
Situé sur une jolie placette de Montmartre, le
théâtre de l'Atelier joue les prolongations de
Confidences trop intimes.
On avait un très bon souvenir de l'histoire au
cinoche avec F. Luchini et S. Bonnaire : une jeune femme en rupture de couple se trompe de porte et croyant se confier à un psy raconte son mal de vivre à un conseiller fiscal, confiné dans la profession et l'appartement de son père. Ce quasi vieux garçon, timide et coincé, est bien en mal d'ouvrir la bouche pour lui parler et se trouve donc contraint de lui prêter son oreille. On comprend vite que le plus "psycho" des deux n'est donc pas celui qui le parait.
Nous avons vu la reprise de la pièce avec Christophe Malavoy (le fiscaliste) et Florence Darel (la jeune femme). Mais paradoxalement, ce sont leurs faire-valoir (le vrai psy d'en face et l'ex du fiscaliste) qui créent une réelle présence sur scène et font valoir leur jeu : on a trouvé Malavoy et Darel un peu fades, mais peut-être n'avaient-ils pas encore eu le temps de s'approprier leurs rôles, précédemment tenus par J. Gamblin et M. Doutey, ce qui fait que le spectacle manque d'un petit grain de sel ou de folie.
Il en reste le plaisir de découvrir ce scénario mis en scène au théâtre : c'est plutôt rare et ici, plutôt réussi, avec une mise en scène astucieuse et des effets de fondus-enchaînés "très cinéma".
On a également tout le loisir d'apprécier un excellent texte récent, ciselé tout en finesse, et là encore ce n'est pas toujours le cas dans le théâtre contemporain.