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On A Tout Archivé

24 juillet 2010 6 24 /07 /juillet /2010 20:31


  Humour anglais, vachard ... 

Le film de Stephen Frears est une adaptation ciné du roman graphique (mi-BD, mi-roman) de Posy Simmonds, lui-même pastiche d'un roman anglais classique de Thomas Hardy qui aura donné un premier film dans les années 60 ...

C'est dire la hauteur du second degré !

Le film de J. Schlesinger

L'un des personnages écrit même un essai sur ... Thomas Hardy !

Mais nul n'est besoin d'être diplômé en littérature anglaise ou en cinéma pour apprécier gentiment ce cow of village (ben oui : vaudeville en VO, isn'it ?).

Car il sera bien question de vaches et de village.

Un village de la campagne anglaise, Ewedown, un trou du cul du monde mais un trou du cul parfumé au Darjeeling et aux roses Liberty. Un petit village où tout le monde s'épie, forcément. 

Un village où Beth (excellente Tamsin Greig, venue de la télé british) tient une maison d'hôte spécialisée dans les écrivains en mal d'inspiration.

Tamara revient au village, telle l'enfant prodigue. Elle s'est fait refaire le nez, qu'elle avait apparemment très vilain dans sa prime jeunesse.

Elle s'est surtout fait raccourcir le short et elle tourne la tête (pour ne pas dire autre chose) de tous les mâles du petit village d'Ewedown.

Ambiance à la Agatha Christie et petits marivaudages entre amis. Entre amis anglais.

Il y a bien un écrivain américain dans le lot mais même les vaches l'ont reconnu comme tel.

Ça se corse quand deux ados en mal de people et de sexe, se mettent à envoyer mails et photos qu'il ne faut pas à qui il ne faut pas. http://carnot69.free.fr/images/jessica-barden.jpg

Et là franchement, le film gentillet mais sans plus, vaut le détour pour Jessica Barden, la jeune actrice qui incarne Jody, la collégienne en fleurs. Quel sacré numéro ! 

C'est elle qui porte le film (elle le termine en beauté d'ailleurs) et elle qui ravit la vedette à toute la pléïade d'acteurs, pourtant plutôt bons. Retenez son nom : la demoiselle (elle a 18 ans) est promise à une belle carrière ! 

On aurait aimé que le film s'étire un peu moins en longueurs explicatives (ah, la langueur de la campagne anglaise, maybe ?) et que la boîte de Toffees anglais comporte un peu plus de bonbons parfumés au poivre et à ce non-sense, so british.


Pour celles et ceux qui aiment les maisons de campagne.

Yspaddaden parle du roman graphique de Posy Simmonds. Nolan et Boustoune ou Froggy parlent du film de Stephen Frears.


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5 juillet 2010 1 05 /07 /juillet /2010 07:00

La RTBF en parle


  Justice devait être rendue ... 

Après Révélation et Eyes of war, voici encore un film qui passerait presque inaperçu et qui pourtant mérite vraiment le détour par les salles obscures (et climatisées).

Dans ses yeux, de l'argentin Juan José Campanella avait obtenu l'Oscar du meilleur film étranger. Et c'était mérité.

De nos jours, un juge argentin à la retraite entreprend d'écrire un bouquin : une histoire (et même plusieurs) l'obsède(nt). Depuis vingt-cinq ans.

Comme il ne sait trop par où comment commencer son roman, on a même droit à plusieurs débuts pour le film, histoire de planter le décor de ces histoires qui vont s'entrecroiser ...

Vingt-cinq ans plus tôt, dans les années 75, on est en pleine dictature argentine.

Une jeune et jolie institutrice est violée et assassinée.

Notre juge écrivain, Benjamin Esposito, est chargé de l'enquête. Après quelques errements, le coupable est arrêté.

L'administration dictatoriale préfère le relâcher en échange de quelques dénonciations de peronistes.

Vingt-cinq ans après, le coupable court toujours et la justice n'a toujours pas été rendue.

Mais, durant cette sombre période de l'histoire argentine, il était rare qu'elle le soit ...

Raconté comme cela, on croit avoir affaire à un polar de plus, un bon polar certes, mais un de plus.

Mais ce résumé ne rend pas justice non plus à ce très très beau film qui vaut avant tout par les portraits de quelques très beaux personnages (et donc quelques très bons acteurs) :

Pablo Rago est le mari inconsolable de la jeune et jolie institutrice, qui n'aura de cesse d'obtenir justice, quitte à faire le guet dans chacune des gares de Buenos Aires, chacune un jour différent, pour y repérer le meurtrier qui finira bien par passer.

Guillermo Francella est l'adjoint de notre juge-écrivain, un buveur notoire mais cet acolyte alcoolique reste surtout imbibé d'humanité ce qui nous donne quelques passages comiques (ses engueulades politiques dans son troquet de prédilection, ses impayables décrochés de téléphone au bureau, ...) et un autre épisode beaucoup plus tragique, mais chut !

La belle Soledad Villamil est Irene, la juge en chef dont dépendait à l'époque Benjamin Esposito. Née de grande famille, diplômée de grande université, elle semble inaccessible.

Ricardo Darin enfin, est Benjamin le juge écrivain.

Le film prend son temps pour installer et développer ces quatre-là qui vont s'entrecroiser pendant vingt-cinq ans pour notre plus grand plaisir.

Si Benjamin Esposito est obsédé par le criminel en fuite, il l'est encore plus par son histoire d'amour non dit avec la belle Irene. Et peu à peu, la fiction policière cède le pas à une très belle histoire d'amour ... qui n'a pas eu lieu.

Même verdict donc, côté justice et côté amour : non lieu.

Polar, comédie, romance, passé historique de l'Argentine, ... que demander de plus à ce film remarquablement construit et soigneusement équilibré ?

Un film sur les regards : en VO, El secreto de sus ojos, adapté d'un roman d'Eduardo Sacheri : La Pregunta de sus ojos (la question de/dans ses yeux).

Un film sur les souvenirs : on en a peu, alors autant conserver les bons. Le juge écrivain n'était évidemment pas de toutes les scènes, parfois il imagine.

Un film sur le passé : à trop vouloir y retourner, on finit par ne plus avoir d'avenir.

Un film sur la justice, on l'a dit, il faut qu'elle soit rendue : que les histoires (d'amour ou de meurtre) aient leur fin. Et vous ne serez pas déçus.

Un de nos gros coups de coeur en cette saison sèche côté cinéma.

Un très beau film : ne passez pas à côté !


Pour celles et ceux qui aiment les histoires d'amour.

La RTBF en parle. Choupynette et PL aussi. Dasola, Pascale, Rob également.

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3 juillet 2010 6 03 /07 /juillet /2010 17:22

Pascale en parle


  The little monty ... 

Malgré la superbe victoire du Ghana hier soir sur les Uruguayens(1) la Coupe de foot est toujours pas finie et la production cinéma tourne au ralenti.

Comme les salles sont toujours bien climatisées, on a voulu essayer de partir en Tournée avec Mathieu Amalric.

Un film primé à Cannes et encensé par tous (enfin, surtout les collègues du show-biz).

L'idée de départ est plutôt séduisante (et c'est bien le mot) : un producteur frenchy exilé aux States, tendance loser, incarné par M. Amalric himself, fait son come-back en France accompagné d'une troupe de stripteaseuses burlesques et américaines.

Ils entament une tournée dans la France profonde : enfin, le bord de la France profonde, Le Havre, La Rochelle, Toulon, ... bref, le tour des ports puisqu'on devine que Mathieu Amalric porte en son coeur meutri des plaies et des secrets qui le font hésiter à rentrer vraiment au coeur de son pays natal.

En fait de terribles blessures non dites, on comprend peu à peu qu'il ne s'agit que d'anciennes rivalités d'égos parisiens(2) sur-dimensionnés dont on se fout éperdument (le producteur de la tournée fut homme de télévision avant de s'exiler aux States). Ouf, rien de grave, on a eu peur d'avoir affaire à une vraie histoire.

Il est finalement bien dommage que le film soit gâché par ces à-côtés, car il recèle vraiment quelques pépites.

À commencer par les dames de la troupe : Mimi Le Meaux, Dirty Martini (ce ne sont pas ses parents qui l'ont baptisée ainsi, dit-elle, ouf !), Evie Lovelle, Kitten on the keys, Julie Atlas Muz, Roky Roulette, ... ça ne s'invente pas !

Mathieu Amalric est accro aux blondes : il fume tout ce qu'il trouve et il aime ses drôles de dames aux grosses fesses et aux gros seins (surtout aux gros seins). Les quelques numéros de strip burlesque auxquels il nous est donné d'assister depuis les coulisses sont superbes. Ces dames dégagent une sacrée énergie et une sacrée envie de vivre, même si elles sont loin de chez elles, même si elles ont des coups de blues, même si elles ont travaillé dur pour parvenir à aimer leur propre corps (car c'est un peu de cela qu'il est question).

Reconnaissons à Mathieu Amalric le don de savoir filmer les femmes, celles au corps vrai, pas les bimbos relookées pour le cinoche et les magazines.

En marge de la tournée, Amalric nous donne aussi quelques scènes absolument superbes : l'ébauche de romance à la station-service avec la caissière dans sa cabine (heureusement il y a la vitre, dit Mathieu ...), une autre caissière (décidément) dans un supermarché, encore émue par le show qu'elle a vu la veille, ... Quelques pépites, on vous dit.

Malheureusement noyées dans un fourre-tout plombé par l'histoire "perso" du producteur de télé parisien.

On aurait aimé que le film se concentre sur les magnifiques portraits de ces personnages en tournée (les femmes bien sûr, mais aussi un stripteaseur, et puis le petit jeunot homme à tout faire, ...), errant d'hôtel de province en salle de province(3).

On aurait aimé le film de Amalric mais sans Amalric, qui prend décidément trop de place sur la scène de son show, surtout quand on le voit affublé d'un frangin et même de gamins, tous aussi peu crédibles.

BMR a quand même repéré quelques trésors, mais MAM s'est profondément ennuyée parce que quelques belles scènes ne suffisent pas à faire un bon film.

Histoire de vous gâcher définitivement la séance, sachez que le producteur finira bien par coucher avec l'artiste qu'il reluque depuis le début. Oui. Ça traîne, ça traîne, mais ils y arrivent enfin, un peu avant la fin du film.

Ne tenant plus, MAM est allée aux toilettes juste à ce moment là (4) ! Ça lui apprendra.
Finalement, Mathieu l'écorché trouvera sa vraie famille avec ses drôles de dames : the show must go on ...

Tiens donc, voilà une morale à laquelle on ne s'attendait vraiment pas.

__________________

(1) : comment ça ils ont pas gagné ? match nul ? ! mais alors c'était quoi tous ces hurlements des blacks dans le quartier ?

(2) : voyez : des fois, on est réalistes, si, si.

(3) : ah, ça y'est, ça nous reprend : voir (2). Chassez le naturel ...

(4) : véridique et authentique, ce blog est uniquement basé sur des histoires vraies.


Pour celles et ceux qui aiment les gros seins.

Publikart en parle. Pascale également.

L'article de Wiki sur le New Burlesque.

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22 juin 2010 2 22 /06 /juin /2010 06:01

Allociné


  Le choc des photos ... 

Excellent ! Certainement "LE" film de cette coupe du monde.

À voir absolument alors que ce film pourrait presque passer inaperçu un peu comme la Révélation dont on avait fait la promotion ici il y a 3 mois.

On était partis sans grande conviction (mais sans a priori non plus) pour ces Eyes of war(1) et on s'est pris une bonne secousse. Un film qui vous remue les tripes.

Bien sûr, quelques critiques ont beau jeu de pointer une certaine complaisance pour le côté sordide de quelques images de guerre : mais (outre le fait que c'est quand même le sujet du film) il faut bien cela pour nous sortir de notre torpeur habituée aux images d'horreur formatée qui défilent en boucle au JT tous les soirs.

En salle, le film du bosniaque Danis Tanovic s'avère étonnant de maîtrise : tout y est justement construit et mesuré. Les images de guerre, les errements hagards de Colin Farrell (juste parfait), les dialogues intelligents avec le psy (surprenant Christopher Lee !) , rien de trop ...

Avec en prime une très belle galerie de "seconds rôles" comme on dit, qui profitent du désarroi de Colin Farrell qui a le bon goût de ne pas prendre toute la place.

Deux reporters photographes irlandais (Colin Farrell et son pote David) s'en vont à la recherche du shot du siècle au Kurdistan (pays en guerre, comme depuis toujours, cette fois contre les irakiens).

Ils y rencontrent un toubib kurde dans un hôpital de fortune(2), un médecin qui passe autant de temps à stériliser son scalpel qu'à graisser son pistolet.

Lorsqu'un nouveau convoi de trop nombreux blessés arrive, le doc (Branko Djuric : un film à lui tout seul) distribue après un rapide examen, des étiquettes bleues et jaunes. Les blessés aux étiquettes jaunes seront sauvés par son scalpel. Ceux aux étiquettes bleues seront sauvés par son pistolet. Le poids des mots ...

De ce reportage photo, Colin Farrell reviendra au pays seul, sans son pote David, ... traumatisé physiquement et surtout psychiquement par un drame que l'on devine à demi-mots.

Le grand-père de sa brune(3) entreprend, à la demande de sa petite-fille, d'extirper de la cervelle de Colin Farrell ses maux et ses mots ... Le vieux monsieur s'y connait : il a déjà exercé sa médecine de l'âme sur les généraux et colonels de l'armée franquiste et dieu sait qu'ils en avaient gros sur la patate.

Elena, la brune de Colin Farrell : Do you think you can help him ?

Le grand-père, Christopher Lee : Yes. Of course I can help him. I can help anyone.

Un film très fort sur ces photographes de guerre écartelés entre un monde d'horreur et un monde "normal", notre monde, un monde auquel ils sont devenus étrangers.

Un film sur la photo et ce qu'elle implique, ou ceux qu'elle implique comme il serait plus juste de le dire.

Un film intelligent sur la nécessité de dire ce qui a été et où l'on reboucle donc sur les échos qu'avaient laissés la Révélation.

Un film sur les dommages collatéraux et les absurdités de la guerre qui se termine sur cette belle phrase de Platon(4) : seuls les morts ont vu la fin de la guerre.

__________________

(1) : le titre original est Triage

(2) : là-bas, en kurde, "de fortune" veut dire sans eau courante et sans médicaments

(3) : Paz Vega, une belle brune espagnole, façon Penelope Cruz

(4) : en réalité faussement attribuée à Platon par le général Mac Arthur (mais on s'en fout)


Pour celles et ceux qui aiment les journalistes et les reporters.

Excessif en parle.

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21 juin 2010 1 21 /06 /juin /2010 06:09
Le site officiel

La magie du cinéma.

Après les fameuses Triplettes de Belleville, Sylvain Chomet reprend crayons et pinceaux pour un nouveau tour de passe-passe : L'illusionniste.

Hommage mélancolique et appuyé à Jacques Tatischeff himself, auteur du scénario original jamais sorti en film, le dessin animé de Sylvain Chomet est délicieux de nostalgie.

Hommage aux magiciens et artistes en fin de carrière d'un music-hall passé de mode, à une époque (le début des années 60) où le monde découvrait le rock anglais, les juke-box et les premières télés.

Notre illusionniste, croisement réussi entre Mr. Hulot (pas Nicolas, l'autre) et Jacques Tati (célèbre jusque dans les milieux de la mode pour avoir inventé le pantacourt) , s'en va jusqu'au fin fond de l'Écosse pour pouvoir jouer quelques derniers tours et arrive encore à émerveiller une jeune fille perdue en ce trou paumé.

Tous deux rejoignent Édimbourg. L'illusionniste y retrouve quelques collègues (acrobates, ventriloques, ...) dont la carrière sombre tout comme la sienne, la jeune fille y trouvera ...ah, ça vous le saurez seulement en allant voir ce beau dessin animé.

Tout cela est bourré de références aux années 60 en général et à Jacques Tati en particulier.

On a beaucoup aimé le zeste de non-sense qui pimente l'arrivée en Grande-Bretagne jusque dans les Highlands et le début de la relation un peu trouble entre la jeune fille écossaise et son espèce d'oncle magicien.

On a moins aimé le sérieux qui entoure l'épisode Édimbourg : Sylvain Chomet s'y montre trop appliqué.

Mais tous les dessins, on dirait des aquarelles, sont superbes.


Pour celles et ceux qui aiment les lapins qui sortent des chapeaux.
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7 juin 2010 1 07 /06 /juin /2010 09:06

La Scie en parle (un peu)


Je t'aime, moi non plus.   


Plusieurs semaines sans cinoche (TGV, boulot, dodo), blog au ralenti, un peu déconnectés de l'actu culturelle ... que voir ce week-end ?
Allez, ce sera Sweet Valentine, le film d'Emma Luchini, la fille de son père.
Une sorte de road-movie décalé et déjanté, à la française.
L'histoire également d'un couple impossible, façon je t'aime, moi non plus.
Côté garçon : Vincent Elbaz parfait en petit malfrat maniaco-obsessionnel, impeccable jusqu'au bout des ongles, fourvoyé dans une impasse avec un ou deux cadavres sur les bras alors qu'il doit 80.000 euros à un gang polonais.
Notre petit voyou irrascible est contrarié : il n'a pas un sou en poche, il ne parle pas polonais et il n'a même pas son permis de conduire !
Côté fille : ah, côté fille ... Vanessa David en godiche de service, teinte en blonde pour faire plus quiche ou plus kitsch, c'est comme on veut. Sauf que la blonde, elle parle polonais et elle a le permis (et une ... 4L !).
Les voilà donc on the road, partis commettre quelques extorsions de fonds pour financer l'improbable trafic polonais, à la rencontre de personnages divers complètement déjantés : un fils belge d'Ayrton Senna, un clown de cirque qui refuse de faire la parade, de gays brésiliens, ... Une galerie de seconds rôles impayables.
Mais le clou du spectacle, c'est incontestablement la fille, Vanessa David. En blonde ou en brune, elle ne compte pas pour des prunes et porte le film sur ses jolies épaules : un sourire à réchauffer un couple de pédés ou à illuminer un chapiteau de cirque moribond.
Elle prie (beaucoup), elle couche (pas mal aussi), sauf avec Vincent Elbaz qui n'en peut plus de la traîner accrochée à ses basques. Sauf qu'elle a le permis et qu'elle parle polonais, alors ...
Vanessa David traverse le film comme un ange (on a dit qu'elle priait beaucoup et qu'elle ne dédaignait pas faire le bien autour d'elle), comme l'ange gardien un peu trop collant de Vincent Elbaz qui ne sait pas comment s'en débarrasser (ou qui ne veut pas, tout le monde avait compris).
Ce couple impossible est le refrain du film jusqu'à la très belle scène finale qui ne déçoit pas !
Malheureusement ce n'est encore que le premier film d'Emma Luchini et il n'est pas exempt de défauts : ça traîne un peu. C'est monté comme un beau livre d'images (de belles images), avec de petits tableaux (de beaux tableaux avec de beaux personnages), mais ça manque de rythme filmique ou de fluidité scénaristique. Dommage.
Il reste que c'est l'occasion de découvrir Vanessa David, sans doute LA future star de notre cinéma français.
Non contente d'avoir participé à l'écriture du film aux côtés d'Emma Luchini, elle crève l'écran.
Notre coup de coeur sera donc pour elle.

Pour celles et ceux qui aiment les histoires d'amour.
Elodie en parle.
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9 mai 2010 7 09 /05 /mai /2010 14:55

L'article du Monde


Lola Sepa et Lola Puring font du canot.   

Ah : Lola, voici encore un titre(1) qui, en français, pourrait en faire fuir plus d'un.

Mais les deux héroïnes de Lola n'ont rien de Lolitas : Lola signifie Mamie, Grand-Mère, en tagalog (non, je ne suis pas dyslexique : le tagalog est la langue des Philippines).

Brillante Mendoza a tourné son film à Manille en pleine saison des pluies là où les habitants de la banlieue inondée de Malabon, quartier d'Ilog, vivent les pieds dans l'eau les trois quarts de l'année(2) ...

Lola Sepa cherche de l'argent pour enterrer dignement son petit-fils, poignardé pour son portable.

Loal Puring cherche de l'argent pour sortir son petit-fils de la prison où il est incarcéré après avoir poignardé ... le petit-fils de Lola Sepa.

Leur quête mène les deux Lolas de voisin en cousin ou en bureau d'aide sociale ...rien ne les arrête, ni l'adversité, ni l'administration, ni la maladie, ni les rhumatismes, ni le vent, ni la pluie ... les Lolas des Philippines sont capables d'allumer quelques cierges en plein orage sous un vieux parapluie retourné (les premières images du film qui donnent le ton).

C'est un véritable documentaire sur la vie des petites gens de Manille(3) aux prénoms anglo-saxons ronflants.

L'argent est au coeur du film, au coeur de chaque image ou presque : les trop rares pesos passent de main en main, sans cesse ...

Trop documentaire selon MAM : manque de rythme "filmique" ...

BMR, plus contemplatif ce soir-là, s'est laissé porté au fil des canaux et des rues par cette histoire avare de mots et d'effets, ni drôle, ni vraiment triste.

Un beau livre d'images très très dépaysant, un voyage dans ce pays où chacun est plein de respect et d'attention pour les ainé(e)s et les Lolas.

Un film très féminin également où les hommes semblent au mieux partis travailler au loin et au pire guère capables de grand chose : les Lolas portent seules la charge des filles et des petits-enfants.

Quelques scènes magiques et presque surréalistes (un peu rares, il est vrai) comme la procession funéraire dans les faubourgs inondés ou encore la chasse aux canards dans les rizières ...

Et bien sûr, deux Lolas qui valent le voyage à elles seules : Lola Sepa, c'est Anita Linda et Rustica Carpio est Lola Puring.

http://carnot69.free.fr/images/lola3.jpg

___________
(1) : après La révélation par exemple.

(2) : un quartier où c'est la fête quand on peut attraper quelques poissons dans son sous-sol ... qui sait, peut-être un aperçu de ce qui nous attend après deux ou trois crises financières et réchauffements planétaires ?

(3) : le film est parait-il tourné avec les gens du cru comme figurants, jusqu'aux vrais prisonniers dans la prison ...


Pour celles et ceux qui aiment les aînées.

Le Monde en parle. Critikat aussi.

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3 mai 2010 1 03 /05 /mai /2010 06:10

Wikipedia


La fiancée de Dracula.   

La Comtesse a l'annonce d'un film de vampires, la couleur rouge sang d'un film de vampires, mais ce n'est pas un film de vampires.

Julie Delpy (scénariste, réalisatrice et actrice) tire profit d'une matière riche, à mi-chemin entre vérité historique et légende.         

[Attention, on dévoile ici beaucoup de choses]

Voici l'histoire de la Comtesse Erzébet Báthory(1), noble de grande lignée hongroise, qui, après avoir perdu son mari à la guerre contre les turcs, se retrouve à la tête d'une grande fortune, d'une grande armée et d'un grand château, le château de Čachtice, aux confins de l'actuelle Slovaquie.

Une dame puissante qui était même devenue la créancière du roi ...

Mais si Nefertiti prisait gentiment les bains de lait d'ânesse, la Comtesse était malheureusement connue pour être friande de bains de sang. Le sang de jeunes vierges de préférence, c'est mieux pour rajeunir la peau et garder un teint frais, tous les magazines féminins vous le diront. Mais c'est moins drôle pour les habitant(e)s de la région.

Les plus vieux sages d'entre nous se souviennent peut-être de l'un des contes immoraux que Walerian Borowczyk avait tiré de cette histoire et dont on garde encore les images en tête.

Pour ce qui est du bain de sang, les hommes ne sont pas en reste : mais c'est officiellement organisé et ça s'appelle la guerre contre les turcs (à l'époque).

La Comtesse finira mal, emmurée vivante dans une chambre de son château, après un simulacre de procès où, sous prétexte de lui éviter le déshonneur lié à l'accusation de sorcellerie, on marchandera ses biens, sa fortune et son héritage ...

Au passage, les dettes du roi seront apurées : officiellement Erzébet Báthory aura perdu la raison ... au profit de celle de l'état.

Voilà pour le fond historique auquel Julie Delpy reste très très fidèle : le comte Thurzó, le pasteur dénonciateur, les domestiques, ... la plupart des personnages du film étaient bien là dans les années 1600.

Mais Julie Delpy ne s'est pas laissée vampirisée par le fonds documentaire même si elle se permet quelques clins d'oeil à l'imagerie du genre (miroirs, lumière du jour, ...)(2).

http://carnot69.free.fr/images/coeur.gifCe qui l'intéresse (et qui nous rend le film passionnant) c'est le portrait(3) de cette femme, noble, riche, puissante, intelligente, beaucoup trop à l'époque pour ce monde d'hommes et de guerriers. Une femme qui aurait tant voulu naître homme, donc à l'image de Dieu.

Alors elle domine son entourage, ses amants(4), ses maîtresses(5), le clergé et même les finances du roi, ce qui causera certainement sa perte.

Il n'y a qu'une chose que la belle Comtesse ne maîtrise pas : le Temps et ses effets ravageurs sur la beauté.

La Comtesse Delpy refuse de vieillir. Et la voici donc à la recherche du sang de jeunes vierges.http://carnot69.free.fr/images/lacomtesse2.jpg

Erzébet Báthory était en avance sur son temps mais refusait de le voir passer sur elle ...

Un portrait étonnant et original où peaux et visages livides sont filmés au plus près, comme si leur transparence permettait de voir au-dedans des âmes.

Un portrait où le personnage de la Comtesse nous est montré dans toute sa riche complexité : amoureuse et violente, aimable et colérique, persifleuse et angoissée, fragile et sadique, ...

On regrettera juste une mise en scène un peu académique et explicative, là où le propos eut demandé plus de fureur baroque.

Un film où l'on découvre les mille et une manières de saigner les jeunes filles.

___________
(1) : rien que le nom hongrois de cette Élizabeth a déjà un petit air de famille avec Belzébuth !

(2): intéressant d'assister à la naissance d'une légende encore étonnament vivace aujoud'hui : quelques faits sanglants et la manipulation d'état fera le reste ...

(3) : avec force référence au Portrait de Dorian Gray

(4) : lorsque le comte Dominic, adepte des relations SM, lui rend visite, c'est elle qui est du côté du manche du fouet

(5) : troublante relation saphique et diabolique avec une apprentie sorcière


Pour celles et ceux qui aiment les femmes en avance sur leur temps.

Télérama en parle (et bien pour une fois).

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27 avril 2010 2 27 /04 /avril /2010 06:17

Sandra en parle


Portrait de ville. Avec habitants.   

Avec Téhéran (Tehroun  en VO), le réalisateur franco-iranien Nader Takmil Homayoun brosse le portrait de sa ville(1) avec des habitants dedans.

Beaucoup d'habitants. Plus de 13 millions. Presque autant de voitures. Une fourmilière.

Dans son film tourné en numérique et en quelques jours, sans autorisation (ou avec des autorisations obtenues sur la base d'un documentatire bidon), Nader Takmil Homayoun a choisi de suivre les traces de trois potes, mi-losers mi-traficoteurs. L'un d'eux Ibrahim fait la manche avec un bébé dans les bras, bébé qu'il a loué pour ce "job" : ça rapporte pas grand chose mais évidemment beaucoup plus que sans bébé.

Un beau jour, ils se font piquer le bébé par une prostituée qui joue les étudiantes libérées(2).

Le gars de l'agence de location (si on peut appeler ça ainsi) est furax et réclame le montant de la caution du bébé : et c'est plus cher qu'une voiture. Nos trois pieds-nickelés sont mal barrés ...

Surtout que la femme d'Ibrahim débarque, enceinte jusqu'aux yeux, de sa province natale pour retrouver son chéri qui était supposé travailler dans un magasin ...

On attendait sans doute un peu trop de ce petit film sympa mais présenté comme un polar et qui bénéficie de l'intérêt soudain des européens pour l'actualité iranienne depuis que l'Oncle Sam y prépare sa prochaine guerre.

Le rythme est plutôt contemplatif - Nader T. Homayoun filme "sa" ville(3) - et on est loin des polars trépidants auxquels nous sommes habitués. Les trois potes sont plutôt "gentils" et même l'affreux jojo qui loue le bébé se montre plutôt paternaliste.

Reste une belle histoire (mais forcément ça finit mal, quand même hein ?) joliment filmée dans une ville écrasée de chaleur où le spectateur occidental sans repères (ni socio-culturels, ni topologiques) se perd et s'égare volontiers tout comme Zahra, la femme d'Ibrahim, fraîchement arrivée de sa campagne profonde, qui arpente les rues du nord au sud pour se rendre compte un peu plus loin qu'il fallait remonter du sud au nord.

Une ville bouillonnante qui pourrait bien être le prochain volcan à perturber le trafic aérien ... Est-ce là le message de Nader T. Homayoun ?

Un film où l'on découvre différentes façon de faire la manche, y compris comment se déguiser en Gardiens de la Révolution pour aller le soir racketter les fêtes alcoolisées des bourgeois.

___________
(1) : le père de Nader Takmil Homayoun est historien spécialiste de Téhéran.

(2) : étonnant personnage à nos yeux d'européens : fantasme occidental ou iranien ?

(3) : le président iranien Mahmoud Ahmadinejad fut maire de Téhéran avant de défier l'Oncle Sam à la tête du pays.


Pour celles et ceux qui aiment les villes avec des habitants dedans.

Sandra en parle, Libé aussi.

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16 avril 2010 5 16 /04 /avril /2010 17:37

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Bagdad dans la peau.   

Depuis le Vietnam on sait que les américains commencent par faire la guerre. D'abord.

Et qu'ensuite, ils se mettent à faire des films et à réfléchir. Après(1).

L'Irak n'échappe donc pas à la règle et le film de Peter Greengrass, Green Zone, va nous apporter la démonstration de ce que l'on sait déjà, à savoir qu'il n'y avait pas d'armes de destruction massive à Bagdad. Seul Tony Blair y avait vraiment cru.

Mais résumer ainsi le film serait faire injure à Peter Greengrass qui nous avait déjà donné - outre quelques Jasonbourneries - l'époustouflant Vol 93(2).

Ça démarre à 100 à l'heure et ça ne faiblira pas de tout le film. 100% stress ! Tout comme dans le film britannique Battle for Haditha(3).

Le commandant Miller (deux indices : il a les yeux bleus et il est sur l'affiche !) conduit une équipe de GI-Joe chargée de démanteler les sites irakiens où sont entreposées les fameuses armes de destruction massives (Weapons of Mass Destruction en VO).

Sauf que les sites visités à grands frais et à grands risques sont vides de chez vides et que s'y accumulent les crottes de pigeon ... Ça sent l'arnaque, se dit Chief Miller ...

Notre chief Miller va donc s'acoquiner avec la CIA (pour une fois elle a le beau rôle, les temps changent !) contre les bureaucrates du Département d'État de Washington, pour démonter, non pas les sites WMD irakiens, mais la machiavélique supercherie qui aura fourni le casus belli à ceux qui l'attendaient (les américains n'en n'avaient pas vraiment besoin, c'était surtout pour Tony Blair ...).

On l'a dit c'est 100% stress : film de guerre haletant avec ces GI's empêtrés dans la foule, guettant les snipers à chaque coin de rue, thriller survolté avec cette course poursuite aux infos et aux indics ...

Et s'il n'y a pas d'armes absolues à Bagdad, le mélange est pourtant explosif : mercenaires des forces spéciales, ex-généraux baassistes en mal de reconversion, journaliste manipulée pour répandre les fausses infos(4), dissensions entre chiites, sunnites et kurdes, machinations, espionnage et désinformation, ... la tension et l'intérêt ne faiblissent pas même si, comme trop souvent, la course-poursuite finale s'étire un peu en longueur.

Matt Damon est (oui, mesdames !) impeccable en bon soldat solide et appliqué, voire buté.

À noter aussi la prestation enfiévrée de l'anglo-égyptien Khalid Abdalla, l'indic-interprète du Chief Miller.

Le film se termine de manière elliptique sur une image des réservoirs de pétrole irakien : le mot-clé n'aura pourtant pas été prononcé de tout le film ! 

Bien sûr on peut lire ici ou qu'Hollywood récupère à bon compte les mauvaises raisons de cette sale guerre mais reconnaissons à Peter Greengrass (outre les indiscutables qualités de son cinéma) le courage de mettre tout cela sur la place publique (et pour le plus grand public qui plus est).

D'ailleurs, la rediffusion au mess des officiels de l'allocution de George W. Bush (The United States and our allies have prevailed !) est, ainsi replacée dans le contexte du film, hallucinante !

De plus, il n'est pas tout à fait innocent de reparler de cela sept ans après les faits, alors que la Green Zone(5) est peut-être toujours la seule zone sécurisée d'un Irak chaotique et que les GI's américains sont en train de se re-déployer ... en Afghanistan.

Je ne sais plus trop quel est le pays qui se situe entre l'Irak et l'Afghanistan, mais je suis sûr qu'on m'a dit que des armes nucléaires étaient cachées en Iran : Peter Greengrass va bientôt pouvoir reprendre sa caméra sur l'épaule.

Un film où l'on découvre qu'il ne faut pas croire tout ce qu'on lit dans les journaux, même si on peut y lire cet instructif et ahurissant article du New-York Times paru la semaine dernière et repris par Courrier International.

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(1) : bon d'accord, sont p't-être pas les seuls à procéder dans cet ordre ...

(2) : ce fameux Vol 93 figurait à notre best-of 2006 et Green Zone pourrait bien monter sur le podium 2010 !

(3) : ce n'est peut-être pas un hasard si notre billet de 2008 sur Battle for Haditah, de l'anglais Nick Broomfield, citait déjà Vol 93 !

(4) : le seul élément "histoire vraie" du film : Judith Miller du New-York Times

(5) : la Green Zone était la zone de Bagdad sécurisée par (et pour) les américains avec piscines et hôtels pour bureaucrates, journalistes, et mercenaires en repos.


Pour celles et ceux qui aiment les montées d'adrénaline.
Pascale en parle, Le MondeTheatrum Belli et Critikat aussi.

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