D'un seul coup d'oeil, nos meilleurs bouquins ou auteurs
avec en règle générale, un seul meilleur bouquin par meilleur auteur,
histoire de faire de la place pour tout le monde dans ce best-of
(par ordre anté-chrono d'apparition sur le blog
cliquer sur la vignette ou le lien pour retrouver la critique en version intégrale) :
Colin Cotterill est un auteur britannique qui vit
au Laos et en Thaïlande et qui travaille au sein d'ONG à la réinsertion d'enfants victimes de la prostitution.
Le déjeuner du coroner ouvre la série ...
Son héros, le vieux Dr. Siri Paiboun est le seul et unique coroner du Laos, piètre bouddhiste et piètre communiste comme il le dit lui-même, sorte de croisement asiatique entre une Kay Scarpetta
pour la profession et un Jean-Baptiste Adamsberg pour le tempérament fantasque.
Après que japonais, français et américains ont laissé l'Asie du sud-est en chantier, le Laos se remet lentement de la tourmente même si une bonne partie de la population a fuit le pays en
traversant le Mékong pour rejoindre la Thaïlande.
Sont restés ceux qui ne savaient pas nager et le tout nouveau régime communiste a bien du mal à reprendre les rênes du pouvoir ... et celles de la corruption.
Une histoire, L'histoire d'Usodimare de l'iatlien Ernesto Franco, où s'entrecroisent différents récits : quelques traces laissées par Usodimare, quelques souvenirs, l'enquête minutieuse d'un officiel de la compagnie maritime,
... une belle écriture pour un récit insolite et étrange qui semble comme flotter à la dérive, entre deux eaux, entre ciel et mer, tant est proche la fin qui s'annonce.
Usodimare est une sorte de capitaine Achab sur sa baleine mécanique, obsédé par les souvenirs de ses femmes dont l'une lui aurait laissé quelque chose sur le bateau ? Quelque chose qu'il doit
découvrir avant que les ferrailleurs de Chittagong ne s'empare de sa carcasse.
Fred Vargas et son héros fétiche, Adamsberg, devaient nécessairement
monter un jour sur notre podium des polars. 2009 fut une année riche en Vargas : des récents et des plus vieux ressortis de la poussière.
Et dans ce lieu incertain, Fred Vargas s'est déchaînée : un véritable feu d'artifice d'associations d'idées,
un festival d'Adamsbergueries.
Les personnages se multiplient (le commissaire british, le neveu serbe, les adjoints ahuris de la brigade du commissaire, ...) et les dialogues sont tous plus déjantés les uns que les autres.
Fred Vargas manie le fil et l'aiguille avec doigté et saute du coq à l'âne avec souplesse.
L'auteure a le don de nous faire toucher le tissu erratique qui sous-tend le monde que l'on dit rationnel. C'est pas du fantastique ou du surnaturel (il ne s'agit que de pensées, d'actes ou de
paroles très humains, si humains justement) mais, comment dire, on n'a pas tous le don d'Adamsberg pour naviguer dans ces eaux troubles et discerner les connexions au-delà des apparences. On
s'identifierait plutôt aux collègues ahuris de la brigade !
Cette année la littérature mexicaine est à l'honneur.
Voici donc un auteur déjà célèbre et déjà connu même si l'on n'a encore rien lu de lui puisque Guillermo Arriaga est l'auteur de scénarios à succès au ciné :
Babel, 3 Enterrements, 21 Grammes, Loin de la terre brûlée, c'est lui !
Une actualité et une renommée qui suffisaient à justifier qu'on se précipite sur ce petit polar de poche : Un
doux parfum de mort.
Pari gagné. Guillermo Arriaga avait signé ici un excellent roman qui n'avait rien d'un futur scénario hollywoodien.
Un polar si on veut (il y a meurtre, voire meurtres).
Une pièce de théâtre si on veut aussi : un presque huis-clos dans un petit village perdu au fin fond de la campagne mexicaine, plus exigû qu'une scène de théâtre.
On y retrouve même le choeur des villageois pour faire avancer l'histoire ... et les héros vers le drame final.
Tout commence, comme souvent, par la découverte d'un cadavre.
Celui d'une jeune fille du village, retrouvée nue et poignardée ...
Dans
la brume électrique, le polar de James Lee Burke qui a servi de trame au film de Bertrand
Tavernier.
À New Iberia près de La Nouvelle-Orléans, la torpeur étouffante du bayou est seulement troublée de temps en temps par les orages et ouragans venus du Golfe du Mexique.
Jusqu'à ce que l'on retrouve un, puis deux, cadavres de jeunes filles sauvagement mutilées.
Dans le même temps, les notables de la petite bourgade se réjouissent de voir revenir au pays un enfant pas sage mais avec les milliers de dollars utiles à la production et au tournage d'un film.
Même s'il s'agit d'argent sale puisque l'enfant prodigue est devenu un gangster notoire.
Avouez qu'il y a là de quoi troubler la paix que croyait avoir bien mérité Dave Robicheaux !
La Trilogie berlinoise de Philippe Kerr.
Cette ré-édition réunit trois épisodes de la série qui met en scène un privé au goût de Philip Marlowe, à l'odeur de Nestor Burma (celui de la télé plutôt que l'original de Léo) mais aux
relents de Gestapo puisque la série se passe à Berlin, avant et après guerre.
Sur les traces de Bernie on parcourt Berlin en tous sens, de la Friedrichstrasse au Kürfürstendamm et du quartier de Schöneberg au Kreuzberg, oubliant un instant dans quelle horreur s'enfonce la
belle capitale. C'est tout l'intérêt de ce bouquin que de nous plonger dans la vie quotidienne berlinoise juste avant-guerre et de nous montrer les plus petits rouages de la mécanique nazie en
marche.
Instructif et édifiant.
De sang et d'ébène de Donna Leon.
L'occasion de rendre grâce à cette auteur de polars italiens, pardon vénitiens, et à son commissaire fétiche : Guido Brunetti.
Avec l'aide de ses rares collègues pas trop corrompus,
Brunetti enquête sur une exécution sommaire alors que le rapport d'enquête ... a disparu.
Ou plus subtilement et plus justement, comme le fait remarquer un collègue :
on l'a disparu ...
Courir de Jean Échenoz.
C'est l'histoire d'Émile. Émile Zatopek.
Ce petit bouquin d'Échenoz (tous les bouquins d'Échenoz sont petits) se lit à toute allure, à toute vitesse.
En moins de deux heures, en moins de temps qu'il n'en faut à Émile pour courir les 20.000 mètres.
On suit tout cela (les courses d'Émile et la roue de l'Histoire) au rythme donné par Échenoz, dans la foulée d'Émile : c'est passionnant, captivant, haletant.
Sous la plume d'Échenoz, on a l'impression de voir le monde courir à sa perte tandis que le petit bonhomme Émile court sur la planète, poursuivi par les chars, essayant vainement d'échapper à
l'Histoire qui finit par le rattraper lorsque, avec l'âge, Émile s'essouffle et se trouve bien heureux de voir quelques jeunes prendre la relève.
Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur de Harper Lee.
En 1935, dans cette petite ville du fond de
l'Alabama, on trouve effectivement ces fameux
mockingbirds chantants mais aussi des Noirs, employés aux champs ou aux cuisines, qui chantent du gospel de tout leur coeur.
Jusqu'à ce que l'un d'eux, Tom Robinson, se retrouve accusé d'avoir violé une blanche ...
Une plongée dans l'amérique raciste la plus profonde, annonciatrice des changements à venir (
Martin
Luther King sera assassiné 9 ans après la parution du bouquin, 35 ans après les faits relatés).
Dérive
sanglante de William G. Tapply.
Un polar qui change du lot habituel : le héros, Stoney Calhoun, ne supporte même plus l'alcool et boit du coca depuis
l'accident qui l'a rendu amnésique !

C'est plutôt sympa, même si parfois on a du mal à croire au héros si gentil et à la si belle héroïne.
Mais ne boudons pas notre plaisir : si l'islandais
Arnaldur Indridason nous avait dissuadés à jamais d'aller en Islande, bien au
contraire l'américain William G. Tapply semble nous inviter à passer nos prochaines vacances dans le Maine ! Une série prometteuse : nous avons lu également
Casco Bay.
Une simple
chute de Michèle Lesbre.
Le voyage en train, parenthèse dans la vie, est décidément un prétexte à de singulières rencontres.

Ici le héros prêtera l'oreille à une étrange dame qui semble bien partie pour luir raconter sa vie.
Ulysse qui écoute le chant d'une sirène ... et comme chacun sait (sauf notre héros) il ne faut pas écouter la sirène ...
Les amateurs de polars pourront ici apprécier une très très belle plume.
Out de Natsuo
Kirino.
Un roman foisonnant avec toute une galerie de personnages très fouillés (plusieurs points de vue sont alternativement donnés sur cette histoire) qui gravitent autour de ces
quatre femmes. Quatre beaux portraits féminins, même si la peinture n'est pas très reluisante.

Quatre collègues qui vont, par la force des choses, s'entraider lorsque l'une d'elles va tuer presqu'accidentellement son mari lors d'une dispute. Il faut l'aider à se débarrasser du corps ...
Le canapé
rouge de Michèle Lesbre.
L'histoire d'une femme qui se met en quête d'un amour perdu ... à Irkoustk en pleine Sibérie, au bord du lac Baïkal.

Cette quête, c'est celle du désir des choses perdues : un amour qui s'en est allé, un idéal (politique) qui ne s'est pas réalisé, un enfant qu'on n'a pas eu, ... Le voyage en train est comme une
vie suspendue, une parenthèse, on s'en va mais c'est pour être plus proche de ce qu'on croit avoir laissé.
La
bénédiction inattendue et Les paupières de Yoko
Ogawa.
Revoici la reine de l'étrange avec deux recueils de nouvelles parus simultanément.
Les nouvelles des
paupières mettent en scène des rencontres : un passager dans un avion, une vieille femme qui vend des légumes, un vieux célibataire et une écolière, ou encore une
collectionneuse d'odeurs.
Les nouvelles de la
bénédiction ont pour thème récurrent l'écriture, et Yoko Ogawa s'y met elle-même en scène : l'une des nouvelles raconte comment l'inspiration lui est venue pour écrire
une nouvelle de l'autre recueil et ainsi la boucle est bouclée.
Inconnu à cette adresse de Kathrine Kressmann Taylor.
Une correspondance entre un juif américain et son ami allemand.
On vous laisse découvrir ce que cache réellement le titre de ce petit livre terrible mais très astucieux (on aurait presque pu le classer dans les polars), avec une belle alliance de la forme et du
fond.
Chinoises de
Xinran.
La terrible condition des femmes chinoises de la fin du siècle alors que la Chine est en train de s'ouvrir et qu'il est désormais possible de parler. Un peu.
Il est question d'inceste, de viols, d'ignorance et de misère sexuelle, de mariages arrangés, de séparations entre mère et fille, tout cela sur le fond de l'histoire toute récente de la Chine.
Là-bas de
Peter Cameron.

Une parenthèse dans la vie d'un jeune étudiant-écrivain, pas très à l'aise dans ses baskets, qui s'en va en Uruguay avec l'idée de pondre une biographie sur un romancier décédé, auteur
d'un seul bouquin.
Une île sous le vent de
Barbara Kingsolver.
Avec ces quelques nouvelles, on plonge, le temps de quelques pages, dans l'instant d'une vie, entre un passé qui se découvre sous les mots et un futur qui se devine au fil des pages.
Barbara Kingsolver tire le portrait de femmes, de beaux portraits de femmes.
Le cercle du karma de
Kunzang Choden.
La description minutieuse de la trajectoire d'une bouthanaise qui sera amenée à rompre avec ses attaches (village, famille, ...) et à partir sur les routes du Bouthan, du Népal, de l'Inde, ...
À travers son histoire on découvre la vie quotidienne de ces peuples et en filigrane le récit de l'émancipation d'une femme, d'une écriture simple, «nature», peut-être empreinte de zénitude
bouddhique ? !
Crimes au bord de l'eau de
Kerstin Ekman.

Un polar nordique qui change des habituels Mankell, Nesbo ou Indridason.
Dame Ekman possède une écriture originale, très «physique» et nous livre ici l'histoire d'un double meurtre au pays des lapons ...
Hommes sans mère de
Hubert Mingarelli.
À l'exact opposé des proses alambiquées d'autres auteurs français à la mode comme Claudel ou Barbery, l'art de
Mingarelli touche à la simplicité, presque au dépouillement : simplicité de l'histoire, simplicité de l'écriture, simplicité des hommes et de leurs sentiments à peine évoqués mais si fortement
exprimés.
Lâchons les chiens de
Brady
Udall.

Une douzaine de nouvelles.
Une douzaine de pépites venues du fin fond de l'ouest américain.
Un art consommé de camper quelques personnages en quelques pages.
84, Charing cross road de
Hélène Hanff.
Une curieuse correspondance transatlantique entre une écrivain new-yorkaise et un libraire londonien.
Un peu de fine intelligence dans ce monde de brutes.
Et un incontournable de la blogoboulle.
Tôkyô Express de
Matsumoto Seicho.
Un charmant policier de celui que l'on surnomme le «Simenon japonais».
Une incursion rapide et facile en territoire littéraire nippon pour une enquête «à la Colombo».
Les années douces de Kawakami Hiromi.
Comme son titre l'indique, une douce promenade dans les bars de Tôkyô en compagnie d'une jeune femme et un de ses anciens professeurs qui picolent et grignotent au fil des jours.
Une histoire d'amour non dit.
Le retour du professeur de danse, de
Henning Mankell.

Le retour en force des polars suédois de Mankell, qui réussit le pari de se renouveler et d'abandonner son inspecteur fétiche Kurt Wallander.

Une
incursion dans la Suède profonde, hantée par les fantômes des années noires de la collaboration avec le nazisme.
Deuil interdit, de
Michael Connelly.

On retrouve Harry Bosch, notre inspecteur favori à LA, dans une nouvelle série.
Harry Bosch reprend du service : avec Kiz Rider, sa coéquipière black, ils vont réouvrir les dossiers des "affaires classées".

Le
second épisode,
Echo Park, est également sorti.
Insecte, de
Claire Castillon.
Des histoires d'amour/haine mère/fille où la mère est beaucoup, beaucoup trop prenante, incestueuse ou insecte-tueuse ...
De formidables portraits de femmes aussi. Où se dessinent, en creux, quelques hommes, trop souvent partis en voyage ...
Une écriture féroce, cruelle, sans concession, qui dérange souvent et lorsqu'on rit, parfois, on rit jaune ...
Mal de pierres, de la sarde
Milena Agus.
Wwoouhf ! Quelle écriture, que ce petit bouquin sarde d'une centaine de pages.
La narratrice nous relate l'histoire de sa grand-mère, mariée à la fin de la guerre, lorsque les allemands quittent la Sardaigne.
L'histoire ordinaire d'une grand-mère peu ordinaire.
Puisque rien ne dure, de
Laurence Tardieu.
Heureusement il n'y a qu'à peine plus de 100 pages et c'est bien assez comme ça : on est content de refermer cette douloureuse histoire, en se disant bien vite ouf, ce n'est qu'un roman, la vraie
vie ne peut pas être aussi terrible que ça, etc.
Mais le hic, c'est que c'est très très bien écrit et que l'on se croit donc obligé d'en parler à d'autres qui vont, à leur tour, découvrir ces sombres pages et l'histoire d'un couple détruit, brisé
par la perte incommensurable de l'enfant.
Le lièvre de Vatanen, du finlandais
Arto Paasilinna.
Le finaud finnois Arto Paasilinna nous raconte ici l'odyssée d'un homme qui a tout largué : boulot, femme, bateau, ... après avoir rencontré un lièvre boitillant.
Nous voici entraînés à la suite de ce couple improbable à travers les lacs, les forêts et les villages de Finlande jusqu'en Carélie et le périple est prétexte à toutes sortes de rencontres
dépaysantes, farfelues et sincèrement humaines.
Neige, de
Maxence Fermine.
Une centaine de pages de
Neige qui nous emmènent au Japon, le pays des
haïkus, ces petits poèmes de 3 vers et 17 pieds.
Ce petit livre est donc le poème de la neige et l'histoire de son poète Yuko, une sorte de funambule des mots.
Soie, de l'italien
Alessandro Baricco.

La délicieuse histoire au XIX° siècle d'un négociant
sériculteur racontée par un inclassable italien. Un tout petit bijou de quelques pages,
quasiment une nouvelle.
Presqu'un poème en réalité
.

Terre des oublis, de la viêt-namienne
Duong Thu Huong.
L'histoire est celle d'amours tragiques : un soldat rentre au bercail longtemps après avoir été donné pour mort. Sa femme (mais ils ne restèrent mariés que quelques mois juste avant la
mobilisation) a depuis refait sa vie et file le parfait amour avec un autre homme.
La morale (qui est aussi sa morale) lui commandera de retourner vivre avec ce premier mari qu'elle avait oublié.

La femme en vert d'Islande, de l'islandais
Arnaldur Indridason.
Un polar, un roman plutôt, rude et sombre (il y est beaucoup question de violence familiale) comme les paysages
d'Islande.

L'homme chauve souris (et les autres) du norvégien
Jo Nesbo.
Des polars norvégiens avec un auteur qui promène son inspecteur Harry Hole en Australie avec L'homme chauve-souris ou à Bangkok avec Les
cafards.

Le pouvoir du chien, de l'américain
Thomas Savage.
Un roman âpre et plus dur. La tension croît lentement mais inexorablement jusqu'au dénouement et laissera longtemps son empreinte : c'est sans aucun doute son roman le plus fort, c'est aussi son
premier succès
.

Le vieux jardin, du coréen
Hwang Sok-Yong.
Un beau roman
avec toute l'histoire récente de la Corée en toile de fond et notamment la répression de Kwangju
en 1980.

Mort d'une héroïne rouge (et d'autres), du chinois
Qiu Xiaolong.
Un régal (et d'ailleurs on y parle beaucoup de cuisine !) avec moult détails savoureux sur la vie à Shanghaï sous Den Xiaoping.
Naufrages, du japonais
Akira Yoshimura.
Une très belle histoire que celle la dure vie de ces naufrageurs des côtes du Japon
. Un roman qui laisse une forte empreinte.
on peut causer