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Nos coups de coeur : cinoche, bouquins, pestacles, bd, miousik, et d'autres encore. Livres, cinema, musique, spectacles, BD.

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Bouquin : le dernier souper

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Tourments d'un catholique au Japon

Des trois nouvelles de Shûsaku Endo qui composent ce petit recueil d'une centaine de pages, seule la dernière, éponyme, Le dernier souper mérite vraiment le détour.
Les deux premières évoquent les tourments de la foi catholique dans ce Japon où les chrétiens n'étaient pas toujours bien vus, particulièrement pendant les années sombres du nationalisme nippon.
Ce qui donne quelques pages au charme exotique délicieusement inversé pour notre regard occidental.
[...] La guerre avait déjà éclaté en Chine mais la situation n'était pas encore trop tendue pour les catholiques japonais. Ils pouvaient faire sonner bruyamment les cloches, toute la nuit de Noël et le jour de Pâques. L'entrée de l'église était décorée de fleurs, et nous n'étions pas peu fiers quand les gamins du quartier regardaient avec envie les fillettes, la tête couverte d'un voile blanc comme les jeunes filles étrangères.
Mais c'est donc la troisième nouvelle qui mérite surtout d'y investir 2 euros (oui, c'est le prix du bouquin !).
Une nouvelle très "japonaise" où il est question des souffrances d'un homme hanté par un terrible souvenir de guerre.
[...] Bientôt, on remarqua que certains membres d'un bataillon qui s'était joint à eux, en cours de chemin, mangeaient en cachette de la nourriture. Ils leur racontaient qu'il s'agissait de viande de lézard séchée, alors qu'il n'était pas si aisé d'attraper ces animaux. Tsukada et Minamikawa se doutaient vaguement de quoi il retournait, cependant ils craignaient de l'avouer à voix haute car la guerre avait déjà fortement ébranlé les nerfs de tout le monde.
Voilà bien un extrait pour vous mettre ... l'eau à la bouche !
Mais en réalité, cet événement dramatique n'est encore, pour Shûsaku Endo, qu'un prétexte pour exorciser ses démons : péché, rachat, souffrance, ...
Décidément, cet auteur aura été fortement marqué par son éducation catholique.

In folio en parlait ici et d'autres sur Agora.
Sur le même thème, voir un autre auteur, Shohei Ooka, chez Noir & Bleu.
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B
Je devrais pas dire ça mais j'en ai l'eau à la bouche...Il est vrai que le cannibalisme dans notre société est totalement taboo. Il n'existe pas et n'a jamais existé même en temps de guerre. Alors, pourquoi seule la littérature japonaise en parle? Est-elle moins frileuse ? Ose-t-elle plus affronter ses démons ? Le cannibalisme a t'il totalement disparu avec l'avênement de notre société civilisé ? Mais quand on est en guerre, peut-on dire qu'on est encore civilisé ? J'avoue que ce sujet m'interroge pas mal et je crains ne pas pouvoir trouver de réponse tant que je ne serais pas dans un tel état de souffrance et d'isolement que pouvaient l'être ces soldats dans la jungle philippine, par exemple...
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B
Effectivement, l'absence de parole ou d'écriture sur le cannibalisme dans nos sociétés occidentales est étrange. Du coup on s'empare avidement des excès de nos amis nippons, dont l'exotisme a bon dos : le livre dont il est question ici, le livre que tu as lu, black, les faits divers qui émaillent l'actualité de temps à autre, ... De ce côté-ci peu de bruit, à part peut-être la saga d'Hannibal Lecter ... Peut-être est-ce dû à notre passé colonial (mais les japonais ont le leur) qui nous fait voir les sauvages comme d'affreux mangeurs d'homme (voir le bouquin de Daeninckx dont on parlait il y a peu). Il faut remercier les japonais de nous permettre de temps à autre d'ouvrir les yeux.
I
Lu tout drenièrement. Je n'ai pas encore rédigé ma note de lecture, je me dépèche donc de fermer les yeux pour ne pas être influencée par la votre :)
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