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Le blog de A à Z

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On A Tout Archivé

8 mai 2013 3 08 /05 /mai /2013 14:03

Rappel : le blog déménage à cette nouvelle adresse.

Oui tout est dans le titre : Les talons hauts rapprochent les filles du ciel.
Y’a des titres comme ça, tout plein de poésie, des titres qui font rêver.
D’autant que les blogs de ci de là promettaient un petit polar enlevé et plein d’humour.
Oui tout est dans le titre.
C’est à dire aussi que après le titre, ben y’a rien d’autre.(1)
Pouce baissé  Quel livre décevant ! Quelle écriture bâclée !
Un soi-disant polar dans le milieu branché (pardon : hype) des soirées parisiennes.
Le jeune homme deale de la coke pour se payer ses soirées hype et les jeunes filles hype qui vont avec, y’a pas de sot métier.

[…] Pour moi, c’était plutôt Carpe Noctem – profite de la nuit.

Justement, des jeunes femmes sont découvertes, plus trop vivantes, un peu charcutées(2).
Alors (là, tenez vous bien) le jeune dealer est sollicité par son ex, qui est fliquette, pour mener l’enquête. Ben voyons.
Fastoche, il drague la fille du suspect dans les soirées (hype, vous vous rappelez hein ?).
Bon, ben voilà, on a tout dit. Y’avait bien que le titre : tout est dans le titre.
Intrigue nullissime, ambiance hype mais sans aucun intérêt.
Quel dommage de voir ainsi gâché un aussi joli titre …
Et en plus, c’est fort mal écrit et l’humour promis n’est que trop rarement au rendez-vous.

[…] Bon, tu m’as dit que tu avais des ennuis, et c’est vrai que tu n’as pas l’air dans ton assiette. Qu’est-ce qu’il se passe ?
— C’est une histoire de drogue ? T’as les flics aux trousses ? Des trafiquants ? T’as pas honoré un deal ? renchérit Moussah avec sa belle voix de basse.
— T’as baisé la mauvaise fille ? T’es tombé sur une femme mariée ? Tu t’es embrouillé avec un videur ?
— Tu t’es chopé une MST ? Le virus maudit ?
Je secouai la tête devant toutes leurs hypothèses. À les entendre, c’était un miracle que je sois encore en vie avec tous les risques qui me pendaient au nez.

[…] Les videurs ici semblaient sortis d’une publicité Benetton : un asiatique, un black, un blanc, un beur.

Avec même de temps à autre un second degré qui confond autodérision et  autosatisfaction :

[…] Un dernier regard au Masque de l’année – qui lisait une littérature aussi facile, franchement ?

Nombreuses et nombreux furent celles et ceux qui s’étaient enthousiasmé(e)s sur ce premier roman. Hélas ce n’était pas le dernier et Olivier Gay a déjà commis une suite (au titre moins bien venu, fort heureusement). Mais maintenant on est prévenus.

 

(1) - bon d’habitude, on préfère donner envie et on n’aime pas trop dénigrer sur ce blog : quand on n’aime pas, on n’en parle pas : à chacun de se faire sa propre idée, souvent différente. Mais de temps en temps ça fait quand même du bien de dire du mal ! Et puis comme ça les coups de cœur prennent du relief !
(2) - mais aucun effet gore dans le bouquin, Olivier Gay sait qu’il ne sait pas faire, et c’est heureux


Pour celles et ceux qui aiment les titres poèmes.
D’autres avis sur
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6 mai 2013 1 06 /05 /mai /2013 09:59

Rappel : le blog déménage à cette nouvelle adresse.

Polar très noir sur fond blanc.
On avait fait la connaissance de l’américain Frederick Busch avec son deuxième polar traduit en français : Nord.
Aujourd’hui voici le précédent : Filles.
L’air jovial de F. Busch sur sa photo cache des bouquins très noirs. Très très noirs.
Dans l’épisode suivant (Nord, donc), le sombre héros Jack, le flic qui ne retrouve pas les enfants disparus, était tombé très très bas.
Dans l’épisode précédent (Filles, donc), il est à peine plus haut sur l’échelle de la désolation : son couple n’en finit pas de finir, tout comme l’hiver qui sévit cette année-là. Jack est désormais déchu en vigile de campus et seul son chien puant semble pouvoir le supporter (ou est-ce l’inverse ?).
Malgré quelques jeunes filles disparues, il est à peine question d’enquête policière (encore moins que dans Nord). Non.

[…] Je l’avais vu sur une brique de lait. Ils mettent les photos de gosses perdus, ou qui se sont enfuis, sur les cartons de lait et les gens ne les regardent jamais comme des photos de gens qu’ils risquent de voir.

Il s’agit tout simplement d’une descente aux enfers (enfin on est déjà tout en bas : Jack est déjà bien descendu) et F. Busch essaie de nous faire partager une souffrance.
L’indicible douleur de la perte d’une enfant (on peut se rappeler L. Tardieu dans un tout autre registre romanesque mais où l’on retrouve un peu la même destruction du couple).
Les disparitions d’enfant (vous avez compris que le couple Jack-Fanny a perdu sa petite fille également) viennent hanter l’esprit de Jack, un peu comme les disparitions hantent les cauchemars islandais d’Indridason.
Au fin fond de l’enfer et de l’hiver, il y a Jack et son mal de survivre. Entre deux murs de neige.

[…] - Ce serait comme vivre en hiver toute l’année. Je n’y crois pas.
- Alors, qu’est-ce qui va se passer selon toi ?
Mes lèvres endolories ne voulaient pas remuer.
- Ce qui se passe toujours. On a un hiver dur, terrible, et puis il se termine.
Quelqu’un, dans le rêve où Fanny et moi étions tristes, parlait sévèrement du printemps.

L’écriture est sèche et un peu hachée. MAM en fut un peu gênée. Peut-être est-ce un peu la traduction ou bien, qui sait, un autre moyen de nous atteindre et de nous faire partager la douleur.


Pour celles et ceux qui aiment les ambiances tristes et neigeuses.
Shangols, Yan et Le barbu en parlent et d’autres avis sur Babelio.

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25 avril 2013 4 25 /04 /avril /2013 07:51

Nuages sombres sur la nation arc-en-ciel.

http://carnot69.free.fr/images/afric.gifNous revoici partis en Afrique du sud avec un polar de Mike Nicol : La Dette, qui nous a été aimablement proposé par Babelio et les éditions Ombres Noires.
Le tout annoncé par Courrier International et un grand succès chez nos voisins allemands : le vol semblait alléchant.
Mais l'atterrissage est un peu décevant.
Mike Nicol nous conte l'histoire de deux anciens trafiquants d'armes, deux gars pas très reluisants (un blanc et un black, pour équlibrer sans doute) qui depuis les belles années des guerres sud-africaines se sont recyclés dans la sécurité rapprochée, par exemple celle des riches venus au Cap pour un safari-chirurgie (esthétique s'entend, la chirurgie).
Polar noir
Les deux compères mènent la belle vie, avec même quelque magot planqué dans les îles, et tout irait pour le mieux sous le ciel de la nouvelle nation arc-en-ciel.
Sauf qu'on n'échappe pas impunément à son passé. Quand on a fait ce qu'on devine qu'ils ont fait, on a forcément des dettes de ci de là.
À commencer par une dette envers des "potes" encore moins reluisants dont il faut assurer la sécurité : les "potes" en question trafiquent dans la drogue et les soirées hot pour la nouvelle bourgeoisie du Cap. Bon gré mal gré, faut bien les aider, eu égard à ce qu'ils savent du passé.
Et puis peut-être une dette envers d'autres groupuscules activistes avec aux commandes une beauté sombre à la main mystérieusement gantée. La belle Shemina semble en vouloir à nos deux compères, eu égard à ce qui s'est passé dans le passé. Et elle s'oppose tout à fait au trafic de drogue : les ennuis vont commencer.
Il y aura même d'autres équipes dans la danse, toujours reliées au passé. Visiblement le ciel de la nation arc-en-ciel reste obscurci et du passé, il n'est pas possible de faire table rase.
http://carnot69.free.fr/images/mike nicol.jpgTrafic d'armes, trafic de diamants(1), trafic de drogue, enlèvements, meurtres et assassinats, ... voilà le menu.
Avec en prime quelques balades dans la ville, entre montagne et océan, ça donnerait presque envie.
Sauf que ça ne prend pas tout à fait : l'intrigue est un peu décousue (beaucoup d'acteurs, plusieurs sujets, pas de fil conducteur solide), le style un peu sec, les héros pas très charismatiques, ... on a un peu de mal à rester accroché même si ça se lit sans déplaisir.
Les paysages du Cap ont l'air magnifiques mais le ciel n'est pas encore suffisamment dégagé pour aller y passer des vacances.
Ce bouquin nous a semblé moins intéressant que ceux de Deon Meyer et moins bien écrit que celui de Malla Nunn.
 
(1) - ça va avec, rappelez vous le film Blood Diamond

Pour celles et ceux qui aiment les trafiquants.
Ces 560 pages parues chez Ombres Noires datent de 2009 en VO et sont traduites de l'anglais par Estelle Roudet.
D'autres avis sur Babelio. On peut feuilleter quelques pages chez Ombres Noires.
 
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8 avril 2013 1 08 /04 /avril /2013 08:22
Les éditions du Masque

200% adrénaline.

Alors c'est qui donc qui nous a parlé d'Infiltrée de John Connor ?
On sait plus, on n'a pas noté, on retrouve plus (un comble avec tous les outils du ouèbe qu'on a) et c'est pas bien.
Alors on peut pas remercier cette bonne âme qui nous aura valu quelques heures stressantes, des moments haletants, quasi une ou deux nuits blanches, et même à MAM de louper sa station de métro (ou presque : heureusement au fil des âges, les parisien(ne)s ont développé quelques réflexes cérébrospinaux).
Car une fois ouvert ce piège, impossible de reposer la liseuse.
C'est du thriller 200% adrénaline. Méchants tueurs, très méchants, gentille dame (mais plus gentille du tout quand elle s'énerve), enlèvements, tortures, meurtres, et j'en passe, y'a même une gamine de onze ou douze ans en prime(1).
Et ça démarre très fort, dès la deuxième page avec un mec ligoté, déjà bien amoché et bien arrosé (d'essence, ça va sans dire), qui se fait défenestré en flammes.
[...]Akhtar n’avait probablement jamais tabassé personne de sa vie. Tout dans ses mouvements transpirait la peur : il cognait n’importe comment, sans viser, impatient d’en finir au plus vite. Stijn lui avait dit qu’il ne fallait pas de sang. Pourtant, il s’était emparé de ce pied de chaise et, avec un haut-le-cœur, avait frappé à la tête.
[...] Stijn fit un pas en arrière, sortit son Zippo et l’alluma. Sans hésiter une seconde, il l’approcha du blouson de l’homme et l’y laissa un instant, le temps que le feu prenne. Le tissu s’embrasa en produisant un bruit semblable à celui d’un feu de cuisinière qu’on allume après avoir laissé le gaz ouvert quelques secondes. Les flammèches bleues qui éclairèrent momentanément son visage se transformèrent très vite en flammes jaune orangé, si chaudes que Stijn sentit ses sourcils chauffer. Il recula et, fasciné, contempla le spectacle.
Le ton est donné. Et le rythme ne baissera pas tout au long du bouquin.
Mais ça encore, c'est rien, rodé, blasé, on a l'habitude, et c'est plus ça qui fait le bon bouquin.
Non l'astuce de Connor qui double la mise et le stress, c'est que le lecteur se retrouve brutalement plongé et sans explication en pleine guerre des gangs et/ou des polices (?) et n'y comprend rien, mais rien du tout ! Aucun des personnages n'est réellement celui qu'on croit ! Les méchants sont peut-être des gentils mais redeviendront sans doute des méchants quand même, va savoir. Et inversement.
Faut dire que l'héroïne (Karen ? Anna ?) est une infiltrée, c'est -à-dire qu'elle fait semblant d'être ce qu'elle n'est pas pour mieux piéger des vilains qui font semblant de ne pas être ce qu'ils sont.
Évidemment elle va déguster parce que quelqu'un a vendu la mèche ... qui c'est donc ?
Alors même si le style simple et efficace ne mérite pas de réveiller Victor Hugo, on dévore ce thriller à toute allure : à la fois pour en finir avec les atrocités dont certains font l'objet(2) (100% adrénaline) mais aussi et surtout pour savoir finalement qui est qui (+100% adrénaline) = 200% efficace !
(1) - fort heureusement, l'auteur évite le mélo larmoyant avec la gamine qui s'avère encore plus Lara Croft que sa mère - mais faut dire qu'elle a été à bonne école
(2) - genre égorgement dans un abattoir à moutons, par exemple

http://carnot69.free.fr/images/ebook.pngPour celles et ceux qui aiment 'thriller'.
Et on n'a pas noté ceux qui en parlaient aussi, c'est pas bien.
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18 mars 2013 1 18 /03 /mars /2013 08:45
D'autres avis sur Babelio

Pêche au fantôme.

Chic. Voilà un nouvel auteur espagnol(1) qui vaut le détour par la lointaine Galice, perdue tout au bout de la péninsule, à la fin de la terre(2), entre les eaux du ciel et de l'océan.
La plage des noyés : comme le titre l'indique, Domingo Villar nous livre le cadavre d'un pêcheur noyé, échoué sur la plage. Certes, ce n'est pas le premier dans ces contrées où les pêcheurs ont tous perdu un frère, un oncle, un ami dans les naufrages en mer.
Mais ce noyé-là a les mains attachées ...
Et certains pêcheurs évoquent déjà à demi-mots le fantôme du capitaine Sousa, noyé avec son bateau douze ans plus tôt ... Le cadavre d'aujourd'hui faisait partie des rescapés d'hier.
[...] Ça c'est le plus curieux de l'affaire. Il y a une bonne dizaine d'années, un bateau de pêche du village, le Xurelo, a fait naufrage. Le capitaine s'est noyé, mais il y a des gens qui affirment avoir aperçu le bateau dans les parages. Ils disent que le patron est revenu pour se venger.
[...] J'ai toujours eu le sentiment qu'il y avait quelque chose d'étrange dans ce naufrage.
- Qu'est-ce qui te le faisait supposer ?
- Rien ...
L'osier du fauteuil  grinça quand l'inspecteur inclina son buste vers l'avant pour écouter. Des années d'interrogatoires lui avaient appris qu'un “ rien ” n'était qu'une pause augurant d'un aveu.
Au fil des non dits et des silences, l'inspecteur Caldas mène son enquête au ralenti tout en essayant de faire parler les marins du coin. Il aurait presque des allures d'Adamsberg même si le ton est moins à la rigolade que chez Vargas (dès les premières pages il est d'ailleurs rendu hommage à la dame).
Le père de Caldas, lui, a tout largué pour la culture de la vigne (voir Les ignorants) et tient soigneusement à jour le livre des crétins, une sorte de répertoire des pires imbéciles de la région.
L'adjoint de Caldas, c'est Estevez, un gars qui n'est pas du coin et ne croit ni au retour des fantômes ni à la vertu de la patience : il vient d'Arragon, bref c'est une sorte d'alien en Galice.
[...] Ce n'étaient pas les morts qui chagrinaient Caldas, c'étaient les vivants.
http://carnot69.free.fr/images/coeur.gifOn se laisse donc balader lentement dans les ports de Galice accrochés aux basques(3) de ce tandem mal assorti.
Et les dialogues laborieux avec les taiseux du coin sont autant de tranches de gâteau à déguster lentement :
[...] - Vous êtes sûr que l'embarcation que vous avez vue était le Xurelo ?
- Je crois que c'état lui, oui.
- Vous le croyez où vous en êtes certain ?Polar noir
Le marin garda le silence.
- C'est ce qu'il vous a semblé, disons.
- C'est ça. Moi, il m'a semblé que c'était lui.
- Ce bateau avait-il quelque chose qui vous a aidé à le distinguer des autres ?
- De quoi vous voulez parler ?
- Je sais pas, c'est à vous de me le dire : qu'est-ce qui vous a amené à croire que c'était le bateau en question ?
- Vous le croyez pas ?
- Moi, je suis le policier qui pose des questions.
- Ça, pour sûr, concéda l'homme.
- Alors ?
- Alors quoi ?
- Alors, Bon Dieu, dites-moi ce qui vous a amené à penser que le bateau que vous avez vu était celui du dénommé Sousa.
- J'étais pas en train de vous dire que je l'ai vu ?
Un nouveau soupir.
- Et il ne vous a paru étrange de voir naviguer un bateau qui a coulé il y a des années ?
- Vous, ça vous aurait pas paru étrange ?
Aaaaaahhh ! Au fil des chapitres et des rencontres, le lecteur attentif devient peu à peu expert en parler-galicien, ce langage étrange où l'on répond à une question par une autre. Le plus curieux étant que visiblement ces gens-là se comprennent et que peu à peu l'enquête avance, mais si.
Entre les petits restos du port et le marché à la criée, l'enquête progresse à pas comptés, qu'on voudrait bien ralentir encore, peu pressés que nous sommes de quitter la compagnie de Leo Caldas.
Voilà donc quelques heures assurées de belle lecture, assis sur les galets de la plage, sous la pluie, où Domingo Villar fait la preuve que Montalban n'est pas le seul auteur de polars espagnols !
  
(1) - un autre auteur espagnol de polar est d'ailleurs dans la pile à lire ... à suivre !
(2) - la Galice c'est un peu le finistère ibérique
(3) - nul ! archinul ! et ça n'a même rien à voir, pfff.

Pour celles et ceux qui aiment les coquillages.
Le livre de poche publie ces 501 pages qui datent de 2002 en VO et qui sont traduites de l'espagnol par Dominique Lepreux.
D'autres avis sur Babelio et sur le Quai du polar.
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10 mars 2013 7 10 /03 /mars /2013 08:27

Allo docteur ?

Tout le monde connait Martin Winckler (surtout depuis la Maladie de Sachs).
Et même si on n'est pas spécialement fans de ces sujets-là, ici, il faut bien avouer que En souvenir d'André est un excellent bouquin.
Un bon vrai roman. Avec même une intrigue un peu mystérieuse, histoire de tenir le lecteur en haleine et donc de toucher le plus grand nombre.
Bien sûr, derrière le roman se cache (à peine !) un nouveau plaidoyer de Martin Winckler pour faire évoluer la médecine et nos mentalités. Puisqu'il est ici question de la douleur et surtout de la ‘fin’, lorsqu'on a besoin de se faire assister pour passer les derniers moments avec encore un peu de dignité humaine.
Alors le médecin qui accepte d'accompagner ses patients jusqu'au bout se raconte. Et les raconte puisqu'il ne se contente pas de les accompagner : il les écoute aussi, il témoigne.
[...] Je croyais qu'André serait le seul.
Et puis l'homme au coeur brisé m'a appelé.
Après lui, j'ai pensé que c'en était fini.
J'avais tort.
Il y en a eu d'autres. Et puis d'autres encore.
Je me suis souvent demandé comment ils s'étaient passé le mot.
Mais on aurait bien tort de réduire ce bouquin au seul message éthico-médical.
C'est bien un roman (et c'est toute sa force de persuasion) sur l'humanité des malades et de quelques médecins.
Un roman sur leur parole.

Pour celles et ceux qui aiment les bons docteurs.
Les P.O.L. publient ces 197 pages qui datent de 2012.
D'autres avis sur Babelio .
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22 février 2013 5 22 /02 /février /2013 08:54

Nature writing.

Belle découverte que cet auteur américain Ron Rash, qui pose Un pied au paradis.
Et comme il s'agit de son premier roman(1), ça nous promet quelques heures de bonheur à venir.
Ron Rash écrit sur les terres sauvages de l'Amérique et il aurait tout à fait sa place chez un éditeur comme Gallmeister aux côtés de William G. Tapply ou Craig Johnson, parmi les auteurs de nature writing.
Alors comme c'est disponible en poche, faut surtout pas se priver !
Polar noirUn pied au paradis nous emmène en Caroline du sud, aux débuts des années 50, lorsque les soldats à peine démobilisés reprenaient leurs cultures ...
Nous voici donc sur les terres cherokee, des terres qu'une compagnie électrique va bientôt inonder : chronique d'une fin annoncée, façon déluge et trompettes du jugement dernier.
La montée des eaux est propice au pardon et à l'oubli ...
Sauf qu'il y a des choses qu'on a bien du mal à oublier.
http://carnot69.free.fr/images/coeur.gifEt c'est un peu la mémoire des uns puis des autres qui remonte à la surface puisque le roman se construit à cinq voix, chacun donnant sa version et un peu plus de vérité à chaque tour de piste : ça commence par presque la fin avec la voix du shérif qui cherche un disparu, renifle un meurtre, soupçonne un assassin mais ne trouve pas de cadavre ...
Ensuite ce sera la voix de la femme, puis celle du mari, puis [chut] ...
[...] La veuve Glendower s'était déjà bien éloignée quand elle s'est retournée.
- J'espère que tu l'as tué, elle a dit.
Ou du moins c'est ce que j'ai cru avoir entendu. Je suis resté à la regarder fixement, la main droite serrée sur le fusil. Et puis j'ai fait deux pas dans sa direction.
- Comment que vous avez dit ? j'ai demandé.
Ma voix n'avait pas plus de force qu'une ombre. Mon corps non plus. Le fusil me paraissait un soc pesant dans ma main.
- Ce serpent, a dit la veuve Glendower. J'espère que tu vas l'tuer.
Elle a tourné les talons et repris sa marche.
Tout au long du récit, alors qu'on s'enfonce dans les mémoires, dans les vies et l'histoire de ces fermiers des terres du sud, la montée annoncée des eaux du barrage résonne comme le refrain d'un choeur antique.
[...] Tu peux pas laisser ce lac recouvrir les ossements [...], a-t-elle dit, d'une voix tremblante maintenant. Les morts sont pas en paix tant qu'y sont pas enterrés comme y faut.
Alors il faudra bien que les derniers fragments de mémoire remontent à la surface ...
La vallée de Jocassee tire son nom cherokee d'une légende : la vallée de la princesse disparue ... Une vallée des disparus qui finira elle-même par disparaître.
Certes il y a meurtre et assassin mais l'étiquette polar serait quelque peu réductrice pour ce roman remarquablement construit, avec une écriture forte et droite. Un très bon moment de lecture.
Vivement le prochain bouquin de Ron Rash : plusieurs ont déjà été traduits.
  
(1) - un premier roman qui date de 2002 en VO et 2009 en VF

Pour celles et ceux qui aiment les drames champêtres.
Le livre de poche publie ces 316 pages qui datent de 2002 en VO et qui sont (visiblement très bien) traduites de l'américain par Isabelle Reinharez.
D'autres avis sur Babelio et chez Passion Polar ou Kathel.

Si vous aimez le nature writing, partez aussi :

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30 janvier 2013 3 30 /01 /janvier /2013 07:35

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Boat people.

Les dieux, même japonais, savent qu'on n'est pas fan des prix concours mais il faut dire et redire que le jury du Femina a souvent la main heureuse.

Après avoir couronné notre petit roman français préféré de 2012 (Peste et choléra), voici dans la rubrique Étranger le retour de Julie Otsuka dont on avait déjà beaucoup apprécié Quand l'empereur était un dieu.

Cet Empereur racontait, après Pearl Harbor, la déportation dans les camps US des familles japonaises immigrées avant guerre : ces japs qui, soudain, n'étaient plus les bienvenus.

Ce roman-ci, Certaines n'avaient jamais vu la mer, est en quelque sorte l'épisode précédent : lorsque les vagues d'immigration des années 20 étaient accueillies à bras ouverts pour peupler l'ouest et dynamiser à bas prix l'économie américaine.

Et c'est l'histoire d'un bateau de jeunes femmes venues du pays du soleil levant : mariages arrangés, photos arrangées des futurs maris au courrier postal, rêve occidental pour échapper aux rizières, ...

Évidemment la déception sera grande ... brutalité conjugale et labeur difficile, racisme latent et pauvreté persistante, rien ne leur sera épargné ... Le rêve américain n'est pas pour tout le monde.

Jusqu'à Pearl Harbor et la crainte de la dénonciation pour complicité supposée avec l'ennemi, la déportation inévitable. La boucle est bouclée.

Mais revenons à ces jeunes femmes qui n'avaient pas encore vu la mer avant de traverser le Pacifique.

Comme avec son précédent roman paru dix ans plus tôt (celui qui est un peu la suite, vous avez compris ?), Julie Otsuka confirme qu'elle a une plume très sûre. L'émotion est là, à fleur de mots et l'auteure déploie tous ses efforts pour maintenir la distance réglementaire.

Cette fois-ci, c'est en racontant l'histoire de toutes les femmes embarquées sur le bateau, simultanément et comme dans un choeur antique, les voix de ces femmes s'élèvent pour dire ce qui devait être dit.

[...] Certaines des nôtres travaillaient comme cuisinières dans les campements ouvriers, d'autres faisaient la plonge, abîmant leurs mains délicates. Certaines avaient été emmenées dans des vallées reculées pour y tondre les moutons. Peut-être nos maris avaient-ils loué huit hectares de terre à un dénommé Caldwell,  qui en possédaient des  des milliers en plein coeur de la vallée de San Joaquin, et chaque année nous devions lui remettre soixante pour cent de notre récolte. Nous vivions dans une une hutte de terre battue sous un saule, au milieu d'un vaste champ sans clôture, et dormions sur des matelas de paille. Nous allions faire nos besoins dehors, dans un trou. Nous tirions notre eau du puits. Nous passions nos journées à planter et ramasser des tomates du lever au coucher du soleil, et nous ne parlions à personne hormis à nos maris pendant des semaines d'affilée. Nous avions un chat pour nous tenir compagnie et chasser les rats, et le soir depuis le seuil de la porte, en regardant vers l'ouest, nous distinguions une lueur diffuse au loin. C'est là, nous avaient dit nos maris, que vivaient les gens. Et nous comprenions que jamais nous n'aurions dû partir de chez nous.

Le procédé répétitif finit, touche par touche (leurs maris, leurs travaux, leurs enfants, ...) par composer une sorte de tableau impressionniste qui très habilement, donne la vision d'ensemble de la vie de ces jeunes femmes perdues dans les profondeurs de la Grande Amérique naissante. 

Non contente de ce coup de maître, Julie Otsuka clôt son bouquin par un dernier chapitre très émouvant dont on vous laisse découvrir le procédé en contre-chant : avec la déportation dans les camps US du middle-west, il suffira de quelques saisons pour que ces japonaises soient oubliées, parties aussi discrètement qu'elles étaient arrivées.

Seule Julie Otsuka poursuit son travail de mémoire au rythme (trop lent à notre goût) d'un excellent bouquin tous les dix ans.


Pour celles et ceux qui aiment les immigrants.
Phébus édite ces 142 pages qui datent de 2011 en VO et qui sont [brillamment] traduites de l'américain par Carine Chichereau.

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28 janvier 2013 1 28 /01 /janvier /2013 09:37

L'argent ne fait pas le bonheur.

Disons le tout de go, on est bien loin du livre de l'année que pourraient laisser accroire certains blogs et revues. La liste de mes envies frise l'engouement médiatique surfait.
On songe inévitablement à Muriel Barbery mais la prose (sagement écrite) de Grégoire Delacourt est heureusement moins affectée, en tout cas pas suffisamment pour nous hérisser et ça se laisse donc lire sans déplaisir aucun.
Malgré une histoire convenue où la petite mercière d'Arras (c'est où déjà ?), qui tient quand même un blog pour faire branché et qui pourrait bien être une lointaine cousine de province de la concierge du Hérisson déjà cité, gagne au loto ... bof.
Alors elle commence la liste des envies qu'elle pourrait bien satisfaire avec le gros lot. Re-bof.
L'argent ne fait pas le bonheur (tiens donc) et l'amour n'a pas de prix (re-tiens donc).
Allez, l'histoire on s'en fout, les coquetteries bobo-intello de l'auteur on s'en fout, la vague médiatique sur laquelle surfe ce bouquin on s'en fout.
Reste que Grégoire Delacourt sait écrire et nous raconter une histoire. Et on souhaite vivement qu'avec ce premier succès il prenne un peu de recul et nous sorte vraiment un excellent roman, moins appliqué, moins sérieux, comme s'il avait osé vraiment (par exemple) tirer tout le profit des deux jumelles voisines, celles du salon de beauté juste à côté de la mercerie.
[...] Je suis heureuse avec Jo. Parfois, après avoir mangé, il me pince la joue en disant t'es gentille toi Jo, t'es une bonne petite. Je sais. Ça peut vous sembler un brin machiste, mais ça vient de son coeur. Il est comme ça, Jo. La finesse, la légèreté, la subtilité des mots, il ne connaît pas bien. Il n'a pas lu beaucoup de livres; il préfère les résumés aux raisonnements; les images aux légendes. Il amait bien les épisodes de Colombo parce que dès le début, on connaissait l'assassin.
Moi les mots, j'aime bien. J'aime bien les phrases longues, les soupirs qui s'éternisent. J'aime bien quand les mots cachent parfois ce qu'ils disent; ou le disent d'une manière nouvelle.
Alors oui, vous aurez deviné que Grégoire Delacourt connaît la subtilité des mots, qu'il a lu beaucoup de livres et pas qu'avec des images, qu'il aime les phrases courtes mais seulement quand elles sont bien tournées.
Quelques pages savamment écrites qui savent profiter des modes littéraires et un petit bouquin très agréable à lire, sans prise de tête : juste le plaisir de lire, pour tous.

Pour celles et ceux qui aiment les mercières.
Ces186 pages sont parues en 2012 chez JC. Lattès.
D'autres avis sur Babelio.
 
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14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 07:55

Cold case réchauffé.

On avait découvert le danois Jussi Adler Olsen avec le premier épisode : Miséricorde.
On a sauté le n° 2 (Profanation) et voici que Babelio et Albin Michel nous proposent aimablement le troisième de la série : Délivrance.
Polar noir
La recette est la même et l'effet de découverte ne joue plus.
J.A. Olsen reprend les mêmes ingrédients et nous ressert le même plat : une vieille histoire qui date de plusieurs années et qui ne semble toujours pas terminée(1), pendant que le tandem composé de Carl Mørck et de son assistant syrien traîne toujours dans les sous-sols de l'hôtel de police et tente de classer les vieux dossiers.
J.A. Olsen en rajoute même encore une louche avec une punkette façon Lisbeth(2) : ça avait super bien marché chez son voisin suédois, alors pourquoi ne pas reprendre le même ingrédient ?
Bref, l'auteur a gentiment pris tout ce qui traînait dans son frigo et même dans celui du voisin pour faire sa tambouille.
Mais le chef ne semble guère inspiré cette fois-ci : Carl Mørck semble s'ennuyer à mourir et nous avec, les épices qu'apportait l'amusante relation avec le syrien Hafaz-el-Assad sont éventés et l'auteur ne semble pas trop savoir à quelle sauce accommoder sa punkette (vous verrez pourquoi, on ne vous dit rien, juré).
Reste que ce genre de plat se mange sans faim et qu'on peut en profiter pour s'aventurer encore un peu plus dans le monde fanatique des sectes religieuses de ces pays nordiques qu'on connait si mal : c'est visiblement un thème récurrent de tous ces polars suédois ou norvégiens et donc ici danois.
Mais on est habituellement beaucoup plus exigeants avec les auteurs américains et français : ce nouvel épisode est donc à réserver à celles et ceux qui sont devenus fans de la série. Les autres pourront se contenter du premier opus.
   
(1) - cette fois, c'est un vieux message qui réapparait dans une bouteille à la mer alors qu'un tueur en série rôde toujours ...
(2) - visiblement apparue dans l'épisode n° 2 (Profanation), qu'on n'a pas lu

Pour celles et ceux qui aiment les tueurs en série danois.
Ces 672 pages parues chez Albin Michel sont traduites du danois par Monique Christiansen.
D'autres avis sur Babelio.
 
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On A Tout Rangé