'à se tatouer les états de service sur tout le corps. Et chez ces gens-là, madame, on en vient donc à négocier à poil dans les bains publics pour mieux voir à qui on a affaire.
On est scotché à son siège, fasciné par le trouble ballet de ces personnages.
Comme pour rompre cette fascination, comme pour nous rappeler qu'il ne s'agit pas de notre monde, David Cronenberg nous assène quelques scènes d'une rare violence, insoutenables.
Insoutenables, alors par réflexe on se cache les yeux, on ne veut pas voir. Oui, c'est ça, on ne peut pas voir la vraie réalité de cet autre monde, nous autres qui faisons partie des « very nice people ».
Mais la véritable violence, celle de la vraie réalité, pas celle du film, n'est pas dans les images : elle se cache dans les textes du journal intime de la jeune prostituée, lus peu à peu tout au long du film.
Par réflexe on se cache les yeux ... mais on oublie facilement de se boucher les oreilles.

Pour celles et ceux qui aiment les hommes, les vrais, les tatoués.
D'autres avis sur Critico-Blog, Libé en parle très bien.
Repost 0
Published by BMR & MAM - dans Cinoche
commenter cet article
27 novembre 2007 2 27 /11 /novembre /2007 19:48
Sur Critico-Blog
Black mafia.

Le titre du dernier film de Ridley Scott, American gangster, rappelle inévitablement le documentaire de McIntyre A very british gangster consacré à un parrain de la drogue à Manchester UK.
Et il y a effectivement quelques parallèles : American gangster est basé sur une histoire vraie et sans être un documentaire, il en a un peu le rythme puisqu'il s'agit d'une longue description (le film dure plus de 2h30, même si on ne s'y ennuie pas un seul instant) des affaires d'un trafiquant de drogue.
L'histoire d'un gangster donc, de son ascension, de son apogée et de sa chute (dans laquelle il entraînera beaucoup beaucoup de monde ... on vous laisse le découvrir).
Un gangster américain. Noir américain pour être précis.
Et cela change un peu des Scorcese et autres Coppola qui nous ont nourris jusqu'ici de mafieux italiens : on passe directement du côté de Harlem et là où beaucoup de critiques ont vu une comparaison difficile pour Ridley Scott, nous nous y avons apprécié une façon fort habile de renouveler le genre avec un film qui prend le temps de poser ses personnages, leur histoire, leur contexte.
Autre parallèle également avec A british gangster, le parti pris de dépeindre (du moins au début) le méchant sous les traits apparents d'un gentil : Denzel Washington, le bandit de Ridley Scott, est un homme d'affaires consciencieux qui, pour Thanksgiving , distribue généreusement des dindes aux nécessiteux de Harlem et qui fait le bonheur de sa nombreuse famille ...
En face, Russel Crowe incarne le flic incorruptible (le seul de tout NY !) et endosse là un rôle parfait, presque taillé sur mesure (avec un look années 70 plus vrai que nature !).
Autre atout de ce film et pas le moindre, l'ancrage historique de ce trafic dans le contexte de ces années 70 : celles de la guerre du Viet-Nam qui fournissait à la fois la source d'approvisionnement et les moyens de transport.

Pour celles et ceux qui aiment les histoires vraies.
D'autres avis sur Critico-Blog.
Repost 0
Published by BMR & MAM - dans Cinoche
commenter cet article
23 novembre 2007 5 23 /11 /novembre /2007 07:52
D'autres avis sur Amazon
Portraits de femmes.

Sympathique découverte (grâce à Katell, si je me souviens bien).

Après Brady Udall qui lâchaient ses chiens il y a quelques jours, voici un autre recueil de nouvelles venues des US : Une île sous le vent de Barbara Kingsolver.
L'écriture est plus posée, plus lente que chez B. Udall.
Les nouvelles sont un peu plus longues aussi.
Mais la règle est un peu la même : on plonge, le temps de quelques pages, dans l'instant d'une vie, entre un passé qui se découvre sous les mots et un futur qui se devine au fil des pages.
Mais si Udall le mormon photographiait des hommes (la plupart sans femmes), Barbara Kingsolver, à l'opposé, tire le portrait de femmes, de beaux portraits de femmes.
[...] Elle aimerait aller au cinéma voir de vrais flims mais Ed ne veut pas. « Attends quelques années, on les passera à la télé », dit-il systématiquement. Le noir et blanc et les coupes des scènes brûlantes ne semblent pas le gêner. Ils pourraient aujourd'hui s'offrir un nouveau poste, mais Ed prétend pouvoir deviner les couleurs absentes de l'écran. Il le «prouve» parfois en s'écriant « Tu vois, la chemise de ce type est verte. » Ou : « La fille est rousse. » Il lui arrive parfois de se tromper. Il a cru pendant des années le Peter Graves de Mission Impossible blond, jusqu'au soir où, regardant la télé chez Millie et Darel,  il le découvrit aussi blanc qu'un vieux monsieur. « Ton poste est mal réglé », s'obstinait-il à dire à Darrel, refusant d'admettre l'évidence.
Des portraits de filles, de mère, de femmes dont le couple se défait, ...
[...] Je conduis toujours la Pontiac que j'ai achetée il y a dix ans, mais six petits amis et un mari se sont succédés dans ma vie. Ce même mari, Buddy, que j'ai épousé et dont j'ai divorcé deux fois.
- Au moins tu peux compter sur ta voiture.

Après Katell, d'autres avis sur Critico-blog.
_fck
Repost 0
Published by BMR - dans Bouquin
commenter cet article

On A Tout Rangé