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À force de fréquenter les forêts profondes de l'univers animé de Miyazaki, certains avaient peut-être oublié que le Japon est, tout autant qu'un pays montagneux, un pays maritime, un pays de pêcheurs et Ponyo sur la falaise nous rappelle fort justement que ce pays est d'abord une île.
Pour ce dernier dessin animé des studios Ghibli qui ont littéralement enchanté les écrans ces dernières années, Miyazaki et ses équipes ont voulu rompre avec une success story qui était peut-être devenue une ornière : quittant les rivages des ordinateurs et du numérique, nous retrouvons ici le berceau des origines du dessin peint "à la main", dans un style qui rappelle les
livres illustrés pour les enfants.
Ne vous y fiez pas, pas plus qu'à la promotion occidentale de ce dessin animé qui met en avant l'adaptation de La petite Sirène et qui semble viser un public en bas âge, à l'instar du poisson Nemo et autres Disniaiseries : ne manquez pas ce film (bien sûr en VO, c'est délicieux) car c'est sans doute l'un des meilleurs Miyazaki.
Si le souffle épique de Mononoké n'est plus tout à fait là (quoiqu'on a quand même droit à une belle chevauchée des Walkyries), on retrouve bien sûr tout ce qui fait l'imaginaire un peu trouble de Miyazaki : la mer a remplacé la forêt, les poissons ondulants des profondeurs ont remplacé les créatures ondulantes de la montagne, mais tout y est.
L'intervention et la pollution humaines viennent toujours troubler une nature partagée entre colères cataclysmiques et bienfaits apaisants et l'homme (ici, le magicien Fujimoto, une sorte de Capitaine Nemo nippon) a toujours autant de mal à maîtriser ses pouvoirs.
Et Miyazaki continue d'explorer ce qui se cache sous la surface des choses, et ici sous la surface de l'eau.
Au-delà (ou plutôt : en-deçà) du fantastique foisonnant de Myazaki, Ponyo c'est aussi un instantané de la vie quotidienne au Japon : et rien que pour cela, le film vaut le voyage.