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On A Tout Archivé

3 août 2007 5 03 /08 /août /2007 07:33

Un épisode de John Rebus

PolarLes polars de Ian Rankin sont dans notre bibliothèque depuis quelques années et voici avec La colline des chagrins, l'occasion de parler ici de cet écossais.
Au hit-parade des inspecteurs désabusés, John Rebus est un peu le cousin de l'américain Harry Bosch avec qui il partage une grande soif et une totale inaptitude à la vie amoureuse et familiale.
De plus, les rues sombres d'Edimbourg irriguent les bouquins de Rankin comme les boulevards de L.A. nourrissent ceux de Connelly.
Polar Et comme pour aller jusqu'au bout du parallèle, tout comme son collègue, John Rebus est rarement en parfaite harmonie avec sa hiérarchie ...
[...] - Si quelqu'un est capable de le faire, John, c'est vous. J'ai toujours fait confiance à votre entêtement et à votre incapacité à écouter vos supérieurs.
Rebus remit sa tasse dans sa soucoupe.
- Je prendrai cela comme un compliment.
La colline des chagrins fait partie de ces polars sombres comme l'Ecosse, peut-être encore plus déprimants que ceux de Connelly car moins américains et donc plus proches de nous.
Peut-être pas le meilleur de Rankin (si c'est une découverte, commencez par les premiers), mais un épisode plus qu'honnête.

L'Express en parle et Polarweb aussi.
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1 août 2007 3 01 /08 /août /2007 08:29
Libé
L'avocat du diable

La sécheresse cinématographique estivale est l'occasion de voir des films peu ordinaires et cette saison semble être celle des documentaires : après le British Gangster, voici l'Avocat de la terreur de Barbet Shroeder, où il est cette fois question de Jacques Vergès.
Au début du film, on suit avec passion les débuts du jeune Vergès en Algérie aux côtés des indépendantistes du FLN.
Face à l'aveuglement de la France coloniale, comment ne pas prendre avec Vergès la défense de cette noble cause ?
Et c'est d'ailleurs là un parallèle étonnant avec le reportage de Donal McIntyre sur Noonan, le parrain de Manchester : les deux reportages nous obligent (certes avec des approches bien distinctes : il y a certainement plus de différences entre les deux films que de similitudes), mais les deux reportages partagent ce mérite de nous obliger, avant de juger d'après nos références et nos schémas habituels, à d'abord montrer, sinon de la sympathie, au moins de l'empathie pour ces hommes controversés.
Barbet Shroeder continue ensuite d'explorer méthodiquement la carrière mouvementée et parfois mystérieuse de Jacques Vergès qui, après le FLN, prend fait et cause pour le FPLP (l'ancêtre de l'OLP) et dérive ensuite dans la mouvance de Waddi Haddad, le père du terrorisme moderne qui réussira à embrigader les agités "rouges" occidentaux dans ses camps d'entraînement et ses opérations.
Une passionnante leçon d'histoire. D'histoire contemporaine, celle qu'on n'apprend pas à l'école.
Presque "naturellement", Vergès passe ensuite de la sphère de Waddi Haddad à celle de Carlos et peu à peu on quitte donc l'engagement politique et militant de la jeunesse anti-colonialiste pour basculer insensiblement dans le droit commun et le presque-banditisme.
Dans le même temps, l'avocat s'est enfermé dans un personnage médiatique et provocateur.
C'est devenu l'avocat du diable, ce qui l'amènera à défendre les causes les plus impossibles, dont bien sûr Klaus Barbie à Lyon (derrière lequel se cachait  un nazi suisse influent en la personne de François Genoud, banquier notamment du FLN et du FPLP, la boucle est bouclée).
À de nombreuses reprises, Vergès pourrait passer pour un grand adolescent qui jouerait encore aux cow-boys et aux indiens ... mais qui n'aurait pas encore compris que ses compagnons de jeu ont changé et ne sont plus les militants enthousiastes de sa jeunesse.
Barbet Shroeder a voulu un générique de fin édifiant. Jacques Vergès y explique sentencieusement la différence entre un avocat et un médecin, qui veut que l'avocat puisse dire non et refuser de prendre un client, pendant que défile sur l'écran son palmarès et les noms de tous les clients impossibles qu'il aura défendu : des khmers rouges à Slobodan Milosevic en passant par Omar Raddad, Action Directe et bon nombre de tyrans africains.
Manifestement, Jacques Vergès n'a jamais su dire "non".
Avec cet excellent documentaire (qui sait éviter la voix off et rester palpitant comme un film d'espionnage) , le passage par la case cinéma devrait être obligatoire !
N.B. la plupart des liens dans ce billet pointent vers Wikipédia, mais le site officiel du film présente également  fiches et photos sur toutes les personnalités évoquées, de Waddi Haddad à François Genou, passionnant.

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30 juillet 2007 1 30 /07 /juillet /2007 16:52
Libé
Petite balade entre amis

Old Joy : ce petit film de l'américaine Kelly Reichardt est diffusé pour tout Paris et sa banlieue dans ... 2 salles !
C'est que cet été, il doit certainement y avoir tant de succès, de blockbusters et de chefs-d'oeuvre que les nombreux complexes multiples UGC ou Gaumont n'ont sans aucun doute plus de place dans leur programmation pour ce genre de film. Oui sûrement, c'est ça.
Et la recette du film est justement à la mesure de cette diffusion : "minimaliste".
Liste des ingrédients : Mark, Kurt, Lucy, Volvo, Yo La Tengo.
Soit : 2 amis, une chienne, une voiture, quelques accords de guitare.
Sans remuer, filmez le tout pendant à peine plus d'une heure dans les forêts de l'Oregon, servez frais avec quelques bières, refermez et c'est tout.
C'est une simple balade, une parenthèse, douce et zen.
Old joy : la tristesse n'est après tout qu'une ancienne joie, telle est la morale du film.
On devine que Mark a besoin de s'évader et d'échapper à la pression croissante : la voiture, les infos, le boulot, la maison, la femme, l'enfant à naître, ...
On devine que Kurt commence à en avoir assez d'une vie faite d'errances, de petits boulots, de squats et de fumettes, un peu vaine, et qu'il cherche à retrouver une ancienne complicité avec Mark.
On devine tout cela oui, car les rares dialogues suggèrent, c'est tout.
Et c'est un peu là que le film déçoit un peu : on était bien d'accord pour accompagner gentiment  les deux compères et leur chienne dans la forêt mais on aurait bien aimé quelques échanges mieux nourris.
Et peut-être aussi quelques cartes postales de l'Oregon un peu plus décoiffantes, jusqu'à cette magique source d'eau chaude abandonnée que les deux amis essaient de retrouver.
Mis en appétit, on reste donc un peu sur notre faim, jusqu'à ce que, finalement, Kelly Reichardt reprenne la main pour refermer cette parenthèse. Tout en douceur.

Pas trouvé la BOF sur le web mais un extrait de Yo La Tengo assez proche de l'ambiance du film : Detouring America With Horns.

De rares blogs en parlent sur Critico-blog.
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29 juillet 2007 7 29 /07 /juillet /2007 11:02
Libé
Excellente petite surprise estivale et espagnole

Curieux petit film espagnol que cette Nuit des tournesols.
Ça démarre comme un polar : un VRP en aspirateurs (sic) quitte un champ de tournesols et remonte en voiture ... plus tard on apprend qu'une jeune femme a été assassinée dans un champ de tournesols, et bientôt notre VRP s'apprête à remettre ça ...
Mais ceci n'est guère qu'un prétexte à un savant montage et l'intérêt du film est tout autre : on assiste au déroulement de 6 épisodes où l'on voit ou revoit tout ce drame à travers les points de vue, les agissements, les histoires, des différents acteurs.
Le VRP donc, les gens de la ville en visite, la guardia civile (le chapitre intitulé : Les autorités compétentes , savoureux ...), etc ...
Peu à peu l'engrenage prend forme, les choses s'empilent et s'encastrent, la mécanique tourne de plus en plus rond et lorsque "le vieux caïman sort de son marigot" on jubile d'avoir été amené patiemment jusqu'ici par cet habile réalisateur méconnu, Jorge Sanchez-Cabezudo.
C'est aussi une fort belle galerie de portraits, filmés lentement dans cette campagne espagnole écrasée sous le soleil au pied des Pyrénées.
Une campagne en voie de désertification, surtout humaine.
Un lieu âpre, idéal pour ce genre d'intrigue presque théâtrale où chaque chapitre est l'occasion de découvrir les mêmes acteurs sous un angle différent.
À la fin du film, les réverbères du village sont enfin rallumés : à défaut de la vérité, c'est la "lumière" qui revient, tout ceci n'aura peut-être pas eu lieu ...
Lorraine en parle et d'autres sur Critico-blog.
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27 juillet 2007 5 27 /07 /juillet /2007 07:11

Harry Hole nous donne une leçon d'histoire

Polar noir On a déjà eu l'occasion d'évoquer les polars du norvégien Jo Nesbo.
Le revoici avec Rouge-Gorge, une nouvelle enquête de l'inspecteur Harry Hole.
Côté détectives un brin désabusés, Harry Hole, c'est un peu le chaînon manquant entre le Harry Bosch (tiens, Harry ?) de l'américain Michael Connelly et le Kurt Wallander du suédois Henning Mankell.
Et décidément, après Le retour du professeur de danse de Mankell, La femme de Bratislava du danois Leif Davidsen, Millenium du suédois Stieg Larrson, et bien d'autres, les pays nordiques n'en finissent pas d'explorer les années noires de leur collaboration avec le nazisme.
[...] Fauke ne se réjouissait pas franchement à l'approche de la fête nationale.
« C'est gonflant. Et trop de drapeaux. Pas étonnant qu'Hitler se soit senti chez lui au milieu des norvégiens, notre âme populaire est frénétiquement nationaliste. C'est juste qu'on n'ose pas l'admettre. »
Ici, un peu comme dans le Retour du professeur de danse, deux histoires se font écho à quelques années de distance : la guerre (sur le front Est, du côté de Leningrad) et des meurtres bien contemporains - vengeance et règlement de comptes ?
Double suspense et intrigue complexe et riche en personnages qui nous tiennent en haleine jusqu'au bout de cet excellent polar.
Un polar qui nous en apprend aussi beaucoup sur nos voisins norvégiens.
[...] « Les États-Unis sont un peu plus qu'un allié » commença Brandhaug avec un sourire invisible. Il dit cela sur le ton de quelqu'un qui raconte à un étranger que la Norvège a un roi et que sa capitale est Oslo.
« En 1920, la Norvège était l'un des pays les plus pauvres d'Europe, et elle le serait sans doute encore sans l'aide des USA. Oubliez la réthorique des hommes politiques. L'émigration, le plan Marshall, Elvis et le financement de l'aventure pétrolière ont fait de la Norvège le pays qui est probablement le plus pro-américain au monde. »
L'occasion aussi de découvrir la légende d'Urias qui fut envoyé au combat (et à la mort) par David qui convoitait son épouse Bethsabée.


D'autres en parlent ici ou .
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26 juillet 2007 4 26 /07 /juillet /2007 08:17
Le site officiel
Fascinant et dérangeant ...

Nos avis sont assez mitigés en sortie de l'une des rares salles où est projeté le polar (pardon : le reportage) de Donal McIntyre : A very british gangster.
De ses trois ans d'enquête aux côtés de l'un des parrains de la mafia de Manchester UK, le journaliste en a tiré un véritable film, primé à Cognac, qui n'a rien à envier aux polars de Scorcese ou Coppola.
Un fascinant portrait d'homme que celui de Dominic Noonan brossé ici, avec de multiples facettes.
Mais Donal McIntyre et son équipe ne tiennent que le pinceau (en l'occurrence le micro et la caméra) et c'est Noonan qui choisit les dessins et les couleurs.
Dans ce film, Noonan est quasiment son propre metteur en scène (l'enterrement du frère est déjà entré dans les annales) et Donal McIntyre filme tout cela avec zéro recul, au sens propre comme au figuré.
C'est ce parti pris délibéré qui peut choquer (on plonge sans scaphandre en pleine immoralité) mais qui fait précisément la force du film : nos préjugés, nos catégories, nos cadres, nos références, tout est balayé d'un coup de zoom et nous voilà forcés d'ouvrir grand les yeux sur une tout autre réalité.
[...] Je voulais que le spectateur découvre ce monde comme moi, dans un état proche de la crise de nerfs. Je voulais qu’il puisse toucher, sentir et respirer l’environnement de ce gangster et de sa famille jusque dans ses moindres recoins.
Pendant les trois années que j’ai passées à observer les Noonan dans leur intimité, j’ai été choqué et horrifié, mais également touché par ce qui se déroulait. Je défie quiconque de regarder ces vies pleines de contrastes à travers un prisme manichéen.
On se surprend donc à sourire lors des fêtes de famille (bien sympathiques ces braves gens ...) et on est près de verser une larme aux enterrements (bien émouvantes ces obsèques ...), à l'unisson de l'un des fils ou neveux, qui rêve d'Elvis et qui chante (je cite :) pour les mariages, les enterrements et les acquittements, surtout les acquittements.
Chez ces gens-là, lorsqu'on demande la différence entre le bien et le mal, on s'entend répondre qu'ils savent à peine lire ou écrire (mais compter, ça oui) alors vous pensez donc, le bien et le mal ...
Pourtant Dominic Noonan fréquente l'Eglise (catholique), qu'il préfère d'ailleurs au tribunal : on peut y entrer, avouer et en ressortir pardonné.
La caméra nous promène dans les rues de Manchester, véritable désert économique, social et moral.
Sans surprise, ce no man's land est devenu le Noonan's land.
Puisque notre société est un gigantesque broyeur et que si la plupart d'entre nous sortent de la mécanique par le haut, nombreux sont ceux qui tombent tout au fond et se retrouvent en miettes.
Dominic Noonan, et c'est fort bien montré, leur offre de se reconstruire et de réapprendre le respect d'eux-mêmes, tout simplement.
Autre angle de vue étonnant, s'il y a bien quelques parrains patibulaires et plus vrais que nature venus lui donner l'accolade à l'enterrement de son frère, l'équipe de Dominic Noonan est surtout faite de jeunes : la relève est donc assurée !
De jeunes et d'encore plus jeunes : les fils et les neveux jouent au foot dans la rue et grandissent au milieu de tout cela. Et la caméra s'attarde longtemps sur les yeux d'un petit rouquin d'une dizaine d'années à peine.
Lui saura peut-être lire et écrire mais assurément ne verra pas plus que ces aînés, de différence entre le bien et le mal.
Et pour être franc, on n'aimerait pas se retrouver à la place du flic ou du juge dans une vingtaine d'années, face alors au regard de ce jeune qui aura grandi ...
Pour conclure enfin ce billet, à notre époque bien prompte à diaboliser certaines religions, l'un des derniers atouts du reportage de Donal McIntyre est de nous ouvrir les yeux sur une Europe 100% blanche et 100% catholique.
Fascinant et  dérangeant ... on vous dit !

L'éclairage de Télérama et de Libé, et des avis plus partagés sur Critico-blog.
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25 juillet 2007 3 25 /07 /juillet /2007 11:21
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L'inspecteur Chen s'attaque à un tueur en série ?

Polar Nous sommes depuis longtemps fans et accros des enquêtes de l'inspecteur Chen Cao et des polars shanghaïens de Qiu Xiaolong.
On s'est donc jeté avec un même enthousiasme sur le dernier épisode : De soie et de sang (le titre original faisant plutôt allusion à la robe rouge traditionnelle, le qipao dont sont habillées les victimes).
Cette fois, Qiu Xiaolong s'attaque à un serial-killer, chose plutôt inattendue dans le folklore chinois auquel il nous avait accoutumés.
Est-ce cela qui nous a dérouté ?
Est-ce un terrain trop balisé par les "américains" du genre ?
Est-ce le charme de la découverte qui s'émousse et la routine qui s'installe ?
Polar Quoiqu'il en soit on retrouve la ville de Shanghaï et le décor habituel des romans de Qiu Xiaolong : cuisine chinoise (hmmm la cervelle de singe vivant ...), poésie et littérature, trafics politiques, traumatismes encore vivaces de la Révolution Culturelle et plaies mal refermées, ... mais on n'accroche pas tout à fait à l'intrigue policière, et on peine pendant la première moitié du bouquin à suivre les traces d'un inspecteur Chen qui, comme nous, semble hésiter entre l'enquête et sa dissertation littéraire ...
Un peu déçus par ce dernier épisode donc, ce billet est l'occasion de vivement vous conseiller de découvrir (si ce n'est déjà fait) Qiu Xiaolong par ses précédents polars, tous excellents et laLe Challenge ABC plupart en format poche (voir des extraits au format PDF).
Cathe partage un peu notre avis, Michel est plus enthousiaste.
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20 juillet 2007 5 20 /07 /juillet /2007 07:46
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Un peu du charme des années douces

Kawakami Hiromi nous avait enchantés avec Les années douces.
On a donc poussé avec enthousiasme la porte de la boutique de Nakano-san, brocanteur à Tôkyô.
Mais une fois entrés, on n'a pas retrouvé tout à fait le même plaisir que celui qu'on avait eu à suivre Tsukiko et son professeur qui picolaient dans les bars pendant les années douces.
La brocante Nakano procède toujours du même esprit : la description minutieuse des petits riens de la vie, on passe du coq à l'âne et du fil à l'aiguille, on suit le charme des conversations.
De l'influence du minuscule : les paroles, les odeurs et les bruits qui rythment la vie.
Cette brocante-là, c'est un sympathique bric à brac (le rythme des chapitres suit un peu celui des objets qu'on achète et qu'on vend, qui passent de mains en mains), un bric à brac des choses mais aussi de la vie et des sentiments.
Une boutique dans laquelle nous guide Kawakami Hiromi, jusqu'à une très belle fin.
[...] Quand je lui ai demandé une fois, tu aimes ce café, Takeo a eu l'air surpris. Si j'aime ce café ? ll n'avait pas l'air de comprendre. Mais oui, écoute, tu achètes toujours le même, non ? Takeo m'a répondu qu'il ne s'en était jamais aperçu. Tu as vraiment le don de remarquer de ces détails, Hitomi !
[...] M. Nakano l'a regardé s'éloigner en soupirant avec ostentation.
« Qu'est-ce qu'il y a ? » ai-je demandé. M. Nakano avait envie qu'on lui demande ce qu'il y avait. Lorsqu'il pousse des soupirs ou marmonne tout seul, c'est qu'il a envie de parler à quelqu'un.
Mais vous l'avez compris, on aura quand même préféré Les années douces.

D'autres en parlent joliment ici et Télérama aussi.
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13 juillet 2007 5 13 /07 /juillet /2007 07:10

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La reine japonaise de l'étrange

Après L'annulaire, voici de nouveau une étrange nouvelle (100 pages) de l'étrange Yoko Ogawa.
La petite pièce hexagonale est une sorte de mystérieux confessional en bois géré par un couple de mystérieux gardiens.
On y entre et s'y asseoit pour s'y raconter, tout seul : une pièce à raconter, à se raconter.
[...] Il n'y a pas d'erreur dans ce que m'a dit Yuzuru, n'est-ce pas ? Il s'agit bien d'une petite pièce qui ne sert à rien d'autre qu'à raconter. [...] Mais la première fois qu'il m'a expliqué le mécanisme, j'ai été désorientée. Comme jusqu'alors je n'avais jamais entendu parler de l'existence d'une telle chose au monde, je n'ai pas été tout de suite convaincue.
[...] En fait ça ressemble à un monologue, c'est ça ? Une boîte où l'on peut murmurer tout seul autant qu'on veut, dans le style qu'on aime, sans se soucier du regard des autres.
Étrange poésie autour de ses monologues introspectifs : on chancelle à la limite du surréalisme, on reste toujours sur le fil du couteau à sushis entre poésie et fantastique.
Réservé quand même aux amateurs ...
À suivre également : La Bénédiction Inattendue et Les Paupières, ses deux derniers recueils de nouvelles (excellents !). 
La bio de Yoko Ogawa sur Evene.fr et un site sur ses différents romans et nouvelles.
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6 juillet 2007 5 06 /07 /juillet /2007 07:33

Criticoblog


Harry Bosch aux affaires classées - n° 2

PolarAprès Deuil interdit qui nous avait permis de remettre Michael Connelly au goût du jour sur ce blog, voici le deuxième épisode de la nouvelle série des "affaires classées" : Echo Park.
Toujours accompagné de sa coéquipière black Kiz Rider, l'inspecteur Harry Bosch retrouve également cette fois son ex-amie du FBI : Rachel Walling.
[...] - Je t'ai appelée en me disant que tu ne serais peut-être pas fâchée de remettre tes anciens talents à contribution.
- Tu veux dire ... comme profileuse ?
- En quelque sorte. Demain il faut que j'affronte un type qui reconnait être un tueur en série et je n'ai toujours aucune idée de ce qui le fait fonctionner. Il veut avouer neuf meurtres pour conclure un accord qui lui évitera l'aiguille. Je dois être sûr qu'il n'est pas en train de nous rouler. Il faut que j'arrive à savoir s'il dit la vérité avant de me retourner vers les familles ... du moins celles dont on a entendu parler ... et de leur dire qu'on tient leur bonhomme.
Il attendit un instant qu'elle réagisse. Voyant qu'elle n'en faisait rien, il poursuivit.
- J'ai quelques crimes, deux ou trois scènes de crime et des analyses scientifiques. J'ai aussi des photos et l'inventaire de ce qu'il y avait dans son appartement. Cela dit, je ne le sens pas.

Harry Bosch, c'est un peu le Don Quichotte du LAPD de Los Angeles. Toujours en guerre contre les magouilleurs de l'appareil policier et de l'institution judiciaire.
Le voici aux prises avec un avocat véreux, un district attorney en campagne électorale et des chefs ripoux, rien que ça.
Mais précisément, dans cet épisode, on a l'impression que Connelly en fait un peu trop, dans le registre "tous corrompus".
Et pour tout dire, on aura préféré Deuil Interdit, vraiment excellent ... et en format poche.
Il reste qu'Echo Park est quand même un très bon polar dont la fin laisse planer un parfum de doute avec un Harry Bosch pas forcément à son avantage ... 


D'autres blogs en parlent sur Critico-blog et Cathe ici.

 

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