
Il est peut-être un peu tôt mais c'est quand même de bon augure pour la saison théâtre 2007/2008 : notre cantine culturelle
Le Lucernaire présente
Des souris et des hommes jusqu'au 18 septembre.
Une adaptation du roman de
Steinbeck.

Deux acteurs et trois personnages, une mise en scène astucieuse et un décor qui, à partir de trois bouts de planches, nous emmène d'un clin d'oeil au far-west.
À croire que toute notre enfance s'est déroulée là-bas (ou bien est-ce parce qu'elle a été bercée de westerns à la télé ?!).
Toutefois Steinbeck ne s'intéresse pas au far-west des indiens et des cow-boys Marlboro, mais plutôt à celui des fermiers, des bouseux, aux lendemains douloureux de la crise de 1929.
De son roman sont sortis deux journaliers : Lennie, le grand costaud un peu débile qui ne mesure pas sa force et qui a le don de s'attirer les pires emmerdes, et George son acolyte et protecteur, pas toujours ravi de tirer ce boulet mais qui serait, à coup sûr, encore plus malheureux sans lui.
Tous deux promènent leur misère humaine et pécunière à la recherche de petits boulots, de ranch en ranch, en rêvant d'un avenir meilleur mais lointain.
Dès le début de la pièce, on mesure la tension qui s'installe et qui ira crescendo : on sent le drame inévitable.
Le bouquin de Steinbeck est maintenant loin dans nos mémoires (peut-être l'occasion de le (re)découvrir ?) et l'atmosphère tendue nous rappelle plutôt les romans de
Thomas Savage dont on parlait l'été passé.
Un texte irréprochable et une belle performance des deux acteurs (avec une mention spéciale pour "Lennie", Patrice Bornand) qui nous racontent une très belle histoire, forte, une histoire d'amitié entre deux hommes, emplie d'humanité.
Nos meilleurs sites "théâtre" en parlent ici et là.