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Dimanche 5 juillet 2009
Le site officiel d'Etienne Davodeau
La vie ordinaire des gens ordinaires

On a découvert il y a peu, le destin (enfin, la première partie du destin) de Lulu femme nue d'Étienne Davodeau.
De quoi nous inciter à découvrir d'autres BD de cet auteur, comme cette Chute de vélo.

Encore une histoire ordinaire de gens ordinaires : à la fin de cet album, on peut lire une interview de l'auteur qui explique justement ses partis pris en matière de scénario composé de scènes vues, entendues ou vécues.

Avec cette chute de vélo, on retrouve une famille et des amis (ambiance proche de Lulu) en semi-vacances dans la maison de la mamie. La vieille mamie souffre d'Alzheimer, il faut remettre en ordre la maison avant la vente.

D'autres personnages, des vrais gens, entrent en scène, on devine quelques secrets, ...

Comme dans Lulu, un beau portrait de femme (ici, Jeanne la fille de la mamie).

Comme dans Lulu, un montage dynamique qui fait s'entrecroiser les histoires, les moments et les personnages, comme pour nous tenir en haleine.

C'est tout. Une histoire qui aurait pu être celle de votre belle-soeur l'été dernier.

C'est tout mais c'est tout le charme de ces histoires simples d'Étienne Davodeau.

Dont on va continuer d'explorer les albums : Les mauvaises gens entre dans la PAL.
Une planche de la Chute de vélo.

Pour celles et ceux qui aiment les vrais gens.
Le site officiel. PlaneteBD en parle.

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Vendredi 3 juillet 2009
D'autres avis sur Critico-Blog
Le cri du flocon dans les montagnes

Après une virée dans les parcs de l'Utah, après les polars de William G. Tapply, après ceux de Tony Hillerman, après le billet d'Amanda, ... on ne pouvait laisser passer la sortie d'un nouvel auteur : Craig Johnson et son bouquin Little Bird.

L'occasion de poursuivre notre théorie (!) élaborée récemment à l'occasion du billet sur James Lee Burke et sa Brume électrique, et qui veut opposer les flics des villes aux flics des champs.

Walt Longmire, le shérif de Craig Johnson est un flic des champs.

Ou plutôt des montagnes, celles du Wyoming, et Walt Longmire c'est un peu l'autre côté, le côté "blanc", de Leaphorn, le flic navajo de Tony Hillerman : Walt Longmire cotoie les indiens cheyennes.

Walt, est un shérif un peu nonchalant qui traverse le roman sans trop y croire et on espère avec lui que l'enquête chaotique continuera d'avancer toute seule, le laissant savourer la paix de ses montagnes enneigées depuis sa véranda.

Un flic des champs, on vous le dit.

[...] À un moment, plongé dans mes réflexions, je vis un petit flocon tout rond traverser mon champ de vision, se poser contre l'un des blocs de ciment et disparaître. Il y en avait d'autres, maintenant, qui flottaient doucement dans la fraîcheur de l'air nocturne. Les scientifiques disent que les flocons, en tombant dans l'eau, font un bruit, comme le gémissement d'un coyotte; le son atteint son apogée puis décroît, le tout en environ un millième de seconde. Ils ont découvert ça quand ils ont utilisé un sonar pour repérer les migrations des saumons en Alaska. Les flocons de neige faisaient tellement de bruit que les signaux émis par les poissons étaient inaudibles et l'expérience dut être abandonnée. Le flocon flotte sur l'eau, et il y a peu de bruit en dessous; mais dès qu'il commence à fondre, l'eau monte par capillarité. On suppose qu'il y a des bulles d'air qui sont émises par le flocon, capturées par l'eau qui monte. Chacune de ces bulles vibre en essayant d'atteindre l'équilibre avec son entourage et émet des ondes sonores, un cri si faible et si aigu qu'il est indétectable par l'oreille humaine.

Mais bien sûr un crime viendra troubler la paix des montagnes.
Un blanc est assassiné. Un blanc qui avait violé une jeune indienne il n'y a pas si longtemps. Vengeance ?
Oui, vengeance, puisque le titre en VO c'est Cold dish ... mais bien sûr, une vengeance peut en cacher une autre.
La prose de Craig Johnson est simple et directe, sans fioritures et avec pas mal d'humour.
[...] Je lui avais posé des questions sur Jim et elle m'avait dit qu'il était parti dans le Nebraska chasser avec des amis, chasser l'oie. Son ton était hésitant et j'étais certain qu'il y avait quelque chose à creuser, là. Alors, j'avais utilisé un de mes vieux truc de flic et je lui avais demandé s'il n'y avait pas quelque chose qu'elle voudrait me dire. Elle avait utilisé un de ses vieux trucs de mère et m'avait répondu non. Les trucs de flics ne font pas le poids devant les trucs de mère.

Ou encore :

[...] - Lucian, fais moi plaisir, ne descends personne.

Il actionna la pompe du Remington et fourra une balle de calibre .12 dans la chambre.

- Y'a rien de mal à descendre des gars, tant qu'on descend les bons.

On reste juste un petit peu sur notre faim - à force d'être gâté avec du très bon, on devient difficile - vu qu'on a moyennement adhéré au personnage de Walt Longmire, le shérif. Alors que les personnages secondaires sont plutôt bien dessinés, le héros semble, lui, comme manquer d'épaisseur (même s'il a un peu d'embonpoint !).
Rien à voir avec les flics de Tony Hillerman, par exemple, qu'on serait prêt à reconnaitre dans la rue si on venait à les croiser.
C'est le premier épisode (en français du moins) et on espère que tout cela gagnera en maturité.
Une premier essai de lecture prometteur, à suivre.
Le chapitre 1 est accessible sur le site de l'éditeur, ici-même.
Pour celles et ceux qui aiment les paysages de l'ouest.
Gallmeister édite ces 409 pages qui datent de 2005 en VO et qui sont traduites de l'américain par Sophie Aslanides.

L'avis d'Amanda, celui de Yann, celui d'Incoldblog et d'autres sur Critico-Blog.

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Mardi 30 juin 2009
Le site de la fondation
L'oeil du siècle

L'oeil du siècle, enfin du siècle dernier désormais, est à l'honneur depuis l'an passé.

Henri Cartier-Bresson, HCB, est né en 1908.

La Maison de la photographie expose plusieurs centaines des photos du maître.

Mais c'est le Musée d'Art Moderne que nous avons choisi.

Une petite centaine de photos mais tirées en grand format (environ 60x40), collées sur cartons sans cadre ni vitre, et présentées de manière aérée pour permettre le recul et le zoom.

[...] L'appareil photographique est pour moi un carnet de croquis, l'instrument de l'intuition et de la spontanéité [...] Pour "signifier" le monde, il faut se sentir impliqué dans ce que l'on découpe à travers le viseur. [...] Photographier,  c'est retenir son souffle [...] Photographier, c'est dans un même instant et en une fraction de seconde, reconnaître un fait et l'organisation rigoureuse des formes perçues visuellement qui expriment et signifient ce fait. C'est mettre sur la même ligne de mire la tête, l'oeil et le coeur.

Les photos présentées au MAM évoque HCB comme témoin du siècle : la fin de la guerre, le basculement de la Chine, les funérailles des victimes de Charonne, les voyages, ...

Et puis et surtout les gens, puisque c'est à eux que s'intéresse HCB en-deça des événements que seules les légendes permettent de situer.

HCB est doué d'un sens aiguisé de la géométrie visuelle (plusieurs cadrages sont époustouflants).

HCB est un oeil humain et compassionnel, capable de capturer dans une seule image plusieurs portraits et autant d'émotions, comme ici lors des funérailles d'un artiste japonais.

Parfois, lorsque les images ne sont pas trop sérieuses (la visite de De Gaulle dans le Rouergue, par exemple), le photographe dévoile un humour très fin.

Toujours, Henri Cartier-Bresson montre beaucoup d'affection pour ses personnages.

Une belle leçon d'humanité et d'humilité.


Pour celles et ceux qui aiment les gens.
C'est au Musée d'Art Moderne (Palais de Tokyo) jusqu'au 13 septembre.
Herwann, lui, a opté pour la Maison Européenne de la Photo.

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Lundi 29 juin 2009
D'autres avis sur Critico-Blog
Du watergate à blackwater ...

Ce début d'été attendait avec impatience de quoi réveiller les salles obscures.
Jeux de pouvoir a plutôt déçu MAM mais BMR a plutôt bien aimé. Couci-couça donc ...
Russel Crowe (toujours aussi bon en soixante-huitard, ici attardé ou bien reconverti comme dans Mensonges d'état) est le journaliste à l'ancienne, intègre et épris de vérité.
La directrice du journal (Hélène Mirren, excellente) lui colle comme équipière une jeunette qui s'occupe du blog et de la partie internet du journal, savoureux tandem !
Avec en prime un générique de fin plutôt bien vu qui détaille tout le cheminement de l'article de presse depuis le PC de Russel Crowe jusqu'au camion de livraison.
Un véritable éloge de la presse écrite.
Mais qui sonne un peu tout au long du film comme un éloge funèbre : concurrence du net, mainmise des actionnaires du journal sur la ligne éditoriale, ...
De l'autre côté du Potomac, Ben Affleck le politicien dont on se doute qu'il n'est pas si intègre que son ex-cothurne de fac (oui, Russel Crowe et lui étaient sur les mêmes bancs à l'école ...).
Dès les premières images, ça démarre à cent à l'heure et la chasse à l'info et à la vérité se poursuit jusqu'au bout, même si le final s'éternise et dramatise quelque peu.
Une histoire de magouilles et de collusion entre politique et affaires (tiens donc !) avec dans le collimateur une entreprise qui ressemble beaucoup à la sournoise Blackwater (lisez l'article de Wiki, ça vaut le détour).
Il y a fort à craindre que la réalité ait depuis longtemps dépassé la fiction ...

Pour celles et ceux qui aiment les journalistes.
D'autres avis sur Critico-Blog.
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Dimanche 28 juin 2009
D'autres avis sur Critiques Libres
Serial thriller

Notre teenageuse maison découvre Connelly et il fallait donc qu'on relise à nouveau les premiers de la série noire, à commencer par l'un des plus réputés : Le poète.

Même si le détective Harry Bosch n'est pas encore aux commandes de l'enquête (on découvre quand même Rachel Walling du FBI), c'est du polar, du vrai, du bon, du béton : une histoire de serial-killer comme on les aime.

Pas grand chose à voir, cependant, avec la future série des Harry Bosch : Le poète reste un (très) bon thriller mais depuis, Michael Connelly a très largement dépassé ce premier stade.

Le poète signe ses crimes d'un vers extrait des oeuvres d'Edgard Poe. Et apparemment ses doubles crimes : celui d'un enfant (on évoque les milieux pédophiles mais sans complaisance heureusement) et puis celui du flic qui était chargé de l'enquête et dont la mort est maquilllée en suicide.

[...] - S'il existe un seul meurtrier, qui est la véritable cible ? demandai-je, comme si je me parlais à moi-même. La première victime ou l'enquêteur ?

Le V reparut sur le front de Washington.

- Peut-être a-t-on affaire à un type qui veut tuer des flics. C'est ça son objectif. Alors, il se sert du premier meurtre - Smathers, Lofton - pour attirer sa proie. C'est-à-dire le flic.

Je regardai autour de moi. Le fait de prononcer ces paroles à voix haute, même si j'y pensais depuis que j'avais pris l'avion pour venir ici, provoqua en moi un frisson glacé.

- Effrayant, hein ? dit Washington.

- Oui. Terrifiant.

- Et vous savez pourquoi ? Parce que si tel est le cas, il y a forcément d'autres victimes. Chaque fois qu'un flic est supposé s'être suicidé, l'enquête est bouclée en quatrième vitesse. Toutes les polices ont hâte de liquider ce genre d'affaires. On ne se pose pas trop de questions.

Et ben nous, on s'en pose des questions, et tout au long du bouquin et jusqu'à la dernière page !

L'un de ces flics assassinés avait un frère journaliste : c'est lui qui lève le lièvre et s'accroche aux basques des agents du FBI (dont la fameuse Rachel) en quête du scoop de l'année.

C'est parti, on ne lâche plus ni l'enquête, ni le bouquin.

[...] Mon frère m'avait expliqué un jour sa théorie du seuil limite. Chaque flic, disait-il, possédait une limite, mais cette limite lui était inconnue jusqu'à ce qu'il l'atteigne. Sean parlait des cadavres. Il était persuadé qu'un flic ne pouvait en supporter qu'un certain nombre et que ce nombre variait en fonction de chacun. Certains atteignaient rapidement la limite. D'autres assistaient à vingt morts violentes sans même l'approcher. mais pour tout le monde, il y avait un seuil. Et quand celui-ci était atteint, c'était fini.

Insistons quand même pour dire que ça ne vaut pas la série des Harry Bosch.


Pour celles et ceux qui aiment les serial thriller.
Points policier édite ces 543 pages qui datent de 1996 en VO et qui sont traduites de l'américain par Jean Esch.

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Jeudi 25 juin 2009
Le (beau) site officiel
L'eau, la terre, l'air, ...

Après le cycle de l'eau (2 tomes) et le cycle de la terre (2 autres), le premier volume du cycle de l'air vient de sortir : la série Okko s'étoffe sous la plume de Hub (Humbert Chabuel).
Les dessins sont plutôt sympas (deux belles planches de la BD : ici et ) et savent mettre en valeur les japoniaiseries dont nous sommes friands.
Le cycle de l'eau nous valait quelques beaux paysages d'îles, de bateaux et même de châteaux suspendus. Le cycle de la terre nous emmenait en montagne à la découverte de mystérieux monastères accrochés à flanc de rochers.
Le cycle de l'air nous emporte dans une vallée où soufflent des vents magiques, les kamikazé (les vents des kamis - les vents des dieux), comme ceux qui jadis, protégèrent le Japon des invasions maritimes du Khan mongol.
Dans cette BD, la petite équipe qui accompagne le sieur Okko est plutôt amusante : un moinillon porté sur le saké qui invoque les kamis un peu trop facilement, un féroce guerrier aux forces surnaturelles qui, comme dans les jeux vidéos, met plusieurs planches ... à récupérer d'une attaque ennemie, ...
et l'humour qui pimente les dialogues est plutôt bienvenu qui fait qu'on ne se prend pas trop au sérieux.
On attend la suite du cycle de l'air impatiemment, d'autant que dans ce nouvel épisode, le sieur Okko qu'on avait accompagné durant les quatre premiers tomes, perd la face lors d'un duel contre un bunraku de combat. Et quand on dit "perdre la face", il faut comprendre que sa face, proprement détachée du cou par le tranchant d'un sabre, roule à terre ... que se passe-t-il donc ?
D'autres planches de la BD sur le site officiel et ici encore.

Pour celles et ceux qui aiment que les kamis les accompagnent.
PlaneteBD en parle.
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Samedi 20 juin 2009
Le théâtre Marigny
Les monologues du coeur

Les monologues féminins sont à la mode (de là à croire que les dames parlent toutes seules ... ne me faites pas lire ce que je n'ai pas écrit !) et après les Monologues du vagin toujours à l'affiche, voici  la reprise de Talking heads, en quelque sorte les monologues du coeur ou de la tête.Christine Brücher, Nathalie Krebs et Charlotte Clamens
Trois textes choisis parmi ceux écrits par l'anglais Alan Bennett et très habilement mis en scène par Laurent Pelly et dits par trois excellentes comédiennes qui incarnent avec beaucoup de présence ces trois anglaises.

Au début de chaque scène, c'est plein d'humour.

On rit (qu'est-ce qu'on a ri, comme se plait à répéter la première dame).

Puis on rit jaune, ça grince.

Et pour finir, on ne rit plus du tout.

Car ces petits discours, comme de petites nouvelles, décapent et, pelure après pelure, mettent à vif la vie de ces trois femmes : derrière la façade, pointent la solitude, le désespoir, le manque d'amour, la maladie et la mort.

Quand trouver une place à une "bonne" table à la cantine du bureau à midi, attraper le bus de 53 sans avoir à attendre ou tailler sa haie d'aubépine, deviennent les dernières ficelles qui nous raccrochent à la vie ...

Heureusement le troisième et dernier épisode est le plus léger, histoire de sortir de la salle le coeur un peu moins dévasté. 

Les textes sont excellents (pas un mot à changer), les trois comédiennes également et la mise en scène très originale qui nous fait regarder ces dames comme autant de petites photos, sorte de tableaux animés et parlants. Entre chaque tableau, le changement de décor nous permet de reprendre notre souffle (on était suspendu aux lèvres de la dame anglaise, là sur la scène) et de se concentrer de nouveau avant la scène suivante.

Le troisième et dernier personnage, Miss Fozard, est une vieille fille qui s'occupe de son frère paralysé après une attaque. Elle ne pensait pas qu'elle avait une vie : la vie, c'était son frère qui avait une vie, croyait-elle. Enfin, avant son attaque.

Tout est dit. Bravo à ces trois comédiennes, au metteur en scène et bien sûr à l'auteur, Alan Bennett.


Pour celles et ceux qui aiment quand c'est bien dit.
Culturofil en parle
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Jeudi 18 juin 2009
Coolture en parle
Les dents de la mer

Cette fois Christophe Bec laisse les pinceaux à Éric Henninot et prend les commandes du scénario.
Coïncidence ou air du temps, on retrouve dans Carthago, une fable écolo qui rappelle un peu le cycle de Léo (Aldébaran, Bétélgeuse et Antarès) mais une fable qui en serait la face sombre, le côté obscur.
Au fin fond du Pacifique, une plate-forme de forage off-shore perce par erreur une grotte sous-marine géante qui abritait des monstres fossiles auprès desquels les tyrannosaures faisaient figure de gentils toutous : des bancs de mégalodons (l'ancêtre géant du requin, avec des dents grosses comme notre tête) sont lâchés dans les mers ... de quoi attiser les peurs, les convoitises, et toutes sortes d'aventures, d'autant que les grosses bébêtes semblent cacher bien d'autres mystères encore (on parle d'Atlantide, on croise une jeune fille à branchies - tiens comme dans Antarès justement, ...).
On plonge dans une sorte de Jurassik-lac.
Les deux premiers tomes de la série plantent le décor (et quelques crocs aussi) avec différentes histoires qui démarrent ici ou là et qui s'entrecroisent comme dans un thriller américain : dans un lac de l'Aveyron, dans le lagon australien, dans le golfe de Djibouti, dans le Pacifique, et même au Tibet ou dans les Carpathes, ...
Un montage plutôt dynamique, très cinéma.
Les requins de la finance qui président aux destinées de la plate-forme de forage (qui s'appelle Carthago) préfèrent ne pas suspendre leurs activités nocives ... alors, est-ce que Carthago delenda est ? ... on attend la suite avec impatience.
Une planche ici, en guise d'amuse gueule.

Pour celles et ceux qui aiment les grosses bêtes.
D'autres planches chez Coolture. PlaneteBD en parle.
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Mardi 16 juin 2009
D'autres avis sur Critico-Blog
Coraline au pays des merveilles

La 3D envahit lentement mais surement nos écrans et si le Technicolor avait enjolivé notre enfance, les gosses de la nouvelle génération verront certainement les prochains James Bond en relief ...
Mais d'ici là il faudra patienter encore un peu et la perspective de la troisième dimension reste pour le moment cantonée aux films d'animation.
Bon public et toujours prêts à s'enthousiasmer pour le progrès, on est donc allés voir Coraline.
Et nous voici comme toute la salle, fébriles avant la séance, en train de chausser nos lunettes en plastique. On n'était pas les seuls à s'emballer pour la réalité virtuelle.
Et c'est bien la virtualité qu'évoque ce film : les parents de la petite Coraline préparent sur leurs PC (chacun dans une pièce de la maison !) un superbe catalogue de jardinage alors qu'ils ne veulent pas se salir les mains et que leur propre jardin est laissé à l'abandon.
N'arrivant pas décrocher ses parents de leurs claviers, Coraline s'ennuie désespérément jusqu'à ce que, telle Alice, elle trouve, elle aussi, un passage vers une autre réalité : derrière une petite porte de la maison s'ouvre un tunnel vers une sorte de double de sa vie et de sa maison. Une maman super-attentionnée qui lui cuisine de bons petits plats, des voisins super-sympas, un papa super-amusant, etc. Bref, c'est le rêve.
À une condition : accepter de se voir coudre des boutons sur les yeux ...
Forcément ça dégénère et Coraline découvre bientôt le piège derrière les apparences. Mais tout est bien qui finira bien.
On est tout de même ressortis un peu déçus de cette incursion dans la troisième dimension.
Il y avait là un beau sujet et surtout un personnage de petite fille pas ordinaire, bien croquée et bien craquante.
Mais c'est comme si Henri Selyck avait hésité entre le public des grands et celui des petits, ne sachant trop s'il pouvait laisser libre cours aux délires qui partent ici ou là mais qui sont bien trop vite ramenés à la raison.
Il en va de même pour la 3D qui, certes donne évidemment du relief à l'animation c'est fait pour ça, mais dont les effets spéciaux sont distillés au compte-goutte comme si, là encore, on avait hésité pour permettre la diffusion d'une copie compatible en 2D standard.
Bref, un petit goût de trop peu ... dommage.
Vivement la sortie de l'Âge de glace 3, avec un 3 comme dans 3D !

Pour celles et ceux qui aiment que les petites filles pas sages.
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Lundi 15 juin 2009
Le site de l'Atelier
Une souris et deux hommes

Merci à Véro-les-bons-tuyaux pour cette pièce de Tennesse Williams (plus connue par le film d'Elia Kazan), Baby Doll, au théâtre de l'Atelier.
Une mise en scène très dynamique, une utilisation de l'eau qui rend la présence des corps plus physique, un décor qui restitue presque les grands espaces américains sur la petite scène et surtout, surtout, Mélanie Thierry qui porte le role et la pièce sur ses jolies épaules.
On est en pleine crise et en pleine récession (je veux dire dans les années 30 aux US) et Baby Doll, peu sportive et plutôt délicate (ce sont ses mots), a été promise par son père mourant à un bouseux du coin, actif il y a encore peu mais désormais au bord de la ruine, ... promise, du moins quand elle se sentirait "prête" et au plus tard le jour de ses vingt ans.
Depuis Baby Doll dort dans un lit d'enfant pour tenir à distance la brute qui sera bientôt son mari mais ... on est à la veille du vingtième anniversaire de la belle.
Débarque alors un beau sicilien, concurrent direct du mari, en affaires comme en amour ...
Le temps est à l'orage et tout est en place pour que le drame inéluctable se noue.
Mêmes lieux, même époque, on retrouve la force inexorable du destin qui se dégageait du texte de Steinbeck, Des souris et des hommes, ou encore le poids des non-dits des romans de Thomas Savage.
Une formidable tension se dégage de la pièce et des acteurs, le désir anime ces trois-là, la violence suinte des dialogues et la sensualité des gestes esquissés ...
Et surtout, surtout, Mélanie Thierry (qu'on avait aperçu en brune dans Largo Winch) a trouvé le ton juste pour rendre le rire de Baby Doll et la métamorphose de la  femme enfant en femme fatale.

Pour celles et ceux qui aiment les soirées orageuses.
C'est jusque fin juin à l'Atelier et Bottes sexy en parle.
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Samedi 13 juin 2009
D'autres avis sur Critico-Blog
Vos gueules les mouettes

Un instant on avait pu croire avec les bandes-annonces de ce Looking for Eric, que Ken Loach avait disparu et s'était ré-incarné en entraineur des stades.
Mais non, le vieux routier du cinoche est toujours là et roule toujours à gauche, pour nous tirer des portraits comme lui seul sait les faire : on est chez les vrais gens, ceusses qui bossent, torchent leurs mômes, bref la Grande-Bretagne d'en-bas.
Et ici l'ami Cantona n'est qu'un (heureux) prétexte : un miroir dans lequel Steve Evets (remarquable : il porte le film sur ses épaules) essaie de se redorer une image, de positiver comme on dit.
Autour de lui une bande de collègues comme on en fait plus (ils sont facteurs).
Et on a donc droit à un admirable portrait de groupe, très humain, avec des scènes mémorables, grands moments de cinéma.
Comme celle où ils essaient de positiver et s'imaginent en personnages charismatiques (c'est ce que recommande le bouquin de psycho emprunté à la bibliothèque), les voilà donc rêvant à... Fidel Castro, Nelson Mandela, Gandhi, Sammy Davis Jr, ... et Cantona !
Et cette autre scène où les mêmes collègues tentent de dérider Steve Evets qui broie du noir devant son courrier à trier et qui lui racontent chacun leur tour une blague encore plus nulle que la précédente !
Et bien sûr la séquence finale, qu'on  ne vous dévoile pas car elle vaut son pesant de chopes de bière !
Le film reste cependant inégal et s'étire parfois un peu en longueurs, dommage.
Reste qu'il faut remercier le grand Ken pour nous avoir réconcilier - totalement - avec Éric Cantona et - un tout petit peu - avec le foot.
Cantona apparait peu mais s'avère magistral de dérision et de second degré pour quelqu'un qu'on croyait à peine plus futé que sa marionnette des guignols, chapeau !
Ne manquez pas pendant le générique de fin, la vidéo de la conférence de presse où Cantona professa la célèbre et définitive sentence sur les mouettes !
Allez, on vous la donne ici sur Bluetube (là, il faut avoir vu le film pour suivre !).
When the seagulls follow the trawler, it is because they think sardines will be thrown into the sea ...
Pour celles et ceux qui aiment les tirs au but.
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Samedi 13 juin 2009
L'ombre du polar en parle
Trop belle pour toi

On avait été emballé (étonné puis emballé) par le précédent roman de Natsuo Kirino : Out, qui avait même terminé sur notre podium l'an passé.

Monstrueux, pourtant plus récent, s'avère une demi-déception.Le répertoire des polars

Est-ce dû à la traduction de seconde main (une traduction de la version anglaise elle-même traduite du japonais) ? Est-ce dû à la construction du roman, pas toujours homogène, à ses quelques longueurs ?

On retrouve pourtant les caractéristiques des romans de Natsuo Kirino : histoire contée à plusieurs voix, histoire ordinaire de l'horreur quotidienne, histoire de femmes malmenées dans le Japon d'aujourd'hui.

Monstrueux (Grotesque en VO), raconte la vie de trois femmes : deux soeurs et une amie de collège. Les deux soeurs sont métis (le père est suisse) et l'on effleure le racisme nippon. La soeur cadette est l'incarnation de la beauté et cela lui sera fatal.

Le sort de la soeur ainée et de l'amie d'école ne vaudra guère mieux et toutes les trois finiront dans la prostitution au terme d'une lente mais inexorable descente aux enfers.

La vie de ces trois adolescentes qui deviendront femmes et finiront prostituées est emplie de haine, de mensonge, de noirceur, de jalousie, de rancoeur, ... brrr.

[...] - Tu n'as jamais souhaité qu'elle meure, ta soeur ?

- L'idée ne me quitte jamais. Mais il y a d'autres gens que j'aimerais voir mourir avant elle !

- Comme qui ?

Il était parfaitement sérieux.

Qui j'aurais aimé voir mourir ? Ma mère, Kamei, le directeur du bureau des recherches, des tas de gens en fait, pensai-je. Il n'y a personne que j'apprécie vraiment. Et personne ne m'a jamais aimée, me dis-je soudain.

Amoureux des intrigues policières, passez votre chemin.

C'est glauque voire trash et on persiste à croire que le pessimisme très noir de Natsuo Kirino n'est qu'un petit reflet obscur du Japon.


Pour celles et ceux qui aiment les curiosités.
Points édite ces 717 pages qui datent de 2003 en VO et qui sont traduites de l'anglais par Vincent Delezoide.

L'ombre du polar en parle, et plutôt bien, Cottet aussi.
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Mercredi 10 juin 2009
Le site officiel d'Etienne Davodeau
La vie ordinaire des gens ordinaires

Qu'est-ce donc qui fait le charme prenant de cette BD qui, mis à part son titre un peu racoleur, ne paie pas de mine ?
Des dessins pas tape-à-l'oeil pour deux ronds, une histoire ordinaire de gens ordinaires, ... mais alors qu'est-ce donc qui fait qu'une fois en mains, on ne peut plus la lâcher ?
Même à l'occasion d'une petite relecture par ci ou par là, nous voici happés par le destin de Lulu femme nue. Le répertoire des polars

Mystère et surtout magie de l'auteur-dessinateur, Etienne Davodeau.

L'histoire de Lulu est pourtant des plus banales : délaissant la recherche d'emploi, le mari un peu beauf (ouais, beaucoup), les enfants, les amis et sa vie ordinaire, Lulu plaque tout son petit monde et s'offre une escapade ...

L'astuce du scénario consiste à nous raconter cela par bribes, qu'on découvre peu à peu au cours d'une soirée qui réunit les amis de Lulu : petit à petit, se reconstitue la fugue de Lulu et peu à peu, on découvre qui se cache derrière Lulu.

Le dessin est doux mais l'histoire est amère, on lit et on relit ce premier épisode et on ne sait toujours pas ce qui peut faire le charme prenant de cette BD !
Vivement la suite ...
En attendant, une autre BD de cet auteur, Chute de vélo, est entrée dans la Pile À Lire !
Pour celles et ceux qui aiment les vrais gens.
Le site officiel. PlaneteBD en parle.

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Lundi 8 juin 2009
Le site officiel

Le blues écossais

On avait déjà repéré Paolo Nutini il y a quelques temps et on vous avait fait écouté ici Jenny don't be hasty .
Le nouvel album Sunny side up est une véritable révélation.
Avec sa voix rocailleuse et sa gueule d'ange, ce jeune écossais de 22 ans crie sa peine comme plus grand monde aujourd'hui.
Et ce second album, avec une pop-folk aux accents de soul très marqués, une riche orchestration, et bien sûr cette voix inclassable, démontre une étonnante maturité (Ethan Johns, le producteur de Ray LaMontagne, aurait dit-on, mis la main à la pâte).
Comme le dit l'une des chansons : it takes a worried man to sing a worried song ...
Alors voici quelques belles chansons d'amour comme :
- Candy
Darling I'll bathe your skin, I'll even wash your clothes
Just give me some candy, before I go
Oh, darling I'll kiss your eyes and lay you down on your rug

Just give me some candy after my heart
- No other way
Ohh babe, yeaahhh baby
i want you babe, im, im home babe
so take me in your arms
oh babe, baby, love me like you do
oh kiss me like you do, and baby you bet I'll do it for you
ohh nooo, hold me like you do

Oh ce I'm home, on ne peut plus en décrocher, prenez le temps d'écouter ça (sur la vidéo à droite), le petit écossais y met toute son âme ... et semble retrouver là-haut celle de Janis Joplin. Bluffant.

Pour celles et ceux qui aiment l'âme de la soul.
Publié dans : Miousik - Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire

Samedi 6 juin 2009
D'autres avis sur Critico-Blog

Schwarzy fait de la résistance

"Si vous lisez ce message, c'est que vous faites partie de la Résistance".
Qui sait, peut-être qu'un jour vers 2018, ce blog aura résisté à la guerre apocalyptique avec les machines et cette phrase prendra alors tout son sens sur vos écrans, comme les exhortations à la radio de John Connor, dans le style : les humains parlent aux humains.
En tout cas moi aussi je prépare mon futur, sait-on jamais, comme John Connor, sa maman Sarah, son père Kyle qui est plus jeune que son fils parce qu'il a pas encore rencontré sa mère dans le passé, un passé qui faisait que le futur sera bien ce qu'il est, enfin bref leur histoire est devenue un standard ...
Ce nième épisode de la saga Terminator est plutôt bien fichu avec même quelques personnages (la petite black muette !), un petit peu de scénario, un zeste de Mad Max et quelques relents de Soleil Vert.
Bien sûr ça canarde et bombarde à tout va et la guerre apocalyptique contre les machines n'est pas de tout repos, ça on le sait depuis Schwarzenegger et James Cameron ... c'était en 1985 !
Les précédents épisodes m'avaient laissé un souvenir un peu plus ironique, la gueule à Schwarzy y étant peut-être pour quelque chose. Aujourd'hui, on dirait que Christian Bale se prend un peu trop au sérieux, même s'il croise encore le masque de Schwarzy sur la tronche mécanique du dernier né de la série des Tx00 !
Mais bon, soyons bon public et sachons goûter le charme de ces résistants équipés d'armes et d'ordinateurs de haute technologie en train d'écouter les messages de leur QG sur de vieux transistors ou encore John Connor passant et repassant les cassettes de sa maman sur un vieux magnétophone, hmmm, savoureux.
Eh les p'tits gars du futur qui me lirez plus tard, tiendrez bon et ne laisserez pas la victoire à ces p.... de machines : elles n'aimeront pas les vieux rocks qui passaient à la radio !

Pour celles et ceux qui aiment les humains et un peu les machines quand même, y'en a beaucoup.
Publié dans : Cinoche - Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire

on écoute !

un extrait surprise pour bientôt ...

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