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On A Tout Archivé

23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 09:47

Le site de l'album


Camille & Emily

On n'aime guère les vocalises prétentieuses de notre Camille nationale.

On n'apprécie qu'à petites doses les orchestrations intellectuelles d'Emily Loizeau.

Mais voilà que ces deux-là se sont retrouvées sur un bien joli titre : Marry, Gus and Celia où le souffle éthéré de l'une vient soutenir la voix un peu effacée de l'autre.

On est méchant parce que le titre est vraiment réussi avec des guitares saturées au millième de décibel pour accompagner le duo des deux oiselles.

Oh, they exhange their hearts in the dark ...

Comme un autre d'ailleurs tiré également de ce nouvel album d'Emily - Mothers & Tygers - ce second titre repêché de l'album, c'est The Angel, où Emily nous sert un bien joli folk, accompagnée (et oui il faut bien ça, mais ne recommençons pas) par Herman Dune.

L'oiseau Emily n'a guère de voix mais la dame reste une excellente musicienne, alors souhaitons qu'elle sache encore se faire accompagner comme ici.

Cliquer sur les liens pour écouter : cadeau de rentrée, on vous livre les deux chansons en version [presque] intégrale.


Pour celles et ceux qui aiment les voix éthérées.

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16 octobre 2012 2 16 /10 /octobre /2012 08:11

D'autres avis sur Babelio


Cold case chez les SS

Chez le britannique Philip Kerr, il y a des hauts et il y a des bas. Faut dire qu'avec l'excellente Trilogie berlinoise, la barre avait été haut placée.

Mais, allez savoir pourquoi, on aime beaucoup beaucoup son personnage, Bernie, tantôt flic, tantôt privé, parfois rebelle, parfois complaisant, selon les époques de cette trouble période de l'Allemagne nazie ...

 Alors on est bien content de retrouver un excellent épisode avec cette Douce flamme.

Avec un montage très habile puisque l'histoire (pardon l'Histoire avec Philip Kerr) ici se fait double : d'un côté les années 30 quand Bernie était encore flic à Berlin, de l'autre côté l'Argentine des années 50 où les nazis trouvent refuge.

Entre les deux, ‘on’ demande à notre Bernie de ré-ouvrir outre-Atlantique un dossier berlinois qu'il avait dû classer sans suite vingt ans plus tôt. Et quand on lance Bernie sur une enquête, il n'est pas facile de le manipuler ou de lui faire lâcher prise ...

Vingt ans après ... ou Cold case chez les SS ...

« Les enquêtes criminelles marchent de la façon suivante, Arthur : quelquefois, il faut d’abord que le pire se produise pour pouvoir espérer le meilleur.

— Comme un nouveau meurtre ? » J’acquiesçai. Nebe demeura un instant silencieux.

Puis il ajouta : « Oui, je peux comprendre ça. N’importe qui peut le comprendre. Même vous.

— Moi ? Qu’est-ce que vous voulez dire, Arthur ?

— Quelquefois, il faut d’abord que le pire se produise pour pouvoir espérer le meilleur ? C’est le seul motif pour lequel quelqu’un irait voter pour les nazis. »

Alors on est enchanté de découvrir les débuts de Bernie à la Kripo de l'Alexander Platz (le Quai des Orfèvres berlinois).

Et au chapitre suivant, on est passionné par la découverte de l'Argentine fasciste de Perón. Le mélange est parfaitement dosé.

Comme toujours chez Philip Kerr, l'histoire cède le pas à l'Histoire au prix de quelques rocambolesques invraisemblances qui permettent à Bernie de côtoyer Goebbels, Eichman ou Mengele (rien que du beau monde !).

Mais qu'à cela ne tienne, on aime bien ces troubles balades dans les pages sombres de l'Histoire.

Comme ses compatriotes exilés, Bernie a vieilli et reste hanté par les mauvais épisodes de son passé (on le serait à moins).

D'autant que l'instructive postface jettera un regard désabusé sur le sombre passé de l'Argentine qui, à cette époque, avait décidé de retenir le meilleur de l'Allemagne hitlérienne et de l'Italie de Mussolini. Une postface où l'on découvrira que les tribulations rocambolesques de Bernie étaient construites sur un bien sinistre fond de vérités à peine romancées. À peine : Philip Kerr n'a malheureusement pas besoin de prendre trop de libertés avec l'Histoire.
Philip KerrOn peut sauter l'épisode précédent (La mort entre autres) qui évoquait la fuite de Bernie vers l'Amérique du Sud en compagnie de quelques uns de ses « amis » et compatriotes, mais il ne faut pas manquer l'excellente Trilogie avant de poursuivre avec cette petite flamme argentine.

Les nazis parlaient d’un Reich de mille ans. Mais, parfois, je me dis qu’à cause de ce que nous avons fait, le nom de l’Allemagne et les Allemands sont couverts d’infamie pour mille ans. Qu’il faudra au reste du monde mille ans pour oublier. Vivrais-je un millier d’années que jamais je n’oublierais certaines des choses que j’ai vues.

La flamme argentine de Perón s'éteindra bientôt, noyée dans la dictaturomanie sudaméricaine, mais elle aura suffisamment éclairé l'Histoire pour confirmer définitivement que le fascisme n'était pas qu'un accident italo-allemand.

Soixante ans après, l'Allemagne tire l'Europe et n'est plus couverte d'infamie : est-ce parce que le monde veut oublier ou plutôt parce qu'inconsciemment chacun sait bien que le fascisme a rencontré trop de complaisances et même d'adhésions pour qu'on puisse tout mettre sur le dos de l'Allemagne ?


Disponible en ebookPour celles et ceux qui aiment Bernie et les histoires avec de l'Histoire dedans.
Ces pages datent de 2008 en VO et sont traduites de l'anglais par Philippe Bonnet
.

D'autres avis sur Babelio.

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9 octobre 2012 2 09 /10 /octobre /2012 06:55

D'autres avis sur Babelio


La reine des glaces...

 http://carnot69.free.fr/images/polaire.gifÀ 37 ans, la nouvelle reine du polar suédois s'est déjà taillé un sacré succès dans les traces de Henning Mankell ou de Stieg Larsson.

Disons le tout de suite, ce n'est pas de la grande littérature.Le répertoire des polars

On s'était d'ailleurs tenu jusqu'ici, prudemment à l'écart de ces couvertures convenues, craignant une tromperie au poisson nordique avec un emballage prometteur qui aurait pu receler de l'élevage ou de la conserve.

Mais non, l'importation est honnête et finalement on trouve là une écriture plutôt simple et sympa, sans prise de tête, idéale pour une gentille remise en route de neurones paresseux après les vacances. 

Camilla Läckberg, c'est beaucoup moins bien que la prose du maître Mankell mais c'est aussi beaucoup mieux que le racolage complaisant de Larsson.

On découvre ici plutôt une voisine transatlantique de Patricia Cornwell. 

Avec d'ailleurs le même côté prolixe dont on se lassera vite.

La série de Camilla Läckberg(1) met en scène une écrivaine (Erica) et un flic (Patrik).

Au fil des épisodes leur romance se développe (flirt, bébé, mariage, ...) de manière très conventionnelle mais toujours agréable à suivre.

Et les voici qui enquêtent finalement à deux sur quelques mauvais crimes survenus à Fjällbacka, une petite bourgade de la côte ouest suédoise(2) d'où est native Camilla Läckberg. Un lieu de villégiature un peu bourgeois(3) et jusqu'ici bien tranquille, avant que l'auteure ne se mette à y découvrir des cadavres.

Le premier de la série (La princesse des glaces) est plutôt sympa : crime pas tout à fait ordinaire, histoires de familles aux secrets cachés, couvercle de silence bourgeois sur la marmite du passé, ...

Il savait que le processus avait démarré au moment même où Alex avait été retrouvée morte dans sa baignoire. Il avait compris que la police allait fouiller, retourner tous les cailloux et exposer au grand jour tout ce qui grouillait en dessous.

Tout le monde finit par avoir une raison ou une autre d'être l'assassin. C'était un peu la recette d'Agatha Christie, réchauffée ici avec une sauce à la confiture d'airelles.

Le suivant (Le prédicateur) est plus convenu : crimes horribles, serial killer, ... on est en terrain connu même si la recette est toujours accommodée par Camilla Läckberg (histoires de famille, secrets du passé, ...).

Il se laissa tomber sur la chaise de bureau et lança un regard muet à sa femme. Leurs yeux exprimèrent une compréhension mutuelle. De vieux ossements étaient littéralement remontés à la surface, et ils savaient tous les deux ce que cela impliquait.

Quelques personnages secondaires se développent au fil des épisodes, comme la soeur d'Erica dont on suit les déboires matrimoniaux (un peu lassante la frangine, il faudra attendre le 3° épisode pour qu'elle se décide enfin) ou encore le commissaire Mellberg - le patron de Patrik - dont le portrait (très savoureux le portrait) est plutôt salé :

— Tu as remarqué quelque chose d’anormal avec Mellberg ces temps-ci ? demanda Patrik pour commencer.

— À part le fait qu’il ne se plaint plus, ne critique plus, qu’il sourit tout le temps, qu’il a perdu du poids et qu’il a abandonné ses vêtements des années 1980 pour passer aux années 1990 – rien, répondit Martin avec un sourire qui souligna l’ironie de ses paroles.

— C’est louche, tout ça.

On profite de cette lecture facile pour mieux connaître la vie quotidienne de nos voisins suédois qui, ça se confirme après Leif GW Persson, semblent bien être les plus américains des européens.

_________________________________

(1) - une série télévisée est d'ailleurs en cours de tournage tout là-haut

(2) - et oui, encore un aspect de notre ignorance de nos voisins suédois : il y a une côte ouest en Suède, au sud de la Norvège, au nord de Göteborg, une région de pêcheurs, de maisons colorées et d'îlots déserts, sympa ... l'été.

(3) - Ingrid Bergman y venait en vacances lorsqu'elle était enfant


Disponible en ebookPour celles et ceux qui aiment les polars suédois.
C'est évidemment Actes Sud (Babel Noir) qui édite ces ouvrages traduits du suédois par Lena Grumbach et Marc de Gouvenain et dont le premier (La princesse des glaces) est paru en 2004 en VO.

D'autres avis sur Babelio [1] et [2].

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25 septembre 2012 2 25 /09 /septembre /2012 08:52

 

D'autres avis sur Babelio


Quelque chose de pourri au royaume de St-Louis.

Attention, pavé !

Voilà bien un bouquin inclassable. Et d'après MAM qui a commencé par Les corrections(1) ce pourrait bien être la marque de fabrique de l'auteur : Jonathan Franzen.

La vingt-septième ville, c'est Saint-Louis, Missouri, au confluent du Missouri et du Mississipi.

Elle fut au début du siècle (le XX°) l'une des plus grandes villes des États-Unis puis connut un déclin inexorable.

Dans les années 70-80 tout part à vau-l'eau et la corruption est généralisée dans les arcanes du pouvoir de la ville.

Survient une drôle de petite bonne femme, Suzanne Jammu, qui prend la tête de la police municipale : ex-trotskyste tendance marxiste, parente éloignée d'Indira, elle débarque de Bombay(2) où elle était ... préfet de police de la plus grande ville d'Inde !

La dame et ses sbires ne reculent devant rien : les chambres et les cuisines de ceux qui comptent en ville, les toilettes des bars et des pubs où tout ce joli monde se retrouve, tout est truffé de micros.

Quelques attentats (soigneusement ciblés pour éviter toutes pertes humaines) affolent St-Louis. Heureusement la chef de la police veille au grain ! De là à penser que c'est elle qui organise tout cela pour mieux asseoir son pouvoir ...

Car son équipe d'indiens(3) a plusieurs cordes à son arc : et si vous ne pliez pas, on peut (crescendo) vous écraser votre chien, séduire votre fille, ou même ... [stop]

De l'autre côté, Martin Probst, un industriel du BTP honnête (si, si, y'en a un et il habite St-Louis) un entrepreneur honnête donc qui, indiens ou pas indiens, ne voit pas pourquoi il changerait sa ligne de conduite : il y perdra son chien, sa fille, et même ... [re-stop]

Et tout ça pour quoi ? Pour redonner un peu de vie au centre-ville, qui a été peu à peu délaissé au profit des banlieues chics du comté avoisinant ?

Ou pour que certains (dont maman-Jammu ?) empochent quelques plus-values foncières quand les quartiers débarrassés du crime prendront de la valeur immobilière(4) ? Spéculation, corruption, industrie, ségrégation, urbanisme ...

[...] - Une des raisons majeures pour lesquelles la bourgeoisie blanche est venue s'installer dans le comté, c'est, comme nous le savons tous, le désir d'avoir de bonnes écoles et, plus spécifiquement, la peur des quartiers noirs. Si la ville réintègre le comté, il n'y aura plus nulle part où se réfugier.

Le pavé est foisonnant, au point que beaucoup l'ont jugé long et fastidieux : mais si on se laisse prendre au jeu et plonger dans la vie quotidienne de St-Louis des années 70-80, c'est passionnant. Les rivalités entre la ville et le comté alentour, les questions d'urbanisme, ...

Et la richesse des personnages décrits minutieusement par Jonathan Frantzen.

On ne sait pas trop où il veut en venir : est-ce une enquête sociale ? un suspense psychologique ? rien de tout cela ou tout à la fois ?

On notera deux portraits féminins tout en richesse et subtilité.

Barbara, la femme de l'industriel, une Barbie qui n'a de poupée que son surnom.

[...] Chaque semaine, en moyenne, elle lisait quatre livres. [...] Elle allait une fois à son cours de gym et jouait trois fois au tennis. Chaque semaine, en moyenne, elle faisait six petits-déjeuners, emballait cinq déjeuners à emporter et préparait six dîners. Elle parcourait cent soixante kilomètres en voiture. Elle regardait par la fenêtre pendant quarante-cinq minutes. Elle déjeunait au restaurant trois fois. [...] Elle passait six heures dans les magasins, une heure sous la douche. Elle dormait cinquante et une heures. Elle regardait la télévision pendant neuf heures. Elle parlait deux fois au téléphone avec Betsy LeMaster. De trois à cinq fois avec Audrey. Quatorze fois en tout avec d'autres amies. La radio restait allumée toute la journée.

Mais ce portrait de la page 121 cache en réalité une femme qui aura d'autres occasions de nous surprendre tout au long du bouquin.

Et puis bien sûr la mystérieuse et captivante indienne Jammu dont on ne sait trop si c'est une force naïve ou une puissance diabolique qui l'habite, mais en tout cas à qui rien ni personne ne résiste.

Ou presque, puisque tout cela finira dans un lamentable cafouillage : dans les années 70-80, il y avait quelque chose de pourri au royaume de St-Louis.

Contrairement à beaucoup de blogueurs, on a bien aimé ce gros pavé(5), sa richesse sans prétention, ses personnages très attachants, ses évocations précises et détaillées de tout et de rien, c'est-à-dire de ce qui faisait la vie quotidienne à St-Louis en ces années-là ...

Un bouquin très très américain, où à force de descriptions minutieuses (la longueur a cet effet-là) on croit toucher un peu de cette spécificité américaine, de cette a-culture américaine(6).

MAM tout comme BMR, on est tous les deux enthousiastes : à deux doigts (et quelques dizaines de pages) du coup de coeur.

_______________________________

(1) - Les corrections ont le succès que l'on sait, ce qui a permis de re-sortir ce premier bouquin de Frantzen qui date de la fin des années 80 - d'après MAM ce St-Louis est même meilleur que les Corrections

(2) - le bouquin date de 88, on ne disait pas encore Mumbai !

(3) - quelques parallèles subtils sont tissées entre les indiens d'Inde et ceux d'Amérique

(4) - pour la petite histoire (la vraie), St-Louis fut dans les années 50, le lieu d'un grand chantier d'urbanisme inspiré de notre Corbusier national et destiné à reloger la population croissante. Le projet fut confié à un jeune architecte, Minoru Yamasaki. La cité qui concentrait et séparait blancs et noirs se révéla évidemment un véritable désastre et connaitra la démolition seulement vingt ans plus tard, à peu près au moment où était inauguré le World Trade Center construit par ... Minoru Yamasaki ! Quand on a la poisse ...

(5) - notons au passage que c'est très bien écrit (et visiblement très bien traduit) ce qui, avec un peu de suspense pour accompagner et un peu d'exotisme indien pour assaisonner, rend le pavé nourrissant mais très digeste

(6) - le bouquin date de 88, on ne disait pas encore étasunien(ne) !


D'autres avis (guère amateurs de pavés) sur Babelio.

Points édite ces 669 pages qui datent de 1988 en VO et qui sont traduites de l'anglais par Jean-François Ménard.

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18 septembre 2012 2 18 /09 /septembre /2012 16:17

American beauty.

  Ooh, voilà une belle découverte que Laura Kasischke.
Si l'on en croit son Oiseau blanc dans le blizzard, ça promet.
L'horreur cruelle du quotidien, y'a pas d'autres mots.
Le quotidien bien propre et bien blanc des banlieues américaines.
Une maison. Une mère, un père, une fille. Et la haine tranquille qui relie ces trois-là.
http://carnot69.free.fr/images/coeur.gif
Un beau jour la mère disparait et au fil des flashbacks, on va découvrir peu à peu ce qui se tramait sous la surface bien lisse de cette famille trop propre.
[...] On est samedi. Cela fait une semaine et un jour que ma mère est partie. Je compterais bien les heures et les minutes, aussi, mais elle a quitté la maison un vendredi après-midi pendant que j’étais à l’école et que mon père était à son travail. Nous sommes tous deux rentrés chez nous pour trouver une maison déserte. Elle n’a pas laissé de mot, elle n’a pas fait la moindre valise, elle a juste passé ce petit coup de fil le lendemain pour dire à mon père qu’elle ne reviendrait pas, et puis plus rien.
C'est féroce et superbement bien écrit.
L'auteure enchaîne les descriptions à première vue superficielles de leur vie monotone et puis, bang, au détour d'une phrase inattendue le scalpel découpe la surface et s'enfonce bien profond, juste là où ça fait très mal.
[...] Mais cela ne l’empêchait pas de me faire les gros yeux quand je mangeais ces petits gâteaux. « Mon Dieu ! disait-elle quand je mordais dans la poussière douce de l’aile d’un ange. Mais tu grossis d’heure en heure, Kat ! » Voilà, ma mère était comme ça. Et alors ? Nous avons tous eu des enfances merdiques.
Une littérature très physique, d'une violence contenue :
[...] « C’est quoi, cette odeur ? s’étonna Phil quand il vint me voir, un peu plus tard, ce soir-là. — La mort », répondis-je.
Peu à peu, Kat va nous faire revivre son passé, son enfance entre ses parents toxiques, un père ennuyeux et une mère ennuyée. Peu à peu, elle cherchera à s'échapper de cette prison dorée, trop lisse et trop propre, quitte à coucher avec tout ce qui passe à la maison, le voisin affligé d'une mère aveugle ou l'inspecteur chargé de l'enquête sur la disparition de maman. 
[...] Notre maison, comme toutes celles de notre rue, a trois chambres – la mienne, celle de mes parents et une chambre d’amis, dont la porte est toujours fermée. Les rares fois où on ouvre cette porte, une bouffée fraîche de naphtaline s’engouffre dans nos poumons, comme si l’ami invité était en fait le passé, enfermé depuis des années, qui essaie de s’échapper.
Oui, la maison de cette gentille famille américaine recèle quelque secret qui finira par s'échapper.
Mais on ne vous dévoile pas la fin, façon polar, tout à fait à la hauteur de cet excellent roman.

Disponible en ebookPour celles et ceux qui aiment les histoires de famille.
C'est Christian Bourgeois qui édite ces 317 pages qui datent de 2008 en VO et qui sont traduites de l'anglais par Anne Wicke. 
D'autres avis sur Babelio.
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11 septembre 2012 2 11 /09 /septembre /2012 09:31

Le site de l'album


I.C.U.

Belle rentrée musikale avec Lou Doillon.

On pouvait craindre le buzz médiatique de rentrée avec encore une fille de ..., venue faire son cinoche au micro.

Faut dire que l'héritage de Serge pour les uns, de Jane pour d'autres, est lourd à porter.

Coup de coeurEt ben non, à 30 ans tout juste, Lou Doillon tire son épingle de ce jeu difficile et s'en sort fort bien.

Sans doute doit-on un grand merci à Etienne Daho qui signe, sans faute, les arrangements des chansons écrites et composées par Lou.

Sur le fond généreux de cuivres, de cordes et de claviers, Lou Doillon réussit à placer sa voix (oui, oui, elle en a une, ... elle), une voix têtue, désabusée, ...

Une voix qui évoque Patti Smith ou mieux encore, Leslie Feist (qui justement avait repris quelques morceaux du Velvet).

On aime beaucoup I.C.U. (très beaucoup), Same old game, Devil or angel, Make a sound, ... Un peu moins la chanson-titre : Places, dont l'envolée finale (très années 60 justement) est moins maîtrisée.

Des ballades sombres faites pour accompagner des balades nocturnes.

[...] ICU in every cab that goes by, in the strangers,

at every cross road, in every bar.

It takes a glass or two,

For it to settle down,

For your shadow to stop following me around,

[...] And of course I wonder,

Does it happen to you ?

Does my ghost ever come looking for you ?


Pour celles et ceux qui aiment les voix de la nuit.

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3 septembre 2012 1 03 /09 /septembre /2012 09:52

L'avis partagé de Yan


Dandy-polar

Ah, voilà un moment qu'on attendait une bonne surprise au rayon polar.

Merci donc à Mr. Heinrich Steinfest pour son roman étrange : Requins d'eau douce et bravo à MAM pour sa bonne pioche.

Et si le roman relève du décalé, Heinrich Steinfest ne l'est pas moins : le bonhomme est d'origine autrichienne (son roman se passe à Vienne) mais il est né en Australie (d'où sont les requins) et il vit désormais en Allemagne(1) ...

Jugez un peu : l'histoire commence avec la découverte d'un cadavre à moitié bouffé par un requin, un cadavre qui flotte dans une piscine sur le toit d'une résidence du centre de Vienne ... un requin égaré loin de la Gold Coast ?

[...] Quand on rencontre un plongeur, on a souvent l'impression d'avoir affaire à un astronaute débile, qui aurait passé trop de temps dans l'espace. Non, quand on a toute sa tête, on craint l'eau, on craint les poissons, les petits comme les grands. Et surtout on craint l'obscurité, qui gouverne les eaux. Plonger la tête sous l'eau dans sa baignoire, c'est déjà bien assez. Personne ne peut supporter ça longtemps, et je ne vous parle même pas de la respiration.

Le reste du bouquin et toute sa cohorte de personnages sont à la hauteur de cette entrée en matière un peu déjantée, en équilibre instable (mais parfaitement maîtrisé) sur la frontière ténue entre réalisme cru, insolite déluré et nonsense so british so germanique.

Quel plaisir que cette lecture où la kulture est évidente sans se prendre au sérieux(2), portée par l'humour pince sans rire et les associations d'idées, où le sel de l'esprit est si savoureux et si impertinent qu'on se dépêche de passer les détails de l'intrigue policière(3) dans la hâte de se perdre dans une nouvelle digression à demi philosophique.

Une lecture où l'on retrouve un peu d'une ambiance entre l'inspecteur Derrick et Fred Vargas.

L'inspecteur Lukastik est misanthrope, obsessionnel, impertinent, prétentieux et arrogant, un vrai parisien(4).

[...] - Vous ne changeriez jamais d'endroit ?

- Pas pour tout l'or du monde. Ma détresse ou ma haine à l'égard de mes compatriotes ne seront jamais assez grandes pour m'inciter à me livrer à l'étranger. Et par étranger, j'entends tout ce qui est situé hors de Vienne.

Accessoirement il mange la soupe tous les soirs avec ses père et mère et il a couché avec sa soeur. Vraiment un personnage ambigu. Et passionnant. Une sorte de dandy-policier.

Délicieux, savoureux. Epicé et relevé, salé comme la soupe du père.

Pour finir on citera l'un des aphorismes du Tractatus Logico-philosophicus du penseur et logicien autrichien Ludwig Wittgenstein, abondamment utilisé par l'inspecteur Lukastik au fil de son enquête : Sur ce dont on ne peut parler, il faut garder le silence.

Alors taisons nous et découvrez vite ce nouvel inspecteur venu d'Autriche !

_________
(1) - tiens ? après Sebastian Fitzek encore l'Allemagne ? nouvelle mode du polar in France après la vague, que dis-je : le tsunami, venu(e) des pays nordiques ?

(2) - mais cet étalage pourtant modéré agace visiblement les amateurs de thrillers tgv

(3) - purement décorative, amateurs de polars trépidants, contournez l'Autriche !

(4) - on notera avec amusement la suffisance viennoise vis-à-vis de la proche banlieue autrichienne, et l'on imagine sans peine l'inspecteur Lukastik franchir le périph' avec appréhension (on se rappellera aussi la jalousie de Bergen vis à vis d'Oslo, toujours au rayon polars) - manifestement, Paris a beau être la plus belle ville du monde, elle n'a pas le monopole de l'arrogance


Pour celles et ceux qui aiment la plongée.

Curieusement les avis sont assez négatifs, ici ou . Sans doute parce que le livre est déroutant : c'est ce qui nous a plus, tout comme à Yan.


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28 août 2012 2 28 /08 /août /2012 14:22

D'autres avis sur Babelio


Big brother is behind the cloud

Il y a les grands Connelly (comme Deuil interdit par exemple) et les autres.

En voici un petit : L'épouvantail.

Quelque soit la série, grande ou petite, un Connelly n'est jamais une mauvaise surprise.

  On est sur du solide. Mais ici pas de bonne surprise non plus.Polar

Du déjà vu, déjà lu, la routine. Les lecteurs assidus pourront bientôt écrire leurs propres Connelly.

Pas de bonne surprise donc mais quelques atouts agréables comme le retour de l'agent Rachel Walling. Et du journaliste McCoy, celui du Poète.

C'est d'ailleurs un des meilleurs côtés du bouquin que de nous immerger dans la salle de rédaction du L.A. Times, même si McCoy est ici sur le point de se faire virer (réduction de la masse salariale oblige).

Avant de claquer la porte il voudrait bien finir en beauté sa carrière de journaliste affecté aux affaires criminelles avec un bel article candidat au Pulitzer : un jeune black est inculpé de l'horrible assassinat d'une danseuse topless. McCoy devine la grosse erreur et renifle la piste du vrai suspect, un tueur en série sans doute.

Et c'est parti ...

L'autre côté intéressant du bouquin (mais qui peut agacer aussi) c'est que le vilain épouvantail travaille dans une cyber-ferme de serveurs où il espionne ses futures victimes depuis son cloud.

Voilà les ingrédients de la recette : ambiance de bouclage journalistique, techno-serial-killer à moitié hacker et Rachel Walling.

On a déjà repris du rab de ce plat devenu l'ordinaire de la cantine mais ça se dévore sans faim, entre un tgv et un avion.


Disponible en ebookD'autres avis (guère plus enthousiastes) sur Babelio.

Seuil édite ces 491 pages qui datent de 2009 en VO et qui sont traduites de l'anglais par Robert Pépin.


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1 août 2012 3 01 /08 /août /2012 06:20

Le site officiel


Nouvelles de Mada.

BMR & MAM, deux baobab-coolAlexis Villain est journaliste et écrivain. Il a longtemps vécu à Madagascar. Il y a fondé une petite maison d'édition branchée, No Comment, qui publie un recueil de nouvelles qu'il a écrites : Le vieux mangeur de temps.

Quelques petites nouvelles, quelques histoires de l'Île Rouge ...

Pas toujours bien drôles (on est à Mada !) mais pleines de tendresse pour les gens de là-bas.

 

Son site propose le texte intégral de ses nouvelles (version web, non retravaillée pour le livre) et l'on vous conseille plus particulièrement la chemise rouge et la vieille de la ligne 193, hélas bien typiques de la vie malgache.

Ou encore dans la série des belles histoires : Fanantenana, la promesse de la mer ou les fresques de Mahefa, ...

On peut aussi commander le livre sur son site et regarder quelques photos.

 

Les jolis dessins du site sont de Stephan Pelayo un bédéiste d'origine malgache qui a notamment signé les couleurs de la belle série Okko.


Pour celles et ceux qui aiment les petites gens des grandes îles.

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19 juillet 2012 4 19 /07 /juillet /2012 09:13

D'autres avis sur Babelio


250 gr de farine pour 10 à 12 crêpes...

Voici les polars de vacances (d'autant que la météo incite à la lecture ...).

Sebastian Fitzek est une sympathique découverte allemande, berlinoise pour être précis.

Le répertoire des polarsC'est pas de la grande littérature (rien à voir avec nos Mankell, Indridason, Nesbo, ni même Connelly) mais ça se dévore non-stop dans un tgv, un avion, ou peut-être si vous arrivez à ne pas courir les pages à vive allure et si la météo s'arrange, sur une plage.

Du suspense à 100 à l'heure. Du thriller de ouf.

D'entrée de jeu, on est propulsé en plein désarroi.

Avec Ne les crois pas, un homme à qui tout sourit, prend sa future promise au téléphone ... on sonne à la porte : Monsieur, votre amie vient de mourir, désolé ... Mais non je viens de ... Mais si je vous dis ...

Quelque temps plus tard, une jeune et jolie fliquette désespérée s'imbibe d'alcool et s'apprête à s'ouvrir les veines quand elle est soudain réquisitionnée manu militari pour négocier avec un illuminé qui vient de prendre une station de radio en otage ... pour retrouver sa belle (et oui, c'est lui évidemment).

D'autres avis sur BabelioAlors comme le héros et l'héroïne, on ne sait plus qui croire et c'est parti pour un suspense diabolique où l'on ne sait plus qui manipule qui.

Quand on ouvre un bouquin de Sebastian Fitzek on est assuré de se faire rouler dans la farine et re-rouler encore et encore, mieux que Jessica Lange(1). Et quand la pâte est prête, on se fait encore retourner et retourner encore comme une crêpe.

Et on aime bien ces histoires invraisemblables auxquelles on ne croit pas une seconde, c'est vraiment too much. Mais c'est bien bâti.

Avec Therapie, le sieur Fitzek s'essaie à un genre (un petit peu) différent, 200% psycho, à la manière de Dennis Lehane, celui de Shutter Island.

Le héros traîne une peine incommensurable (la perte de son enfant) mais voilà qu'une drôle de dame frappe à sa porte : elle écrit des histoires ... qui se révèlent être vraies de vraies dans la vraie vie. Et elle a écrit l'histoire d'un père qui perd sa fille exactement comme ... Mais qui c'est donc ?

Et lui, il est pas bien net, il l'aurait pas zigouillée sa fille ? Ou sa femme peut-être, qui est partie au loin ? Ou plutôt non, c'est l'autre qu'est folle. Non, finalement alors c'est lui qu'est givré ? Ah zut c'est pas encore ça ...

Voilà, sur les plages cet été pourri vous avez le choix : thriller psycho ou prise d'otages, au choix.

Ou mieux, faites comme nous, lisez les deux à la suite : Sebastian Fitzek n'est peut-être pas Mankell mais il a le mérite de savoir écrire et nous livre là deux bouquins qui ne lassent pas. 

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(1) - et ben oui, chacun ses fantasmes, celui de BMR c'est Jessica dans la farine mais MAM prétend à chaque fois que ça la fait éternuer


Pour celles et ceux qui aiment la farine et les crêpes.
Le livre de poche édite ces 414+312 pages qui datent de 2006 et 2007 en VO et qui sont traduites de l'allemand par Pascal Rozat.

D'autres avis sur Babelio [1] et [2].

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Published by BMR & MAM - dans Bouquin
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