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Cinoche


Dimanche 12 mai 2013 7 12 /05 /Mai /2013 22:15

Rappel : le blog déménage à cette nouvelle adresse.

Gros coup de cœur pour ce petit film tout simple : Une vie simple, de Ann Hui, une cinéaste de Hong Kong.
Un film tout public, sans chinoiseries, donc facilement accessible, même à ceux qui ne sont pas férus de cinéma asiatique.
Même si ça se passe à Hong-Kong et que l’on peut y découvrir la vie quotidienne de cette lointaine cité.
Une histoire toute simple et universelle :  la vieille Ah Tao est au service de la famille Lee depuis 60 ans. Elle a vue vieillir ou grandir quatre générations et espère bien voir naître la cinquième. Au fil des ans, elle a nourri tout son petit monde.
Et puis au fil des ans, tout ce petit monde est parti émigrer aux US (ils ont tous des prénoms occidentaux : Roger, Sharon, … !) et il ne reste plus que Roger à Hong-Kong.
Puis soudain tout bascule : la vieille Ah Tao est malade (infarctus, …). Elle doit rejoindre une maison de retraite médicalisée.
Roger se retrouve seul et doit apprendre le mode d’emploi de la machine à laver.
Pendant quelques minutes on croit sombrer dans le misérabilisme social(2) mais c’est sans compter sur le talent de la cinéaste.
Car Roger est à la fois seul et reconnaissant envers sa Mamie Ah Tao qui l’a quasiment élevé : il va donc régulièrement lui rendre visite.
Une histoire vraiment toute simple.
Mais vraiment un très très beau film, plein d’émotion et de tendresse où l’on attend avec impatience les scènes où l’on retrouve ces deux beaux personnages (et ces deux excellents acteurs, apparemment célèbres à Hong Kong). Leur duo est tout simplement magnifique. On les voit s’éloigner sur le trottoir, quasiment bras dessus bras dessous, tel un joli couple(1).
Beaucoup de non-dits entre eux deux mais des sentiments qui crèvent l’écran au détour d’un regard sous la très belle caméra d’Ann Hui.
Comme il se doit en Chine, beaucoup de choses tournent autour de la nourriture : la vieille Ah Tao faisait la cuisine pour toute la famille et ces dernières années pour le seul Roger. De toute évidence, quand on parle cuisine et nourriture en Chine, on offre quelque chose, quelque chose de soi.
Le plan fixe sur la poêlée de langue de bœuf restera dans nos annales : comment dire autant de choses en fixant ainsi sa caméra sur une casserole !
Ann Hui est une grande artiste et son histoire simple est servie par deux excellents acteurs : saluons au passage la prestation de Andy Lau(3) qui donne véritablement corps à cette histoire en “réponse” ou en miroir à sa mamie Ah Tao(4).
Vraiment, essayez de trouver un ciné ouvert avec Une vie simple encore au menu, pour savourer la cuisine pleine d’émotion d’Ann Hui.

 

(1) - évidemment aucun sous-entendu dans le film même si le jeune Roger ne semble avoir ni épouse ni même petite amie
(2) -  on vous laisse imaginer l’ambiance d’une maison de retraite surpeuplée de Hong-Kong pour vieilles gens peu valides et peu fortunées (mais on a la même chose ici évidemment)
(3) - le rôle de Ah Tao incarné par Deanie Ip est plus évident, plus facile et bénéficie d’emblée de notre empathie, mais bien sûr cela n’enlève rien au mérite de la dame d’ailleurs couronnée de lauriers
(4) - Deanie Ip serait (dans la vraie vie) la marraine de Andy Lau ! Andy Lau qui endosse le rôle de Roger Lee qui n’est autre que le producteur du film et dont l’histoire a inspiré le scénario !


Pour celles et ceux qui aiment les gens simples.
C’est Le Monde qui en parle le mieux.

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Jeudi 2 mai 2013 4 02 /05 /Mai /2013 14:48

Rappel : le blog déménage à cette nouvelle adresse.

Depuis les Brumes électriques, le ciné est tombé amoureux du bayou et nous avec.
Avec Mud, Jeff Nichols (de qui on avait bien aimé Shotgun stories mais de qui on avait loupé Take shelter) nous emmène sur les rives du Mississippi, là où les bateaux poussent dans les arbres.
Au bord de la rivière, deux ados ont la vie dure.
Ils rêvent de lendemains meilleurs. Ils rêvent d’amour tout simplement (histoire de faire mieux que leurs parents, ça a l’air facile comme ça).
Au fil de l’eau et de leurs virées dans le bayou, ils rencontrent Mud. L’archétype du baroudeur éperdu d’amour pour une blonde. Le bad guy est recherché par la police. La blonde n’est pas loin. Les méchants non plus.
Jeff Nichols nous raconte une sacrée belle histoire et on resterait des heures à naviguer entre deux eaux.
Avec des personnages, des vrais : les parents, la blonde, le vieux Tom (Sam Sheppard en tireur d’élite retraité de la CIA !), …
Et bien sûr Mud et les deux gosses (sacrément bons les deux gamins !).
Une belle histoire, un très beau film qui prend tout le temps de placer ses personnages, des personnages épais qui ont tous quelques faces cachées (et qui nous resteront en partie cachées : à chacun de créer sa propre histoire).
Un très beau film qui sent fort l’amérique profonde et l’eau croupie du bayou.
Bien sûr, on se doute que tout ça va mal finir, y’a des serpents dans l’eau, la tension est forte, le beau gosse est trop bad guy, la blonde est trop craquante, mais le film prend son temps et nous aussi … Un peu comme si Jeff Nichols se sentait obligé de terminer tout cela dans les 5 dernières minutes parce qu’il faut bien laisser la salle pour la séance suivante.
Quelques minutes pour dénouer tout cela et laisser à chaque spectateur le soin de prolonger sa propre histoire. Merci Mr. Nichols.
L’amour n’est-il que mensonge et trahison ? Ça en a tout l’air …
En tout cas, Mud est très certainement le film à voir en de début de mai.


Nicolas (de Filmosphère) en parle très bien.

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Mercredi 1 mai 2013 3 01 /05 /Mai /2013 08:02

Rappel : le blog déménage à cette nouvelle adresse.

Le film de Margarethe von Trotta offre un beau portrait de femme.
Le portrait de Hannah Arendt, philosophe allemande d’origine juive, réfugiée aux États-Unis pendant la guerre et qui “couvrit” le procès d’Adolf Eichmann pour le compte du New-Yorker en 1961.
Le livre qu’elle tira de ce procès fit polémique(1).
Parce que son reportage refusait de diaboliser le bourreau nazi : ce n’était qu’un homme ordinaire qui obéissait aux ordres. Ce n’en était que plus terrible mais les propos de Hannah Arendt furent mal compris et surtout, ne correspondaient pas à l’idéologie sioniste de l’état israélien qui voulait faire de ce procès une tribune à grand spectacle.
Les écrits de Hannah Arendt transcrivaient également des propos tenus lors du procès, propos qui mettaient en cause l’attitude des “conseils juifs” pendant la guerre et leur coopération avec les nazis.
Quand on sait de plus que Hannah Arendt fut la maitresse de Heidegger (avant guerre) et que le bonhomme se montra ensuite moins fin politique que grand philosophe, allant jusqu’à s’inscrire au parti national socialiste, on comprend que la dame fut l’objet d’une vive polémique.
Mais le film est loin de se réduire à cette controverse historico-philosophique, bien au contraire.
L’histoire qui nous est contée est plutôt celle de la naissance d’une pensée, la pensée de Hannah Arendt qui, à l’occasion du procès Eichmann, mit la touche finale à sa philosophie du totalitarisme. Décrivant le processus par lequel ce totalitarisme déshumanise totalement les bourreaux (et les victimes) et au nom duquel les actes les plus horribles  sont commis sans remord, sans morale, sans humanité … La banalité du mal ordinaire. Rien de diabolique là-dedans, malheureusement.
Le film montre (et fort bien) la naissance de cette pensée, le cheminement intellectuel de la dame et bien sûr son opposition à ses détracteurs. Avec ce qu’il faut de suffisance et d’arrogance pour que la pensée d’un individu parvienne à se dresser contre vents et marées. C’est tout simplement passionnant.
Le film, qui reste très classique et presque académique, fait la part belle à Barbara Sukowa qui incarne là une belle figure, féminine et intellectuelle.
On apprécie également l’habile montage avec les images d’archive du procès : le mélange rappelle un peu ce qu’on avait déjà goûté dans le film chilien No.
La seconde partie du film se laisse tirer un peu trop sur la pente de la controverse et de la polémique mais cela ne suffit pas à gâcher ce très bel hymne à la pensée libre et indépendante, seul rempart contre le totalitarisme.

(1) - il est conseillé de (ré)viser un peu avant d’aller voir le film : Wikipédia et Rue89 sont deux saines lectures



Pour celles et ceux qui aiment réfléchir.
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Mardi 23 avril 2013 2 23 /04 /Avr /2013 07:32
Alain en parle

Métier : actrice.

Week-end cinoche bien décevant : après le soporifique Grandmaster de Wong Kar-Waï dont on ne sait trop quoi dire(1), voici le film de Jérôme Bonell : Le temps de l'aventure, qui s'avère également bien en-deça de nos attentes.
Mais comme nous sommes des inconditionnels d'Emmanuelle Devos, on ne pouvait pas le manquer.
Alors oui, cette grande actrice qu'est E. Devos crève l'écran comme à son habitude et son subtil jeu décalé fait à nouveau merveille.
Il n'y en a que pour elle, actrice fétiche de J. Bonell.
Et ça frise d'ailleurs le fétichisme : on ne compte plus les plans sur la nuque et les cheveux d'Emmanuelle ou sur les pas d'Emmanuelle en sandales.
D'ailleurs, on ne compte plus les plans répétitifs : elle doit tirer de l'argent avec sa carte bancaire au moins 5 ou 6 fois(2), téléphoner au moins 10 ou 12 fois, prendre le métro au moins 5 ou 6 fois, etc...
L'idée de départ était plutôt alléchante, surtout avec E. Devos à l'affiche : entre deux trains, une aventure d'un jour avec un bel inconnu (Gabriel Byrne, séduisant ... mais insipide face à E. Devos).
Mais voilà qu'en chemin, Jérôme Bonell entreprend de nous expliquer et ré-expliquer les états d'âme de la belle : carrière en panne, jalousie familiale, couple en berne, compte en banque à sec, et d'autres choses encore qu'on ne vous dit pas.
Bref, E. Devos se cherche et veut faire le point sur sa vie. Bof. On aurait préféré rester sur l'idée d'une rencontre hasardeuse entre deux trains, c'était plus poétique et moins trivial. Bref, lourdingue, lent et ennuyeux.
Reste une scène à sauver, magique.
Au début du film, E. Devos (elle est actrice, je veux dire : actrice dans le film) passe une audition pour un casting, genre le film dans le film. Elle doit jouer une scène un peu bébète.
Évidemment, elle s'en tire à merveille et on se dit, purée quel métier ! même avec ce petit texte insignifiant, sorti de tout contexte, on y croit ...
Et puis, allez on refait une autre prise ? avec (je cite) : un peu plus d'émotion ?
Et alors là, on est scotché au fauteuil : le même texte toujours sans intérêt mais complètement transfiguré par une actrice qui le joue dans un registre totalement différent. Chapeau !
Il est rare que nous soit donné à voir le métier d'acteur d'une manière aussi lumineuse.
Bien entendu elle sort du casting catastrophée et jugera sa prestation lamentable !
_______________________________________
(1) - BMR s'est même retrouvé à somnoler entre deux combats de kung-fu, certes filmés à la perfection, mais ennuyeux et sans âme - où veut en venir Wong Kar-Waï ? on attendait un "In the mood for kung-fu"  mais on s'est retrouvé avec un catalogue de belles images sans aucun intérêt
(2) - des fois que ceux du fond comprennent pas, la pauvre Emmanuelle va même à sa banque chercher du liquide, sans succès évidemment puisque, on insiste encore, je cite : elle a dépassé son autorisation de découvert. Ah bon ? Manque plus que l'apparition du relevé de compte à l'écran : la dèche expliquée et ré-expliquée pour les nuls.

Pour celles et ceux qui aiment Emmanuelle Devos.
Alain en parle et lui, a bien aimé.
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Jeudi 18 avril 2013 4 18 /04 /Avr /2013 18:06
Critikat en parle

Cougar : animal australien qui couche avec ses petits.

Anne Fontaine nous emmène en Australie aux côtés de ses deux Perfect Mothers.
Elles sont belles et même très belles, riches et même oisives et elles habitent une maison au bord de la falaise avec vue sur le Pacifique(1), une maison qui relègue celles de Marie-Claire au rang de cabanes de jardin.
Elles sirotent du chardonnay le soir, en tenue légère et pieds nus sur la terrasse en bois, après avoir bronzé sur la plage toute la journée (j'invente rien : la vie n'est pas facile pour tout le monde).
D'emblée, la cinéaste Anne Fontaine assume son propos : vaut mieux être beau et riche dans une superbe baraque en Australie que pauvre et moche dans une cité du 9-3.
Alors c'est l'histoire de Roz (Robin Wright) et de Lil (Naomi Watts). Elles ont grandi ensemble. Elles vivent en proches voisines dans leurs super baraques (voir plus haut, je recommence pas, trop les boules même si on n'habite pas une cité du 9-3).
Elles sont proches depuis toujours, très proches depuis longtemps. Trop proches même puisque le mari de Roz (celui de Lil n'est plus), le mari de Roz donc se sent presque exclu. Et puis voilà que le mari de Roz se voit proposer un job à Sydney, à la grande ville donc. Et lorsqu'il suggère à Roz de quitter ce joli coin ... c'est non.
Pour Lil ? pour la baraque ? les deux ?
Faut dire qu'il faut être vraiment très con pour, avec une femme comme ça (mazette !) et une baraque comme ça (voir plus haut, je recommence pas, trop les boules), donc faut être vraiment très très con pour avoir ne serait-ce que le début de l'idée de quitter une femme comme ça et une baraque comme ça. Mais donc il est très con (et moustachu en plus).
Et voici nos deux riches et belles oisives qui se retrouvent seules. Ou presque.
Car elles ont chacune un fils. À peine vingt ans, tous deux aussi parfaits que leurs mamans : beaux, jeunes, bronzés et musclés, ils passent leur journée à faire du surf.
Il fait beau, y'a du soleil, des corps bronzés et des maillots de bain ... ce qui devait arriver arrivera : les fils couchent avec leurs mères. Enfin, comprenez bien : le fils de l'un avec la mère de l'autre et lycée de versailles. C'est pas de l'inceste, juste un zeste. Depuis toujours, les deux amies trop proches partagent tout. Alors pourquoi pas se partager les fistons ?
Évidemment, ça ne va pas très bien se passer : même en Australie on ne couche pas impunément avec le fils de la voisine.
Voilà. MAM s'est arrêtée là et s'est franchement ennuyée (je la sentais rencognée dans son fauteuil, ça présageait rien de bon). Malsain et pas crédible : le jugement est sans appel.
BMR, qui n'avait d'yeux que pour Robin Wright, ses fesses et sa maison, tente une lecture plus approfondie.
Accentué par une belle unité de lieu presque théâtrale, y'a un petit côté tragédie grecque (Phèdre bien sûr) entre ces quatre-là qui sont prêts à tout pour aller au bout de leur destin et de leur passion sans issue (façon : nous ne vieillirons pas ensemble) : l'entourage ne pèse pas lourd en face de ces pulsions, fantasmes, passions, désirs(2) et il va y avoir quelques dommages collatéraux. Le très beau plan final (qu'on ne vous dévoile pas) est bien dans cet esprit.
Y'a aussi le côté chic dessus, dirty dessous : c'est un peu ce que sous-entend le titre avec deux femmes qui tentent de faire bonne figure dans la société bien pensante de ce petit coin perdu d'Australie, qui essaieront d'être des perfect mamans, des perfect belles-mères, des perfect grand-mères, mais qui resteront tourmentées par les passions les plus vives. Sauf que ce thème est à peine effleuré, que notre époque est quand même un brin plus libérale, surtout chez les riches et que franchement, ces tourments-là, dans ce cadre-là, on est tous partants.
Ouais. La conclusion de BMR c'est qu'Anne Fontaine hésite un peu trop entre le film glamour aux belles images et le décorticage bourgeois à la Chabrol. Et que le côté glamour envahit tout autre propos. Incestueux mais trop chic.
Reconnaissons quand même à la cinéaste le mérite de savoir filmer à la perfection les belles femmes parfaites, comme c'était déjà le cas avec Coco avant Chanel.
Mais justement dans Coco, le patchwork rendait plutôt bien, entre les belles gravures de mode et la réflexion cinéphilosophique autour de la condition féminine de l'époque et la rébellion de Coco.
En Australie, aujourd'hui ... rébellion vous dites ? Eeeuuuh ...
Ben nous pas de problème, on veut bien même aller jusqu'à être témoins de leurs mariages quasi-incestueux si elles nous prêtent la baraque un mois à Noël ...
L'amie Nadine a été enthousiasmée par ce film, ce qui démontre au moins deux choses : d'une part, qu'à chaque spectateur son film (ça on le savait déjà), d'autre part qu'elle est attirée par les beaux et jeunes garçons (ça c'est peut-être nouveau).
_______________________________________
(1) - BMR et MAM tueraient pour une baraque pareille
(2) - cochez la case vous concernant

Pour celles et ceux qui aiment les maisons avec vue.
Le film est fidèlement adapté d'une nouvelle de Doris Lessing : Grands-mères., un livre qui semble d'ailleurs essuyer un peu les mêmes critiques.
Pour une fois Critikat est plus enthousiaste que nous.
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Mardi 16 avril 2013 2 16 /04 /Avr /2013 07:18
Cluny en parle

Bien lire la notice.

Le mari sort de taule.
Mais sa petite dame déprime quand même : ils n'ont plus le train de vie qu'ils avaient avant. Et pour cause c'est pour ça qu'il était en taule.
Ils vivaient au-dessus de leurs moyens, ou plus exactement avec les moyens des autres, les moyens de la bourse. Monsieur a spéculé un peu trop et s'est brûlé les ailes à la lumière trop forte du Dow Jones.
Du coup, maintenant après la taule, c'est la mouise et la petite dame déprime.
Forcément elle voit un psy. Qui lui prescrit quelques pilules.
Parce que forcément, quand on est toubib, les labos font le siège de votre cabinet pour réaliser des "études" avec vos patients.
Avec forcément quelques effets secondaires : c'est marqué sur la notice ...
Alors forcément, ça va mal finir et la petite dame va forcément péter un câble.
Ouais ... c'est bien l'engrenage que laissait entrevoir la bande annonce.
Sauf que c'est pas du tout ça ! Steven Soderbergh nous a manipulés toute la première moitié du film et nous a fait avaler quelques pilules. Les effets secondaires se développent dans la seconde moitié.
Tel est pris qui croyait prendre. Et même tel est pris qui croyait prendre celui qui est pris qui croyait prendre.
Retournements de situations et de personnalités s'enchaînent ...
On goûte d'ailleurs quelques savoureux retours sur la première partie du film avec de tout autres cadrages sur les "mêmes" scènes : les images nous ont bien fait voir ce qu'on voulait bien nous laisser voir(1) !
MAM a beaucoup aimé ce médico-psycho-thriller et partage l'avis positif de Cluny .
BMR a été (presque) un peu déçu (qui attendait peut-être trop de ce film après moult critiques élogieuses) et pour une fois partage l'avis de Critikat . Il faut dire que ces histoires de pilules viennent quelques années un peu tard (même s'il n'est jamais inutile de rabâcher) et puis aussi que, une fois les multiples masques tombés, aucun des personnages du film n'est finalement vraiment sympathique ...
Reste une actrice qui, depuis Facebook et Millenium-2, confirme qu'elle est la nouvelle femme fatale du cinoche : Rooney Mara.
Quelques belles photos de la petite dame (en dehors du film)  ici.
_______________________________________
(1) - un peu comme le film de Mathias Gokalp (Rien de personnel) qui nous faisait revivre plusieurs fois les mêmes scènes sous des angles très différents

Pour celles et ceux qui aiment prendre des pilules.
Cluny en parle, Critikat aussi.
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Jeudi 4 avril 2013 4 04 /04 /Avr /2013 09:12

Critikat en parle


Rêverie banlieusarde.

Montreuil c'est quand même de l'autre côté du périph. Alors il aura fallu de bonnes critiques [1] [2] pour nous y emmener (non, pas à Montreuil, faut pas déconner, mais dans un cinoche intra-muros pour voir le film) et puis la réalisatrice Sólveig Anspach qui est islandaise et puis y'a même des acteurs islandais qui causent islandais et puis y'a un phoque. Allez on va voir : The queen of Montreuil.

Et on a bien fait.

Un gentil petit film, bien sympathique et bien loufoque.

Avec en prime, l'excellente actrice qu'est Florence Loiret-Caille (déjà vue dans Je l'aimais et J'attends quelqu'un par exemple).

Cette fois Florence Loiret-Caille tient le premier rôle et joue Agathe qui revient de vacances en Asie (on l'apprend peu à peu) avec l'urne contenant les cendres de son époux décédé dans un accident de tak-tak. À l'aéroport, elle rencontre deux islandais (mère et fils) désemparés par la crise qui secoue leur île. Elles les héberge chez elle, à Montreuil donc.

Une maison baba-cool, façon cour des miracles, avec plein de voisins sympas qui ne demandent qu'à (trop) aider Agathe à faire son deuil. Voilà. Tranche de vie avec plein de personnages sympas(1) qui gravitent autour de notre Agathe qui peine à quitter l'urne de son mari, de ses nouveaux amis islandais et de son phoque.

Il manque un petit quelque chose pour atteindre le coup de coeur : un peu plus de rythme, un peu moins de dispersion peut-être(2). Mais on ne s'ennuie pas une minute à suivre les péripéties loufoques de cette bande un peu déjantée jusqu'au bord de mer (bien loin de Montreuil donc !) dans une scène qui rappelle (trop ?) une autre belle histoire, celle de Jacques Gamblin et Sara Forestier dans Le nom des gens, une scène où les phoques auraient remplacé les crabes !

Une gentille rêverie fantaisiste, bien plus réussie que le Conte d'Agnès Jaoui dont on n'avait même rien trouvé à dire ici.

Juste on comprend pas pourquoi Sòlveig Anspach est allé situé son film si loin à Montreuil : y'a tout plein de quartiers sympas dans Paris. Pfff.(3)

 

(1) - comme le type de la laverie et surtout le grutier impayable

(2) - les scènes sur la grue sont superbes, certes, mais n'apportent pas grand chose au fil de l'histoire

(3) - bon d'accord, elle vit à Montreuil, ça peut se comprendre


Pour celles et ceux qui aiment Montreuil.

Critikat et Cluny en parlent.

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Mercredi 3 avril 2013 3 03 /04 /Avr /2013 08:47

Critikat en parle


Vol plané.

Ce week-end pascal on pouvait tout à fait éviter le dernier Almodovar et en profiter pour aller chercher des oeufs en chocolat ou des poissons d'avril : Les amants passagers n'arrivent pas à nous faire décoller et le film est malheureusement fidèle à sa bande annonce.

Très années 70 (générique vintage, décors et costumes, ...), l'idée du scénario n'était pas si mauvaise : coincés dans un avion qui tourne en rond au-dessus de l'Espagne pour avarie, les passagers se dévoilent peu à peu ...

Le tout sur fond de révolution sexuelle (années vintage ?) où il est beaucoup question d'homo, un peu de sado-maso et un chouïa d'hétéro. À notre époque pas du tout vintage où Frigide Barjot et ses collègues se croient autorisés à manifester pour priver certains de nos compatriotes d'un droit légitime, il n'est jamais inutile de faire un peu de propagande.

L'idée pas très originale étant qu'avec un peu de champagne et de mescaline, tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil (années 70, vous dis-je). Mais cela ne suffit pas un faire un bon film.

Comme les passagers du vol Almodovar, on attend dans nos fauteuils : bon, faut mettre tout ça en place, ça va sûrement décoller, attends un peu, tu vas voir, ... Et bien non, atterrissage en douceur, vol sans histoire (oui c'est ça, sans histoire).

Reste qu'on atterrit dans un aéroport aux relents de scandale espagnol, sans doute une sorte de Notre-Dame des Landes ibérique, mais on manque de références locales pour apprécier.


Pour celles et ceux qui aiment (mais alors vraiment beaucoup) les vols un peu gays.

Cluny en parle.


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Mardi 2 avril 2013 2 02 /04 /Avr /2013 09:31

Critikat en parle


Destinées.

Belle histoire (belles histoires devrais-je dire) que nous raconte Derek Cianfrance (le réalisateur de Blue Valentine).

Belles histoires puisque le film est clairement découpé en trois parties, trois chapitres.

Le premier est celui de Ryan Goslin qui abandonne la voiture de Drive pour la moto.

Plus voyou beau gosse, tu meurs.

Se découvrant soudain père d'un petit garçon auprès d'Eva Mendès qu'il avait abandonnée il y a quelques années (quel con !), il entreprend de laisser tomber la fête foraine (un cirque dans lequel il joue les gladiateurs à moto) pour cambrioler des banques : c'est plus rentable et ça lui permettra de combler son fils de cadeaux.

Enfin, c'est ce qu'il croit. Puisqu'il croisera la route d'un flic.

La seconde histoire est celle du flic, Bradley Cooper. Après avoir joué les héros en stoppant les exploits du bandit à moto, il fricote avec les ripoux de son unité. Mauvais plan pour lui aussi.

Le troisième chapitre enfin, il vous faudra aller au ciné pour le découvrir, on vous le raconte pas.

D'ailleurs on vous a pas dit grand chose car c'est un film à savourer lentement (ça dure quand même près de deux heures et demi, même si on ne s'ennuie pas un instant). Beaucoup de tension(1) mais un rythme qui laisse le temps aux personnages de s'installer et de développer toute leur complexité. Une belle histoire, riche, et très bien racontée : voilà un film original, qui change des montages habituels, et qui s'éloigne de la bande annonce 'polar' qui le précédait.

Critikat en parle

Chacune des histoires amène une rupture là où on ne l'attendait pas trop(2).

Chacune des histoires parle du père : Ryan Goslin n'a pas connu le sien et voudrait bien rattraper le destin quand il découvre son fils, Bradley Cooper négligera le sien (de fils) et aura bien du mal avec son juge de père (ça aide pas quand on fricote avec les ripoux).

Chacune des histoires parle de destinée et des choix qui nous conduisent sur ce chemin qui est le nôtre, même si parfois c'est pour tenter d'en inverser le cours.

Chacune des histoires pourrait tourner autour de cette photo (ci-contre).

Juste on regrette le rythme un peu lent des deux derniers volets, un peu trop longs : après le premier qui est plutôt 100% adrénaline, le film en parait presque déséquilibré.

Un film à savourer.

Saluons au passage le second rôle de Ben Mendelsohn qu'on avait déjà croisé dans Cogan.

 

(1) - comme la scène de la persquisition par exemple et bien sûr les cambriolages à moto du début

(2) - à commencer par la surprenante issue des courses à moto !


Pour celles et ceux qui aiment les histoires de fils.

Critikat et Cluny en parlent.


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Vendredi 29 mars 2013 5 29 /03 /Mars /2013 07:22

Critikat en parle


Du sexe (un peu), des mensonges (beaucoup) et des autos.

http://carnot69.free.fr/images/chinois.gif

 

On se rappelle (c'était il y a six ans déjà !) Lou Ye et sa Jeunesse Chinoise qui nous contait la vie bouillonnante des jeunes étudiants pékinois pendant les événements de Tiananmen. Une sorte de mai 68 où Deng Xiao Ping aurait remplacé De Gaulle. Le film se terminait sur des images de rutilants 4x4 sur les autoroutes chinoises : la Chine s'ouvrait  ...

Le nouveau film de Lou Ye, Mystery, pourrait bien être la suite : la Chine s'est effectivement transformée et les jeunes chinois roulent à fond la caisse sur les autoroutes.

Mais la comparaison s'arrêtera là car Mystery nous raconte une histoire plus adulte, bien plus dure, faite de mensonges et de compromissions : si l'on en croit Lou Ye, pas sûr que la société chinoise (et le monde en général) soit sur la bonne voie ...

Et ça démarre très fort, accrochez vos ceintures, à fond la caisse sur l'autoroute, sous la pluie battante ... une course poursuite, un jeu idiot, qui bien évidemment finira mal.

Sauf que c'est pas le début ... il va donc falloir remonter un peu le temps pour avoir les clés de cet accident stupide. Qui n'était peut-être pas un accident.

On vous en dira pas plus mais tout le film est fondé sur ces manipulations et ces mensonges. Bien vite Lou Ye nous délivre même quelques clés ... qui ne sont pas les seules puisque d'autres portes dérobées restent encore à ouvrir : de l'importance du cadrage d'une image ...

Le montage de cette histoire mystérieuse est franchement très bien vu et le spectateur se laisse agréablement porté et découvre peu à peu le masque sous le masque de chacun des personnages.

Alors sans vous en dire trop pour ne pas gâcher le plaisir de la découverte, sachez quand même qu'il s'agit d'histoires de couples. Et que Monsieur n'a pas le beau rôle. Et que Madame et Madame(1) cachent bien leur(s) jeu(x).

Même que BMR aimerait pas avoir affaire à elles. Deux sacrés portraits : on en viendrait presque à plaindre le Monsieur qu'a pas le beau rôle, d'être tombé entre elles deux.

Au-delà de cette histoire de Mystery fort bien contée on le répète, on aime beaucoup la peinture réaliste de la société chinoise(2), du moins de cette classe moyenne qui visiblement réussit à tirer profit de l'ouverture de la Chine : c'est passionnant. Mais on l'a dit, la peinture n'est pas très reluisante et l'enrichissement n'est que de façade.

Juste, on regrette un peu la caméra portée et agitée en tous sens : certes, cela met l'accent sur le côté socio-réaliste et la proximité avec les acteurs-personnages ok, mais c'est vraiment un peu too much et le premier quart du film en est presque gâché (ensuite, le mal de coeur s'estompe et on s'habitue !).

 

(1) - évidemment pour faire des histoires de couples, on ne peut pas se contenter d'un seul Monsieur et d'une seule Madame, ça n'importe quel scénariste vous le dira !

(2) - le travail, les enfants, le logement, l'école, la police, ...


Pour celles et ceux qui aiment les histoires de couples pas simples.

Critikat et Filmosphere en parlent.


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Mardi 12 mars 2013 2 12 /03 /Mars /2013 08:47

Critikat en parle


Si !

Chili, 1988. Sous la pression internationale, Pinochet  tente de se refaire une virginité et une légitimité en organisant au moins un semblant de processus démocratique après quinze ans de dictature.

Ce sera un réferendum (plebiscito) ... qui finira à la De Gaulle.

Pendant quelques petites semaines, l'opposition (le cartel des partis de gauche et centre-gauche) a droit à 15 minutes de télévision. La dictature au pouvoir a droit également à ces mêmes 15 minutes. Plus le reste de la journée.

Si l'on ajoute à cela les traficotages et tripatouillages auxquels on est en droit de s'attendre dans tout scrutin bien organisé ... autant dire que les partisans du No à Pinochet partent battus d'avance.

Au point que la plupart n'entendent profiter de ces 15 minutes d'antenne que comme tribune politique pour dénoncer les exactions du franquisme chilien : enlèvements, tortures, assassinats, disparitions, la liste est longue et aujourd'hui connue.

Pourtant quelques politiciens plus avisés demandent à un jeune publiciste talentueux  (une étoile montante du monde de la pub) de prendre en charge le clip de la campagne du No.

Jusqu'ici le jeune homme se tenait à distance respectueuse et craintive de la politique (son ex- est plus activiste mais se fait arrêter et castagner régulièrement). En faisant vendre des cocas et des micro-ondes, il gagne bien sa vie, roule en superbe fuego et profite du renouveau économique du Chili, réservé à l'élite embourgeoisée.

Mais qu'à cela ne tienne, quand on sait vendre du coca ou des micro-ondes, on sait certainement vendre un réferendum(1).

Et c'est parti ...

C'est parti pour un film très étonnant. Et très fort.

Des images jaunissantes, au format carré ... ça surprend un peu, ça peut même faire fuir mais on aurait bien tort car finalement cela permet un montage très habile et très fluide avec les vraies images de l'époque (dont évidemment les clips de la vraie campagne(2)). C'est du cinéma 100% réalité : on est totalement immergé dans les années 80.

La première partie du film est passionnante qui raconte la naissance de l'idée : comment va-t-on vendre ce référendum ? Alors que les partis de gauche ne voient que la tribune offerte pour pouvoir enfin dénoncer ce qui doit l'être, dire à la face du monde ce qui doit être dit : l'horreur de la dictature. Mais cela n'est pas très vendeur et aurait plutôt tendance à faire peur et même à inciter à ne pas aller voter, ne pas s'exposer.

Le film est fort et rend bien compte de la chape de plomb qui pesait sur ces années-là : entre la pression policière toujours constante et le souvenir meurtri des années les plus dures de l'oppression.

Le décalage d'ambiance entre ce quotidien sombre et inquiétant et le clip de la campagne du No (Chile ! la Alegria ya viene !) est presque palpable.

La suite est toute aussi stressante, et on a beau connaître le résultat du référendum, on ne peut s'empêcher de s'accrocher à son fauteuil et de frémir à chacune des péripéties de la campagne.

Il faut dire qu'on s'identifie facilement au jeune publiciste qui regarde tout cela d'un air un peu ahuri (la fréquentation des cocas et des micro-ondes est plus reposante) : dévalant les rues de Santiago en skate, il représente la jeune génération chilienne qui aimerait bien tourner la page d'un passé trop sombre, celle d'un présent pas encore net et penser un peu à son futur. Quitte à passer trop rapidement sous silence le noir bilan de la dictature.

Ce jeune publiciste c'est Gael García Bernal que l'on avait déjà beaucoup apprécié dans un autre rôle tout aussi ambigü à l'occasion de Même la pluie.

Entre la tension constante et les images très typées, le film de Pablo Larrain laisse une très forte impression, durable.

Un film très original dans sa forme et passionnant sur le fond.

Alors pour No, nous on dit Oui !

 

(1) - évidemment depuis, on sait que pub et politique font très bon ménage ! Séguéla et les campagnes présidentielles, c'était aussi dans les années 80

(2) - l'occasion de voir ce cher Jean-Paul II venu apporter son soutien à Pinochet (c'était l'année précédente en 1987 - mais le pape récidivera plus tard)


Pour celles et ceux qui aiment la pub, la politique et l'Histoire.

En guise d'introduction au Chili de cette période, on peut jeter un oeil sur notre billet des Évadés de Santiago.

Critikat en parle.

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Jeudi 7 mars 2013 4 07 /03 /Mars /2013 07:59

Le Monde en parle


Le président en campagne.

Après Lincoln, suite de la série sur les présidents US (même si le cinéaste Roger Michell est anglais).

Mais les avis sont partagés sur le Week-end royal organisé par Bill Murray.

MAM s'y est plutôt ennuyée.

BMR s'est laissé porter par l'ambiance champêtre.

Officiellement (c'est le cas de le dire) il s'agit de la rencontre entre le roi George VI, le king anglais (celui du mémorable Discours) et Franklin Delano Roosevelt, le président US.

Accessoirement, la première visite d'un monarque anglais sur le nouveau monde.

Accessoirement, le week-end qui changera la face du vieux monde puisque c'est (en principe) cette rencontre qui permettra l'intervention US(1) dans la seconde guerre mondiale.

Officieusement c'est l'histoire de ces gens hors du commun des mortels (le roi, le président) accablés d'une charge trop lourde, soumis à haute pression.

Pour échapper à tout cela, l'un bégaie, l'autre court les jupons et se prépare des cocktails.

Et comme pour les rendre encore plus humains malgré les costumes qu'ils ont dû endosser, l'un est affligé d'une redoutable infirmité d'élocution (putain de bégaiement) et l'autre ... putain de polio.

Voilà pour le cadre historique et le message. Mais c'est tout, car le film se déroule entièrement dans la résidence d'été de Roosevelt et l'on y parle plus de vaisselle, de toilettes (dans tous les sens du terme) et de cuisine ou de coucheries que de politique.

Bref, l'Histoire par le tout petit bout de la lorgnette.

Alors il faut effectivement se laisser porter par le rythme nonchalant de ce week-end champêtre. Et c'est possible grâce à la performance de Bill Murray(2) qui réussit à incarner un Roosevelt pince-fesses et pince sans rire, qui finira même par réussir à décoincer le Prince Albert qui semblait arrivé jusqu'à lui avec un balai dans ...

Les dialogues entre les deux grands sont pleins de sel.

Ainsi sera scellé l'avenir des deux nations (et le nôtre aussi donc).

  

(1) - des US qui peinaient encore à se relever de la Grande Dépression et qui vont bientôt redécouvrir les bienfaits de l'économie de guerre

(2) - évidemment après Colin Firth, Samuel West qui incarne le roi George VI a la partie moins facile


Pour celles et ceux qui aiment les petites histoires avec un peu d'Histoire dedans.

Le Monde en parle.

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Mercredi 6 mars 2013 3 06 /03 /Mars /2013 08:17

Critikat en parle


Les olives ont du mal à passer.

Encore une petite déception que ce Zaytoun : on espérait un peu mieux de cette cavalcade entre un jeune garçon palestinien et un pilote de l'aviation israélienne.

Le jeune palestinien (Fahed) vit ou plutôt survit dans le camp libanais de Chatila.

Le pilote israélien (Yoni) est abattu au-dessus du Liban et cherche à regagner sa base.

Fahed aussi aimerait bien rentrer chez lui, en Palestine occupée, dans son village où il n'est pas né mais dont son père et son grand-père lui ont rebattu les oreilles ... et où il voudrait bien replanter l'olivier (zaytoun en VO) que son père entretenait religieusement.

Alors Fahed et Yoni font la paire et se font la malle, au prix de quelques invraisemblances rocambolesques(1).

Mais la sauce kebab, même aux olives, ne prend pas(2).

Stephen Dorff sait très bien faire le regard étonné mais le fantôme de Sofia Coppola plane somewhere sur son jeu ectoplasmique. Le jeune Abdallah El Akal sait très bien faire le regard buté comme il sied à un mauvais garçon mais qui a bon coeur.

Mais las, le jeune Fahed n'a pas le charme lumineux que Elle Fanning avait dû déployer pour illuminer le film déjà cité, et le spectateur a bien du mal à ne pas faire le regard ennuyé, voire rancunier car on finit par en vouloir à l'israélien Eran Riklis d'avoir gâché cette belle histoire.

Alors ?

Alors on peut quand même aller voir ce petit film, ne serait-ce que pour la première partie qui décrit de façon très réaliste la vie survie des ces palestiniens apatrides dans un Liban déchiré.

Fahed est bien vite orphelin - comme tout bon jeune palestinien qui se respecte - et se débrouille vaille que vaille dans les ruelles post-apocalyptiques de Beyrouth, en tentant d'échapper tantôt aux balles des phalangistes (rappelez-vous), tantôt aux recrutements forcés des milices palestiniennes tout en regardant passer les F16 dans le ciel bleu.

Les généraux de Tsahal seraient bien inspirés de jeter un oeil sur ces images : quand on voit ces palestiniens obnubilés par le retour sur leurs terres, qui enterrent leurs martyrs et embrigadent leurs jeunes, génération après génération, on se dit que les israéliens ne gagneront jamais cette guerre larvée contre un peuple qui a déjà tout perdu.

Mais sans doute que ce conflit n'est fait ni pour être gagné, ni pour être perdu, juste pour durer.

  

(1) - comme la débauche de moyens déployés par l'ONU pour rapatrier le garçon  !

(2) - hey BMR, c'était hier qu'il fallait publier ce billet, le 5 mars ! pfff....


Pour celles et ceux qui aiment les oliviers.

Critikat en parle et pour une fois on est malheureusement d'accord.

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Mardi 5 mars 2013 2 05 /03 /Mars /2013 07:57

Cluny en parle


Je te tiens, tu me tiens, ...

Petite déception (légère) que ce Möbius dont la bande (ah, ah) - annonce semblait prometteuse.

Depuis Les patriotes, on sait que Eric Rochant aime les histoires d'espionnage où l'on ne sait plus qui manipule qui.

Et dans ce registre, Möbius va très loin si l'on en croit les commentaires désorientés des spectateurs à la sortie de la salle qui, tout comme MAM, n'ont fait absolument aucun effort pour tenter de saisir quelques brins de l'intrigue compliquée tissée dans le film [ceux qui ne craignent pas les saveurs un peu éventées, peuvent saisir quelques clés dans un commentaire posté discrètement sous ce billet].

Alors ?

Alors on peut quand même aller voir ce film :

Pour (c'était gagné d'avance) Cécile de France de Belgique dont les yeux illuminent le ciel monégasque.

Pour la première partie qui plante le décor, les personnages, les fils des marionnettes, l'intrigue politico-financière, et où l'on se dit que peu à peu, on va comprendre (on l'a vu, MAM sera déçue).

Pour la combinaison d'histoires récentes (la disgrâce de l'oligarque Berezovsky, l'empoisonnement de Litvinenko, ...) sans compter les références à la crise économique, depuis les frères Lehman(1) jusqu'à la débâcle espagnole.

Pour se convaincre une bonne fois pour toutes que Dujardin ferait bien de rester à cultiver le sien et que, même affublé d'une barbe de trois jours(2), il est bien aussi insipide que BMR le disait.

Pour les deux ou trois brins d'humour dispensés au début du film, lorsque l'équipe en planque prend au second degré les consignes idiotes qui lui sont balancées comme "gardez vos distances" ! Et pour la petite coquetterie du dialoguiste lorsque, quelques instants après, la deuxième consigne idiote est assénée : "restez vigilants" et puis un blanc ... le spectateur qui a donc juste le temps de se dire in petto, ben celle-là c'est comme l'autre hein ? ! et yes ! l'acteur à l'écran qui rebondit(3).

Bref, une belle histoire d'amour cachée dans un pas très bon film d'espionnage.

  

(1) - assurément Cécile de France est bien responsable de cette faillite mémorable : si elle est passée dans leurs bureaux, sûr que les traders ont dû quitter leurs écrans des yeux un peu trop longtemps

(2) - on n'ose imaginer ce qu'a coûté la prod du film quand, chaque fois à partir du quatrième jour, il fallait attendre que la barbe repousse avant de reprendre le tournage !

(3) - malheureusement ce sera tout, le dialoguiste facétieux en aura sans doute eu marre d'attendre encore trois jours que la barbe de Dujardin repousse et aura flanqué sa dém'


Pour celles et ceux qui aiment Cécile de France ou de Belgique.

Cluny en parle, Filmosphère aussi.

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Mercredi 20 février 2013 3 20 /02 /Fév /2013 08:11

Critikat en parle


Dernier hiver à Tanger.

Décidément, la semaine fut riche en petits films coup de coeur : après Hitchcock et Wadjda, voici Goodbye Morocco du cinéaste franco-algérien(1) Nadir Moknèche.

Ce film - qui tient les promesses de sa bande-annonce - est porté par la très remarquable et emblématique Lubna Azabal, actrice belge d'origine hispano-marocaine, qui nous avait déjà scotchés au fauteuil dans le terrible Incendies.

Cette fois-ci, elle compose un beau portrait de femme à la Almodovar (auquel N. Moknèche dédie plusieurs allusions).

Le film de Nadir Moknèche peut, et c'est à son avantage, être regardé comme un polar : beaucoup de scènes sont montées comme les films noirs du siècle dernier avec le cadavre dans le coffre de la bagnole, la femme fatale capable de faire tourner la tête aux hommes, des hommes prêts à commettre les pires bêtises, sachant très bien où elles vont les mener, où Elle va les mener.

L'autre intérêt de ce film, c'est qu'il nous prend systématiquement à contre-pied : Moknèche nous met en scène un Maroc gris, venté et boueux, une ‘héroïne’ qui exploite sans états d'âme des travailleurs noirs sans papiers(2), un cinéphile amateur de jeunes mâles(3), une bande de fricoteurs qui s'entendent pour barboter des oeuvres archéologiques et un port de Tanger propice aux trafics en tous genres qui manifestement n'a rien d'une station balnéaire.

Bref, un Maroc que tout le monde essaie de fuir, depuis ces travailleurs blacks sans papier qui bossent (ou pire) pour amasser le petit pécule qui leur permettra la traversée, jusqu'à la belle Lubna Azabal qui manigance le kidnapping de son fils pour échapper à son riche et influent ex-mari. Personne n'a donc le beau rôle, même pas Tanger ou le Maroc.

Le film est habilement monté par flash-backs successifs qui nous baladent entre les quelques jours, ou plutôt les quelques nuits, qui ont vu le drame se nouer et cette superposition de temps s'ajoute aux différentes couches narratives : le chantier et le trafic archéologique, la mère et l'enlèvement de l'enfant, le cinéphile amateur de jeunes blacks, le triangle amoureux avec la femme, le chauffeur marocain(4) et l'amant serbo-croate, le drame meurtrier de la nuit fatale, ... peu à peu, on entre dans la complexité de toute cette histoire et on se laisse prendre par la spirale infernale, sachant que tout cela ne peut évidemment que mal finir évidemment, sachant que tout cela a évidemment déjà mal fini.

Avec le savant équilibre de tous ces niveaux de lecture, Nadir Moknèche nous compose une belle surprise cinéma.

Petit clin d'oeil à nos ami(e)s lyonnais(es) : le musée de Tanger du film n'est autre que le musée gallo-romain de Fourvière.

  

(1) - le cinéaste est interdit de caméra en Algérie et filme donc en France ou au Maroc

(2) - on est toujours l'arabe de quelqu'un d'autre ...

(3) - on retrouve avec plaisir Grégory Gadebois, le pêcheur d'Angèle et Tony

(4) - mention spéciale pour Faouzi Bensaïdi dans le rôle d'Ali


Pour celles et ceux qui aiment les vacances au Maroc.

Critikat en parle.

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